| Dernière mise-à-jour: le 11 septembre 2012 |
Introduction |
Le Burundi est une rpublique constitutionnelle. En 2005, 90% des citoyens ont vot l'adoption une nouvelle Constitution. A l'occasion de la premire lection en plus de douze ans, le parlement bicamral alu l'unique candidat au poste de Prsident, mettant fin une priode de transition de quatre ans en vertu de l'Accord d'Arusha pour la paix et la rconciliation. Les lections ontt juges libres et justes, quoique non sans difficults. Des fusillades et des intimidations ont affect certains scrutins. Des lections partielles ont eu lieu et les observateurs de l'Union Europenne ont jug que les lections de l'Assemble nationale taient libres et justes.
Les conditions constitutionnelles fixaient des quotas relatifs l'ethnie et au sexe ; dix-huit membres supplmentaires ont t nomms l'issue des lections afin de remplir ces quotas. Les lections du Snat (chambre haute) se droulent travers un processus indirect par lequel des collges lectoraux de conseillers lisent les snateurs. 60% des siges de l'Assemble nationale sont occups par des Hutus et 40% par des Tutsis, qui reprsentent 15% de la population. Les postes militaires sont diviss de manire gale entre les Hutus et les Tutsis. Trente-cinq partis politiques ont t reconnus. 30 % des siges de l'Assemble nationale et 30% des siges du Snat sont rservs des femmes. Trente-sept femmes sont membres de l'Assemble nationale qui compte 118 siges et dix-sept femmes sont membres du Snat qui en compte 49, les femmes occupent galement 7 fonctions ministrielles sur un total de 20. Des quotas ont t fixs afin de maintenir l'quilibre ethnique au sein du gouvernement ; par exemple, le gouvernement compte trois membres du groupe ethnique Twa, qui reprsente moins d'1% de la population.
La majorit du pays est calme aujourd'hui, cependant un conflit arm avec le Parti pour la libration du peuple Hutu - Forces nationales de libration (PALIPEHUTU-FNL) persiste autour de la capitale. Les pnuries alimentaires, la pauvret, un manque d'infrastructure ainsi que la charge d'une dette extrieureleve contribuent une situation trs difficile. On continue de signaler des arrestations pour motif politique. Il est fait tat de corruption et de mauvais traitements envers les prisonniers, ainsi que de violences collectives, de lynchages et de meurtres de femmes souponnes de sorcellerie. Des rapports dnoncent la pratique de la torture par les forces de scurit dans des centres de dtention illgaux et l'utilisation du viol comme arme d'intimidation.
Constitutionnellement, le systme judiciaire est indpendant, cependant des rapports font tat de problmes tels que la domination, l'inefficacit et la corruption de la branche excutive. La rforme de la justice est une priorit de l'Accord d'Arusha, nanmoins peu de progrs ont t raliss. Le systme d'arbitrage traditionnel (Bashingantahe), dirig par les ans, s'applique uniquement aux affaires criminelles civiles et mineures.
La discrimination base sur le sexe, l'origine, l'ethnicit ou l'opinion est illgale cependant la lgislation n'est pas applique et des abus subsistent.
L'impunit et la corruption constituent des problmes. La corruption affecterait les services publics, notamment l'attribution des notes dans le systmeducatif. Une partie des recettes et des dpenses du gouvernement restent « hors budget » ce qui permet l'utilisation sans contrle des fonds publics. L'indice de perception de la corruption 2006 propos par Transparency International qualifie d'leve la corruption telle que perue par le citoyen.
La libert d'expression et de la presse sont garanties mais limites dans la pratique. La libert de la presse s'est dtriore au cours de la priode qui a prcd les lections. Des journalistes sont arrts, harcels et dtenus et par consquent pratiquent l'autocensure ; cependant des opinions politiques divergentes sont parfois exprimes. La diffamation est punissable et le gouvernement exerce un contrle ditorial troit sur les mdias. La radio est le moyen d'information publique le plus important et les actualits trangres sont disponibles. L'accs aux informations du gouvernement n'est pas garanti par la loi.
La discrimination envers les personnes infectes par le VIH/SIDA ou d'autres maladies incurables est interdite. Le mariage entre individus du mme sexe est illgal et la discrimination sociale envers les homosexuels est largement rpandue.
Le Burundi est un pays de dpart et de transit du trafic des enfants soldats. Des campagnes de sensibilisation du public visant endiguer le trafic sont organises et la dmobilisation des enfants soldats se produit lentement.
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Droit à l’éducation
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De nombreux enfants devenus orphelins cause de la violence depuis 1993 et du VIH/SIDA ncessitent une aide urgente pour accder l'ducation. Aux yeux de la loi, la scolarisation est obligatoire jusqu' l'ge de 12 ans, mais elle n'est pas applique. L'enseignement primaire n'est pas gratuit et devient de plus en plus inabordable en raison du dclin conomique.
