| Dernière mise-à-jour: le 11 septembre 2012 |
Introduction |
La Rpublique centrafricaine est une rpublique constitutionnelle gouverne par un excutif fort et des branches lgislatives et judiciaires faibles. En 2005, des lections prsidentielles et lgislatives multipartites ont marqu la fin de deux ans de dictature militaire. Le gnral qui s'tait empar du pouvoir en 2003 a tlu Prsident en 2005. Les observateurs ont considr que leslections reprsentaient la volont du peuple malgr des irrgularits. Le mouvement Convergence nationale, un rassemblement de petits partis favorables au Prsident, a obtenu le plus grand nombre de siges l'Assemble nationale. La Cour constitutionnelle a dclar inligibles sept candidats la prsidentielle. A la suite d'un processus de mdiation, le Prsident a permis tous ses rivaux de disputer l'lection, hormis l'ancien Prsident. La Commission lectorale mixte et indpendante avait tout d'abord interdit 261 candidats sur 970 de se prsenter aux lections, mais une cour a permis 219 d'entre eux de se prsenter. L'Assemble nationale a adopt une loi permettant au Prsident de gouverner par dcrets pendant trois mois (le Prsident en avait requis neuf). L'objectif tait d'acclrer les rformes politiques et conomiques en contournant le Parlement. L'Etat est fortement centralis, le Prsident nomme tous les fonctionnaires la tte des prfectures.
Les femmes devaient obtenir 35% des siges gouvernementaux et 150 femmes se sont portes candidates pour les siges de l'Assemble nationale lors du premier tour des lections. Seules 10 femmes ont tlues l'Assemble nationale, qui compte 105 siges. Quatre femmes sont membres du gouvernement. Les membres du groupe ethnique du Prsident, les Bayas, sont prdominants dans l'arme nationale. Les Pygmes (Batwas ou Ba'Akas), habitants autochtones de la partie du sud du pays qui reprsentent entre 1% et 2% de la population, ne sont pas reprsents au sein du gouvernement, bien que deux membres du groupe ethnique M'bororo et 13 musulmans possdent des si¨ges l'Assemble nationale.
La discrimination base sur la richesse, la race ou le sexe est illgale cependant des discriminations importantes existent.
Le manque de transparence et de responsabilit dans l'utilisation des fonds publics constitue un srieux problme. La dilapidation des fonds publics a contribu l'incapacit du pays verser plus de 45 mois d'arrirs salariaux des fonctionnaires. La corruption est rpandue dans chaque secteur, y compris dans l'ducation. On estime que la fraude salariale au sein de la fonction publique puise 10% du budget mensuel. La corruption est rpandue dans trois exportations cls du pays : le bois, l'or et les diamants. Des quantits gales de diamants sont exportes lgalement et illalement. Quelques tentatives pour endiguer la corruption ont t institues avec une dclaration de reprsentants gouvernementaux sur leur patrimoine personnel. Des hauts fonctionnaires ont t suspendus. Les fonctionnaires dont on dcouvre qu'ils reoivent des salaires illgaux doivent tre punis. L'augmentation des arrirs de salaire a t un facteur de corruption.
Une augmentation est constate dans la corruption et dans les arrestations et les dtentions arbitraires. Une brigade de police anti-banditisme tue des personnes suspectes de banditisme sans se soumettre la procdure lgale obligatoire. La police est galement accuse d'avoir tortur mort des prvenus.
La libert d'expression et de la presse sont garanties mais limites dans la pratique. L'accs des journalistes toutes les sources d'information prvues par la loi n'inclut pas l'accs aux documents gouvernementaux. Des menaces et des intimidations limitent la critique du gouvernement, et les journalistes pratiquent l'autocensure. Le prix d'un journal, US$ 0,55 (300 FCA), est trop lev pour la majorit des citoyens, de telle manire que la radio constitue le moyen de communication de masse le plus important. Les lois sur la diffamation empchent la critique des dirigeants politiques.
95% de la population vit avec moins de US$ 1 (546 francs CFA) par jour. Une augmentation du taux de prvalence du VIH/SIDA a conduit de nombreuses personnes considrer que la sorcellerie serait la cause des dcs relatifs au VIH/SIDA. Les meurtres de personnes accuses de jeter des sorts ont augment.
Le Code pnal criminalise les attitudes homosexuelles et la discrimination sociale envers les homosexuels est manifeste.
