| Dernière mise-à-jour: le 21 juin 2007 |
Introduction |
L'Equateur est une république démocratique présidentielle qui a élu son huitième dirigeant en 2006, au cours d'une décennie de turbulence politique. Avec un mandat de 4 ans, le Président de l'Equateur est le chef de l'Etat et le chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif repose dans les mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif revient au gouvernement et au Congrès. Le vote est obligatoire pour toute personne âgée de 18 à 65 ans.
Le Tribunal suprême électoral (TSE) et l'Organisation des Etats Américains ont reconnu que le candidat de la gauche était le vainqueur de l'élection. Le nouveau Président, un économiste formé aux Etats-Unis, a débuté son mandat en janvier 2007 et a cité, au nombre de ses priorités, les plans de renégociation de la dette et les propositions pour remanier les contrats pétroliers étrangers. 4 partis détiennent 77 sièges au Congrès national qui en compte 100, 6 petits partis se partageant le reste des sièges. Aucun parti ne domine le Congrès.
Les femmes et les minorités se présentent pour un poste d'élu mais peu de femmes, d'autochtones ou d'afro-équatoriens occupent de tels postes. Au moins 40% des candidats au Congrès doivent être des femmes, jusqu'en 2008 où le pourcentage passera à 50%. Le Congrès actuel compte 22 femmes et le gouvernement en compte 1. Le mouvement autochtone a présenté des candidats aux élections à tous les niveaux et compte 10 membres au Congrès et 1 au gouvernement. Le pouvoir judiciaire est indépendant mais susceptible de subir pressions et corruption.
La discrimination fondée sur la race, le sexe ou le statut social est interdite mais les rapports font état d'une discrimination importante.
Certains membres des forces de sécurité sont accusés de torture et d'abus à l'égard des suspects. L'impunité constitue un problème. Une violence collective à l'encontre des personnes suspectées de crimes est signalée, notamment dans les communautés autochtones et dans les quartiers pauvres.
L'agriculture rurale constitue la source d'emploi principal et la pauvreté rurale est généralisée. La distribution des revenus est très inégale.
La liberté d'expression et de la presse sont assurées. Des accusations pénales de calomnie et diffamation sont portées à l'encontre des journalistes, entraînant une autocensure. Les écoutes en ligne ordonnées par le tribunal sont légales. L'accès à Internet n'est pas limité.
L'esclavage et le trafic des personnes sont interdits mais des rapports indiquent que le pays est une source et une destination pour les personnes victimes de trafic à des fins de main-d'uvre et d'exploitation sexuelle.
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Droit à l’éducation
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L'éducation est gratuite jusqu'à l'école secondaire. Le Ministre de l'Education relate que la plupart des enfants terminent leur 6ème année. Selon la loi, 30% du budget est réservé à l'éducation mais, malgré une augmentation de 9%, la somme allouée ne s'élève qu'à la moitié de ce pourcentage. Des subventions en matière d'éducation sont accordées aux familles défavorisées afin de les inciter à maintenir leurs enfants à l'école. L'UNICEF déclare que 65% des enfants du pays vivent dans la pauvreté. Les enfants sont supposés suivre et terminer 9 années d'école obligatoire mais le manque d'écoles et les coûts élevés que représentent, pour les familles, les manuels, les uniformes et autre matériel ont pour conséquence que de nombreux enfants ne fréquentent pas l'école et que la législation sur l'éducation n'est pas appliquée. Les enfants ruraux fréquentent l'école de manière sporadique lorsqu'ils atteignent l'âge de 10 ans, moment auquel ils commencent à travailler dans les exploitations agricoles. L'instruction religieuse est autorisée dans les écoles privées mais pas dans les écoles publiques.
L'Internationale de l'Education collabore avec les collègues du syndicat équatorien de l'éducation pour former les enseignants à la prévention du VIH par l'éducation. Le Ministère de l'Education et le syndicat élaborent des programmes et des matériaux destinés à une utilisation dans les écoles, et traitant de la prévention du VIH/SIDA.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Un programme d'EPE d'une durée d'un an débute à l'âge de 5 ans. 39% de l'EPE est privée. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 62%. Sur les 13 285 enseignants travaillant dans l'EPE, 87% sont des femmes et 72% (62% des hommes, 73% des femmes) sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/17.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 5 à 14 ans. L'éducation primaire débute à l'âge de 6 ans et dure 6 ans. 2% des enfants doublent une année ou plus. 28% de l'enseignement primaire est privé. Le TNS est de 98%. Sur les 80 012 enseignants employés dans l'éducation primaire, 70% sont des femmes et 71% sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves est de 1/23.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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Un programme d'éducation secondaire d'une durée de 6 ans débute à l'âge de 12 ans. A ce niveau, 33% de l'enseignement est privé. 53% des élèves du secondaire supérieur suivent des programmes techniques professionnels. 4% des élèves doublent une année ou plus. Le TNS est de 52%. Il y a 43 817 enseignants dans l'enseignement secondaire inférieur et 30 868 dans le secondaire supérieur. 69% des enseignants du secondaire sont qualifiés (63% des hommes, 76% des femmes). Le REE est de 1/13 dans le secondaire inférieur et de 1/14 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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5 128 étudiants équatoriens étudient à l'étranger, essentiellement aux Etats-Unis (2 345), à Cuba (546), en Allemagne (359), au Chili (343) et en France (291).
