Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Congo-Kinshasa
République Démocratique du Congo
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Congo-Kinshasa Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 249326 51,21 22881,00 3,77 10244086 45,95 1790734,00 90,28 37,33 3398550 35,78 36,65 16,01
2008 201351 51,04 77307,00 3,11 30,58 9973365 45,46 90,39 39,02 3129488 35,54 34,76 16,57 26,13
2007 172300 51,17 53910,00 2,72 8839888 44,73 82,46 38,30 32,60 25,35 2815175 34,62 32,22 15,67 237836 25,87 4,06
2006
2005 98,85
2004
2003 70775 50,21 84,06 1,32 1,29 5589634 43,87 11,11 61,67 34,33 1655023 36,67 22,11 14,53
2002 68710 50,21 84,06 1,32 1,29 5455391 43,86 11,11 61,67 34,34 1612840 36,67 13,38 22,11 14,53
2001 40432 49,49 93,15 0,80 0,80
2000 38792 49,50 93,20 0,78 1253046 34,32 18,02 13,80
1999 4022411 47,38 19,41 48,40 26,02 1234528 34,29 18,14 13,80 60341 1,30
Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007

Introduction

Le pouvoir au sein de la République Démocratique du Congo (RDC) repose dans les mains du Président. Un gouvernement de transition, en exercice depuis juin 2003, a été remplacé à la suite d'une élection en 2006, la première élection libre depuis l'indépendance en 1960. Le pays a été divisé entre le territoire contrôlé par le gouvernement et celui tenu par les rebelles et les seigneurs de guerre. Aux yeux de la loi, le système judiciaire est indépendant, cependant il est soumis à des pressions de la part du gouvernement et inefficace et corrompu. La législation est basée sur le droit belge et sur le droit coutumier.

La discrimination basée sur l'appartenance ethnique, le sexe ou l'affiliation religieuse est illégale, cependant ces dispositions ne sont pas appliquées.

Les forces de sécurité commettent de graves violations des droits de l'homme en toute impunité. La loi interdit la torture, cependant des responsables de la sécurité battent et torturent des détenus, parfois pour régler des différends privés de responsables gouvernementaux. Les forces de sécurité sont mal formées, mal payées et indisciplinées. Des groupes armés terrorisent les citoyens. Les gouvernements ougandais et rwandais sont accusés de soutenir certains rebelles. Les groupes armés prennent leurs ordres auprès de seigneurs de guerre et d'autres.

Des crimes innommables sont commis contre des femmes et des enfants et des assassinats politiques sont dénoncés. Des gangs ont tué des enfants des rues avec la complicité des forces de sécurité. L'appartenance ethnique est souvent un motif d'assassinat extrajudiciaire. Des structures de détention illégales sont administrées par les forces de sécurité et le viol et les violences sexuelles sont utilisés comme armes de guerre.

Amnesty International rapporte que des dizaines de milliers de filles ont été victimes de viols systématiques et d'agressions sexuelles commis par des combattants. Des accusations d'inconduite sexuelle et d'abus sexuels déposées contre des membres du personnel de la MONUC (Mission des Nations unies en République Démocratique du Congo) font l'objet d'une enquête. La corruption est endémique.

La liberté d'expression et de la presse sont limitées. Les journalistes pratiquent l'autocensure suite à des arrestations, des détentions et des mauvais traitements. De faibles taux d'alphabétisation et le prix élevé des journaux font de la radio le moyen d'information de masse.

L'économie repose sur l'agriculture de subsistance et le secteur informel prend de l'ampleur. Seule l'élite a bénéficié des richesses du pays, alors que 80% de la population vit avec moins d'un dollar par jour. La propagation du VIH/SIDA a été dévastatrice pour les familles et a poussé les dépenses publiques à la hausse. L'absentéisme au travail, le recyclage des travailleurs de substitution et les frais de santé constituent des problèmes auxquels il faut s'atteler.

La RDC est un point de départ pour le trafic interne des hommes, des femmes et des enfants à des fins de travail forcé et d'exploitation sexuelle. On estime que 30 000 enfants travaillent pour les groupes armés, qui leur font subir de mauvais traitements.

