| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
Le Burkina Faso est une république parlementaire. En 2002, pour la première fois, des élections multipartites ont eu lieu, suivies en 2005 par des élections à l'occasion desquelles le Président sortant, qui était tout d'abord arrivé au pouvoir par un coup d'état, a été réinvesti à la présidence. La Cour constitutionnelle a autorisé le Président à se présenter une nouvelle fois, bien qu'un amendement à la Constitution de l'an 2000 ait limité chaque chef d'Etat à deux mandats et réduit la durée du mandat de 7 à 5 ans. (Cet amendement établissait que la limite ne devait pas s'appliquer de façon rétroactive.) Les élections ont été jugées libres et justes malgré des faiblesses systémiques. Des critiques ont été émises concernant les dépenses consacrées à l'élection du Président. Le parti dirigeant a obtenu 57 sièges parlementaires sur un total de 111, tandis que les partis de l'opposition en ont obtenu 54. Une coalition des partis de l'opposition a boycotté l'élection. Douze femmes sont membres de l'Assemblée nationale de 111 sièges, et le gouvernement de 31 sièges en compte trois. Dix sept membres de minorités ethniques sont membres du gouvernement et 61 occupent des sièges à l'Assemblée nationale. Le Président nomme et révoque les magistrats et le système judiciaire est soumis à des interventions de la branche exécutive.
Les tribunaux traditionnels dirigés par les chefs de village se chargent des litiges matrimoniaux et liés aux droits de succession. La garde présidentielle est une force de sécurité autonome et certains agents de la sécurité sont accusés de torturer les suspects pour leur extorquer des aveux. La corruption est une pratique courante au sein des forces de police. Des gangs tueraient ou tabasseraient des suspects en toute impunité.
La discrimination basée sur la race, l'origine ethnique, le sexe, le handicap ou le statut social est illégale, cependant la loi n'est pas appliquée. La discrimination envers les femmes et les personnes handicapées représente un problème.
L'économie repose sur l'agriculture de subsistance, qui emploie 85% de la population. Le PNB par habitant est de US$ 375, ce qui fait rentrer ce pays dans la catégorie des pays les plus pauvres. Les sécheresses fréquentes, le réseau de transport limité, les faibles infrastructures et le taux d'analphabétisme de 77% représentent des problèmes de longue date.
La liberté d'expression et la liberté de la presse sont limitées et les intimidations contre les journalistes les poussent à pratiquer l'autocensure. Aucune loi ne garantit l'accès du public aux informations du gouvernement.
Le pays est une source, un point de transit et de destination pour le trafic international des êtres humains, y compris des enfants. Une loi contre le trafic a été adoptée mais elle n'est pas appliquée. Le gouvernement ne respecte pas les normes minimales pour l'élimination du trafic mais fait des efforts dans cette direction.
La discrimination sociale envers les homosexuels et les personnes infectées par le VIH/SIDA reste un problème. L'Internationale de l'Education et ses organisations membres au Burkina Faso (SNEA-B et SNESS) agissent pour former des enseignants sur la prévention du VIH/SIDA à travers l'éducation.
|
| |
|
|
Droit à l’éducation
|
Environ 25% du budget national est destiné à l'enseignement gratuit et obligatoire, mais cela reste insuffisant pour fournir une éducation primaire gratuite et universelle. La gratuité est maintenue dans l'enseignement secondaire pour les enfants pauvres dont les résultats atteignent un certain niveau. Les familles doivent payer les fournitures scolaires et d'autres charges qu'elles ne peuvent souvent pas assumer financièrement. Le taux de scolarisation général est d'environ 52%.
