| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
Le pouvoir au sein de la république est concentré dans les mains de la présidence. Le Président actuel a commencé à gouverner en 1984 comme chef d'une junte militaire ; de 1994 à 2003 il a été élu. Le Parti de l'unité et du progrès et des partis associés ont obtenu 91 sièges sur 114 à l'Assemblée nationale. La base du pouvoir présidentiel est renforcée par le fait que les postes militaires et gouvernementaux importants sont occupés par des membres de son groupe ethnique Soussou. Le Président peut effectuer un nombre illimité de mandats de sept ans. 46 partis politiques sont reconnus par la loi, bien que seulement 5 d'entre eux possèdent des membres à l'Assemblée nationale.
Les employés gouvernementaux doivent faire campagne pour le parti dirigeant lors des élections. Un nombre croissant de Soussou sont nommés aux postes importants du secteur public. Vingt femmes sont députées à l'Assemblée nationale et 5 ministres sur 26 sont des femmes. Les femmes jouent un rôle mineur dans les partis politiques. Le système judiciaire est légalement indépendant mais est soumis à des influences de la branche exécutive ; la corruption serait répandue dans le système judicaire et au sein du gouvernement.
La discrimination basée sur le sexe, la race, l'appartenance ethnique, la langue, les croyances, les opinions politiques, la philosophie ou la foi est interdite mais la législation n'est pas appliquée.
Le Président peut annuler et annule des décisions législatives. La pratique de la justice traditionnelle par les chefs des villages est courante. La démarcation entre les systèmes de justice formels et informels est floue. La justice traditionnelle défavorise les femmes. On rapporte l'existence d'un système de justice secret commandité par des personnes inconnues en uniforme, accusées de recourir à la torture dans des prisons secrètes pour extorquer des aveux. Des prisonniers politiques accusés d'avoir fomenté un coup d'état en 2003 sont toujours emprisonnés. Les forces de sécurité maltraitent les réfugiés en toute impunité.
L'économie repose sur l'agriculture de subsistance, la croissance stagne et l'aide étrangère a diminué. Des privations sont provoquées par le prix croissant des produits de première nécessité, des coupures d'électricité fréquentes et des pénuries d'eau. Les salaires n'ont pas suivi le rythme de l'inflation et le prix de la nourriture a augmenté de 30%.
La liberté d'expression et de la presse sont inscrites dans la loi mais limitées dans la pratique. La législation relative à l'accès à l'information n'a pas été promulguée. La presse, la télévision et les stations de radio sont gérées par le gouvernement. Les journalistes évitent d'aborder des sujets controversés et pratiquent l'autocensure. Des publications étrangères sont disponibles, ainsi que l'accès aux programmes des télévisions étrangères via satellite ou câble, bien que cela soit trop coûteux pour la plupart des citoyens. L'accès à Internet n'est pas limité.
La traite des êtres humains est interdite mais des femmes et des enfants sont victimes de trafic interne et externe à des fins de commerce sexuel. La traite d'enfants est courante. Le pays est une voie de transit pour les trafiquants d'Afrique de l'Ouest qui envoient des enfants vers l'Europe et d'autres pays africains. Les populations réfugiées de Sierra Leone et du Libéria sont vulnérables face au trafic. Des hôpitaux refuseraient des malades du VIH/SIDA en raison d'un manque de connaissances sur la maladie.
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Droit à l’éducation
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Le montant de l'allocation budgétaire accordée à l'enseignement primaire a été augmenté mais les fonds n'ont pas été dépensés. Un enseignement primaire gratuit et obligatoire de 7 à 12 ans est offert ; les taux de scolarisation révèlent l'incapacité des parents à assumer financièrement les autres frais relatifs à l'éducation. Les frais de scolarité pour les manuels, le matériel, les uniformes et d'autres fournitures placent l'éducation hors de la portée de nombre d'enfants. Comme cela peut être observé dans les statistiques fournies ci dessous, le taux net de scolarisation est très bas ; les salles de classes sont surpeuplées et les chances de certains enfants sont très limitées.
Souvent, les filles travaillent pour financer l'éducation de leurs frères. On dénonce des agressions sexuelles contre de jeunes filles dans les écoles. Des mariages précoces de filles d'à peine 11 ans auraient lieu ; les filles sont victimes de trafic à des fins de prostitution et de travail bon marché.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de quatre ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 91% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 6%. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/36.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 7 à 12 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 6 ans. Le TNS est de 64% (69% des garçons, 58% des filles) et 43% des élèves sont des filles. 21% de l'enseignement primaire est privé. Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 77% continuent jusqu'en dernière année. 10% des élèves doublent une année ou plus. 25 361 enseignants (dont 24% de femmes) travaillent à ce niveau. Le REE est de 1/45.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 7 ans plus tard. 2% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur et 10 % des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 21% (21% des garçons et 14% des filles). 12% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 10 465 enseignants, dont 6 868 dans le secondaire inférieur et 3 957 dans le secondaire supérieur. Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/21 et de 1/20 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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17 218 étudiants (16% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 2%. Des étudiants guinéens étudient à l'étranger, principalement en France (1 263), au Portugal (268), au Maroc (263), aux Etats-Unis (250) et en Allemagne (241).