En septembre 2005, les frais d'inscription ont t abolis dans l'enseignement primaire, mais le co»t des uniformes, des manuels scolaires et d'autres matriels scolaires doit tre assum par les familles. La suppression des frais de scolarit a provoqu une urgence ducative en raison du surpeuplement des salles de classes et de la multiplication des priodes travailles par les enseignants. La taille des classes dpasserait souvent 150 l¨ves par enseignant. Des pnuries de btiments, de bureaux, de manuels scolaires et d'enseignants sont constates.
Le taux net de scolarisation dans l'enseignement primaire est de 48% pour les filles et de 59% pour les garons. La sixime anne est le niveau d'enseignement le plus lev ralis par la plupart des enfants. 9% des filles et 12% des garons en ge de suivre un enseignement secondaire frquentent l'cole.
Des ONG font fonctionner des centres pour enfants orphelins et vulnrables dans diffrentes rgions du pays. 60% des enfants en ge de scolarit sont analphabtes. L'analphabtisme reprsente un problme particulier pour la population fminine. 40% des femmes savent lire et crire contre 56% des hommes. 25% des coles primaires ont t dtruites pendant la guerre et de nombreux enseignants ont t tus. La formation des enseignants a t interrompue et il est difficile de trouver des enseignants qualifis.
Une tude portant sur les obstacles l'ducation des filles a rvl que la grossesse non dsire est la seconde cause d'interruption prmature de la scolarit.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une dure de trois ans, dbute l'ge de 4 ans. 60% de l'EPE relve du secteur priv. 318 enseignants (dont 92% de femmes) travaillent ce niveau. 66% sont forms. Le ratio enseignant/lves (REE) est de 1/28.
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Enseignement primaire
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Le taux net de scolarisation (TNS) pour l'ducation primaire est de 57% (60% des garons, 54% des filles). A ce niveau, 2% de l'enseignement est priv. 18 899 enseignants (dont 54% de femmes) travaillent dans ce secteur. 29% des lves doublent une anne ou plus (parmi lesquels 48% de filles). 55% des inscrits en premire anne intgrent la dernire anne de l'enseignement primaire. Le REE est de 1/51.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire dbute l'ge de 13 ans et dure 7 ans. Le TNS pour l'enseignement secondaire est trs faible 10% (11% des garons, 8% des filles). 28% destudiants doublent des annes. 8% destudiants suivent des programmes d'enseignement professionnel. Les 8.047 enseignants du secondaire (21% de femmes) ont un REE de 1/19 et 37% d'entre eux sont forms.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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18 868 tudiants tudient dans les institutions de l'enseignement suprieur. 895 tudient l'tranger, principalement en Belgique (193), en France (186), en Italie (99), aux Etats-Unis (80) et en Allemagne (37).
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Enfants à besoins spéciaux
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L'UNICEF a lanc une campagne pour protger plus de 30.000 enfants vivant avec ou affects par le VIH/SIDA. Un rapport d'une ONG estime qu'au moins 230.000 enfants sont des orphelins du VIH/SIDA, ayant perdu un parent gardien, voire les deux. Le nombre total d'orphelins dans le pays est suprieur 970.000. Plus de 5.000 enfants vivent dans les rues. La police les rassemble et les emmne dans des refuges.
La discrimination envers les personnes handicapes physiquement ou mentalement est illgale, cependant leur acc l'ducation ou aux soins est difficile raliser. Les opportunits d'emploi sont faibles pour les personnes handicapes physiquement.
348 enfants vivent en prison et sont souvent traits comme des adultes. Les forces de scurit utilisent des enfants pour raliser des tches domestiques sans compensation ; 3.015 enfants soldats ont t dmobiliss. Des opportunits en matire d'ducation pour tous les enfants besoins spciaux sont ncessaires de toute urgence.
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Enfants réfugiés
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La loi prvoit l'octroi du statut de rfugi ou de l'asile conformment la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des rfugis et son Protocole de 1967 et le gouvernement a tabli un systme pour assurer la protection des rfugis. Le pays est galement partie la Convention de l'Organisation de l'unit africaine rgissant les aspects propres au problme des rfugis en Afrique. Le gouvernement a tabli un systme pour assurer la protection des rfugis et leur octroyer le statut de rfugi et l'asile. Le HCNUR a aid la rpartition de 65 000 fugis des pays voisins. 117 000 personnes dplaces long terme vivent dans 160 sites travers le pays. De nombreuses personnes dplaces ne dtiennent pas de documents prouvant qu'elles possdent des terres et leurs maisons ont t dtruites.
L'ducation reste souvent inaccessible pour les personnes dplaces, les rfugis de retour et les enfants et les jeunes adultes ayant t impliqus dans les conflits. Pour les enfants rfugis de retour, les diffrences de langues, particulirement pour ceux qui reviennent de la Tanzanie o les langues officielles sont l'anglais et le swahili, de programmes et de systmes scolaires entranent souvent leur affectation dans des classes d'enfants beaucoup plus jeunes et leur exclusion par leurs camarades et les enseignants.