L'enseignement primaire pour les filles est encouragé par des bourses d'études, des programmes de restauration scolaire et des campagnes d'informations visant à modifier les attitudes de la société envers l'éducation des filles, qui représentent à peine plus d'un tiers de la population scolaire dans le système de l'enseignement primaire. La proportion d'étudiantes dans les zones rurales est plus faible que dans les zones urbaines et l'analphabétisme des filles peut y atteindre jusqu'à 95%. Au niveau national, le taux d'alphabétisation de la population masculine est d'environ 32% et le taux d'alphabétisation de la population féminin est d'environ 15%.
|
| |
|
|
Education de la petite enfance (EPE)
|
Un programme EPE de 3 ans débute à l'âge de 4 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) pour ce programme est seulement de 1% (dont 48% de filles).
|
| |
|
|
Enseignement primaire
|
Aux yeux de la loi, l'éducation est obligatoire de 7 à 16 ans. Cependant, les données sur le travail des enfants montrent qu'un important pourcentage d'enfants non scolarisés appartient au groupe d'âge pour lequel l'éducation est obligatoire. L'enseignement primaire dure six ans. A ce niveau, 13% de l'enseignement relève du secteur privé. Le TNS n'est que de 40% (46% des garçons et 35% des filles). 23 402 enseignants travaillent dans les écoles primaires. A la différence de la majorité des pays, où l'éducation primaire est dominée par les femmes, 28% seulement des enseignants du primaire sont des femmes. 89% des enseignants sont formés (92% des enseignantes) et ils travaillent avec un ratio enseignant/élèves (REE) très élevé de 1/49. 13% des élèves doublent des années (43% sont des filles). Le taux d'achèvement de la dernière année de l'enseignement primaire est de 69%. Seulement 40% des enfants qui achèvent l'enseignement primaire continuent dans l'enseignement secondaire.
|
| |
|
|
Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
|
Un programme d'enseignement secondaire d'une durée de sept ans débute à l'âge de 13 ans. Le TNS pour ce niveau est seulement de 10% (11% de garçons, 8% de filles). 8% des étudiants suivent des programmes professionnels techniques. 28% des étudiants doublent une année ou plus. 7 840 enseignants (11% de femmes) travaillent à ce niveau avec un REE de 1/19 et 37% d'entre eux sont formés.
|
| |
|
|
Enseignement post-secondaire et supérieur
|
18 868 étudiants de l'enseignement supérieur représentent un taux brut de scolarisation de 2%. 1 596 étudiants étudient à l'étranger, principalement en France (703), au Maroc (210), aux Etats-Unis (191), au Canada (117) et en Allemagne (106).
|
| |
|
|
Enfants à besoins spéciaux
|
Des attitudes sociales profondément ancrées soutiennent que ce sont les familles des personnes handicapées qui doivent prendre soin d'elles, et que les personnes handicapées ne doivent pas faire partie de la main-d'uvre ou de programmes éducatifs. La discrimination sociale contre les personnes handicapées est répandue. Récemment, plusieurs lois ont été adoptées en vue de faciliter l'accès à l'éducation pour les enfants handicapés. Lorsque les parents ne peuvent assumer financièrement l'éducation de tous leurs enfants, les enfants « valides » sont prioritaires. Une nouvelle loi tente de supprimer les frais de scolarité pour aider les enfants handicapés à bénéficier d'une éducation. Cependant, peu de programmes éducatifs sont disponibles pour les enfants handicapés.
|
| |
|
|
Enfants réfugiés
|
La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés et collabore avec le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR) et d'autres organisations humanitaires afin de leur venir en aide. Les réfugiés de Côte d'Ivoire, du Rwanda, du Burundi, de la République Démocratique du Congo et de la République du Congo, ainsi que du Tchad et du Liberia, sont principalement installés à Ouagadougou. Les réfugiés réinstallés sont installés dans des endroits déterminés à l'avance par les autorités. Les réfugiés réinstallés ont accès à l'éducation et à la formation professionnelle dans les mêmes conditions que les burkinabés.
|
| |
|
|
Minorités et peuples autochtones
|
Le Burkina Faso comprend plus de 60 groupes ethniques, chacun parlant sa propre langue. La plupart des habitants du Burkina Faso appartiennent à l'un des deux groupes ethniques majoritaires : les Voltaic et les Mande. Les Voltaic sont beaucoup plus nombreux et incluent les Mossi, qui représentent environ la moitié de la population. La langue d'instruction est le français, la langue officielle du pays, qui est la deuxième ou troisième langue de nombreux enfants. On estime que seulement 15% des citoyens parlent français car les langues locales sont couramment utilisées.
