Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Tchad
République du Tchad
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Tchad Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 7306 48,75 2529,00 0,67 0,65 1671205 41,19 1527967,00 89,75 60,94 421686 29,00 24,08 32,33 14,66 2,00 3,13
2008 6762 48,74 2214,00 0,63 1529711 47,09 1415510,00 84,58 62,40 369812 28,97 21,72 18990 12,72 1,92
2007 1324298 48,89 75,49 60,38 314470 90,76 19,02 32,92
2006 1296486 40,25 76,31 62,72 21,06 13,50 262714 26,21 202132,00 16,38 32,99
2005 8040 32,51 0,83 1262393 40,13 76,85 63,15 245286 25,53 15,80 33,55 10468 6,01 1,38 2,12
2004 7765 32,52 46,66 0,83 1271985 39,47 33,18 80,25 68,72 25,55 23,17 227856 24,76 15,52 34,21 10081 12,52 1,21
2003 6258 47,99 46,53 0,69 1164093 39,70 38,84 76,12 60,98 72,12 212632 24,25 15,08 10,78 32,15 7397 10,21 0,92
2002 6035 47,99 0,69 1085247 39,13 33,83 73,63 58,98 67,95 49,10 43,12 184996 24,86 17,09 13,68 9,83 37,89
2001 984224 38,72 29,55 69,27 55,06 71,22 50,64 40,62 142031 22,10 14,91 10,93 7,35 32,22 6106 15,00 0,82
2000 913547 37,79 27,77 66,67 53,72 68,62 45,69 39,17 137269 22,10 14,91 10,97 7,38 32,22 5901 15,00 8,56 0,82
1999 839932 36,74 25,00 63,54 51,83 67,88 46,83 40,92 123408 20,69 14,01 10,22 7,10 34,10 1,65
Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007

Introduction

Le Tchad est une république centralisée dominée par une présidence forte. Malgré un système de gouvernement multipartite, le pouvoir reste concentré dans les mains d'une oligarchie appartenant au groupe ethnique du Président, les Zaghawas.

Une culture de l'impunité a été instaurée par une minorité dirigeante qui s'est emparée du pouvoir lors d'une rébellion en 1990. Une tentative de coup d'état au début de l'année 2006 a été déjouée et plus de 100 militaires ont été punis. Les élections de 2006 ont été boycottées par les partis de l'opposition et le taux de participation aurait été extrêmement faible. Les groupes rebelles ont menacé de perturber le scrutin mais n'en ont rien fait. Un amendement à la Constitution a permis au Président en exercice de remporter un troisième mandat avec 64,67% des votes.

Les Tchadiens élisent le Président comme chef de l'Etat ainsi qu'un corps législatif de 155 sièges, l'Assemblée nationale. En 2006, le Mouvement patriotique du Salut a obtenu 113 sièges sur 155. L'élection a été jugée juste par l'Union africaine, toutefois ce jugement a été contesté par d'autres groupes. Le Premier ministre est nommé par le Président et confirmé par l'Assemblée nationale. Actuellement, il s'agit du neveu du Président. Dix femmes sont membres de l'Assemblée nationale.

Aux yeux de la loi, le système judiciaire est indépendant mais il manque de fonds et est soumis à des violences ainsi qu'à des interventions de l'exécutif. La loi allie le Code Napoléon et le droit coutumier ; le concept musulman de la dia, qui implique un dédommagement de la famille de la victime d'un crime, est largement pratiqué.

La discrimination basée sur l'origine, la race, la religion, l'opinion politique ou le statut social est interdite cependant la loi n'est pas appliquée.
La corruption constituerait un sérieux problème. Les forces de sécurité sont accusées de percevoir des sommes d'argents destinées à des subordonnés fictifs.

L'agriculture de subsistance emploie plus de 80% de la main-d'uvre. Le produit intérieur brut par habitant est de US$ 536, en partie grâce aux revenus du pétrole. Les exportations de pétrole ont débuté en 2003 et le pays a perçu ses premiers revenus pétroliers en 2005. Le gouvernement dépend des institutions financières internationales. Par conséquent, afin d'éviter un usage corrompu de ces revenus, qui seraient réservés aux dépenses relatives à la santé, l'éducation, l'agriculture, l'environnement et les infrastructures, un organisme de contrôle, le Collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières, a été instauré.

Le conflit au Darfour, au Soudan, se produit à proximité de la frontière tchadienne et par conséquent un nombre croissant de milices et de rebelles sont présents dans cette zone. Les forces de sécurité sont accusées de meurtres extrajudiciaires et de torture.

Les droits à la vie privée sont enfreints et la liberté de la presse est limitée. Des journalistes sont harcelés et détenus. L'accès à Internet n'est pas limité. Des rapports font état de mises sur écoute illégales et de surveillance des courriels privés et des communications à travers le principal serveur des postes.

La discrimination sociale est pratiquée contre les homosexuels, les personnes atteintes du VIH/SIDA et les membres de certains groupes ethniques.

