Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Guinée équatoriale
République de Guinée équatoriale
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Guinée équatoriale Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 82417 48,79 43594,00 81,89 53,52 24,22
2008 39551 56,85 53,40 81099 48,60 42931,00 81,83 53,41 27,97
2007 0
2006 32017 56,84 44,70
2005 25208 45,14 49,19 35,77 75809 48,70 53131,00 95,00
2004
2003 23644 40,38 38,61 73771 49,22 116,71 81,14 31,98 0,61
2002 22890 36,90 40,09 78390 47,57 127,23 85,32 21173 36,41 29,73 0,61
2001 22150 50,94 39,78 78477 48,82 130,75 87,68 43,36 32,61 31,31 19809 28,70 23,62 0,59 1,62
2000 16654 50,94 36,92 30,66 30,30 73307 48,80 32,83 125,46 84,13 43,35 20679 37,57 30,94 23,13 2,63 0,63
1999 16645 50,92 36,92 31,41 31,05 74940 43,99 32,83 131,83 83,36 56,69 20056 26,99 23,23 31,00 23,38
Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007

Introduction

La République de Guinée équatoriale est une république multipartite gouvernée par un sous-clan du groupe ethnique Fang depuis l'indépendance en 1968. Il s'agit du sous-clan auquel appartient le Président, qui s'est emparé du pouvoir par un coup d'état militaire en 1979. Il a été réélu avec 97,1% des voix en 2002 lors d'une élection marquée par une fraude importante et des intimidations. Les observateurs internationaux ont rapporté que l'opposition avait reçu environ 12% des suffrages mais qu'on ne lui avait octroyé que 2 sièges sur 100 au Parlement. Depuis l'indépendance en 1968, aucune élection n'a été jugée libre et juste. Récemment, une tentative de coup d'état a entraîné l'arrestation de 19 mercenaires dans la capitale, Malabo, et de 70 autres au Zimbabwe.

La destitution du chef de l'Etat est interdite dans la Constitution. Le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) dirige le corps législatif. Vingt femmes sont membres du Parlement qui compte 100 membres et cinq sont membres du gouvernement qui en totalise 50. Des réformes du gouvernement ont atténué une partie du pouvoir présidentiel, cependant le contrôle de la police et des forces de sécurité repose toujours dans les mains du gouvernement, dont les membres sont nommés par le Président. Un nouveau Premier ministre a été nommé et des proches du Président dirigent les ministères de la Défense et de la Sécurité nationale, des postes occupés auparavant par le Président. Les postes de direction sont réservés aux membres du groupe ethnique du Président et à ses plus proches partisans.

La corruption représente un problème dans toutes les branches du gouvernement. Le Président a été accusé de dépenser les richesses pétrolières nationales pour sa propre famille et ses amis. Une enquête a révélé qu'au moins 35 millions d'USD en recettes pétrolières avaient été directement absorbés par des comptes contrôlés personnellement par le Président et ses proches associés. Le système judiciaire n'est pas indépendant. Les plaintes civiles sont traitées par les aînés des tribus dans des tribunaux traditionnels. Les forces de sécurité continuent de procéder à des arrestations et à des détentions arbitraires en toute impunité.

La discrimination sous toutes ses formes est interdite, toutefois les femmes et les minorités sont sévèrement défavorisées.

Un Représentant spécial des Nations unies et Amnesty International affirment que l'usage de la torture est courant. L'impunité constitue un problème. L'accès aux informations du gouvernement n'est pas garanti par la loi.

L'économie a connu une croissance rapide à la suite de l'augmentation des prix et de la production du pétrole et du gaz. L'agriculture, la chasse et la pêche de subsistance sont vitales pour la majorité de la population et le taux de chômage est très élevé malgré une croissance du PIB comprise entre 20 et 24% selon les estimations. Un manque de transparence et une mauvaise gestion minent le potentiel économique. Une faible proportion des richesses générées par le pétrole est utilisée au bénéfice de la population. De nouveaux projets infrastructurels, qui viseraient à améliorer la vie publique, ont été entrepris.

L'aide économique étrangère a été interrompue en raison de rapports négatifs sur la situation économique et les droits humains. La liberté d'expression et de la presse sont limitées et les journalistes dénoncent la surveillance des communications électroniques. Les médias sont contrôlés par le gouvernement et les journalistes pratiquent l'autocensure. La critique du gouvernement, du Président et des forces de sécurité n'est pas autorisée. La radio est le moyen de communication de masse le plus important. Le fils du Président possède l'unique station de radio privée. La censure peut s'appliquer à toutes les publications. Les éditeurs doivent soumettre un exemplaire qui doit être approuvé avant d'être publié. L'accès à Internet n'est pas restreint, toutefois le gouvernement possède un contrôle exclusif du fournisseur d'accès à Internet.

Le trafic des êtres humains a été déclaré hors la loi, cependant le pays est un point de transit et de destination pour la traite d'êtres humains. Des enfants du Bénin et du Nigeria sont victimes de trafic pour travailler dans le secteur de l'agriculture et du commerce. Les femmes sont victimes de trafic à des fins de prostitution dans le secteur pétrolier national.

Les discriminations envers les homosexuels et les personnes infectées par le VIH/SIDA sont manifestes. L'Organisation Mondiale de la Santé a parrainé des campagnes de sensibilisation du public au VIH/SIDA.

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?Droit à l’éducation

La législation relative à l'enseignement obligatoire n'est pas appliquée. Les garçons poursuivent généralement un enseignement secondaire ou professionnel à l'issue de l'enseignement primaire. En ce qui concerne les filles, les opportunités en matière d'éducation sont réduites par des grossesses précoces. Les frais relatifs à l'inscription, aux manuels, aux uniformes ainsi que d'autres coûts rendent l'éducation inabordable pour les pauvres.

