| Dernière mise-à-jour: le 07 septembre 2012 |
Introduction |
La Republique des Iles Fidji se trouve sous controle militaire depuis le coup d'Etat qui a renverse le gouvernement elu en 2006. Jusqu'au coup d'Etat, Fidji etait une republique constitutionnelle avec un organe legislatif bicameral.
En avril 2009, la Cour d'appel de Fidji a declare l'illegalite du coup d'Etat de 2006. Cela a declenche une crise constitutionnelle. Le president de Iloilo a deroge a la Constitution en eliminant toutes les personnes en charge de fonctions constitutionnelles, y compris tous les juges et le gouverneur de la Banque centrale. Il a nomme le Commodore Josaia Voreqe (Frank) Bainimaramam, le principal protagoniste du coup d'Etat, Premier Ministre en vertu du "nouvel ordre" et a impose une "reglementation publique d'urgence" limitant les deplacements internes et autorisant la censure de la presse. Cette reglementation, qui est completee tous les 30 jours, permet aux forces de securite d'interdire des manifestations et les reunions ; d'utiliser la force si elles l'estiment necessaire ; de penetrer et de demeurer dans n'importe quel edifice s'il y a des raisons de croire que trois personnes ou plus s'y reunissent ; et de controler l'utilisation de tout lieu public. Les fonctionnaires gouvernementaux ont investi les salles de redaction en avril 2009 et en ont pris le controle, en censurant les emissions et les publications. L'acces aux blogs critiques du gouvernement militaire a ete bloque ces derniers mois.
Pour un pays de cette taille, Fidji a des forces armees importantes et a considerablement contribue aux missions de maintien de la paix des Nations Unies dans diverses regions du monde. De plus, un nombre significatif d'anciens militaires de ce pays ont servi dans le secteur de la securite privee en Irak depuis 2003.
Le 13 juillet 2009, Fidji est devenue la premiere nation a etre expulsee du Forum des Iles du Pacifique, pour ne pas avoir organise d'elections democratiques avant cette date buttoir. Le 1er septembre 2009, Fidji est devenue le deuxieme pays suspendu du Commonwealth. La mesure a ete prise parce que Frank Bainimarama a refuse l'organisation d'elections en 2010, comme l'avait demande le Commonwealth des nations apres le coup d'Etat. Le Premier Ministre a declare "de facto" qu'il avait besoin de plus de temps pour mettre fin a un systeme electoral favorisant largement les Fidjiens au detriment des minorites ethniques. Ceux qui critiquent sa gestion affirment qu'il est responsable de violations des droits de l'Homme contre les opposants. Amnesty International considere, dans des rapports recents, que la situation des droits de l'Homme a Fidji ne s'est pas amelioree. En avril 2010, le gouvernement a annonce son intention de promulguer un decret pour reguler les moyens de communication. Le projet prevoit un tribunal des medias pouvant incarcerer des journalistes et des redacteurs jusqu'a cinq ans ou imposer des amendes importantes en cas de publication ou de diffusion de tout element considere comme contraire a "l'interet national".
Les rapports mentionnent le probleme de la corruption au sein du gouvernement et de la fonction publique. Les organismes des droits de l'Homme, tels que Human Rights Watch , accusent le gouvernement de corruption, d'abus de pouvoir, de fraude et d'utilisation indue du patrimoine public, ainsi que de mauvaise gestion financiere. La loi ne reconnait pas l'acces a l'information publique. L'expression publique d'une opinion politique constitue une violation du permis de travail des etrangers. Les representants du gouvernement ont affirme que ce type de commentaires pourrait provoquer la revocation des permis de travail. Aucune loi n'aborde specifiquement le trafic d'etres humains et le trafic d'enfants existe dans le pays. La migration vers les villes, du fait de l'effondrement des structures communautaires, a eloigne de leur famille de nombreux enfants des iles exterieures en periode scolaire, ce qui augmente la probabilite d'exploitation.
La discrimination fondee sur l'orientation sexuelle est illegale. En 2010, le gouvernement a decide de depenaliser les actes sexuels entre personnes du meme sexe et de deroger a l'ancien code penal, auquel s'est substituee une loi sur les actes delictueux entree en vigueur le 1er fevrier 2010. Mais Fidji ne reconnait pas les relations entre personnes du meme sexe. En 2002, la loi matrimoniale a ete amendee pour definir le mariage comme "l'union entre une femme et un homme a l'exclusion de toutes les autres. L'homosexualite n'est en general pas vue d'un bon oeil a Fidji.
