| Dernière mise-à-jour: le 21 juin 2007 |
Introduction |
La République coopérative de Guyana possède un corps législatif multipartite dirigé par un Président élu pour un mandat de 5 ans. Le Président nomme le Premier ministre et le Gouvernement. Le système politique est basé sur un mélange de représentation proportionnelle et de députés élus directement. L'Assemblée nationale compte 65 membres dont 25 sont élus directement et les 40 sièges restants sont pourvus de façon proportionnelle à partir de listes de candidats élus par des circonscriptions régionales. Le Parti populaire progressiste et le Parti civique ont été réélus au pouvoir, tout comme le président titulaire. Les principaux partis politiques sont à base ethnique et l'agitation sociale ainsi que la violence ont perturbé la période postélectorale.
Les femmes et les minorités participent au processus politique. Un tiers des candidats parlementaires doivent être des femmes. Il y a 19 femmes à l'Assemblée nationale et 3 font partie du Gouvernement, composé de 20 membres. Le Chancelier du pouvoir judiciaire est une femme. 4 Amérindiens siègent à l'Assemblé nationale et 1 est membre du Gouvernement. Le pouvoir judiciaire est indépendant en droit mais soumis à l'influence du pouvoir exécutif et accusé d'inefficacité.
Les droits fondamentaux sont garantis à toute personne, indépendamment de la race, du sexe, de la religion ou de l'origine nationale mais les dispositions de la loi ne sont pas mises en application. L'accès aux informations gouvernementales n'a pas été légiféré et les fonctionnaires sont peu disposés à fournir des informations sans l'approbation des niveaux supérieurs. La torture est illégale mais des allégations d'abus commis par la police persistent. 35% de la population vit sous le seuil de la pauvreté.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties. Les journalistes expriment des opinions très variées sans restriction, l'accès à Internet n'est pas limité et les médias internationaux sont autorisés à opérer librement, bien que la seule station de radio du pays appartienne au gouvernement.
Certains rapports font état d'un trafic de personnes au niveau interne et externe et une législation pour la lutte contre le trafic a été promulguée. Il existe une discrimination à l'égard des personnes atteintes par le VIH/SIDA, notamment sous la forme de licenciements et de refus d'embauche de personnes séropositives.
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Droit à l’éducation
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Conformément à la loi, l'enseignement est gratuit, obligatoire et universel pour les enfants âgés de 5 à 14 ans. Toutefois, le système d'éducation publique continue de se détériorer et, d'ici 2015, le Guyana pourrait ne plus être en mesure d'assurer une éducation primaire pour tous. Les infrastructures de Georgetown sont meilleures que dans d'autres régions du pays; les enfants qui vivent en milieu rural ou dans les bidonvilles ont peu de possibilités de suivre un enseignement mais de longues périodes d'isolement urbain dissuadent la population de quitter la ville. De nombreux enfants travaillent pour contribuer aux finances familiales ou gardent d'autres enfants pour permettre aux parents de travailler. Le système éducatif s'est gravement détérioré et les inégalités sont courantes à tous les niveaux.
Les enseignants qualifiés ont tendance à travailler en ville car le logement en milieu rural est inadéquat et les ressources éducatives y sont pratiquement inexistantes. Les problèmes dans l'enseignement sont renforcés par une diminution du nombre d'enseignants qualifiés ; leurs salaires et conditions de travail sont si mauvais que bon nombre ont trouvé un autre emploi ou ont émigré. Le Guyana compte une université financée par l'Etat. Les étudiants sont tenus de payer une grande partie des frais de scolarité bien que certains aient pu bénéficier des systèmes de prêts gouvernementaux.
Les châtiments corporels sont fréquents à l'école et à la maison ; le principal doit être présent lorsqu'un châtiment corporel est administré à l'école. Le ministère de l'Education a rejeté un programme destiné à supprimer les châtiments corporels dans les écoles. Les statistiques suivantes sont officielles mais les ONG estiment qu'elles ont été gonflées.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de 2 années, débute à l'âge de 4 ans. A ce niveau, 1% de l'enseignement est privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 91%. Sur les 2 237 enseignants travaillant à ce niveau, 99% sont des femmes et 46% sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/15.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire pour les enfants âgés de 5 à 14 ans. L'école primaire débute à l'âge de 5 ans et se poursuit pendant 6 années. Le TNS est de 94% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 59% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. 1% des élèves doublent une année ou plus. 4 174 enseignants (66% de femmes) travaillent à ce niveau et 57% d'entre eux sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves est de 1/27.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 5 ans plus tard. 10% des élèves dans le secondaire inférieur et 5% dans le secondaire supérieur suivent des programmes techniques professionnels. Il y a 3 041 enseignants (65% de femmes) dans le secondaire inférieur et 901 (65% de femmes) dans le secondaire supérieur. 57% des enseignants du secondaire sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves est de 1/16 dans les écoles secondaires.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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6 693 étudiants (65% de femmes) étudient dans des institutions d'enseignement supérieur, ce qui donne un Taux brut de scolarisation de 9%. Des étudiants de la Guyana étudient également à l'étranger, essentiellement aux Etats-Unis (1 004), en Argentine (563), à Cuba (468), au Chili (371) et en Allemagne (219).