La scolarisation des enfants de plus de 10 ans n'est pas financée par le gouvernement. L'UNICEF fait état d'un taux net de fréquentation scolaire de 60% pour les garçons et de 61% pour les filles ; le taux d'inscription dans l'enseignement secondaire est bien inférieur, avec un taux brut de scolarisation (TBS) à 43% pour les garçons et à 19% pour les filles. Les nouvelles écoles manquent de matériel de base comme des livres ou des pupitres.

Des nominations politiques accordent des postes d'enseignants à des personnes non formées. L'instruction religieuse doit être proposée par les écoles ; un enseignement religieux catholique est disponible. Les personnes d'autres confessions rencontrent des difficultés à obtenir des cours adaptés à leurs croyances et doivent parfois financer le salaire de l'enseignant.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de quatre ans, débute à l'âge de trois ans. A ce niveau, 37 % de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 39%. 600 enseignants (dont 80% de femmes) travaillent à ce niveau. Le REE est de 1/39.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire de sept à onze ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de sept ans et s'étale sur cinq ans. 78% des élèves du primaire sont des filles. Le TNS est de 85%. Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 93% terminent la dernière année de l'enseignement primaire. 12% des élèves doublent une année ou plus.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 7 ans plus tard. 7% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur et 4% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TBS serait de 41% (51% des garçons, 31% des filles) dans le secondaire inférieur et de 13% dans le secondaire supérieur (17% des garçons, 8% des filles).

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

737 étudiants du niveau de l'enseignement supérieur étudient à l'étranger, principalement en Espagne (413), à Cuba (119), aux Etats-Unis (79), en Arabie Saoudite (50) et en France (28).

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?Enfants à besoins spéciaux

Les personnes handicapées ne bénéficient d'aucune protection légale contre la discrimination dans le domaine de l'éducation ou de l'accès aux autres services. Peu de programmes éducatifs sont disponibles pour les enfants handicapés. Une ONG a ajouté une salle de classe à son orphelinat afin d'offrir une formation aux personnes souffrant de handicap mental.

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?Enfants réfugiés

La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 mais le gouvernement n'a pas établi de système pour assurer la protection des réfugiés. Le gouvernement collabore avec le HCNUR.

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?Minorités et peuples autochtones

On fait état de discriminations contre les minorités ethniques. La concentration du pouvoir politique et économique entre les mains du sous-clan Mongomo du groupe ethnique Fang a de graves répercussions sur les autres groupes ethniques. En 2005, des ressortissants d'autres pays africains ont été déportés. Les minorités dénoncent des extorsions policières.

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?Liberté académique

La liberté académique est restreinte et les professeurs pratiquent l'autocensure dans les questions politiques. Des publications sont censurées.

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?Egalités des sexes

Malgré des dispositions légales garantissant l'égalité des droits, la coutume cantonne les femmes dans des rôles traditionnels. En raison de leurs chances réduites en matière d'éducation, les femmes sont cantonnées à des emplois mal payés ou non payés.

La polygamie est répandue. Les lois traditionnelles sur la famille désavantagent les femmes en matière de succession. Lors d'un divorce, la femme doit rembourser le prix de la fiancée payé à sa famille et son mari obtient automatiquement la garde des enfants issus du mariage.

La violence contre les femmes est problématique. Les auteurs de violence domestique sont rarement poursuivis. La prostitution est de plus en plus courante dans le secteur pétrolier.

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?Travail des enfants

Le travail des enfants est très courant. L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans mais la loi n'est pas appliquée. Le travail des enfants est fréquent, particulièrement dans les fermes familiales et sur les marchés. Le gouvernement ne possède pas de politique globale sur le travail des enfants. Des enfants étrangers sont utilisés pour le travail forcé ou obligatoire. Les conditions de vie des enfants ont été comparées à l'esclavage.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer mais seul le Syndicat des petits agriculteurs est reconnu comme tel. La Confédération internationale des syndicats libres observe que les autorités ont refusé d'admettre l'Union syndicale des travailleurs de Guinée équatoriale et que, en dépit du fait qu'il respecte toutes les exigences légales, le Syndicat indépendant des services du secteur public n'est pas reconnu. L'industrie pétrolière tente de réduire le contrôle du gouvernement sur l'embauche afin d'éliminer les partis pris politiques. Aux yeux de la loi, les syndicats ne peuvent s'affilier à des organismes internationaux. Le droit d'organisation et de négociation collective est prévu par la loi mais le processus est délibérément rendu difficile.

Le gouvernement et les employeurs fixent les salaires. La négociation collective n'existe pas. La loi autorise les travailleurs à faire la grève mais ces derniers n'ont pas le droit d'entreprendre une action de grève. Des protestations temporaires et des grèves perlées se produisent. Les prisonniers sont utilisés comme main-d'uvre sur des projets de construction ; ils travaillent sans salaire ni autre compensation. Des juges utiliseraient des prisonniers comme domestiques.

Les salaires minimums sont fixés par le gouvernement. La plupart des compagnies payent un salaire supérieur au salaire minimum fixé à US$ 180 mensuels (90 000 francs CFA) pour les travailleurs du secteur privé. Des tâches supplémentaires donnent droit à une augmentation minimum de 25% du salaire de base. Le salaire minimum dans le secteur public a été augmenté pour correspondre à celui du secteur privé. Une semaine de travail de 35 heures constitue la norme dans le secteur formel.

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Nom du pays/territoire République de Guinée équatoriale
Population 540109 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (2001)
OIT 87 (2001)
OIT 98 (2001)
OIT 100 (1985)
OIT 105 (2001)
OIT 111 (2001)
OIT 138 (1985)
OIT 182 (2001)
Comparaison de pays
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Pays 1
   
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Année
   

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