| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
La Guinée-Bissau est un des pays les plus pauvres au monde. Le Président de la république multipartite, élu en 2000, a interrompu la transition du pays vers la démocratie, dissous l'Assemblée nationale populaire en 2002 et a été renversé par l'armée en 2003. Les dirigeants militaires, politiques et de la société civile ont alors nommé un Président pour un gouvernement de transition. Lors d'élections qui ont été jugées libres et justes, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) a obtenu 45 sièges au sein d'une Assemblée qui en totalise 100. Les élections présidentielles en 2005 devaient mettre un terme à des années de dictature ; un ancien chef d'Etat militaire a été élu Président, en remportant 52% des votes lors du deuxième tour. Quatorze femmes sont membres de l'Assemblée, 3 femmes sont ministres du gouvernement sur un total de 16, et sur 7 secrétaires d'Etat, deux sont des femmes. Tous les groupes ethniques sont représentés au sein du gouvernement.
Le système judiciaire acquiert lentement son indépendance mais la corruption demeure problématique. Les juges sont mal payés et nécessitent une formation. Les pratiques traditionnelles prédominent dans les zones rurales.
La discrimination basée sur le sexe et la race est interdite mais cette disposition n'est pas appliquée. Bien que les témoignages extorqués sous la torture ne soient pas valables, les forces de sécurité sont accusées d'avoir recours à de telles techniques. Les fonctionnaires de police sont maintenant payés régulièrement mais le gouvernement leur doit jusqu'à 2 ans d'arriérés de salaires. L'impunité et la corruption constituent des problèmes sérieux. On fait état d'assassinats politiques perpétrés par les forces de sécurité.
La dette étrangère du pays est immense et son économie dépend considérablement de l'aide étrangère. Le gouvernement a renoué des relations avec la communauté internationale. En 1998, l'effondrement du marché a entraîné son remplacement par un système de troc. Avant le coup d'état militaire de 2003, la plupart des fonctionnaires n'étaient pas payés parfois depuis 2 ans mais le gouvernement a maintenant repris le versement des salaires.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. L'accès aux informations du gouvernement n'est pas garanti par la loi. Les médias s'ouvrent progressivement et des rapports indiquent que l'autocensure diminue parmi les journalistes. L'accès à Internet n'est pas limité. Des enfants sont victimes de trafic interne et externe. Aucune législation n'a été promulguée pour combattre ce trafic.
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Droit à l’éducation
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Les ressources allouées à l'éducation sont limitées mais les établissements primaires et secondaires fonctionnent et les salaires des enseignants sont versés. Le gouvernement compte sur l'aide extérieure pour 90% des financements consacrés à l'éducation. En 2003, les écoles ont été fermées pendant la majeure partie de l'année. Les enseignants n'étaient pas payés et ont du trouver un autre emploi pour gagner leur vie.
De nombreux enfants de mères célibataires ne sont pas déclarés à la naissance et ne bénéficient donc pas d'un accès à l'éducation. Aux yeux de la loi, l'enseignement primaire est obligatoire de 7 à 12 ans. Cependant dans la pratique l'éducation n'est ni gratuite ni obligatoire. Le système éducatif manque d'installations et d'enseignants formés. Certains établissements des zones rurales proposent seulement la première année, ou la première et la deuxième année. Les établissements publics devraient être gratuits jusqu'en quatrième année mais les frais, à l'exception des frais d'inscription, sont à la charge des parents.
Une étude du Programme des Nations unies pour le développement indique que 60% des enfants en âge d'aller à l'école ne sont pas scolarisés. Certains garçons fréquentent des écoles coraniques au Sénégal mais la majorité d'entre eux sont exploités et travaillent comme mendiants dans les rues pour gagner de l'argent destiné aux dirigeants de leurs écoles.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 4 ans. A ce niveau, 62 % de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 29%.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 7 à 12 ans ; l'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 6 ans.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 5 ans plus tard.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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579 étudiants de Guinée-Bissau étudient à l'étranger, principalement au Portugal (348), à Cuba (58), en France (44), au Maroc (26) et en Italie (25).
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Enfants à besoins spéciaux
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Aux yeux de la loi, la discrimination à l'encontre des personnes handicapées n'est pas interdite et l'accès à l'éducation pour les enfants handicapés n'est pas garanti. Des efforts ont été consentis pour aider les mutilés de guerre à travers des programmes de pension mais les droits des enfants handicapés n'ont pas été abordés.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le pays compte environ 7 700 réfugiés sénégalais.
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Minorités et peuples autochtones
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Les groupes ethniques principaux sont les Balante (27%), les Fulani (23%), les Malinke (12%), les Mandyako (11%) et les Pepel (10%). Les Meztisos, les Mullatoes et les Assimilados, d'origine métisse, ne représentent que 2% de la population et sont pourtant des minorités ethniques influentes.
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Liberté académique
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Le pays ne possède pas d'université mais des institutions de formation des enseignants, des écoles d'infirmières et des établissements de formation professionnelle. La liberté d'expression et de recherche ne sont pas limitées au sein de ces institutions.
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Egalités des sexes
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Les hommes et les femmes sont égaux devant la loi et les discriminations sexuelles sont interdites. Le droit coutumier et le droit islamique sont appliqués dans les zones rurales où les discriminations sont fréquentes. Dans les zones rurales, les femmes sont chargées des tâches relatives à l'agriculture de subsistance et ont un accès limité à l'éducation ou à tout autre emploi. Certains groupes ethniques ne permettent pas aux femmes de gérer des terres ou d'hériter de biens.
La violence contre les femmes est endémique bien que les autorités n'en soient pas informées. Les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées chez les Fulani et les Malinke. La pratique n'est pas illégale et prend de l'ampleur, en dépit d'une campagne nationale d'éducation organisée par un comité national dans le but de décourager cette pratique.
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Travail des enfants
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Aucune loi ne protège les enfants contre l'exploitation sur le lieu de travail. L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans pour le travail en usine et à 18 ans pour les travaux lourds ou dangereux. D'une manière générale, le petit secteur formel respecte la loi, toutefois les inspections et la mise en application de la loi sont faibles. Dans les villes, les enfants travaillent comme vendeurs ambulants ; dans les zones rurales ils travaillent comme domestiques et comme travailleurs agricoles souvent sans toucher de rémunération car ils travaillent en tant que membre de la famille. Peu de programmes éducatifs sont disponibles pour ces enfants.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. La majorité de la population travaille dans l'agriculture de subsistance où l'affiliation syndicale est rare ; la majorité des syndiqués sont des employés du gouvernement ou des organismes parastataux. La négociation collective n'est pas prévue par la loi mais la plupart des salaires sont fixés lors de consultations collectives bilatérales entre les travailleurs individuels et les employeurs. Les travailleurs bénéficient du droit de grève à condition de déposer un préavis. Aucune grève importante n'a eu lieu depuis les élections. Le gouvernement a recommencé à payer les enseignants, les fonctionnaires et les médecins qui ne l'avaient pas été depuis 2000. Le travail forcé ou obligatoire est illégal mais existe.
Le Conseil des ministres fixe des taux salariaux minimums pour toutes les catégories professionnelles mais ne fait rien pour qu'ils soient appliqués. Le salaire le plus bas de US$ 29,60 (14 800 francs CFA) par mois assorti d'un sac de riz ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les revenus sont complétés par l'agriculture de subsistance. La semaine de travail maximale compte 45 heures mais le gouvernement n'applique pas cette disposition.
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