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Droit à l’éducation
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Peu de fonds ont t consacrs l'ducation ou d'autres programmes destins aux enfants. Un maigre budget et des arrirs salariaux ont caus une pnurie d'enseignants et une augmentation du nombre d'enfants des rues. L'ducation est cense tre obligatoire de 6 14 ans, mais les parents sont rarement poursuivis si leurs enfants ne vont pas l'cole. Dans les zones rurales, l'ge auquel un enfant commence aller l'cole varie souvent de 2 3 ans. Les garons et les filles bnicient d'un accs gal l'ducation primaire, toutefois de nombreuses jeunes filles abandonnent l'cole l'ge de 14 ou 15 ans lorsqu'elles subissent des pressions sociales relatives au mariage. L'UNICEF tablit que 39% de filles contre 47% de garons en ge d'aller l'cole primaire y sont inscrits. 35% des femmes savent lire et crire contre 60% des hommes. Le taux de scolarisation dans les zones urbaines est plus lev que dans les zones rurales.
A la suite de versements d'argent par des tudiants des enseignants ou des membres de l'administration dans le but d'obtenir une note qui leur permettrait de russir les examens de fin d'tudes secondaires, les notes ont perdu leur valeur et de nombreuses institutions suprieures d'autres pays font passer de nouveaux examens aux tudiants centrafricains ou ne prennent pas en compte leurs candidatures. Le gouvernement a approuv un plan national d'Education Pour Tous visant offrir une ducation de qualit.
Des enseignants du primaire, du secondaire et de l'universit sont accuss d'avoir des relations sexuelles avec des tudiantes en change de notes qui leur permettent de passer dans l'anne suprieure. La propagation du VIH/SIDA parmi les lves et les enseignants cause de srieuses inquitudes. Environ 5 000 enfants des rues gs entre 5 et 18 ans vivent dans la capitale Bangui. Certaines ONG offrent une ducation aux enfants des rues. Peu de statistiques relatives l'enseignement sont disponibles.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Un programme d'EPE de trois ans serait disponible, mais le taux brut de scolarisation (TBS) pour ce programme est de seulement 2%.
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Enseignement primaire
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L'ducation est obligatoire de 6 11 ans. Aucune autre donne statistique n'est disponible.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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Le TBS pour l'enseignement secondaire serait de 14% (18% des garons, 10% des filles).
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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Seulement 3 036 tudiants tudieraient dans des institutions suprieures, dont 53% d'tudiantes. 918 tudiants tudieraient l'tranger, principalement en France (737), aux Etats-Unis (40), au Royaume-Uni (29), au Cameroun (18) et en Belgique (16). A la suite d'une grve estudiantine l'Universit de Bangui, le gouvernement a pay une partie des arrirs de bourse des tudiants. Au cours de l'anne, la police a pass tabac des tudiants et des professeurs qui protestaient contre le non-paiement des bourses et des salaires.
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Enfants à besoins spéciaux
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Il n'existe aucune disposition lgale ou mandate garantissant l'accessibilit de l'enseignement pour les personnes handicapes. Environ 10% de la population du pays souffrent de handicaps, majoritairement causs par la polio. Peu de programmes ducatifs sont disponibles pour les enfants handicaps, dont les conditions de vie sont difficiles.
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Enfants réfugiés
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La loi prvoit l'octroi du statut de rfugi ou de l'asile conformment la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des rfugis ou son Protocole de 1967 et le gouvernement a tabli un systme pour assurer la protection des rfugis. Le gouvernement coopre avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires pour aider les rfugis et les demandeurs d'asile. Le pays hberge environ 34 000 rfugis du Soudan et de la Rpublique Dmocratique du Congo, qui subissent les mmes arrestations et dtentions arbitraires que les citoyens centrafricains. Entre 230 000 et 300 000 personnes sont dplaces dans leur propre pays. Les seuls services ducatifs disponibles dans les camps sont fournis par des agences intergouvernementales ou des ONG.
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Minorités et peuples autochtones
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La population compte 8 groupes ethniques dont un grand nombre parlent des langues primaires propres. Ils sont concentrs l'extrieur des zones urbaines. Les groupes majoritaires sont les Bavas (33%), les Bandas (27%), les Mandjas (13%), les Saras (10%) et les M'bororos (7%). Les partis politiques ont gnralement des bases ethniques ou ethnico-rgionales identifiables.