Le Tchad est un pays de départ du trafic d'enfants à fins de travail forcé et d'exploitation sexuelle. Les garçons sont victimes d'un trafic à l'intérieur du pays pour servir de bergers et les filles sont victimes de trafic à des fins de prostitution dans la région productrice de pétrole.

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?Droit à l’éducation

Le financement de l'éducation aurait bénéficié d'une modeste augmentation, néanmoins les fonds consacrés à ce secteur demeurent insuffisants. Le gouvernement a mis l'accent sur les infrastructures et l'équipement des classes. La loi prévoit une éducation obligatoire mais ne spécifie pas la durée de la période obligatoire. La législation n'est pas appliquée. L'éducation est censée être gratuite, cependant l'inscription et d'autres frais sont à la charge des parents.

Presque la moitié des enseignants sont recrutés et rémunérés par des associations de parents et d'enseignants sans aucune participation du gouvernement. De nombreux enfants scolarisés reçoivent une éducation inadaptée car les enseignants sont mal formés et sous-payés, les classes surpeuplées et les outils pédagogiques fondamentaux tels que manuels, tableaux noirs, stylos et papier font défaut.

Les tâches traditionnellement assignées aux jeunes filles limitent leurs possibilités d'éducation. Le pourcentage de filles inscrites dans l'enseignement secondaire est extrêmement bas par rapport aux garçons ; les mariages précoces et les frais de scolarité en sont des causes.

En novembre 2005, à la suite d'un affrontement entre un enseignant et trois des enfants du Président, une école secondaire privée a été fermée pendant une semaine. Des membres de la Garde républicaine sont arrivés pour arrêter l'enseignant qui avait participé à l'expulsion des enfants. L'enseignant s'est caché et l'école a été fermée par peur des représailles.

Les enfants musulmans fréquentent des écoles islamiques (Mahadjir) qui les obligent à mendier pour de la nourriture et de l'argent. Une conférence a été organisée pour sensibiliser la population au sujet des élèves des Mahadjir et envisager des interventions appropriées.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Aucune information statistique n'est disponible sur l'EPE.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire mais la tranche d'âge n'est pas précisée. Les enfants fréquentent l'école primaire entre 6 et 11 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) serait de 57% (68% des garçons, 46% des filles). 24% des élèves doublent une année ou plus. Parmi les élèves qui entament l'enseignement primaire, 37% atteignent la dernière année de l'école primaire (43% des garçons, 28% des filles). 16 228 enseignants travaillent à ce niveau (10% de femmes). Le ratio enseignant/élèves (REE) est démesuré : 1/69.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 12 ans et devrait s'achever 7 ans plus tard. Le TNS est de 11% (16% des garçons et 5% des filles). 21% des élèves doublent une année ou plus.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

Les seules informations statistiques disponibles concernant le niveau supérieur révèlent que 2 018 étudiants du Tchad étudient à l'étranger, principalement au Cameroun (1 165), en France (421), au Maroc (141), aux Etats-Unis (95) et en Arabie Saoudite (50).

Au cours d'une manifestation pacifique conduite par des étudiants devant un bâtiment administratif de l'Université de N'Djamena en protestation contre la tentative du gouvernement d'annuler l'élection des dirigeants des syndicats étudiants, la police les a attaqués et dispersés avec une force exagérée et des gaz lacrymogènes. Le ministre de l'Administration territoriale a interdit toute activité de l'Union of Chadian Students et la police disperse régulièrement des rassemblements d'étudiants.

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?Enfants à besoins spéciaux

L'UNICEF estime qu'environ 600 enfants soldats servent dans les forces gouvernementales et les milices armées. Des services pour intégrer et réhabiliter ces enfants au sein de la communauté et dans des structures éducatives sont nécessaires.

L'UNICEF évalue également qu'environ 10 000 enfants vivent dans les rues, un nombre en augmentation selon les rapports de la presse. Les ONG fournissent une éducation et des abris temporaires pour aider les enfants de rues, les mineurs en détention, les orphelins du VIH/SIDA, les enfants exploités sexuellement ainsi que les enfants victimes de trafic et ceux qui servent dans des conflits armés. Les enfants bergers nomades du sud nécessitent également des programmes spécifiques.

Le Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant a fait part de son inquiétude concernant les infrastructures limitées, le manque de personnel qualifié et d'institutions spécialisées ainsi que l'absence d'une législation qui protégerait les enfants handicapés de la discrimination. Des déficiences dans les mesures prises pour traiter les besoins spécifiques des enfants handicapés mentaux ont également suscité des inquiétudes. Le gouvernement ne fait fonctionner qu'un faible nombre de programmes thérapeutiques et éducatifs pour les enfants handicapés, quand bien même des ONG offrent des formations axées sur les compétences pour certains d'entre eux.

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?Enfants réfugiés

La Constitution ne prévoit pas l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 mais le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le gouvernement coopère avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires.

Depuis le début de la crise au Darfour, les réfugiés soudanais affluent à la frontière tchadienne. Plus de 220 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, vivent dans douze camps de réfugiés avec peu de ressources. Des incursions des Janjawids sur le sol tchadien et la violence des rebelles tchadiens ont rendu les conditions de vie des ces réfugiés en fuite encore plus difficiles. La vie des réfugiés est rude et dangereuse, particulièrement pour les filles. Une journée de travail de 7 à 10 heures représente la norme pour 35% des enfants réfugiés, tandis que plus de la moitié des enfants réfugiés sont sous-alimentés. Les possibilités d'éducation sont rares et généralement surpeuplées.

