Zone Grecque:
La République de Chypre est une démocratie multipartite. Le gouvernement est élu pour cinq ans par le biais d'élections libres et équitables. 9 des 56 sièges du Parlement sont occupés par des femmes ainsi que certains hauts postes des pouvoirs exécutif et judiciaire. Aucune minorité n'est représentée au Parlement. Les communautés maronites, arméniennes et latines (Catholiques romains) élisent leurs représentants pour le Parlement mais ces deniers n'ont pas de droit de vote. En 2006, le gouvernement n'avait toujours pas appliqué la décision de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui visait à empêcher la violation des droits aux élections libres et à la non-discrimination pour les Chypriotes turcs vivant en République. Le système judiciaire est indépendant.
La discrimination fondée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite. On constate toutefois des cas de discrimination à l'égard des Chypriotes turcs et des Roms. Des Chypriotes turcs ont introduit une réclamation pour leur propriété située dans les zones contrôlées par le gouvernement. Des membres de la police et des gardiens de prison sont accusés de faire subir des traitements discriminatoires aux Chypriotes turcs. 14% des détenus sont des étrangers emprisonnés pour séjour illégal dans le pays. Tous les quartiers généraux des divisions de police ont désigné des conseillers afin de les aider à s'occuper des personnes provenant de milieux culturels différents. De plus, l'Ecole de Police dispense des séminaires de formation contre le racisme.
L'Etat s'efforce toujours d'élucider la disparition de 1 493 Chypriotes grecs pendant les violences de 1963 64 et de 1974. La Commission des personnes disparues à Chypre, composée par des représentants des Nations Unies et des Chypriotes turcs et grecs, enquête toujours. Dorénavant, des tests génétiques seront effectués afin de faciliter les identifications. Le rapport annuel de l'auditeur général a mis en évidence de sérieux problèmes de gestion au sein du gouvernement et a conduit à une enquête.
L'accès aux informations gouvernementales est garanti mais les fonctionnaires ne peuvent pas fournir de documents sans la permission du ministre. La liberté d'expression et de la presse sont assurées. Les journalistes turcs qui couvrent l'actualité se voient imposer des restrictions, restrictions qui ne concernent pas les Chypriotes turcs.
Les Chypriotes grecs peuvent voyager librement dans la partie nord du pays, la partie chypriote turque, et le nombre de Chypriotes turcs qui traversent la ligne verte a augmenté. Beaucoup possèdent maintenant des passeports de la République de Chypre. Chypre constitue un pays de destination et de transit pour les personnes victimes de trafic sexuel.
Les homosexuels sont confrontés à des discriminations sociales tout comme les séropositifs. On constate un manque d'informations concernant le VIH et le SIDA.
Zone turque :
Depuis 1974, un tiers de l'île de Chypre, à savoir le nord, est gouverné par l'administration chypriote turque qui s'est autoproclamée République Turque de Chypre du Nord (RTCN). La Turquie est la seule à avoir reconnu cette administration. Le chef de la RTCN est élu, sur base du suffrage universel, par le biais d'élections considérées libres et équitables. Les résidents chypriotes grecs et maronites ne peuvent pas participer aux élections chypriotes turques. Ils votent pour les élections chypriotes grecques. Parmi ses 50 sièges, l'administration compte trois femmes et aucune minorité n'y est représentée.
La loi prévoit un pouvoir judiciaire indépendant et interdit la discrimination fondée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social. Dans la pratique, la discrimination à l'égard des Grecs et des maronites subsiste toutefois.
La Commission tripartite sur les personnes disparues à Chypre, qui est composée par des représentants des Nations Unies, des Chypriotes grecs et des Chypriotes trucs, essaie encore d'expliquer la disparition de personnes pendant les violences de 1963 64 et en 1974. La RTCN a accordé à la Turquie sa responsabilité en matière de sécurité publique. Des sévices commis par des policiers sont signalés.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties dans la loi mais non respectées dans la pratique. Des journalistes ont été inculpés pour avoir insulté l'armée. Les Chypriotes grecs et turcs doivent présenter une carte d'identité pour traverser la ligne verte qui sépare la partie turque au nord et la partie grecque au sud. Les Chypriotes grecs doivent également remplir un formulaire de visa.
La corruption, le népotisme et le manque de transparence constituent de sérieux problèmes. Aucune loi ne régule l'accès aux informations gouvernementales. Les fonctionnaires ne peuvent pas révéler d'informations sans la permission de leur directeur.
L'homosexualité est considérée comme un crime et la discrimination sociale est manifeste. Aucun cas de discrimination envers les séropositifs et les sidéens n'a été signalé.
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