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Enfants à besoins spéciaux
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Les droits des personnes handicapées sont reconnus par la loi et il n'existe pas de discrimination officielle à l'égard des personnes handicapées dans les services de l'éducation ou dans d'autres services publics. Des opportunités limitées en matière d'éducation sont disponibles pour les personnes handicapées en dehors des centres urbains.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Une nouvelle législation a été adoptée en ce qui concerne les réfugiés.
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Minorités et peuples autochtones
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Un grand nombre de citoyens afro-équatoriens souffrent de la pauvreté et de la discrimination, notamment en termes d'opportunités éducatives et économiques. Aucun effort particulier n'a été fait pour lutter contre ces problèmes. Des opportunités limitées en matière d'éducation maintiennent leur marginalisation. La presse s'est concentrée sur le racisme dans toutes les strates de la société.
On estime que de 7% à 20% de l'ensemble de la population sont des citoyens autochtones qui se situent au plus bas de l'échelle des revenus, vivent en zones rurales et souffrent de la discrimination à plusieurs niveaux de la société. Des groupes autochtones ont collaboré avec le Ministère de l'Education afin de proposer des programmes d'éducation bilingue dans les écoles rurales. Malgré cette démarche positive, le système éducatif rural présente de graves déficiences.
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Liberté académique
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Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique.
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Egalités des sexes
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Les femmes ont le même statut légal que les hommes mais ne disposent pas des mêmes droits dans la pratique. Les hommes perçoivent en moyenne 54% de plus que les femmes. Moins de femmes sont employées dans les secteurs du travail professionnel et qualifié. Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est interdit par la loi mais fréquent dans la pratique. La discrimination à l'égard des femmes est omniprésente, limitant leurs opportunités éducatives et économiques, notamment pour les femmes défavorisées. La violence à l'égard des femmes est interdite mais les normes sociales et la réticence à porter plainte en assurent la persistance.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 15 ans pour tous les types de travail. Aucune loi ne protège les enfants de l'exploitation sur le lieu de travail. Un enfant peut travailler 6 heures par jour et 5 jours par semaine mais pas dans des conditions dangereuses. Les enfants sont payés à hauteur de 80% du salaire des adultes. Certaines estimations indiquent que le travail des enfants concerne 300 000 enfants dans le pays ; une étude de l'UNICEF, réalisée en 2005, estime que le nombre s'élève à 756 000 enfants travaillant à temps plein et que 39% des enfants ne reçoivent pas d'instruction scolaire. L'UNICEF estime également que 44% des enfants commencent à travailler entre 10 et 14 ans et que 70% ne fréquentent pas l'école secondaire.
Un rapport de l'OIT estime que plus de 5 200 mineurs sont engagés dans la prostitution. Divers groupes, regroupant des entreprises, des travailleurs et des ONG, tentent de trouver des solutions au problème du travail des enfants. Des enfants âgés de seulement 5 ou 6 ans à peine vendent des journaux ou des bonbons dans la rue. Un programme réalisé dans 5 villes offre des bourses d'étude aux enfants qui travaillent afin de leur permettre de fréquenter l'école.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de créer des syndicats et d'y adhérer à l'exception des policiers, des militaires et de la plupart des travailleurs du secteur public. Seulement 2% à 3% de la main-d'uvre est organisée. Des syndicats peuvent être constitués lorsqu'une entreprise compte plus de 30 travailleurs ; c'est ainsi que les employeurs sous-traitent par le biais d'entreprises virtuelles, comptant chacune moins de 30 travailleurs, afin d'empêcher l'organisation de syndicats. Les travailleurs en sous-traitance n'ont pas de droit légal à la liberté d'association ou la négociation collective.
Il est interdit à la plupart des travailleurs du secteur public d'adhérer à des syndicats ou d'exercer leurs droits de négociation collective. Les employeurs du secteur privé qui compte 30 travailleurs syndiqués doivent négocier à la demande du syndicat. Les travailleurs temporaires ne disposent pas des mêmes droits que les travailleurs à temps plein. Après une période de réflexion de 10 jours, les travailleurs peuvent se mettre en grève ; les travailleurs en grève peuvent être remplacés si les normes de service minimum ne sont pas maintenues.
Les salaires et les prestations sont payés durant une grève légale. Les fonctionnaires ne peuvent négocier collectivement et ne disposent pas du droit de grève ; dans le cas contraire, ils sont passibles de 2 à 5 ans de prison ; des grèves menées par des enseignants des écoles publiques et des professionnels de la santé ont cependant eu lieu.
Le salaire minimum est fixé par le Ministère du Travail, en concertation avec la Commission sur les salaires, et peut être ajusté par le Congrès. Le salaire minimum plus les primes donnent une rémunération mensuelle brute de US$ 166, ce qui ne permet pas d'assurer un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine de travail normale est de 40 heures.
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