| Dernière mise-à-jour: le 19 juin 2007 |
Introduction |
La République de Croatie est dirigée par un Gouvernement démocratique dont le Président élu directement est à la fois chef de l'Etat, commandeur des forces armées et responsable de la politique étrangère et des services de renseignements. Le Président a nommé le chef du parti politique ayant la majorité des sièges comme Premier Ministre et partage avec lui l'exercice du pouvoir exécutif. L'OSCE a qualifié les élections parlementaires basées sur le suffrage universel de libres et justes, en dépit de certaines irrégularités. Les Croates vivant à l'étranger jouissent du droit de vote pour les matières purement ethniques.
Bon nombre de Serbes de Croatie qui se sont enfuis en 1995 ne peuvent prouver officiellement leur citoyenneté mais ils n'ont pas été aidés par le Gouvernement pour avoir accès à leurs documents et ainsi pouvoir voter. Les femmes occupent 33 des 152 sièges du Parlement et 4 des 15 Ministères. 8 sièges au Parlement sont réservés aux minorités ethniques et 11 représentants des minorités ont été élus. Les minorités serbes, italiennes et hongroises sont représentées au Gouvernement.
La loi garantit l'indépendance du pouvoir judiciaire mais ce dernier est jugé être sous influence politique.
La discrimination fondée sur le sexe, l'âge et la race est illégale mais elle existe toutefois, notamment à l'égard des Roms.
La coopération avec le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) s'est améliorée, mais certaines personnes accusées de crimes de guerre n'ont pas été arrêtées.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties. Une nouvelle législation sur les médias a été adoptée pour garantir l'indépendance et la protection des sources d'information. L'accès à Internet n'est pas limité.
Les homosexuels subiraient des discriminations. Une étude montre qu'un tiers des employeurs ne seraient pas disposés à engager des employés qui seraient homosexuels. Les victimes du VIH/SIDA sont également confrontées à la discrimination.
La Croatie est un pays d'origine, de transit et de destination pour les femmes et les filles victimes d'exploitation sexuelle. Le gouvernement ne respecte pas entièrement les normes minimales pour l'élimination du trafic.
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Droit à l’éducation
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L'enseignement est gratuit et obligatoire de 7 à 14 ans. La plupart des élèves continuent leurs études jusque 18 ans, à l'exception des Roms. Des garderies subsidiées et des repas gratuits sont également offerts. Certains rapports dénoncent la discrimination contre les minorités à l'école et des manuels utilisant des adjectifs péjoratifs pour parler des minorités. La participation aux cours de religion à l'école est facultative. Si une classe comprend 7 élèves de croyance minoritaire, ils peuvent bénéficier de cours de religion distincts.
Certains rapports dénoncent un harcèlement à l'égard des enfants serbes orthodoxes qui suivent des cours de religion. Selon des rapports d'ONG, les cours différenciés que suivent les élèves roms dans le nord du pays sont de moins bonne qualité que ceux des écoles classiques. Une affaire de 2003 relative à la ségrégation des classes primaires dans la région nord de Medjimurje n'a pas encore été jugée par la Cour Constitutionnelle. Le taux d'alphabétisation chez les adultes atteint les 98.1%.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de 3 ans, débute à l'âge de 3 ans. 5% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 46%. La Croatie compte 7 143 enseignants du niveau de l'EPE (tous des femmes) dont 84% ont suivi une formation. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/12.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 7 à 14 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 4 ans. Le TNS est de 87% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 100% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. L'enseignement primaire compte 10 832 enseignants (dont 90% de femmes), parmi lesquels tous sont formés. Le REE est de 1/18.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 11 ans et s'étale sur 8 ans. 1% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 85%. 74% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Seul 1% des étudiants du secondaire doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 36 846 enseignants dont 17 073 (69% de femmes) dans le secondaire inférieur et 19 733 (65% de femmes) dans le secondaire supérieur. Tous sont formés. Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/12 et de 1/10 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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12 722 étudiants (53% de femmes) fréquentent l'enseignement supérieur. Le TNS est de 39%. 2 836 étudiants étrangers poursuivent leurs études en Croatie, ils sont originaires principalement d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (2 646), et d'Amérique du Nord et d'Europe de l'Est (45). Par ailleurs, 9 955 étudiants croates étudient à l'étranger, principalement en Allemagne (5 437), en Italie (1 257), en Autriche (947), aux Etats-Unis (660) et en Slovénie (425).
