| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
Les élections de 2006 en République du Cap-Vert ont vu la réélection du Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV) avec 52% des votes pour un mandat de 5 ans. Le PAICV avait d'abord acquis le pouvoir sous un système à parti unique à la suite de l'indépendance. Le Président actuel était alors Premier ministre. Ensuite, le Mouvement pour la démocratie (MpD) avait remporté les premières élections multipartites en 1990 et conservé le pouvoir jusqu'en 2001, année lors de laquelle le PAICV a récupéré le pouvoir. Les élections, organisées sur la base du suffrage universel, ont été jugées libres et justes.
La Constitution garantit la séparation des pouvoirs entre le Président, le Premier ministre et le parti dirigeant. L'Assemblée nationale compte 72 membres élus au scrutin direct et issus de 16 circonscriptions plurinominales. Un système de représentation proportionnelle à scrutin de liste est utilisé. Onze femmes sont députées et quatre font partie du gouvernement qui compte 17 membres. Le système judiciaire est indépendant mais souffre d'un manque de personnel.
La discrimination basée sur la race, le sexe, la religion, le handicap, la langue ou le statut social est interdite cependant la loi n'est pas appliquée. Certains membres des forces de sécurité sont accusés de battre des détenus en dépit des efforts consentis pour mettre fin à ces pratiques. Le pays dispose d'une industrie limitée et ses ressources naturelles sont faibles. Le revenu par habitant est évalué à US$1 495, les versements depuis l'étranger constituant une importante source de revenus.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties, toutefois les journalistes qui travaillent pour les médias gouvernementaux pratiqueraient l'autocensure. Les médias indépendants gagnent en importance et l'accès à Internet n'est pas limité.
Le Cap-Vert sert de port de transit au trafic d'êtres humains.
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Droit à l’éducation
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L'enseignement primaire est obligatoire pour les enfants de 6 à 11 ans. L'éducation primaire devrait être gratuite, mais ne l'est pas ; les parents doivent assumer divers frais. L'enseignement secondaire est gratuit uniquement pour les enfants dont les familles ont un revenu annuel inférieur à US$ 1 951 (160 000 escudos capverdiens). L'UNICEF rapporte que le taux de fréquentation de l'école primaire entre 1996 et 2003 s'élevait à environ 98%. La différence entre les taux de fréquentation scolaire des garçons et des filles est inférieure à 1%. Une augmentation du taux de scolarisation est constatée et le Comité des droits de l'enfant de l'ONU a loué les objectifs éducatifs positifs figurant dans le programme d'enseignement national et la création d'une institution de formation des enseignants.
Cependant, le Comité a exprimé son inquiétude quant à l'usage persistant des châtiments corporels au foyer et à l'école ainsi que par la police envers des groupes fragiles comme les enfants des rues. Il a également exprimé son inquiétude concernant la qualité de l'éducation et particulièrement le sérieux manque de fonds, le taux d'abandon scolaire élevé parmi les élèves du secondaire, l'accès limité à l'éducation préscolaire, l'exclusion de certains adolescents du système de l'éducation obligatoire et le fait que les enfants qui ne parlent pas couramment le créole et le portugais risquent d'être marginalisés.
Le Comité a recommandé d'augmenter la durée de la scolarité obligatoire, y compris en relevant l'âge minimum de fin de scolarité, et de prendre des mesures pour supprimer l'écart entre l'âge minimum d'embauche et la fin de la scolarité obligatoire. Les étudiantes peuvent être contraintes d'arrêter leurs études durant leur grossesse ou l'allaitement. Certaines écoles appliquent cette loi.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de 3 ans, débute à l'âge de trois ans. Le taux net de scolarisation (TNS) pour l'EPE est de 51%. 959 enseignants travaillent à ce niveau, parmi lesquels 7% sont formés, avec un ratio enseignant/élèves de 1/22.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire de 6 à 11 ans. Le TNS est de 92%. 13% des élèves doublent des années et 88% des enfants (86% des garçons, 90% des filles) qui entament l'enseignement primaire s'inscrivent en dernière année d'école primaire. 3 169 enseignants (65% des hommes, 77% des femmes) travaillent dans l'enseignement primaire et 73% d'entre eux sont formés (65% des hommes, 77% des femmes). Le REE est de 1/27.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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Un programme d'enseignement secondaire de 6 ans débute à l'âge de 12 ans. Le TNS est de 55%. 20% des élèves doublent des années. 39% des écoles secondaires sont privées. 1 060 enseignants travaillent dans l'enseignement secondaire inférieur et 1 133 travaillent dans les écoles de l'enseignement secondaire supérieur. Dans l'ensemble, 19% des enseignants à ce niveau sont des femmes et 61% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/23.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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3 036 étudiants étudient dans l'enseignement supérieur national, soit un taux brut de scolarisation de 6%, tandis que 3 436 étudiants capverdiens étudient à l'étranger, principalement au Portugal (3 031), à Cuba (143), en France (134), aux Etats-Unis (52) et en Italie (24).