La démobilisation des enfants est en cours mais beaucoup reste à faire. Entre 25 000 et 50 000 enfants réfugiés, orphelins de guerre et enfants accusés de sorcellerie vivent dans les rues. Les enfants « sorciers » accusés de posséder des pouvoirs mystiques sont abandonnés. Les discriminations et les violences envers les enfants des rues augmentent. De nombreux rapports font état d'abus que les enfants des rues subissent de la part de policiers qu'ils payent pour pouvoir dormir dans des bâtiments abandonnés ou auxquels ils reversent une partie de ce qu'ils ont volé ou gagné. Les enfants des rues sont loués par des groupes pour troubler l'ordre public.

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?Droit à l’éducation

Le financement de programmes destinés aux enfants est presque inexistant. L'éducation n'est ni obligatoire, ni libre, ni universelle. Les parents doivent assumer des frais de scolarité et les salaires des enseignants, car ces derniers font partie des nombreux fonctionnaires qui n'ont pas été rémunérés et à qui le gouvernement doit des mois d'arriérés salariaux. De nombreux enfants ne peuvent fréquenter l'école à cause de ces frais. L'UNICEF estime que le taux net de fréquentation de l'école primaire est de 51%, cependant les statistiques de l'UNESCO évaluent le taux net de scolarisation (TNS) à 23% en 1999. Nombre de filles n'ont pas droit à l'enseignement car leurs parents démunis préfèrent envoyer leurs fils à l'école.

Des étudiants qui protestaient contre les frais de scolarité trop élevés ont été arrêtés. Les infrastructures sont dans un grave état de délabrement et l'enseignement public s'est sérieusement détérioré.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Les seules informations statistiques indiquent que le programme, d'une durée de trois ans, devrait débuter à l'âge de trois ans.

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?Enseignement primaire

L'enseignement primaire devrait débuter à 6 ans et l'éducation obligatoire devrait se poursuivre jusqu'à l'âge de treize ans. Aucune information statistique récente n'est disponible.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire devrait commencer à 12 ans et s'achever 6 ans plus tard. Aucune information statistique supplémentaire n'est disponible.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

4 559 étudiants étudient à l'étranger, principalement en France (3 176), en Belgique (277), au Maroc (205), en Italie (146) et en Allemagne (116).

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?Enfants à besoins spéciaux

Les personnes handicapées sont victimes de discriminations et bénéficient de peu de services. Elles sont exemptées de certaines lois civiles. Certaines écoles privées utilisent des fonds privés pour offrir éducation et formation professionnelle à des étudiants aveugles ou souffrant d'autres handicaps physiques. Aucune information n'est donnée sur les possibilités d'éducation des personnes handicapées dans l'enseignement public, mais si l'on considère les très mauvaises conditions dans les écoles publiques, il est improbable que les enfants handicapés y soient intégrés.

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?Enfants réfugiés

L'HCNUR estime qu'environ 370 000 réfugiés congolais vivent dans les pays voisins. La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système très rudimentaire pour assurer la protection des réfugiés. On estime que 196 000 réfugiés angolais, soudanais et burundais se trouvent en RDC.

Avec l'aide des autorités locales congolaises et rwandaises, des enfants et des femmes sont recrutés dans des milices. Certains parents d'enfants réfugiés affirment que leurs enfants, envoyés dans des camps pour bénéficier d'un enseignement, sont à la place recrutés dans des groupes armés.

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?Minorités et peuples autochtones

Le pays compte au moins 200 groupes ethniques régionaux qui parlent différentes langues. Aucun groupe ethnique n'est majoritaire ; les groupes ethniques les plus importants sont les Luba, les Kongo et les Anamongo. Quatre langues autochtones, le kiswahili, le lingala, le kikongo et le tshiluba, bénéficient d'un statut officiel et sont largement parlées. Le français est la langue du gouvernement, du commerce et de l'enseignement. La discrimination ethnique est courante au sein de tous les groupes ethniques et manifeste dans l'embauche. L'influence politique est aux mains de Katangais.

Les Pygmées (Batwa) sont victimes de discrimination sociale. Des rapports antérieurs indiquent qu'ils étaient menacés de cannibalisme et d'être utilisés pour des cérémonies d'inhumation. Certaines tribus s'en servent comme esclaves. L'accès à l'éducation est limité pour les Pygmées, tandis que les Katangais bénéficieraient d'un accès aisé aux services publics.

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?Liberté académique

La liberté académique se serait améliorée. Les harcèlements et les intimidations ont diminué. Cependant dans certaines zones faiblement contrôlées par le gouvernement, la liberté d'expression est restreinte et peu de programmes éducatifs sont mis en uvre.

