| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
L'Erythrée a obtenu son indépendance de l'Ethiopie en 1993 et est devenue un Etat à parti unique. Le Front de libération du peuple érythréen a émergé comme parti politique puis est devenu le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ) en 1994. Les élections présidentielles et législatives ont été reportées à de nombreuses occasions. La Constitution de 1997 prévoit des libertés démocratiques qui sont loin d'exister dans la réalité.
Trois femmes sont membres du Conseil exécutif qui en totalise 19 et 11 femmes font partie du Conseil central qui compte 75 membres. Un tiers des sièges régionaux de l'Assemblée nationale sont réservés aux femmes, ces dernières peuvent également présenter leur candidature pour des sièges ouverts à tous.
Les discriminations contre les femmes, les personnes handicapées et les groupes ethniques minoritaires sont interdites mais subsistent.
La loi garantit un système judiciaire indépendant mais des rapports affirment qu'il subit des interventions de la branche exécutive. Des tribunaux spéciaux limitent la régularité des procédures. Le droit coutumier est appliqué pour résoudre des litiges locaux et la loi de la Charia peut s'appliquer lorsque les deux parties sont de confession musulmane. Les tribunaux traditionnels ne peuvent imposer des peines faisant intervenir des châtiments corporels. Des détenus politiques seraient incarcérés. Des incidents continuent de se produire à proximité des frontières entre l'Ethiopie et le Djihad islamique érythréen (JIE). La torture serait pratiquée au cours des interrogatoires.
Plus de 70% de la population travaille dans l'agriculture et l'élevage et plus d'un tiers dépend de l'aide étrangère. Le FPDJ et les militaires ont investi dans des entreprises qui appartiennent au parti ou à l'armée.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties mais limitées en dépit de la loi. Des journalistes sont harcelés et arrêtés. La presse privée est interdite et nombre de journalistes indépendants sont détenus ou exilés. Les médias sont contrôlés par le gouvernement. L'accès à Internet n'est pas restreint, toutefois le gouvernement a annoncé qu'il fermerait tous les cybercafés, ne permettant ainsi l'accès général à Internet que dans les bibliothèques et les écoles.
Moins de 3% de la population serait séropositive. Les rapports ne font pas état de discriminations envers les personnes touchées par le VIH/SIDA, cependant les discriminations à l'égard des homosexuels sont graves.
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Droit à l’éducation
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L'éducation est obligatoire de 7 à 13 ans. Les frais de scolarité sont pris en charge mais les frais d'uniformes, de manuels, de fournitures et de transport sont à la charge des familles, ce qui rend la scolarisation trop chère pour nombre d'entre elles. Un Projet intégré de développement de la petite enfance aide certaines des familles les plus pauvres à maintenir leurs enfants à l'école en leur fournissant des livres, des uniformes et d'autres fournitures. L'éducation n'est plus obligatoire au delà de la 7e année et des frais de scolarité sont alors ajoutés aux autres frais, ce qui rend la charge financière plus lourde pour les pauvres.
Des établissements scolaires et des enseignants manquent à tous les niveaux et un système de roulement limite les enfants à une demi-journée d'instruction. Le Ministère de l'Education a estimé que le taux net de scolarisation (TNS) parmi les enfants en âge d'aller à l'école primaire était de 38% en 2002. Suite à des efforts consentis pour augmenter le taux d'inscription dans le primaire, l'UNESCO a rapporté un TNS de 48% pour 2004. Dans les zones rurales, les jeunes filles abandonnent rapidement l'école pour travailler chez elles.
Une année supplémentaire a été ajoutée à l'enseignement secondaire et tous les étudiants doivent effectuer leur dernière année scolaire dans une école à proximité d'un centre de formation militaire. Les étudiants ne reçoivent pas de diplôme s'ils ne terminent pas cette dernière année, ce qui les empêche alors de poursuivre des études supérieures. Ces internats se trouvent dans des lieux éloignés et par conséquent, peu d'étudiantes s'inscrivent en dernière année d'enseignement secondaire.
Les femmes peuvent obtenir un autre certificat d'enseignement secondaire en assistant à des cours du soir à l'issue de leur service national. Un institut technique a été ouvert à proximité de la capitale et les étudiants qui réussissent leur dernière année d'études spéciales dans les écoles associées à des postes militaires ainsi que les examens d'entrée à l'université sont ensuite acceptés dans cet institut technique et peuvent fréquenter l'université.