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Enfants à besoins spéciaux
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Une protection spéciale est prévue pour les personnes handicapées mais les services sont limités. La discrimination contre les personnes handicapées est illégale dans le secteur de l'éducation et de l'emploi ainsi qu'en ce qui concerne la mise à disposition des services gouvernementaux, cependant peu de services sont disponibles pour les personnes handicapées. Le Comité des droits de l'enfant a constaté le fait que les droits des enfants handicapés n'étaient pas pleinement respectés ainsi que l'absence d'écoles publiques ou d'enseignants spécialisés à l'intention des enfants handicapés qui ont besoin d'installations spéciales.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Peu de renseignements sont disponibles sur les droits à l'éducation et les conditions de vie des réfugiés. Le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale a constaté avec inquiétude que les immigrants des Etats de l'Afrique de l'Ouest sont victimes de discrimination et que les termes employés pour les qualifier sont volontiers dégradants. Le Comité a recommandé de prendre des mesures adéquates pour combattre les stéréotypes envers les immigrants.
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Minorités et peuples autochtones
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La plupart des habitants du Cap-Vert sont métis, descendants des esclaves africains et des colons blancs du Portugal. Le Cap-Vert a pris des mesures pour reconnaître la langue créole en l'intégrant dans le programme scolaire aux côtés du portugais qui est la langue officielle. Les rapports indiquent que les minorités sont bien intégrées dans le pays.
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Liberté académique
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Les rapports ne font état d'aucune restriction de la liberté académique et l'usage d'Internet n'est pas contrôlé.
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Egalités des sexes
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Malgré des interdictions constitutionnelles concernant la discrimination basée sur le sexe et des dispositions pour une égalité totale qui incluent un salaire égal pour un travail de valeur égale, la discrimination contre les femmes persiste. Les femmes touchent des salaires inférieurs à ceux des hommes pour un travail comparable, toutefois elles commencent à intégrer divers secteurs professionnels. Des traitements discriminatoires concernant les héritages auraient lieu.
Les violences domestiques sont courantes et les valeurs culturelles dissuadent les victimes de les dénoncer. La violence contre les femmes a été l'objet d'une large couverture médiatique.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 16 ans, ce qui implique un décalage considérable avec la fin de l'éducation obligatoire qui est fixée à 11 ans. Le travail forcé ou obligatoire des enfants est interdit. Les enfants de moins de 16 ans ne sont pas autorisés à travailler de nuit ou plus de sept heures par jour et ils ne peuvent travailler dans des lieux où des produits toxiques sont fabriqués. Malheureusement, les lois sur l'éducation et le travail des enfants ne sont pas appliquées de manière efficace, et le travail des enfants est pratiqué.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Environ 22% des travailleurs sont syndiqués. La négociation collective est légale mais se produit rarement. L'État est le premier employeur du pays et décide du niveau des salaires. Les niveaux salariaux des fonctionnaires constituent la base des négociations salariales dans le secteur privé. Les membres de syndicats jouissent du droit de grève, toutefois le gouvernement a limité ce droit. Les services essentiels doivent être assurés lors des actions de grève et le gouvernement interprète ces services essentiels dans un sens très large.
Il n'existe pas de salaire minimum dans le secteur privé. Les travailleurs qui intègrent le marché du travail reçoivent US$ 146 (12 000 escudos capverdiens) par mois. Ce salaire ne permet pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La majorité des travailleurs ont un second travail. La semaine maximale de travail est de 44 heures.
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