Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
English|Français|Español
Ethiopie
République fédérale démocratique d’Ethiopie
Données sur le pays    
Pour en savoir plus sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation à travers le monde, sélectionnez un pays ou un territoire :
  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Ethiopie Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 292641 48,75 16487,00 4,02 3,30 13570558 47,54 12755579,00 102,47 82,66 57,94 49,32 45,85 3926393 43,48 3584036,00 34,44 47,95
2008 263466 48,71 10942,00 3,67 3,05 13379059 46,92 12653895,00 102,68 82,11 62,29 43,34 38,82 3696385 41,86 33,43 46,23 264822 23,77 3,60
2007 219068 48,70 10229,00 3,10 2,51 12174719 46,53 95,08 74,80 3430129 39,96 32,06 255454 25,71 3,61 5,50 28,50
2006 186728 48,26 2,68 10971581 46,10 87,39 68,27 2992589 38,48 28,94 180286 24,24 2,64 5,53 18,85
2005 153280 48,54 100,00 2,23 10019729 45,07 7722704,00 81,61 62,34 72,28 2488465 37,27 24,94 27,87 191212 24,36 2,91
2004 138918 48,58 100,00 2,02 6489947 44,51 4,63 76,99 46,41 72,21 73,34 74,71 3920467 37,87 5,94 27,81 24,92 54,04 172111 25,16 22,73 2,49
2003 123057 49,15 100,00 1,81 6017305 43,06 4,71 72,82 42,25 68,90 59,04 59,39 3463586 37,00 5,76 25,36 22,81 54,25 147954 25,18 23,93 2,21
2002 118986 48,89 100,00 1,78 5813817 42,52 71,90 41,60 66,57 61,29 58,50 3133357 37,55 23,69 20,59 47,31 101829 26,38 18,75 1,57 4,59
2001 109358 49,14 100,00 1,66 5453405 41,65 69,08 39,81 70,32 64,94 63,12 2692881 37,93 21,03 18,41 43,95 87431 21,40 17,39 1,39 4,67 13,75
2000 99710 48,07 100,00 1,55 4873683 39,97 63,41 36,11 63,60 68,13 68,74 2167595 37,91 17,47 16,24 39,90 67732 21,68 1,11 4,72 11,28
1999 90321 48,97 100,00 1,43 4367929 38,00 58,52 32,65 63,60 61,84 63,42 1859406 38,20 15,46 14,29 35,88 52305 18,68 0,88 4,26
Dernière mise-à-jour: le 11 septembre 2012

Introduction

Le Chef de l'Etat, President de la Republique, a une fonction honorifique. Elu pour six ans par la Chambre des Deputes, il n'exerce aucun pouvoir reel. La charge est occupee actuellement par Girma-Wolde-Giyorgis Lucha, elu en octobre 2001.

Le Premier Ministre dirige la politique du pays. Choisi par le parti majoritaire a la Chambre des Deputes, il est nomme pour un mandat quinquennal, legalement renouvelable une seule fois seulement. Cependant et en depit des dispositions de la legislation, l'actuel Premier Ministre, Meles Zenawi, qui gouverne depuis 1995 continue a diriger le pays dune main de fer. Sa coalition, le Front democratique revolutionnaire du peuple ethiopien (EPRDF) s'est adjuge les elections legislatives organisees en mai 2010. L'opposition et les observateurs internationaux ont denonce de nombreuses irregularites et pratiques frauduleuses. La mission des observateurs de l'Union Europeenne a publie un rapport final condamnant le processus electoral comme se situant en dessous des engagements internationaux entrepris par l'Ethiopie.

Le pouvoir legislatif est bicameral:

la Chambre des representants du peuple: composee de 549 deputes elus au suffrage universel direct tous les cinq ans. Elle a des pouvoirs en matiere legislative, fiscale et budgetaire. Sur les 547 sieges, 152 sont occupes par des femmes (27,9%)
la Chambre de la federation, composee de 108 membres elus au suffrage universel indirect par les representants des regions. Elle a essentiellement le role de controle constitutionnel. Il y a 22 femmes representant 16,3% du total. La Chambre compte 135 sieges.