La discrimination sociale contre les Pygmes (Batwas ou Ba'Akas) est courante. Ils reprsentent entre 1% et 2% de la population et ont peu de prise sur les dcisions les concernant. Des actes de naissance sont mis l'intention des Pygmes afin qu'ils soient reconnus comme citoyens et pour leur offrir un accs plus de droits civiques. Cependant, d'autres groupes ethniques les forcent travailler dans l'agriculture ou comme domestiques et les traitent comme des esclaves. Leurs salaires sont largement infrieurs ceux prescrits par le Code du travail. Peu de services ducatifs sont disponibles pour les Pygmes.
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Liberté académique
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Aucun rapport ne fait tat de limites la libert acadmique, toutefois le climat est tel que l'autocensure est pratique. Le gouvernement limiterait ou bloquerait l'acc Internet pour certains journalistes qui se montrent critiques envers lui. Aucune information n'est disponible pour savoir si ces restrictions sont galement appliques au personnel acadmique. Les mises sur coute sans autorisation judiciaire ne sont pas rares.
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Egalités des sexes
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Le droit coutumier dfavorise les femmes quant aux droits de succession et de proprit. Le trafic d'tres humains existe mais les donnes statistiques ne sont pas disponibles. Le trafic des filles a lieu principalement dans la communaut musulmane trangre du Nigeria, du Soudan et du Tchad, qui amne des enfants qui servent ensuite de domestiques. Ces enfants ne reoivent pas d'ducation formelle, bien que leur ge implique une scolarisation obligatoire, et ils travaillent sans rmunration.
Les violences domestiques envers les femmes sont courantes. Les victimes dnoncent rarement les faits et peu de cas sont poursuivis en justice. La loi interdit les mutilations gnitales fminines mais les filles continuent de subir cette pratique traditionnelle. Les femmes sont traites comme infrieures aux hommes, conomiquement comme socialement. Les femmes clibataires, divorces ou veuves ne sont pas considres comme chefs de famille et ne bnficient pas des allocations familiales accordes aux chefs de famille masculins.
La polygamie est lgale mais rencontre une rsistance grandissante de la part des femmes instruites. Les hommes peuvent prendre jusqu' quatre femmes s'ils signalent leur intention de le faire l'occasion du premier contrat de mariage. Les femmes instruites qui sont indpendantes financirement recherchent des mariages monogames.
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Travail des enfants
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L'ge minimum d'embauche est fix 14 ans mais l'application de la loi est faible. L'ge minimum d'embauche peut tre abaiss 12 ans pour certains types de travaux lgers dans les activits agricoles ou tches domestiques traditionnelles.
Dans certaines zones rurales, les enseignants ou les directeurs d'cole utilisent les enfants comme main-d'uvre agricole, pour leur enseigner comment travailler la terre, car de nombreux lves ne dpassent pas l'cole primaire. Les revenus de la vente des produits de la ferme servent l'achat de fournitures et matriels pdagogiques et financer des activits en relation avec l'cole. Des enfants travaillent galement dans les champs de diamants aux cts de parents adultes. Des restrictions concernant le travail forc ou obligatoire s'appliquent aux enfants. Aucun rapport ne fait tat de la prsence d'enfants soldats dans les forces armes.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhrer. Des fonctionnaires ont exerc ce droit. Les forces de police et les juges peuvent fonder des syndicats mais les forces de scurit ne peuvent se syndiquer ou se mettre en grve. Les reprsentants syndicaux doivent tre des employs salaris plein temps dans leur secteur d'activit. Les syndicats du secteur priv jouissent du droit de ngociation collective.
Les salaires de la fonction publique sont fixs par le gouvernement. Les arrirs de salaires reprsentent un problme pour les fonctionnaires, y compris pour les enseignants et le personnel militaire. L'Etat doit aux deux groupes 40 mois d'arrirs de salaires. Le gouvernement a impos une rduction de 30% de la rmunration des hauts fonctionnaires et ngoci un accord de rduction salariale avec six syndicats afin de garantir le paiement rgulier des salaires.
Les syndicats jouissent du droit de grve dans les secteurs publics et privs, toutefois le gouvernement peut mettre fin aux grves en invoquant l'intrt public. Le travail forc ou obligatoire est interdit par la loi mais existe nanmoins. Les prisonniers travaillent pour des reprsentants du gouvernement sans tre pays.
Les salaires minimum sont fixs par dcret et varient selon le secteur et le type de travail. Le salaire minimum mensuel quivaut US$ 12 (7 800 francs CFA) pour les travailleurs agricoles et environ $28 (18 000 francs CFA) pour les employs de bureau. Le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie dcent au travailleur et sa famille.
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