En plus des réfugiés du Darfour, le Tchad héberge 30 000 réfugiés de la République centrafricaine et des quantités moindres de réfugiés de la République Démocratique du Congo. Le sentiment anti-réfugiés parmi les citoyens est vif en raison des pressions que la situation provoque sur les ressources locales comme le bois, l'eau et les pâturages. L'apport aux réfugiés de biens et de services qui ne sont pas disponibles pour la population locale a engendré des protestations. Des inquiétudes ont été exprimées au sujet d'une éventuelle militarisation des camps de réfugiés.

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?Minorités et peuples autochtones

Environ 200 groupes ethniques parlent 128 langues primaires distinctes. La plupart des groupes ethniques sont affiliés à l'une des deux traditions culturelles : les musulmans dans les zones arabes ou sahariennes au nord, au centre et à l'est et les groupes chrétiens ou animistes soudanais au sud. L'urbanisation et la désertification ont provoqué l'intégration de ces groupes dans certaines zones. La discrimination est manifeste dans le domaine de l'emploi. L'appartenance ethnique influence les nominations à l'administration et les alliances politiques. L'enseignement n'aborde pas les problèmes des minorités.

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?Liberté académique

La liberté académique n'est soumise à aucune restriction légale, cependant l'interception des courriers et des courriels touche le personnel académique ainsi que d'autres personnes. Le climat du pays n'est pas propice à la liberté académique.

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?Egalités des sexes

La discrimination envers les femmes est répandue. En raison de l'inégalité d'accès à l'éducation et à la formation, les femmes éprouvent des difficultés à trouver du travail dans les rares secteurs d'emploi formels. Les lois de succession et de propriété sont discriminatoires envers les femmes lorsqu'elles sont jugées par la pratique traditionnelle.

Les violences domestiques sont courantes. Les femmes sont soumises à l'autorité de leurs maris. On rapporte des cas d'assassinat par des membres de leur famille de femmes coupables d'avoir dérogé aux coutumes sociales. La pratique des mutilations génitales féminines est interdite mais profondément ancrée dans les traditions. Les femmes réalisent la majorité des tâches agricoles et sont découragées de suivre une éducation formelle. L'analphabétisme toucherait 66% des femmes, contre 48% des hommes.

La polygamie est devenue un sujet de controverse entre les communautés musulmanes et chrétiennes à l'occasion de la révision du Code de la famille. Des filles aussi jeunes que 12 ou 13 ans sont mariées par leur famille ; l'âge minimum légal du mariage est fixé à 11 ans. Le Code pénal interdit le mariage forcé des mineurs mais la pratique se poursuit, de même que la coutume du commerce des fillettes comme épouses.

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?Travail des enfants

Le Code du travail prévoit que tout individu de moins de 18 ans est un enfant et interdit aux enfants d'entreprendre « des travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s'exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l'enfant ». Cependant le travail des enfants, y compris le travail forcé, continue de représenter un sérieux problème. L'âge minimum d'embauche dans le secteur formel est fixé à 14 ans. Une étude de l'UNICEF a démontré que 65,5% des mineurs réalisent des corvées domestiques pendant plus de quatre heures par jour. Environ 20% des enfants de 6 à 18 ans travaillent dans le secteur informel.

Les formes abusives de travail des enfants et leur exploitation concernent 20% des enfants âgés de 6 à 18 ans. Des familles louent des enfants à des gardiens de troupeaux nomades pour aider à soigner les animaux. Les enfants sont souvent maltraités et renvoyés chez leurs parents pratiquement sans compensation financière pour leur travail. Certains rapports plausibles font état de pratiques d'esclavage des enfants. Avec seulement trente inspecteurs du travail dans le pays entier, il est impossible d'appliquer les lois sur le travail des enfants.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs sont libres de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception du personnel des forces armées. Dans le secteur formel, plus de 90% des employés sont syndiqués, toutefois la majorité des travailleurs travaillent dans l'agriculture de subsistance et ne sont pas payés. Le gouvernement est le premier employeur du pays. La négociation collective est autorisée et les travailleurs jouissent du droit de grève, bien que les services essentiels doivent être maintenus. Le travail forcé ou obligatoire est illégal mais existe, même dans l'économie formelle. Les prisonniers doivent travailler. La participation à une grève illégale est punie d'un emprisonnement assorti de travaux forcés.

Le salaire minimum, fixé par le gouvernement, est de US$ 45 (25 480 francs CFA) par mois, ce qui ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille.

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Nom du pays/territoire République du Tchad
Population 9944201 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1960)
OIT 87 (1960)
OIT 98 (1961)
OIT 100 (1966)
OIT 105 (1961)
OIT 111 (1966)
OIT 138 (2005)
OIT 182 (2000)
Comparaison de pays
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Pays 1
   
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