Le pouvoir judiciaire repose sur la Cour supreme federale separee par la Constitution des pouvoirs legislatif et executif.
La coalition EPRDF est dominee par les Tigray, un des groupes ethniques. Le gouvernement a ete accuse de poursuivre implacablement les groupes qui critiquent ses actions. Les partis politiques ont besoin de l'autorisation des gouvernements regionaux pour ouvrir des antennes locales et les gouvernements regionaux sont sous le controle du parti au gouvernement.
D'apres Human Rights Watch , la situation des droits de l'homme en Ethiopie reste grave Le gouvernement ethiopien a arrete a plusieurs occasions des voix critiques et pacifiques, ferme l'espace politique, limite les moyens de communication et les organisations de la societe civile. En octobre 2010, Birtukan Midekssa, leader du Parti pour l'Unite pour la Democratie et la Justice qui etait detenue depuis decembre 2008, a ete liberee. Les activistes des droits de l'homme disent qu'il reste des centaines de prisonniers politiques dans les prisons ethiopiennes, parfois soumis a des tortures et autres mauvais traitements. Aucune organisation independante, nationale ou internationale, n'a acces aux centres de detention en Ethiopie. Dans le document Developpement sans liberte: comment l'aide finance la repression en Ethiopie d'octobre 2010, HRW souligne que les aides exterieures servent a maintenir un etat virtuel de parti unique, avec un bilan deplorable en matiere de droits de l'homme. Une situation particulierement preoccupante etant donne que l'Ethiopie est l'un des plus grands beneficiaires d'aide exterieure, avec quelque 3.000 millions de dollars par an (quelque 2.150 millions d'euros), qui constituent plus du tiers de son budget.

L'ex association des enseignants d'Ethiopie (ETA), actuellement Association nationale enseignante (NTA), membre de l'IE, est la representante legitime des enseignants ethiopiens, et un des plus grands syndicats d'Afrique, avec plus de 150.000 membres. En plus de soutenir les droits et besoins des enseignants, la NTA a defendu les droits des etudiants, exige la qualite de l'education et s'oppose a toutes les formes de chauvinisme ethnique et a la discrimination. Elle a resiste a toutes les tentatives du Gouvernement de Meles de la detruire et s'oppose a l'intention de former des syndicats de professeurs pour chacun des groupes ethniques en Ethiopie. Cest pour cette raison quelle continue a etre attaquee, ses dirigeants emprisonnes et ses locaux devastes par la police.

La discrimination pour des raisons de race, couleur, sexe, langue, origine nationale, opinion ou statut social est interdite, mais ces protections ne sont pas appliquees avec rigueur et sont violees par le gouvernement lui-meme. Le pouvoir judiciaire est soumis a l'influence de l'executif, les personnes qui au sein du pouvoir judiciaire, luttent pour leur independance, paient un prix eleve sur le plan personnel et professionnel. La loi reconnat les tribunaux religieux et traditionnels, et les tribunaux islamiques s'occupent des affaires liees aux Musulmans.

D'apres le Rapport annuel 2010 du Departement d'Etat des Etats-Unis, sur la pratique des droits de l'homme en Ethiopie, il s'est produit des violations des droits de l'homme pendant l'annee, y compris homicides, tortures, raclees, abus et maltraitance de detenus et sympathisants de l'opposition par les forces de securite, en particulier la police et les milices locales, qui ont pris des mesures agressives ou violentes avec une impunite evidente. On denonce egalement les dures conditions de reclusion; les detentions et emprisonnements arbitraires, en particulier de sympathisants ou membres presumes de l'opposition, la detention sans charges ou les longues detentions preventives; les infractions au droit a la vie privee des citoyens, y compris recherches illegales; les restrictions a la liberte d'expression et de presse; l'arrestation, la detention et le harcelement de journalistes; les restrictions a la liberte de reunion, d'association et de circulation; l'intimidation, les menaces et la violence pendant les elections; la corruption au sein de la police, de l'administration et du pouvoir judiciaire; le harcelement de ceux qui travaillent pour des organisations de droits de l'homme; la violence et la discrimination sociale contre les femmes; la subsistance de la mutilation genitale feminine (MGF); l'exploitation des enfants a des fins sexuelles et economiques; la traite detres humains; la discrimination sociale contre les personnes handicapees et les minorites religieuses et ethniques; le travail force et le travail des enfants; et l'ingerence du Gouvernement dans les activites syndicales.