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Enfants à besoins spéciaux
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Une Commission nationale sur les handicaps prépare actuellement une nouvelle législation couvrant les personnes handicapées. Les écoles et centres de formation pour enfants et jeunes handicapés manquent de personnel qualifié et sont mal équipés.
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Enfants réfugiés
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Le gouvernement n'est pas partie à la Convention de 1951 concernant le Statut des réfugiés ou son Protocole de 1967 et n'a pas établi de système pour assurer une protection aux réfugiés. Le HCR continue de presser instamment le gouvernement de ratifier la Convention des Nations unies sur les réfugiés.
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Minorités et peuples autochtones
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La population amérindienne autochtone, composées de 9 groupes tribaux, constitue 8% de la population nationale. Elle vit dans des réserves et des villages situés en des lieux reculés à l'intérieur des terres, avec un niveau de vie extrêmement faible, et participe peu aux décisions qui ont un impact sur sa vie ou sur la répartition des ressources naturelles. L'accès à l'éducation dans les communautés amérindiennes est très limité, entravé par l'éloignement et une culture nomade.
Tout l'enseignement est en anglais et les langues autochtones menacées d'extinction. Des tensions ethniques entre citoyens d'origine africaine et ceux d'origine sud-asiatique influencent la vie sociale et politique. Les organisations sociales et politiques sont polarisées en fonction des lignages ethniques tandis que la discrimination et l'exclusion persistent. Bien qu'il soit admis qu'une société intolérante porte préjudice aux enfants en classe, il y a peu d'améliorations dans les relations raciales. La fonction publique et les forces de sécurité sont surtout dotées d'un personnel afro-guyanais.
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Liberté académique
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Les rapports n'indiquent pas de restriction de la liberté académique et l'accès à Internet est uniquement limité par le coût et l'emplacement.
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Egalités des sexes
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Les femmes constituent une part importante de la main-d'uvre mais, malgré la promulgation d'une législation sur l'égalité entre les sexes, elles ne bénéficient pas de l'égalité de traitement. La loi interdit le licenciement au motif d'une grossesse.
Le harcèlement sexuel n'est pas interdit par la loi. Le testament d'un époux peut être cassé s'il ne prévoit pas la subsistance de sa veuve et si elle était financièrement à sa charge. En dehors de la capitale, il n'y a guère d'accès à l'enseignement pour les filles.
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Travail des enfants
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La Loi sur les usines et la Loi sur le travail des jeunes et des enfants fixent des prescriptions en matière d'âge minimum pour le travail des enfants. Aucun enfant âgé de moins de 14 ans ne peut être employé sauf si les membres de sa famille travaillent dans la même entreprise, tandis que les enfants âgés de 14 et 15 ans ne peuvent être employés que dans des circonstances exceptionnelles. Toutefois, la législation sur l'enseignement obligatoire et sur l'âge minimum d'embauche n'est pas appliquée de façon effective. Selon les rapports, 19% des enfants âgés de 5 à 14 ans exercent un emploi. Le travail des enfants dans le secteur informel est un grave problème et des enfants très jeunes sont engagés dans le commerce ambulant.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de former des syndicats ou d'y adhérer, sauf les membres des forces de sécurité, et 32% de la main-d'uvre est syndiquée. La négociation collective est autorisée tant dans le secteur public que dans le secteur privé, et des conventions collectives sont reconnus par les ministères respectifs. Les travailleurs ont le droit de grève à condition que l'action ait été avalisée par la direction syndicale. Le personnel assurant des services essentiels peut faire grève à condition qu'un effectif chargé du service minimum reste en place. Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais a cependant lieu.
Des salaires minimums sont fixés pour diverses catégories d'employeurs du secteur privé. Une décision arbitrale du service civil a établi un salaire minimum pour le secteur public, lequel est augmenté périodiquement par une décision gouvernementale unilatérale ; actuellement, il s'élève à US$ 109 (G$ 22 099) par mois. Les travailleurs du secteur informel, essentiellement des femmes et des enfants, perçoivent moins que le salaire minimum, tout comme les enseignants non qualifiés dans les écoles publiques. Le salaire minimum légal pour le secteur public ne permet pas d'assurer un niveau de vie décent à un travailleur et sa famille. La semaine de travail est fixée, par réglementation, à 44 heures.
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