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?Egalités des sexes

La situation des femmes en RDC est l'une des pires au monde. Les femmes sont reléguées au second rang de la société. Elles réalisent la majorité des tâches de l'agriculture primaire et des activités commerciales de petite échelle ; dans le secteur formel, elles sont moins bien payées que les hommes. Elles occupent rarement des postes d'autorité. Une femme mariée a besoin de la permission de son mari pour ouvrir un compte en banque ou accepter un emploi. Aux yeux de la loi, une femme peut hériter de la propriété de son mari ou bénéficier de la répartition des biens en cas de divorce, cependant le droit coutumier lui refuse ces droits. Les veuves sont souvent démunies de tous leurs biens ainsi que de leurs enfants par la famille du mari défunt.

La polygamie est illégale mais pratiquée. Les violences domestiques envers les femmes sont courantes. Les groupes armés utilisent le viol comme arme de guerre. L'impunité laisse les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des enfants se poursuivre. Cependant, les mutilations génitales féminines ne sont pas répandues et sont interdites par la loi.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche à plein temps sans accord parental est fixé à 18 ans. Les mineurs âgés de 15 à 18 ans peuvent travailler avec le consentement d'un parent ou d'un tuteur ; les enfants de moins de 16 ans ne peuvent travailler plus de 4 heures par jour. Ces lois ne sont pas appliquées et le travail des enfants est courant dans toutes les parties du pays. Le secteur informel et l'agriculture de subsistance dominent l'économie et nombre d'enfants travaillent dans ces secteurs. Des rapports sur le travail forcé des enfants accusent des parents de retirer leurs enfants de l'école pour qu'ils mendient, chassent ou se prostituent afin de gagner de l'argent pour leurs familles.

Des groupes armés forcent des enfants à travailler, ces derniers sont impliqués illégalement dans l'exploitation des ressources naturelles. La MONUC a rapporté que les équipes de mineurs sont majoritairement composées d'enfants de 11 à 15 ans. D'anciens enfants soldats seraient ré-enrôlés pour servir de mineurs à des groupes armés ; des enfants soldats ou anciens enfants soldats travailleraient au nom de leurs chefs. La violence contre les enfants des rues a augmenté. Des soldats et des policiers les harcèlent. Selon la MONUC, des groupes armés Ituri enrôlent et forment des enfants dans le but d'en faire des combattants. 40% des miliciens Ituri seraient des enfants de moins de 18 ans. Le rapport fait état d'accusations contre l'Ouganda et le Rwanda qui auraient aidé et encouragé les groupes armés Ituri à enrôler et à former des enfants. Les enfants qui n'exécutent pas les ordres sont brutalisés. Des rapports indiquent que des enfants soldats ont été initiés à la guerre par des rituels fétichistes impliquant le cannibalisme.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs, à l'exception des magistrats et du personnel militaire, ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, mais seul un faible pourcentage des travailleurs du pays est syndiqué. La plupart des citoyens travaillent dans l'agriculture de subsistance et le commerce informel. La loi prévoit le droit à la négociation collective, mais ce droit n'est pas appliqué dans la pratique. Le gouvernement fixe les salaires du secteur public par décret, et les syndicats agissent à titre de conseillers. Les syndicats du secteur public ont organisé plusieurs grèves en protestation contre le niveau des salaires et les arriérés de salaires, et les grèves des contrôleurs du trafic aérien ont mené au versement d'une partie de leurs arriérés.

Les fonctionnaires, y compris les enseignants, ont des salaires très bas, allant de US$ 4 à $20 par mois ; les arriérés de salaires demeurent impayés. Les fonctionnaires, y compris les policiers et les soldats, complètent leurs salaires par des pots de vin et d'autres formes de corruption. Le salaire moyen ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille, et la plupart s'en remettent au secteur informel pour survivre. Les lois concernant le salaire minimum ont été suspendues. La semaine légale de travail est de 48 heures.

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Nom du pays/territoire République Démocratique du Congo
Population 62660551 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1960)
OIT 87 (2001)
OIT 98 (1969)
OIT 100 (1969)
OIT 105 (2001)
OIT 111 (2001)
OIT 138 (2001)
OIT 182 (2001)
Comparaison de pays
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