L'Ethiopie est un des pays les plus pauvres au monde et un des plus peuples d'Afrique. Plus de 85% de la population sont installes dans des zones rurales et vivent de l'agriculture comme moyen de subsistance. L'Etat possede toutes les terres et les loue pour etre exploitees. L'activite economique dans les centres urbains se concentre surtout dans le secteur non officiel. Plus de 12 millions d'Ethiopiens ont besoin de l'aide humanitaire d'urgence pour survivre. Le PIB par tete -210 USD- est l'un des plus bas d'Afrique sub-saharienne. Les normes economiques approuvees par le gouvernement beneficient aux entreprises de ceux qui sont loyaux aux partis qui beneficient d'avantages speciaux. La crise economique mondiale a serieusement affecte l'Ethiopie qui souffre de la hausse des prix des aliments, du petrole et d'une forte inflation (plus de 40% en 2008) qui, si elle semble controlee, continue a etre elevee (8,5% en 2009). Le FMI a accorde au pays deux aides successives pour un montant total de 290 millions de dollars. En contrepartie Addis Abeba s'est engagee a devaluer le birr, sa devise, et a reduire le deficit et les depenses publiques, en imposant une severe politique d'austerite.

Tous les organismes de diffusion sont sous le controle du gouvernement. Les journalistes etrangers travaillent generalement de maniere independante, mais les correspondants internationaux denoncent des pressions de la part du gouvernement. La loi interdit le trafic detres humains, mais le pays est un point de destination d'hommes, de femmes et d'enfants victimes de l'exploitation sexuelle et du travail force. Le trafic depuis les zones rurales vers les zones urbaines aux fins de prostitution et de travail domestique entrane le travail force. La prostitution enfantine est un probleme, surtout dans les zones urbaines. Des fillettes d'a peine 11 ans sont recrutees pour exercer la prostitution et on ne les informe pas des dangers du VIH/SIDA. Le gouvernement ne satisfait pas aux normes minima pour l'eradication du trafic detres humains. L'homosexualite est illegale et peut etre punie de peines de prison. Les personnes infectees par le VIH/SIDA continuent a etre discriminees dans la societe. L'Internationale de l'Education, en collaboration avec les organismes intergouvernementaux, a contribue a former des enseignants en matiere de prevention du VIH/SIDA.

  haut de page

?Droit à l’éducation

L'enseignement primaire est universel, libre d'inscription et obligatoire. Neanmoins il n'y a pas suffisamment d'ecoles pour recevoir tous les jeunes du pays, en particulier dans les zones rurales. Le cot du materiel scolaire est prohibitif pour beaucoup de familles.

Dans la majorite des ecoles primaires et secondaires des zones urbaines, on travaille en 3 services pour augmenter le taux d'assistance et permettre que les enfants qui travaillent, se rendent a l'ecole. Les statistiques montrent que 74% des garcons et 59% des filles en age d'ecole primaire frequentent l'ecole. Mais d'apres les rapports du gouvernement, 29% des enfants abandonnent les etudes avant la deuxieme annee. Les conditions des ecoles et la saturation des salles de classe empechent que l'education soit de qualite. Seuls 22% des enfants atteignent la huitieme annee. Le gouvernement reconnat qu'il y a entre 150.000 et 200.000 enfants dans la rue, dont 60.000 a Addis Abeba; l'UNICEF pense qu'en realite, les chiffres sont de loin superieurs. Les orphelinats ne peuvent recevoir tous les enfants abandonnes ou qui vivent dans la rue. Malheureusement il continue a y avoir des rapports qui affirment que l'on estropie ou rend les enfants deliberement aveugles pour qu'ils gagnent plus d'argent en mendiant. Le taux d'alphabetisation est de 20,6% chez les femmes et de 42,7% chez les hommes.