|
| |
|
|
Liberté académique
|
La liberté académique n'est pas limitée aux yeux de la loi, cependant l'autocensure existe à l'université ainsi que dans le monde du journalisme. L'accès à Internet n'est restreint qu'en raison de son prix.
|
| |
|
|
Egalités des sexes
|
Le droit civil garantit l'égalité des droits de propriété pour les femmes et quelques avantages lors de l'héritage. Le droit coutumier interdit aux femmes d'être propriétaires et ne reconnaît pas les droits de succession pour les femmes. Une femme est considérée comme une propriété et peut faire partie de l'héritage au décès de son mari. Les femmes sont confrontées à la discrimination dans le domaine de l'éducation, de l'emploi, de la propriété et des droits de la famille. Les femmes représentent 45% de la main-d'uvre et réalisent les tâches les moins bien rémunérées. La majorité du travail dans l'agriculture de subsistance est réalisé par les femmes et les filles.
Des violences domestiques contre les femmes sont dénoncées et elles relèvent du droit coutumier et de la pratique. L'éducation et les médias effectuent des efforts pour modifier les attitudes envers les femmes. Malgré des efforts consacrés à l'éradication des mutilations génitales féminines, elles sont largement pratiquées dans les zones rurales. La pratique des scarifications sur les visages des garçons et des filles de certains groupes ethniques disparaît progressivement. Le Code pénal interdit le harcèlement sexuel, mais celui ci reste courant. La loi interdit le mariage forcé. La polygamie est autorisée à condition que les deux parties y consentent avant le mariage.
|
| |
|
|
Travail des enfants
|
L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans, mais le travail des enfants constitue un problème. Les enfants de 14 ans qui travaillent dans le service domestique et l'agriculture peuvent, aux yeux de la loi, travailler jusqu'à 4h30 par jour, mais nombre d'entre eux travaillent plus longtemps. Plus de la moitié des enfants travailleurs sont employés comme domestiques et dans les secteurs agricole et minier où les conditions sont rudes. Les enfants des zones rurales travaillent dans de petites entreprises familiales ou dans l'agriculture de subsistance par un système d'apprentissage. Nombre d'entre eux travaillent dans le secteur informel. Les enfants de moins de 14 ans ne sont pas employés dans des entreprises privées ou nationales.
Le pays est un point de transit pour le trafic des enfants du Mali vers la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria. Ils sont soumis à la violence, à la maltraitance sexuelle et à la prostitution. Ils sont privés de foyer et d'instruction. Des rapports estiment que 175 000 enfants entre 6 et 17 ans travaillent et vivent séparés de leurs familles. L'OIT met en uvre un programme visant à endiguer le flux du trafic d'enfants vers la Côte d'Ivoire.
|
| |
|
|
Droits syndicaux
|
Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, sauf dans les services essentiels. 85% de la main-d'uvre travaille dans l'agriculture de subsistance. Environ 50% des employés du secteur privé et 60% de ceux du secteur public sont syndiqués. Les syndicats sont autorisés à négocier les salaires et d'autres avantages et des négociations collectives ont lieu bien qu'elles ne couvrent qu'un faible pourcentage des travailleurs. Il n'y a pas de zones franches d'exportation. Le droit de grève est garanti. Des grèves légales pour une amélioration des salaires et des conditions de travail se produisent.
Le Code du travail impose un salaire minimum mensuel d'environ US$40 (22 800 francs CFA) dans le secteur formel, il ne s'applique pas à l'agriculture de subsistance. Le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les salariés complètent leurs salaires par l'agriculture de subsistance ou le commerce informel. La semaine de travail standard d'une durée de 40 heures ne s'appliquent pas aux domestiques, qui réalisent une semaine de travail de 60 heures.
|
| |
|