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Minorités et peuples autochtones
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Historiquement, les Tutsis, en particulier les Tutsis du sud, avaient le pouvoir, dominaient l'conomie et contrlaient les forces de scurit. La discrimination contre les Hutus, qui reprsentaient environ 85% de la population, a affect tous les aspects de la socit mais plus particulirement l'enseignement suprieur et l'administration. La prsence et la puissance des Hutus au gouvernement ont t accrues travers l'adoption d'une nouvelle constitution qui impose des quotas ethniques au sein du gouvernement et des institutions militaires. On pense que les Twas (Pygmes) sont les habitants les plus anciens du pays, ils reprsentent environ 1% de la population. Ils restent marginaliss conomiquement, socialement et politiquement. La plupart des Twas vivent isols, sans ducation formelle ni accs aux services gouvernementaux.
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Liberté académique
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Le gouvernement a interdit la vente et la promotion d'un livre crit par le dirigeant de Diomede Rutamucero. Il n'existe pas de limites lgales la libert acadmique, cependant le climat politique et les restrictions envers les journalistes ne l'encouragent pas. L'usage d'Internet n'est pas restreint cependant il est inaccessible dans la majeure partie du pays et co»teux.
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Egalités des sexes
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Les femmes sont dfavorises par des lois de succession et de proprit discriminatoires ainsi que par les pratiques de crdit. Elles ont droit un salaire gal pour un travail de valeur gale mais la lgislation n'est pas applique. Elles sont moins susceptibles d'occuper des postes moyenne ou haute responsabilit. Les femmes bnficient de moins d'opportunits en matire d'ducation que les hommes. Elles ralisent la plus grande partie du travail agricole. Des officiers de police sont accuss d'arrter des femmes pour infraction morale, incluant le port de vtements jugs incorrects les femmes sont relches aprs avoir pay une amende.
Les violences domestiques sont courantes. Les femmes peuvent accuser leurs maris de maltraitance mais le font rarement et la police se montre rticente intervenir dans les disputes domestiques. Le harclement sexuel n'est pas interdit par la loi. Des rapports dnoncent des viols de femmes par la FDN et le PALIPEHUTU-FNL. La croyance selon laquelle les relations sexuelles avec de jeunes filles protge ou gurit des maladies sexuellement transmissibles y compris du VIH/SIDA est la cause de nombreux viols.
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Travail des enfants
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Le PALIPEHUTU-FNL a oblig les populations rurales, y compris les enfants, transporter des vivres et des armes. L'ge minimum d'enr´lement l'arme est fix 16 ans. On estime qu'il y aurait 7 000 enfants soldats, parmi lesquels 3 015 ont t dmobiliss par un projet de l'UNICEF. Les forces de scurit n'envoient plus les enfants au combat mais ceux ci servent d'espions et de porteurs. Le PALIPEHUTU-FNL continue d'utiliser et de recruter des enfants soldats. Les enfants de moins de 18 ans peuvent tre mis au travail condition que cela ne porte pas prjudice leur scolarit.
Dans la pratique, des enfants ralisent de lourds travaux manuels au cours de la journe pendant l'anne scolaire. Selon la CISL, la grande majorit des enfants du pays travaillent. Le travail de nuit des enfants est interdit par la loi, bien que nombre d'entre eux l'effectuent dans le secteur informel et dans l'agriculture de subsistance. Le travail des enfants existegalement dans le secteur minier et la fabrication de briques. La lgislation interdisant le travail des enfants est peu applique.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs peuvent fonder des syndicats et y adhrer, l'exception des militaires, des policiers et des trangers travaillant dans le secteur public. Des employeurs du secteur priv sont accuss d'empcher la cration de syndicats. Moins de 10% du secteur priv formel est syndiqu contre 50% du secteur public. La majorit des travailleurs sont employs dans l'conomie informelle non rglemente et ne bnficient d'aucune protection lgale.
On a empch le Secrtaire gnral de la Confdration des syndicats du Burundi de se rendre une Confrence de l'OIT. Tandis que le droit de ngociation collective est admis, les salaires du secteur public sont exclus des ngociations. Les travailleurs ont un droit de grve limit. Tous les moyens de rsolution pacifique doivent tre puiss avant d'entamer une action de grve. Le travail forc ou obligatoire est illgal cependant des rapports indiquent que de telles pratiques existent.
Le salaire horaire minimum pour les travailleurs non qualifis est de US$0,15 (160 francs burundais), ce qui ne garantit pas un niveau de vie dcent au travailleur et sa famille. La majorit des familles comptent sur des revenus secondaires et sur l'agriculture de subsistance pour complter les salaires. La journe de travail de 8 heures et la semaine de travail de 45 heures ne sont pas toujours appliques. La COSYBU rapporte qu'en 2005 les syndicats ont obtenu le droit de se rassembler et de manifester ; ces droits leur taient dnis depuis quelques temps.
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