Une etude de 2009 realisee par le forum de politique des enfants africains a montre qu'il est difficile de mettre en accusation les responsables de violence sexuelle contre les enfants par suite de l'interpretation incoherente des lois au sein des organes juridiques et de la maniere ou la liberte sous caution est pratiquee, souvent le delinquant prend la fuite ou exerce des pressions sur la victime ou sa famille pour qu'elle retire les charges.

  haut de page

?Education de la
petite enfance (EPE)

A l'age de 3 ans, commence un programme de 3 ans. A ce niveau tout l'enseignement est prive. Le taux brut d'inscription (TBI) est de 2%. Il y a 4.795 enseignants (90% de femmes) travaillant dans ce niveau. Le nombre d'eleves par enseignant (NEE) est de 32:1.

  haut de page

?Enseignement primaire

L'enseignement est obligatoire entre 7 et 12 ans. L'enseignement primaire commence a 7 ans et dure 4 ans. Le taux net d'inscription (TNI) est de 56%. Des eleves qui commencent le primaire, 73% atteignent la derniere annee. 7% des eleves redoublent, 110.945 enseignants (45% de femmes) travaillent a ce niveau de l'enseignement et 97% sont convenablement formes. Le PTR est de 72:1.

  haut de page

?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence a 11 ans et dure 8 ans. 10% des eleves du secondaire suivent des programmes de formation technique. Le TNI est de 26% (34% de garcons, 22% de filles). 9% des eleves redoublent. Il y a 82.732 educateurs dans le secondaire, 60.134 (19% de femmes) dans le secondaire inferieur et 22.598 dans le secondaire inferieur. Le nombre d'eleves par enseignant (NEE) est de 57:1 dans le secondaire inferieur et de 47:1 dans le secondaire superieur.

  haut de page

?Enseignement post-secondaire et supérieur

172.111 eleves (25% de filles) etudient dans des centres tertiaires, avec un taux brut d'inscription de 2%. 3.332 etudiants ethiopiens etudient a l'etranger, surtout aux Etats-Unis (1.060), en Allemagne (566), au Royaume-Uni (263) et en Norvege (163).

  haut de page

?Enfants à besoins spéciaux

Les personnes handicapees continuent a faire l'objet de discrimination dans la societe. Bien que la loi oblige a rehabiliter et a aider les personnes souffrant dun handicap physique ou intellectuel, le gouvernement n'a affecte que peu de ressources a ce travail. Les travailleurs des ONG dotent les unites de protection de lenfance des commissariats d'Addis Abeba de personnel pour defendre les droits des mineurs emprisonnes. Les mineurs rejoignent la prison avec les adultes s'il n'y a pas de place dans l'unique centre penitentiaire pour moins de 15 ans, qui compte 150 places. Les mineurs ne recoivent guere d'education en prison.

La Constitution n'etablit pas l'egalite des droits pour les personnes handicapees. Neanmoins deux lois empechent la discrimination contre les personnes souffrant d'incapacites physiques et mentales dans l'emploi et ordonnent de faciliter l'acces aux batiments. Le droit a l'emploi des personnes handicapees a ete proclame en 2008. La loi etablit que les employeurs sont tenus de donner un travail approprie, une formation et du materiel aux personnes handicapees. La charge supplementaire dont souffrent les femmes handicapees est expressement reconnue. Des mesures limitees ont ete prises pour faire respecter la loi.

La nouvelle loi de la construction publiee en mai 2009 contient un article qui etablit l'obligation de prevoir dans les batiments des facilites d'acces pour les personnes souffrant de handicaps physiques. En outre les proprietaires doivent donner aux handicapes les appartements du rez-de-chaussee. Ceci est respecte dans la pratique.

Les femmes handicapees sont plus defavorisees que les hommes dans l'enseignement et l'emploi. Une etude de l'Universite d'Addis Abeba a montre que les etudiantes handicapees sont soumises a une charge de travail domestique plus lourde que leurs pairs masculins. Le taux d'inscription des filles handicapees est inferieur a celui des garcons a l'ecole primaire, et ce fosse augmente dans les niveaux superieurs de l'enseignement. Les filles handicapees sont egalement beaucoup plus victimes d'abus physiques et sexuels.

