| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
La République du Gabon est dominée par une présidence forte et par le Parti démocratique gabonais (PDG) qui est au pouvoir depuis 1968. Le Président est le chef d'Etat africain au pouvoir depuis le plus longtemps et a obtenu 79,2% des suffrages en 2005. Les opposants ont dénoncé des fraudes électorales mais la commission électorale a affirmé que le scrutin était juste. Le Président a dirigé un Etat à parti unique pendant 23 ans avant d'introduire un système multipartite en 1991.
Le président peut opposer son veto aux lois, dissoudre l'Assemblée nationale, convoquer de nouvelles élections et émettre des décrets qui ont force de loi lorsque l'Assemblée n'est pas en session. Des amendements constitutionnels ont ôté toute limite à la durée des mandats. Les ministres du gouvernement et les responsables des organismes parastataux sont nommés par le Président. Onze femmes sont membres de l'Assemblée nationale qui compte 120 sièges et douze femmes sont membres du Sénat qui en compte 91, les femmes occupent également 5 fonctions ministérielles sur un total de 43.
Tous les groupes ethniques majoritaires occupent des postes importants, mais les Bateke ont un nombre considérable de postes clés dans les forces de sécurité. Le Président lui même est un Bateke. Les Pygmées autochtones sont mis à l'écart du processus politique et peu d'efforts sont consentis pour les y inclure. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi mais soumis aux influences du gouvernement. Dans les zones rurales, les différends mineurs sont résolus par un chef local.
La discrimination basée sur l'origine nationale, la race, le sexe ou l'opinion est interdite mais la loi n'est pas appliquée.
Les forces de sécurité sont accusées de torturer les détenus pour leur extorquer des aveux et l'usage de la force par les policiers a provoqué des morts. Le HCNUR a reçu des rapports dénonçant des harcèlements et des extorsions des réfugiés par les forces de sécurité. Les manifestations et les grèves sont violemment interrompues.
Plus de la moitié du budget provient des recettes pétrolières. Le revenu moyen par habitant est de $4 580, la distribution des richesses étant fortement inégalitaire. On dénonce une mauvaise gestion financière et des pratiques de corruption.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties, cependant les deux stations de radio et les deux chaînes de télévision qui émettent dans l'ensemble du pays appartiennent au gouvernement. La télévision par satellite est disponible. Les conversations téléphoniques et les courriers privés seraient surveillés.
Une loi criminalisant la traite des enfants a été promulguée mais le pays reste un point de destination pour le trafic d'enfants. Des femmes et des enfants sont victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle. Des filles du Bénin et du Togo sont utilisées comme domestiques ou doivent travailler dans le secteur informel. Des rapports accusent certains représentants gouvernementaux d'employer des enfants étrangers victimes de trafic comme domestiques ; des officiers de police et de l'immigration sont accusés de faciliter le trafic d'enfants. Le gouvernement et l'OIT ont amorcé un projet visant à empêcher le trafic et le travail des enfants.
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Droit à l’éducation
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L'éducation est obligatoire jusqu'à 16 ans ; moins de la moitié des enfants en âge de suivre un enseignement secondaire fréquentent l'école, tandis que les taux de fréquentation scolaire parmi les enfants immigrés sont encore plus faibles. Les enfants d'Africains qui ne sont pas citoyens gabonais ont un accès moindre à l'éducation et sont souvent des enfants travailleurs. Les écoles publiques acceptent les enfants immigrés, qui sont dorénavant encouragés à fréquenter l'école. Les frais de manuel, d'uniforme et d'autres fournitures scolaires doivent être assumés par les parents et ces coûts sont prohibitifs pour de nombreux enfants.
Le nombre d'écoles et les salaires des enseignants diminuent, particulièrement dans les zones rurales. Le gouvernement a fermé un établissement secondaire à Libreville après que des étudiants aient manifesté violemment pour protester contre l'absence de bus gratuits. 4 000 bourses universitaires ont été accordées. 64% des femmes et 78% des hommes sauraient lire et écrire. Les opportunités en matière d'éducation sont rares pour les Pygmées car ils sont nomades et ne restent pas longtemps au même endroit.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 73% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 14%.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 6 à 16 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. 49% des élèves du primaire sont des filles. Le TBS serait de 130%. Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 56% terminent l'enseignement primaire. 34% des élèves doublent une année ou plus. 7 807 enseignants (45% de femmes) travaillent à ce niveau et tous sont formés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/36.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 7 ans plus tard. 3% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur et 19% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TBS dans le secondaire inférieur est de 62% et de 32% dans le secondaire supérieur. 22% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire inférieur compte 2 504 enseignants (17% de femmes). Le REE est de 1/31 dans le secondaire inférieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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Les étudiants gabonais qui étudient à l'étranger se trouvent en France (2 866), au Canada (228), en Allemagne (150), au Maroc (107) et aux Etats-Unis (105).