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Enfants à besoins spéciaux
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Aucune disposition constitutionnelle n'existe au sujet des personnes handicapées. Peu de personnes handicapées travaillent. Un programme de réhabilitation communautaire pour les personnes handicapées, une école pour sourds-muets ainsi qu'une école pour aveugles ont été mis sur pied. Le gouvernement doit encore achever de construire un institut pour jeunes aveugles à Kankan, où la cécité des rivières est endémique. Des équipements sont nécessaires pour le laboratoire d'orthophonie de l'école des sourds-muets ; un centre d'équipement pour handicapés doit être installé dans les trois principales villes du pays grâce à l'assistance internationale.
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Enfants réfugiés
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Au cours de l'année, le HCNUR et le gouvernement ont confirmé que toutes les personnes déplacées avaient été réintégrées dans leurs communautés. La loi prévoit que le statut de réfugié ou l'asile sera accordé aux personnes qui correspondent à la définition de la Convention des Nations Unies sur le statut des réfugiés de 1951 et de son Protocole de 1967 et le gouvernement a instauré un système pour assurer la protection des réfugiés. Des réfugiés des pays voisins ont été acceptés dans le pays. 78 000 réfugiés bénéficient de l'assistance du HCNUR. Peu de renseignements sont disponibles concernant les dispositifs en matière d'éducation pour les réfugiés.
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Minorités et peuples autochtones
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Aucun groupe ethnique unique ne représente la majorité de la population et l'identification ethnique est forte. Les Malinke représentent 30% de la population. Le peuple des Fulani (Peuhls), qui constitue également 30% de la population, est le peuple le plus dispersé dans l'Afrique de l'Ouest car ses membres sont nomades et se marient rarement avec des membres d'autres peuples. Les Soussou (20%) représentent actuellement le groupe ethno politique dominant en Guinée en raison de leurs relations avec le pouvoir politique (le Président est soussou).
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Liberté académique
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La liberté académique est restreinte en raison de l'influence du gouvernement sur les embauches au sein de l'université, de son contrôle des programmes et de l'autocensure. Des étudiants ont été expulsés et arrêtés et des écoles ont été fermées suite à des objections concernant des modifications gouvernementales. L'élimination des dortoirs universitaires a accru les difficultés des étudiants.
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Egalités des sexes
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Les femmes sont égales devant la loi mais sont victimes de discrimination et de violence. Dans les zones rurales, les femmes assument une grande partie des tâches relatives à l'agriculture de subsistance, ce qui, conjugué à la maternité et à de faibles chances en matière d'éducation, limite leurs choix de vie. Bien que le principe du salaire égal pour un travail de valeur égale soit garanti par la loi, les femmes reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes. Les lois relatives à la succession favorisent les héritiers masculins. La polygamie est courante. Le divorce est favorable aux hommes en matière de garde des enfants comme de partage des biens. Les témoignages en justice des femmes ont moins de poids que ceux des hommes.
Les violences domestiques sont fréquentes, bien que les femmes dénoncent rarement les abus à la police qui se montre réticente à intervenir dans les disputes domestiques. Le harcèlement sexuel n'est pas interdit par la loi. Les mutilations génitales féminines (MGF) sont fréquentes dans toutes les régions et parmi tous les groupes religieux et ethniques et, de fait, le pays possède l'un des plus hauts taux de MGF au monde. Bien qu'interdites pas la loi, elles sont rarement poursuivies. Les MGF augmentent le risque d'infection par le VIH car ceux qui les pratiquent partagent des instruments non stérilisés. Les personnes qui pratiquent les MGF s'opposent à leur suppression car il s'agit d'une pratique lucrative.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 16 ans. Les apprentis peuvent commencer à travailler à partir de 14 ans. Les enfants de moins de 18 ans ne peuvent pas travailler de nuit ou plus de dix heures consécutives. 48% des enfants de moins de 15 ans travaillent ; ils représentent 20% de la population active totale et 26% des travailleurs agricoles. Les enfants travailleurs sont principalement employés dans le secteur informel et l'agriculture de subsistance.
Certains jeunes enfants musulmans sont envoyés vivre avec un maître coranique pour apprendre l'arabe, l'Islam et le Coran. Ils travaillent pour leur enseignant en guise de paiement. Des enfants des zones rurales sont envoyés dans les villes pour vivre avec des membres de leur famille afin de pouvoir être scolarisés. Souvent la famille d'accueil ne peut assumer les frais de scolarisation et l'enfant travaille pour payer son hébergement et sa pension ou sert de domestique bon marché. On trouve les pires formes du travail des enfants dans le secteur minier. Des rapports dénoncent également l'existence du travail forcé et obligatoire des enfants.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception du personnel militaire ou paramilitaire. La négociation collective des salaires est pratiquée. Les travailleurs salariés, y compris le personnel civil de la fonction publique, jouissent du droit de grève, bien que les grévistes soient souvent victimes d'intimidations de la part des forces de sécurité. Les grèves sont interdites dans les services essentiels. Le travail forcé ou obligatoire est interdit par la loi mais existe néanmoins.
Le gouvernement peut fixer un salaire horaire minimum mais ne l'a pas fait. Généralement, les salaires ne permettent pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les semaines de travail normales ne devraient pas dépasser 10 heures par jour ou 48 heures par semaine.
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