Dapres la Federation ethiopienne des handicapes, il y a environ sept millions d'handicapes. Il n'y a qu'un seul hopital pour handicapes mentaux et environ 10 psychiatres dans tout le pays. Il existe plusieurs ecoles pour handicapes de la vue et de l'oue et plusieurs centres de formation pour enfants et adolescents handicapes intellectuels. Il existe un reseau de centres de protheses et d'orthopedie dans cinq des neuf Etats regionaux.

  haut de page

?Enfants réfugiés

La loi prevoit l'octroi du statut d'asile ou de refugie conformement a la Convention de 1951 sur le statut des refugies, son Protocole de 1967 et la Convention de 1969 sur l'Organisation de l'Unite africaine, qui regit les aspects specifiques du probleme des refugies en Afrique. Dans la pratique le Gouvernement a fourni la protection contre l'expulsion ou le retour des refugies dans les pays ou leur vie ou leur liberte se verrait menacee. Le gouvernement a generalement coopere avec le bureau des Nations Unies pour le Haut-Commissariat aux Refugies (ACNUR) et d'autres organisations humanitaires daide aux refugies et aux citoyens ages. Mais les denonciations de demandeurs d'asile deportes se poursuivent. Egalement en ce qui concerne des exiles ethiopiens qui reviennent du Yemen et sont detenus en revenant au pays.

La majorite des Erythreens et Ethiopiens d'origine erythreenne qui sont enregistres dans le pays recoivent des cartes d'identite et un permis de residence renouvelable tous les 6 mois. Cela leur permet d'acceder aux services publics, y compris a l'ecole. Mais les rapports disent que dans la pratique, les fonctionnaires du gouvernement refusent aux Erythreens le droit aux services.

  haut de page

?Minorités et peuples autochtones

Plus de 80 groupes ethniques vivent en Ethiopie. Le groupe le plus grand est celui des Oromo, qui represente 40% de la population. Les frontieres etablies par le systeme federal concident pratiquement avec les principales lignes ethniques, probablement pour donner aux etats regionaux plus de controle sur leurs affaires. Neanmoins le resultat a ete l'intensification des divisions ethniques. La majorite des partis politiques se fondent sur leur origine ethnique. Les Amharas et les Tigrays des hautes terres du Nord ont un role dominant dans le pays. Les hautes charges de l'armee sont aux mains des Tigray. Le contrat des enseignants ou autres employes du gouvernement est rescinde s'ils ne sont pas du groupe ethnique de la region ou ils travaillent. Les langues utilisees dans l'enseignement entranent des problemes dans de nombreuses regions. Les cours se donnent dans la langue du groupe ethnique majoritaire, au prejudice des groupes minoritaires. La politique a ete mal concue et mise en uvre, et continue a creer des problemes aux etudiants et aux professeurs.

  haut de page

?Liberté académique

La liberte academique est limitee. Les professeurs peuvent faire des recherches dans leur discipline tant qu'ils nexpriment pas d'opinions politiques. Il est interdit aux enseignants de tous les niveaux de s'ecarter des programmes officiels d'enseignement. Aucune activite politique n'est autorisee sur le campus, ou des policiers en uniforme et des agents de securite habilles en civil surveillent ceux qui travaillent et etudient. Les associations d'etudiants sont autorisees, pour autant qu'elles ne participent a aucune activite politique. Les etudiants connaissent les consequences qu'ont subies beaucoup d'entre eux qui etaient membres de l'association d'etudiants.

Le barometre n'a pas pour habitude d'enumerer les cas individuels de violations des droits, mais la situation en Ethiopie est extreme. La liste ci-dessous extraite des rapports sur les droits de l'homme sur une periode de 12 mois, est fournie pour montrer le degre de harcelement et d'intimidation dont souffrent etudiants et enseignants.

2 universitaires importants, activistes defenseurs des droits de l'homme, ont ete arretes pour avoir participe a des protestations, et sont en prison accuses de trahison et de genocide. En meme temps restent detenus des enseignants, travailleurs d'ONG qui defendent l'education civique et des journalistes independants. Le president de l'ETA est exile.