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Enfants à besoins spéciaux
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Selon un rapport d'Amnesty International, les autorités ne sont pas parvenues à prévenir la violence parmi les enfants dans les institutions spécialisées. Des faits occasionnels de discrimination sociale contre les personnes handicapées sont signalés. Les programmes éducatifs pour les enfants handicapés sont plus accessibles en ville que dans les zones rurales.
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Enfants réfugiés
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Le Gouvernement coopère avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires et internationales pour aider les réfugiés et les personnes rapatriées. Les statistiques du Gouvernement montrent qu'environ 115 148 réfugiés sont retournés dans leur pays depuis la fin de la guerre. La liberté de circulation est limitée pour les personnes déplacées qui ont perdu leur droit de résidence. Sans résidence permanente, il est difficile d'obtenir une carte d'identité. Tant que leur demande de régularisation n'est pas acceptée, les demandeurs ne peuvent profiter des avantages tels qu'un enseignement gratuit, la pension et un emploi au sein de la fonction publique. Les organisations humanitaires internationales aident les personnes déplacées à obtenir leurs documents officiels.
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Minorités et peuples autochtones
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La loi interdit la discrimination contre les minorités mais elle existe bel et bien à l'égard des Serbes et des Roms. En particulier, les enfants roms sont confrontés à de sérieux obstacles au niveau de l'enseignement. Leur situation est rendue encore plus difficile par la combinaison d'une discrimination à l'école et un manque de soutien de leur famille pour l'enseignement. Seuls 10% des enfants roms commenceraient l'école primaire, et seuls 10% d'entre ceux-là continuent à l'école secondaire. Les barrières linguistiques ajoutent encore une autre difficulté pour les enfants roms à l'école. L'absence de qualité de citoyenneté et de documents officiels prouvant leur identité rend également l'accès à l'école difficile pour certains. Des ONG travaillent avec les enfants roms pour les aider à s'intégrer à la société.
Le Centre européen pour les droits des Roms (ECRR) a engagé des poursuites contre la Croatie pour obtenir justice pour 15 enfants roms victimes de discrimination raciale dans les écoles élémentaires. Le Ministère de l'Education est accusé d'avoir arrêté de subventionner l'enseignement préscolaire pour les enfants roms dans 6 écoles de Medjimurje. Des manifestations ont eu lieu à Drzimurec-Strelec lorsqu'il a été question d'ajouter une nouvelle aile à une école primaire où les enfants roms sont majoritaires dans les premiers degrés. L'école a ouvert, et des assistants roms bilingues ont été engagés pour aider les étudiants à surmonter les barrières linguistiques. Des surs contaminées par le VIH ont pu commencer l'année scolaire 2005 sans incident.
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Liberté académique
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Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique.
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Egalités des sexes
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La loi sur l'Egalité des sexes garantit l'égalité des femmes mais ces dernières occupent toujours des fonctions moins bien rémunérées. Selon les statistiques, 45% des femmes travaillent formellement et elles représentent 5% de la population au chômage. En moyenne, les salaires des femmes sont de 10% inférieurs à celui des hommes.
Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est interdit mais les syndicats constatent que le problème existe, notamment dans l'industrie textile et dans la restauration. De nombreuses femmes hésitent à dénoncer ces actes par peur des représailles. La violence domestique est en augmentation. Le trafic des femmes à fins d'exploitation sexuelle est un sérieux problème.
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Travail des enfants
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L'âge minimum pour travailler est de 15 ans. La législation est appliquée. Les adolescents de moins de 18 ans ne peuvent prester d'heures supplémentaires, ni travailler la nuit ou dans des conditions dangereuses. De récents amendements au code pénal ont criminalisé le trafic d'enfants à fins d'exploitation sexuelle ou de travail forcé. Un médiateur national pour les enfants a pour tâche d'enlever ces enfants de l'exploitation et de les rescolariser.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Selon des estimations, 64% des travailleurs sont affiliés aux syndicats, syndicats indépendants des partis politiques. La négociation collective est pratiquée Les membres des forces armées, la police et les fonctionnaires n'ont pas le droit de faire grève. Une grève est légale à la fin d'un contrat pour les travailleurs jouissant du droit de grève. Les travailleurs des secteurs privé et public ont mené des grèves.
Le travail forcé ou obligatoire est illégal mais on constate certains cas isolés. Le salaire minimum mensuel national de US$276 (1 850 kunas) ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les syndicats estiment que même le salaire net mensuel moyen de US $757 (4 352 kunas) ne permet pas d'assumer le coût minimum de la vie. Le non-paiement et les retards de salaires sont problématiques. La législation sur le travail prévoit une semaine de travail normale de 40 heures.
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