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Droit à l’éducation
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En 2009, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, l'UNICEF, a indique que la Convention sur les droits de l'enfant n'avait toujours pas ete incorporee dans la legislation nationale et les recommandations d'un rapport sur la protection de l'enfance soulignent les inquietudes quant aux reformes de la loi des mineurs, de la loi d'adoption et de la loi de l'education, et la redaction d'une nouvelle loi sur les infractions et d'un nouveau code de procedure penale. Selon l'UNICEF, les retards de developpement de la legislation sont importants et il recommande par ailleurs la creation d'une procedure adaptee aux cas de violations des droits de l'enfant.
L'education est obligatoire jusqu'a 15 ans. Les couts de l'inscription, du transport scolaire et du materiel limitent la scolarisation des enfants au sein des familles qui ne peuvent les assumer. Les enseignants reoivent une prime pour se rendre dans les regions les plus reculees du pays. Du fait de l'urbanisation croissante, de plus en plus d'enfants abandonnent leurs etudes pour travailler. En pratique, le systeme educatif est gere par les diverses communautes religieuses. En depit d'un financement gouvernemental partiel ou total des ecoles, celles-ci sont considerees comme privees au niveau statistique car elles sont sous controle religieux et non public.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Des l'age de trois ans, debute un programme de trois ans. A ce niveau, l'education est totalement privee. Le taux net d'inscriptions (TNI) est de 14 %. On compte 414 enseignants de maternelle (99 % de femmes). Le nombre d'eleves par enseignant (NEE) est de 21 : 1.
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Enseignement primaire
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L'education est obligatoire entre 6 et 15 ans. L'enseignement primaire debute a 6 ans pour une duree de 6 ans. Le TNI est de 96 % (57 % de filles). Tous les etablissements primaires sont consideres comme prives car ils sont geres par l'Eglise meme s'ils reoivent des fonds publics. Parmi les ecoliers inscrits en premiere annee, 96 % terminent leur cursus primaire. 2 % des ecoliers doublent une annee. On compte 4 029 enseignants de primaire (57 % de femmes). Le NEE est de 28 : 1.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence a 12 ans pour une duree de 7 ans. 3 % des eleves de secondaire inferieur et 8 % de ceux de secondaire superieur suivent des programmes de formation technique. Le TNI est de 83 %. 3 % des eleves doublent une annee. On compte 4 558 enseignants dans le secondaire (50 % de femmes), 3 022 dans les etablissements du secondaire inferieur et 1 536 dans le secondaire superieur. Le NEE est de 22 : 1.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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12 783 eleves (53 % de femmes) etudient dans des etablissements du superieur, avec un taux brut d'inscription de 15 %. 4 211 etudiants etrangers sont a Fidji, sans specification de leur pays d'origine. Dans le meme temps, les etudiants fidjiens se rendent a l'etranger, surtout en Australie (758), en Nouvelle-Zelande (386), aux Etats-Unis (177), au Royaume-Uni (29) et au Japon (27).
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Enfants à besoins spéciaux
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La discrimination dans l'education et les autres services publics est illegale. Neanmoins, les personnes souffrant de handicaps intellectuels sont generalement isolees de la societe et confinees dans leur famille. Les personnes souffrant d'affections mentales graves sont internees dans le seul centre existant, qui est surpeuple. On compte plusieurs centres d'enseignement special pour les handicapes mais leur cout eleve en limite l'acces.
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Enfants réfugiés
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La loi prevoit la concession de l'asile ou du statut de refugie conformement a la Convention de l'ONU sur le statut des refugies de 1951 et a son Protocole de 1967.
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Minorités et peuples autochtones
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Les ecoles sont dirigees par des communautes religieuses au sein d'un systeme d'enseignement complexe. Les enfants appartenant a des groupes minoritaires recoivent la majeure partie de leur education de leur propre groupe ethnique. Il existe une tension de longue date entre Fidjiens et Hindous. La composition des services publics a tous les niveaux reflete la composition ethnique de la population, mais la "preference pour les Fidjiens" constitue la norme. Les Fidjiens occupent plus de 80 % des terres et le gouvernement 8 %. Les agriculteurs d'origine indienne doivent donc louer des terres pour travailler, un systeme considere comme discriminatoire. L'expulsion des Fidjiens-Indiens et leur deplacement vers des sites illegaux contribuent aux tensions.
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Liberté académique
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Les normes du gouvernement sur le permis de travail et les normes de l'Universite du Pacifique Sud en matiere de contrats entravent la participation de la majorite du personnel universitaire a la politique nationale.