La police a frappe des etudiants, parents et professeurs dans les instituts et universites de la region de Oromiya.

Apres les troubles a l'Universite d'Addis Abeba, la police a tire et tue 2 etudiants dans la faculte denseignement de Kotebe.

La police federale a reconnu la mort de 26 personnes apres une manifestation; quelques-unes etaient des etudiants.

La police federale a repondu aux protestations pacifiques des etudiants Oromo a l'Universite d'Addis Abeba (AAU) en arretant quelque 330 d'entre eux. Diverses ONG internationales ont denonce le fait que les etudiants arretes ont ete transferes a l'academie de police a Kofe, ou on les a obliges a courir et a marcher a quatre pattes, nus, pendant plusieurs heures sur du gravillon. Ensuite ils ont ete mis en liberte et expulses de l'AAU pour le restant de l'annee academique. Un nombre indefini de ces 330 etudiants n'ont pas ete readmis a l'universite.

Les observateurs diplomatiques font etat dans leur rapport des raclees quont subies les etudiants de l'AAU detenus a Oromiya.

Aucune action n'a ete entreprise contre les policiers qui ont arrete des centaines de professeurs et d'etudiants Oromo pendant plusieurs semaines parce qu'ils soutenaient pretendument l'OLF.

La violence a fait irruption dans les salles de classe de tout Oromiya en fevrier et en mars, lorsque les etudiants protestaient contre les detentions de janvier et l'expulsion de 330 etudiants Oromo de l'AAU. Le gouvernement a reproche les altercations de Oromiya aux etudiants et les a accuses detre des fauteurs de troubles epaules par l'OLF. Aucune preuve soutenant cette allegation n'a ete fournie.

Le 25 fevrier la violence a eclate dans une ecole secondaire a Ambo, lorsque les etudiants ont exige du directeur qu'il reponde a la preoccupation de tous concernant la suspension des etudiants de l'AAU. La police est entree dans le complexe scolaire pour disperser les etudiants, en agressant plusieurs d'entre eux.

Le 4 mars, des eleves de l'institut d'Ambo et de l'ecole primaire d'Addis Ketema ont ete les protagonistes d'une marche au centre de la ville et ete disperses par des membres de la police regionale d'Oromiya qui ont tire en l'air avant de commencer a frapper les etudiants. La police a frappe brutalement etudiants, parents et professeurs, d'apres les rapports locaux.

La police a agresse des douzaines d'etudiants du secondaire qui participaient a une protestation pacifique a Dembi Dolo, a l'est de Wollega, dans la region d'Oromiya. Les observateurs locaux ont indique que la police a egalement frappe des eleves de 3 instituts de Nekemite et a arrete des douzaines d'etudiants et de professeurs pendant des semaines entieres sans qu'il existe de charges contre eux.

2 membres de l'ETA ont ete emprisonnes et tortures, ensuite des charges ont ete presentees contre eux et ils sont retournes en prison. Amnesty International les a declares prisonniers de conscience.

  haut de page

?Egalités des sexes

La Constitution etablit les memes droits et protections pour les femmes que pour les hommes. Sont expressement qualifiees de delit les pratiques traditionnelles nocives, telles que la mutilation genitale feminine (MGF), la sequestration et le viol. Neanmoins, ces lois ne sont pas respectees dans la pratique. Les femmes et les fillettes subissent des violences sexuelles de maniere habituelle. L'une des plus frequentes est la MGF, encore tres generalisee, les dernieres donnees disponibles affirment que 75% des femmes sont soumises a cette pratique. L'abus des fillettes continue a etre un probleme. Les fillettes subissent habituellement la Mutilation Genitale Feminine (MGF), sept jours apres leur naissance, et l'Infibulation au debut de la puberte (la forme la plus extreme et dangereuse de mutilation genitale feminine). L'infibulation est punie de peines de prison de cinq a dix ans. Neanmoins on n'a que tres rarement presente des charges contre les responsables de MGF (souvent ce sont des membres de la famille).