Pendant deux ans, l'université n'a plus accepté aucun nouvel élève et les étudiants qui désiraient étudier à l'étranger n'ont généralement pas obtenu de visa de sortie. Les adolescents proches de l'âge du service national se voient refuser leurs visas. On refuse de délivrer des visas de sortie à des enfants de seulement cinq ans si leurs parents font partie de la diaspora et n'ont pas payé une taxe sur le revenu de 2% exigée à tous les citoyens résidant à l'étranger. 75% de la population est analphabète, ce qui représente un taux très élevé.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de deux ans, débute à l'âge de 5 ans. A ce niveau, 97% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 5%. 492 enseignants (dont 96% de femmes) travaillent à ce niveau et 57% des hommes et 65% des femmes sont formés. Le REE est de 1/36.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 7 à 13 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 5 ans. Le TNS est de 48,7% (52% des garçons et 44% des filles). 33% des élèves arriveraient en dernière année d'école primaire et 40% des enfants doublent une année ou plus. 8 033 enseignants (dont 36% de femmes) travaillent à ce niveau et 83% d'entre eux sont formés (91% des hommes et 70% des femmes). Le REE est de 1/47.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. 2% des étudiants de l'enseignement secondaire suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 24% et 17% des étudiants doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 4 058 enseignants (dont 11% de femmes) parmi lesquels 2 241 travaillent dans le secondaire inférieur (10% de femmes) et 1 817 dans le secondaire supérieur (13% de femmes). 50% des enseignants sont formés (49% des hommes, 64% des femmes). Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/55 et de 1/39 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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4 612 étudiants (dont 13% de femmes) étudient dans l'enseignement supérieur et le taux brut de scolarisation est de 1%. Des étudiants érythréens étudient à l'étranger, aux Etats-Unis (127), en Jordanie (120), en Allemagne (116), en Italie (105) et en Arabie Saoudite (83).
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Enfants à besoins spéciaux
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La discrimination à l'encontre des personnes handicapées est illégale dans l'éducation ou l'accès aux autres services gouvernementaux. Des milliers de personnes sont handicapées suite aux guerres. Une part conséquente des ressources budgétaires est réservée au soutien des anciens combattants, considérés comme des héros. Peu de renseignements sont disponibles concernant les dispositifs en matière d'éducation des enfants handicapés.
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Enfants réfugiés
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La Constitution ne prévoit pas l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement n'a pas établi de système concernant les réfugiés.
Le pays compte également 75 000 érythréens et éthiopiens d'origine érythréenne qui ont été déportés d'Ethiopie ainsi que plus de 100 000 réfugiés à long terme arrivés des camps du Soudan et de grandes quantités de personnes déplacées. Peu de renseignements sont disponibles sur les chances en matière d'éducation pour les enfants appartenant à ces groupes.
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Minorités et peuples autochtones
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Parmi les 9 groupes ethniques, les discriminations contre les Kunama sont graves car un groupe d'opposition kunama opérait en dehors du sol éthiopien avec le soutien des autorités éthiopiennes et parce que ce peuple est considéré comme ethniquement et culturellement différent de la majorité des citoyens. Les ressortissants éthiopiens sont arrêtés s'ils ne peuvent payer les frais de renouvellement de leur permis de séjour tous les six mois. Aucun renseignement sur l'éducation des minorités n'est disponible.
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Liberté académique
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La liberté académique est limitée. Le statut de l'Université d'Asmara, l'unique établissement d'enseignement supérieur, est incertain, car les étudiants sont dirigés vers l'institut technique et ne pourront poursuivre leurs études à l'université pour les deux dernières années. En raison de l'année supplémentaire instaurée dans l'enseignement secondaire et du temps passé à l'institut technique, il est difficile pour les étudiants de continuer à l'université.
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Egalités des sexes
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De nombreuses femmes ont participé à la lutte pour l'indépendance. Légalement, les femmes ont droit à l'égalité des chances en matière d'éducation et à un salaire égal pour un travail de valeur égale, toutefois les hommes bénéficient d'un accès privilégié à l'éducation, à l'emploi et aux ressources économiques et le statut des femmes n'est pas égal à celui des hommes. Toutes les femmes âgées de 18 à 27 ans doivent effectuer leur service national.
On dénonce des harcèlements et des abus sexuels à l'encontre des femmes enrôlées dans le service national. La violence contre les femmes est très répandue. Les mutilations génitales féminines sont fréquentes, elles concerneraient jusqu'à 95% des femmes et sont pratiquées par presque tous les groupes ethniques et religieux.
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Travail des enfants
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Le gouvernement applique un plan d'action national pour protéger les enfants de l'exploitation sur le lieu du travail, toutefois le travail des enfants subsiste. L'âge minimum d'embauche est fixé à 18 ans mais des apprentis peuvent être embauchés à partir de 14 ans. Les jeunes travailleurs et les apprentis de moins de 18 ans ne peuvent effectuer des tâches dangereuses ou insalubres mais cela se produit également. Les enfants non scolarisés travaillent dans des fermes familiales dans les zones rurales et comme vendeurs de rue dans les zones urbaines.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Certaines politiques gouvernementales restreignent la liberté d'association. La fonction publique, l'armée, la police et d'autres services jugés essentiels n'ont pas le droit de se syndiquer. Les négociations collectives ont lieu en présence d'un conseil tripartite composé de travailleurs, d'employeurs et de représentants du Ministère du Travail, tenu de résoudre les litiges. Le droit de grève existe.
Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais existe néanmoins. Dans la fonction publique, les salaires s'échelonnent entre US$ 24 à US$ 288 mensuels (de 325 à 3 900 nakfa). Ce salaire ne permet pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine légale de travail est de 44½ heures.
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