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Egalités des sexes
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Les femmes ont des droits de propriete et de succession mais elles sont generalement exclues des decisions sur l'alienation des terres communales. Les femmes gagnent moins que les hommes a travail egal et a valeur egale. Le harcelement sexuel n'est pas specifiquement interdit par la loi. La violence contre les femmes constitue un probleme. Les pratiques traditionnelles de reconciliation reduisent le nombre de condamnations en cas de violence domestique, surtout en cas d'inceste. La loi interdit le tourisme sexuel mais il demeure une realite problematique.
Bien qu'en 2010 le Comite des Nations Unies pour l'elimination de la discrimination envers les femmes a accueilli la creation de plusieurs mecanismes institutionnels de promotion de l'egalite entre les sexes et l'application du plan d'action pour la femme, il a note l'absence de mecanismes institutionnels de lutte contre les pratiques discriminatoires et a exhorte le gouvernement a lancer une procedure concrete d'application des droits fondamentaux de la femme et a adopter une loi sur l'egalite des chances, incluant les femmes ne travaillant pas dans le secteur public.
Le Comite a recommande la mise en oeuvre immediate d'un grand programme d'education aux droits de l'Homme et de formation sur l'egalite entre hommes et femmes, ainsi que l'introduction de modifications dans les lois et statuts afin de reconnaitre les femmes comme chefs de famille.
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Travail des enfants
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Les enfants de moins de 12 ans peuvent travailler dans des entreprises familiales ou agricoles. Entre 12 et 14 ans, ils peuvent travailler dans le secteur non industriel et doivent rentrer chez leurs parents ou tuteurs chaque soir. Les jeunes de 15 a 17 ans ne peuvent travailler avec du materiel lourd. Neanmoins, dans la pratique, ces normes ne s'appliquent pas de maniere rigoureuse et il n'existe pas de politique integrale d'eradication du travail des enfants. La migration des jeunes vers les villes se poursuit ou ils travaillent dans le secteur informel. Le rapport de l'OIT de decembre 2010 sur le travail infantile a Fidji souligne que la majorite des enfants au travail assument des taches dangereuses et sont ages de moins de 15 ans. On trouve egalement des enfants prostitues.
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Droits syndicaux
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Meme lorsque la loi ne promeut pas les contrats individuels, ils sont tres frequents en pratique. Les employeurs ont tendance a proposer une serie de mesures aux nouveaux employes, en particulier aux travailleurs diplomes ou au personnel qualifie des industries essentielles, afin de favoriser les contrats individuels. Cette pratique reduit considerablement les possibilites de negociation collective et affaiblit les syndicats.
Environ 36 % de la population active est syndiquee, y compris dans les principaux secteurs de l'economie. Bien que certains syndicats se basent sur l'origine ethnique, tant les Indiens que les Fidjiens occupent des postes de direction au sein du mouvement syndical.
Les travailleurs ont legalement le droit de negociation collective et de greve. Selon les rapports, l'intimidation dont souffrent les travailleurs est problematique dans les zones franches d'exportation, o les conventions collectives ne s'appliquent pas. Le ministere du Travail fixe le salaire minimum de chaque secteur. Les salaires de premier emploi ne permettent pas a la majorite des travailleurs et a leur famille de vivre dignement. Il n'existe aucune loi sur le nombre maximum d'heures de travail.
Licenciement du president de la Fijian Teachers' Association: Le 30 avril 2010, le president de la Fijian Teachers' Association (FTA), Tevita Koroi, a perdu son emploi de directeur de l'ecole secondaire de Nasinu, sur decision de la Commission des services publics de Fidji, qui l'a accuse d'avoir enfreint le code de conduite des services publics de Fidji en organisant en decembre 2008, en sa qualite de dirigeant syndical, une campagne publique coordonnee pour le retour de la democratie parlementaire a Fidji. A cause de l'abrogation de la Constitution, le systeme judiciaire n'offre pratiquement plus de recours face a ce licenciement. La FTA et l'Internationale de l'Education (IE) ont decide de presenter une plainte devant le Comite pour la liberte syndicale de l'OIT pour violation des Conventions 87 et 98 de l'OIT.
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Footnotes
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Etat de la population mondiale 2010. "Conflits, crises et renouveau : changements au fil des generations" UNFPA, Novembre 2010, www.unfpa.org (Francais)
www.amnesty.org
www.hrw.org
A/HRC/WG.6/7/FJI/2, Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, fevrier 2010
Rapport des droits syndicaux 2010, CSI, www.ituc-csi.org
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