La loi qualifie de delit le viol et etablit des peines de prison de 5 a 20 ans. Neanmoins elle n'envisage pas expressement le viol dans le mariage et le Gouvernement ne fait pas pleinement respecter la loi. Un autre probleme est le sous-enregistrement de cas, de sorte que la veritable incidence peut etre beaucoup plus importante. De meme la violence domestique est un probleme social generalise. Bien que les femmes puissent avoir recours a la police et aux tribunaux, les normes sociales et l'infrastructure limitee empechent de nombreuses femmes d'obtenir une reparation juridique, en particulier dans les zones rurales. Le code penal prevoit un emprisonnement de 18 a 24 mois pour harcelement sexuel, mais a nouveau l'application de ces dispositions est tres peu efficace.

L'age legal pour contracter mariage est de 18 ans, neanmoins cette loi n'est pas appliquee uniformement, des fillettes d'a peine 7 ans peuvent etre mariees. Seul un hopital traite la fistule obstetrique causee par la grossesse prematuree. Le taux de mortalite maternelle est tres eleve, en partie a cause des tabous concernant l'alimentation des femmes enceintes, de la pauvrete, du mariage premature et des complications de l'accouchement liees a la MGF. Le rapt de femmes et de fillettes comme forme de mariage est pratique dans les regions du sud et a Oromiya. La discrimination envers la femme est tres aigu dans les zones rurales, ou se trouvent 85 pour cent de la population.

La loi contient des dispositions discriminatoires, telles que la reconnaissance du mari comme chef juridique de la famille et unique gardien des enfants. Les tribunaux ne considerent generalement pas la violence domestique comme une justification pour le prononce d'un divorce. Le mari n'a aucune obligation de preter assistance financiere a sa famille et par suite, en cas de separation, les femmes et les enfants sont frequemment confrontes a l'abandon.

Dans les zones urbaines, les femmes ont moins d'opportunites d'emploi que les hommes et les emplois disponibles ne respectent pas une remuneration egale pour un travail egal ou de valeur equivalente. L'acces des femmes a un emploi remunere, au credit et a l'opportunite de posseder ou de gerer un commerce est encore tres limite, suite a leur faible niveau d'education et de formation, aux attitudes traditionnelles et a l'acces limite a l'information. Le Ministere de l'Education a informe que la participation de la femme aux programmes de pre- et de post-graduat est passee a 90.938 en 2009, venant de 33.146 en 2004-2005, par suite de l'expansion des institutions d'enseignement superieur et de l'etablissement de bureaux de sexe dans les universites.

  haut de page

?Travail des enfants

Le travail des enfants reste un grave probleme en depit de la legislation; il est evident dans la zone rurale tout comme en ville. L'age minimum pour travailler est 14 ans, bien que les enfants terminent l'enseignement primaire a 12 ans. Entre 14 et 18 ans, ils ne peuvent effectuer de travaux dangereux ni travailler de nuit. Les travaux dangereux sont ceux ou les machines ou le travail proprement dit mettent en danger la sante de l'enfant. Une etude de l'OIT montre que 40% des enfants commencent a travailler avant l'age de 6 ans. 13% des mineurs le font entre 5 et 9 ans, et travaillent de 58 a 74 heures par semaine. Les enfants qui travaillent subissent generalement des maltraitances. Il existe un trafic d'enfants entre les regions meridionales et Oromiya, ou on les amene pour travailler comme employes de maison et ils sont soumis a des travaux forces.

Il existe des lois contre le travail des enfants, neanmoins le Gouvernement ne les applique pas effectivement dans la pratique, et le travail des enfants reste un grave probleme tant dans les zones urbaines que rurales. Dapres la loi, les enfants entre 14 et 18 ans ne peuvent travailler plus de sept heures par jour, entre 22 heures et 06 heures du matin, les jours feries ou les jours de repos, ni faire d'heures supplementaires. La loi definit le travail dangereux comme le travail en usine ou avec des machines a pieces mobiles ou tout travail qui pourrait mettre en danger la sante de l'enfant. Les secteurs de travail prohibes comprennent le transport de passagers, les centrales de production electrique, les travaux souterrains, le nettoyage des rues, etc.