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Enfants à besoins spéciaux
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Aucune loi n'interdit les discriminations à l'égard des personnes handicapées ni ne leur garantit l'accès aux services. Des discriminations sociales auraient lieu et les opportunités d'emploi et les structures de soin sont rares.
Plusieurs mesures ont été prises pour répondre aux besoins spéciaux des enfants handicapés, y compris la création d'un centre pour enfants malentendants et de deux institutions privées pour les enfants qui ne peuvent être scolarisés à cause leur handicap. Des appareils orthopédiques spéciaux sont parfois fournis aux enfants souffrant de problèmes de mobilité. Tous les enfants handicapés reçoivent des bourses et les enfants handicapés physiquement ont le droit de fréquenter l'ensemble des établissements primaires, secondaires et supérieurs. Les bâtiments ne sont pas toujours accessibles aux personnes handicapées.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le Gabon accueillait peu de réfugiés jusqu'au milieu des années 90 lorsque des dizaines de milliers de personnes fuyant l'aggravation de la guerre civile en République du Congo sont arrivées et se sont installées à proximité des villages des zones rurales. Nombre d'entre eux se sont depuis déplacés vers les zones urbaines.
Environ 13 500 réfugiés demeurent dans le pays, 12 000 proviennent de la République du Congo et le reste provient du Tchad et d'autres pays. Des réfugiés congolais sont volontairement rentrés dans leur pays. Le HCNUR continue de mettre en uvre des programmes d'éducation primaire et secondaire et des formations axées sur les compétences pour les enfants réfugiés en coopération avec des ONG.
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Minorités et peuples autochtones
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Les Baka (Pygmées) vivent dans la forêt tropicale. Ils sont égaux devant la loi mais vivent selon leurs traditions et leurs structures de prise de décision locales. Les discriminations sociales sont vives envers les Pygmées, nombre d'entre eux vivent dans une extrême pauvreté. Aucun programme gouvernemental spécifique n'aide les Pygmées. Une étude d'une ONG sur la population pygmée a révélé que la plupart d'entre eux vivent et travaillent dans des plantations pour une assiette de riz et quelques centimes par jour, dans des conditions proches de l'esclavage ; de fait, le rapport établit que les enfants pygmées qui naissent dans cette situation appartiennent au patron. Une famille type vit avec l'équivalent de US$ 0,13 par jour.
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Liberté académique
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Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique. Le gouvernement ne limite pas l'accès à Internet. La critique du gouvernement n'est pas aisément tolérée, il est donc légitime de se demander de quel degré de liberté bénéficie le personnel académique dans son travail.
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Egalités des sexes
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Les femmes ont droit à l'égalité dans des domaines tels que l'éducation, l'emploi et les investissements mais les discriminations sociales demeurent manifestes, particulièrement dans les zones rurales.
Les violences domestiques sont courantes, surtout dans les zones rurales. La police intervient rarement lors de tels incidents et les plaintes ne sont pas traitées. Les mutilations génitales féminines seraient pratiquées parmi les résidents africains qui ne sont pas des citoyens gabonais. On dénonce l'exploitation sexuelle des servantes domestiques, souvent des enfants.
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Travail des enfants
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Les enfants de moins de 16 ans ne peuvent travailler légalement sans l'accord des ministères du Travail, de l'Education et de la Santé publique, pourtant le travail des enfants reste un problème sérieux. Les violations de l'âge minimum d'embauche peuvent donner lieu à des punitions. La loi est appliquée dans les zones urbaines pour les enfants citoyens et peu d'enfants de moins de 18 ans travaillent dans le secteur salarié formel. Cependant les conditions de vie sont différentes pour les enfants des non citoyens et pour les citoyens des zones rurales. Les enfants étrangers travaillent sur les marchés ou comme domestiques et souvent ils ne peuvent pas choisir d'aller à l'école.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. La main-d'uvre du secteur privé est syndiquée. Les salaires des industries sont fixés par négociation collective. Les travailleurs non syndiqués sont couverts par la convention collective de leur secteur. Le droit de grève est autorisé, sauf pour les employés du secteur public au cas où la grève mettrait en danger la sécurité publique. Un accord de « trêve sociale » entre les syndicats, les employeurs et le gouvernement est en passe d'être rompu car les syndicats menacent d'une action de grève, affirmant que le gouvernement et les employeurs n'ont pas respecté les termes de l'accord. Le travail forcé ou obligatoire est interdit par la loi mais existe néanmoins.
Le salaire mensuel minimum est d'environ US$ 120 (60 000 francs CFA) ; les employés du gouvernement reçoivent une allocation supplémentaire mensuelle de US$ 40 (20 000 francs CFA) par enfant ainsi que des allocations de transport, d'hébergement et de famille. Une semaine de travail de 40 heures constitue la norme.
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