Dans les zones rurales, les enfants travaillent dans l'agriculture, dans les fermes commerciales et familiales et dans le service domestique. Ils participent egalement a des activites telles que l'elevage, le petit commerce, le labour et la recolte, tandis que la majorite des filles ramassent du bois et vont chercher de l'eau. Dans les zones urbaines de nombreux enfants, y compris les orphelins, travaillent dans le service domestique, souvent pendant de longues heures, ce qui les empeche d'aller a l'ecole regulierement. Il y a des enfants dans les zones urbaines qui travaillent dans la construction, nettoient des chaussures, confectionnent des vetements, transportent des charges, etc. Les organismes de defense des droits de l'enfance rapportent que le travail force des enfants qui travaillent est mal documente, et qu'ils doivent souvent faire face a des abus physiques, sexuels et emotionnels entre les mains de leurs employeurs.

  haut de page

?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de s'associer et de former des syndicats, a lexception des enseignants et des fonctionnaires publics. Le gouvernement a continue a se meler ouvertement des affaires syndicales de tous les secteurs, en particulier dans les secteurs de la banque et de l'education. De nombreux leaders syndicaux font l'objet de frequentes intimidations et la plupart dentre eux sont demis de leurs postes et/ou forces dabandonner le pays. Le Gouvernement controle de tres pres la Confederation of Ethiopen Trade Unions (CETU). La banque nationale a essaye de dissoudre son syndicat de travailleurs avec l'appui du Ministere du Travail, mais le tribunal a statue en faveur du syndicat.

Les tentatives des enseignants d'obtenir l'enregistrement de leur nouveau syndicat independant (National Teachers Association NTA) ont ete systematiquement entravees, et plusieurs leaders de l'ancien syndicat sont restes en prison pendant l'annee. Plusieurs leaders de l'ancienne Ethiopian Teachers' Association (ETA) ont passe une partie de l'annee 2009 en prison, ou ils ont fait l'objet de mauvais traitements, et meme de tortures. Meqcha Mengistu, professeur de l'enseignement secondaire et President de l'ancien Executif zonal de l'ETA dans le Gojam oriental, a ete arrete le 30 mai 2007 et a passe quasi trois ans a la prison de Kaliti jusqu'a ce qu'il soit officiellement gracie le 16 decembre 2009. Wubit Legamo, epouse d'un ancien activiste de l'ETA, egalement arretee en mai 2007, est restee en prison jusqu'au 21 juillet 2009. Un rapport legal presente devant le Rapporteur special sur la Torture de l'ONU et l'OIT decrit les mauvais traitements qu'elle et d'anciens membres de l'ETA ont subis pendant leur interrogatoire et leur detention en 2007. D'autres enseignants attendaient toujours cette annee-la, une compensation et leur reintegration apres avoir ete licencies et/ou detenus et tortures a cause de leur affiliation a l'ancien syndicat independant ETA, parmi lesquels Kassahun Kebnede, Woldie Dana, Berhanu Aba-Debissa, Tilahun Ayalew et Anteneh Getnet. Les deux derniers ont disparu depuis 2007. Les enseignants des ecoles publiques doivent payer une cotisation a l'ETA pro-gouvernementale.

La negociation collective est autorisee pour la majorite des travailleurs et a lexception des travailleurs des services de base, ils ont le droit de greve. Cependant les dispositions en vigueur rendent difficile le processus legal des greves. Aucune greve legale n'a eu lieu depuis 1993. Il n'existe pas de salaire minimum. Les organismes du gouvernement et les entreprises publiques ont negocie ou etabli leurs propres salaires minima. La legislation du travail reste en deca des normes internationales du travail.

  haut de page
Nom du pays/territoire République fédérale démocratique d’Ethiopie
Population 85000000 (2010)
Conventions ratifiées OIT 29 (2003)
OIT 87 (1963)
OIT 98 (1963)
OIT 100 (1999)
OIT 105 (1999)
OIT 111 (1966)
OIT 138 (1999)
OIT 182 (2003)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

Derniers articles:

Derniers événements:

Projets de l'IE en place dans ce pays/térritoire: