Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Kenya
République du Kenya
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Kenya Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 1914222 49,45 1192316,00 51,37 28,49 7150259 49,16 6394078,00 112,66 82,10 46,78 3204379 47,26 2798985,00 59,46 49,61 29,68 167983 41,20 4,05
2008 1720245 48,54 1113339,00 47,59 26,12 6868810 49,20 6127549,00 111,55 81,52 46,54 3106919 47,60 2743402,00 58,33 49,14 29,89
2007 1691093 48,19 1094471,00 48,27 26,50 6687510 49,36 6043452,00 111,71 85,69 45,56 2729040 46,45 2419329,00 51,70 49,89 26,64
2006 1672336 48,19 1082332,00 49,30 27,06 6101390 49,02 5804004,00 104,58 74,56 44,28 2583755 48,09 2374777,00 49,33 41,89 25,73 7,05
2005 1643175 49,44 31,48 50,00 27,55 6075706 48,72 5804890,00 106,56 79,92 44,76 2470410 48,71 47,56 40,94 24,77 113532 37,27 2,95 7,33
2004 1627721 49,41 37,57 53,40 29,25 5926078 48,28 111,28 76,43 39,54 83,58 2419856 48,10 48,01 40,06 31,55 74402 48,34 2,91 7,05 29,19
2003 1592899 49,18 31,99 53,93 29,60 5811381 48,52 110,51 76,69 38,03 72,75 71,40 2268086 48,40 45,15 36,98 29,71 6,98 22,11
2002 1281846 49,13 44,67 30,17 4903529 48,44 94,08 63,49 34,44 2063409 48,67 41,32 35,11 29,83 98607 34,67 2,82 7,17
2001 1249294 49,69 44,66 30,35 34,37 94629 34,84 30,66 2,82 6,33 22,59
2000 1224446 49,86 44,70 5034858 49,38 97,66 66,77 34,44 1908703 48,54 39,20 33,33 89016 35,12 2,75 6,33 25,77
1999 1187883 49,56 10,44 44,04 4782375 49,03 93,05 63,79 32,21 1822161 48,67 38,24 6,53
Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007

Introduction

La République du Kenya est gouvernée par une présidence forte. En 2002, le dirigeant de la Coalition nationale arc-en-ciel (NARC) est devenu le troisième Président du pays lors d'une élection qui a mis un terme à la domination de l'Union nationale africaine du Kenya (KANU) ; ce parti avait contrôlé la présidence et le parlement pendant presque 40 ans, depuis 1963. La NARC, qui comprend plus d'une dizaine de partis politiques est aujourd'hui au pouvoir. Les élections, bien qu'imparfaites, ont été considérées comme le reflet de la volonté de l'électorat. La NARC a obtenu 132 sièges et le parti de l'opposition KANU en a acquis 68 ; 5 autres partis ont également gagné des sièges à l'Assemblée nationale qui en totalise 222.

Quinze femmes sont parlementaires (parmi lesquelles 7 ont été élues et 8 nommées) et sur 29 ministres, 3 sont des femmes. Les minorités sont représentées au parlement : les cinq groupes ethniques les plus importants représentant 70% de la population occupent 167 sièges ; 37 groupes ethniques qui constituent 30% de la population occupent 55 sièges et 4 ministres sur 29 sont issus de groupes ethniques minoritaires. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi mais sujet à des influences de la branche exécutive. Les réformes de la justice de 2003 auraient réduit la corruption dans le système judiciaire.

La discrimination basée sur la race, l'appartenance tribale, le lieu de naissance, les opinions politiques, la couleur de peau ou la foi est interdite mais la législation n'est pas mise en application. Les représentants gouvernementaux sont accusés de tolérer et, parfois, d'encourager les violences ethniques.

Lorsque toutes les parties d'un conflit sont de confession musulmane, les tribunaux islamiques appliquent la loi de la Charia en matière de statut personnel, de mariage, de divorce ou de succession. Les mariages ou d'autres contrats peuvent être établis en vertu du droit national ou du droit coutumier. Des groupes de femmes luttent pour l'élimination du droit coutumier, favorable aux hommes selon elles.

La torture est illégale, mais continuerait d'être pratiquée et des mesures sont prises pour empêcher les mauvais traitements des prisonniers. L'impunité constitue un problème sérieux. La police fait usage d'une force abusive pour disperser les manifestations et les grèves et cette force a entraîné des morts. La justice du peuple continue d'être appliquée.

Des ONG affirment que le taux de chômage dépasse 40%. Suite à la publication de rapports sur la corruption, les donateurs avaient interrompu l'assistance officielle au développement, toutefois des mesures anti-corruption adoptées en 2003 ont ouvert la voie au retour des institutions financières internationales. 56% de la population vit avec moins de $1 par jour.

La propagation du VIH/SIDA serait responsable de l'augmentation du nombre d'enfants vivant dans les rues. Environ 250 000 enfants vivent dans les rues de Nairobi, Mombasa, Kisumu et Nakuru. Les enfants des rues sont victimes de harcèlements, de mauvais traitements et d'abus sexuels.

L'utilisation du système légal pour décourager les critiques envers le gouvernement a diminué depuis que le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir. La liberté d'expression et de la presse sont garanties mais ces droits seraient limités dans la réalité et des membres des médias dénoncent des harcèlements et des violences. L'utilisation des lois sur la diffamation par les représentants gouvernementaux intimident les journalistes qui ont ensuite recours à l'autocensure.

Le pays est une plaque tournante du trafic d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle et de travail forcé. Le trafic à l'intérieur du pays représente également un problème.

Les stigmates du VIH/SIDA n'encouragent pas les malades à révéler leur séropositivité. L'incidence de l'infection par le VIH/SIDA serait de 7% chez les adultes, ce qui est bien inférieur au sommet du milieu des années 90, époque où elle aurait atteint les 23%.

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?Droit à l’éducation

Le programme d'éducation primaire universelle et gratuite de l'Etat a débuté en 2003. Les données du Ministère de l'Education montrent une augmentation des inscriptions dans l'enseignement primaire de 6,1 millions à 7,2 millions, soit environ 78% du groupe des élèves du primaire. Cette politique a entraîné un surpeuplement des salles de classes, une pénurie d'enseignants et l'insuffisance du budget. Moins de la moitié des enfants ayant terminé l'enseignement primaire fréquentent les établissements secondaires.

Le fossé entre les garçons et les filles en matière d'éducation est très important. Le nombre de garçons dépasse considérablement le nombre de filles dans l'enseignement supérieur. 8 000 à 13 000 filles abandonneraient l'école chaque année pour cause de grossesse. Les femmes représentent 70% de la population analphabète du pays.

Les châtiments corporels envers les élèves ont été interdits mais des rapports affirment qu'ils sont encore appliqués. Des enseignants ont été arrêtés pour avoir fouetté des élèves. Les journaux contiennent des rapports dénonçant des mauvais traitements ou des viols d'enfants perpétrés par des enseignants, des policiers, des membres du clergé ou d'autres.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 10% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 29%. Parmi les 70 058 enseignants qui travaillent à ce niveau, 87% sont des femmes et 70% sont formés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/23.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire de 6 à 13 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. 48% des élèves sont des filles. Le TNS est de 76%. Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 73% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. 6% des élèves doublent une année ou plus. 149 893 enseignants (44% de femmes) travaillent à ce niveau et 99% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/40.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. 2% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS dans l'enseignement secondaire est de 40%. L'enseignement secondaire totalise 76 709 enseignants, dont 28 293 dans le secondaire inférieur (44% de femmes) et 48 416 dans le secondaire supérieur (34% de femmes). Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/52 et de 1/20 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

108 407 étudiants (37% de femmes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 3%. 14 123 étudiants kenyans étudient à l'étranger, principalement aux Etats-Unis (7 381), au Royaume-Uni (3 083), en Australie (1 115), en Inde (521) et au Canada (341).

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?Enfants à besoins spéciaux

La loi sur les personnes handicapées interdit la discrimination à l'éducation et à l'accès aux autres services gouvernementaux ; on constate des progrès dans la mise en uvre de la loi. Le gouvernement a adopté une approche inclusive dans sa politique nationale et a affirmé qu'il accorderait plus de priorités à l'éducation des enfants handicapés. Des efforts ont été déployés pour résoudre les problèmes de manque de personnel et de surpeuplement des centres de détention pour jeunes. Des rapports affirment que l'emploi des châtiments corporels envers les jeunes détenus a diminué.

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?Enfants réfugiés

La loi ne prévoit pas l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 mais le gouvernement travaille de manière étroite avec le HCNUR pour offrir une protection aux réfugiés. Une protection temporaire est offerte à 200 000 réfugiés.

Des programmes éducatifs et d'autres services de base sont proposés aux réfugiés dans les camps. Ceux qui ont le niveau académique requis ont la permission de fréquenter les établissements d'enseignement supérieur. Un nombre indéterminé de réfugiés vit à l'extérieur des camps dans les villes et les zones rurales. Les Somaliens et les Soudanais représentent les groupes de réfugiés les plus importants.

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?Minorités et peuples autochtones

Plus de 40 groupes ethniques sont reconnus au Kenya. Des accusations de discrimination et de violence sont rapportées parmi différents groupes. Les périphéries urbaines sont souvent partagées en ethnies. Tous les enfants ont droit à l'éducation et peuvent aller à l'école. Malgré la suppression des frais d'inscription dans l'enseignement primaire, le financement de l'éducation reste problématique pour les familles car la scolarisation des enfants implique d'autres frais importants.

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?Liberté académique

On observe une diminution des rapports dénonçant des restrictions à la liberté académique. Les conférenciers étrangers ont la possibilité de donner des cours publics. Après 22 ans d'exil volontaire, l'écrivain Ngugi wa Thiong'o est revenu au Kenya et a donné des conférences dans des universités à travers le pays. Le syndicat du personnel académique, qui avait été interdit, a été réintégré et a pris part à des négociations salariales. Cependant, des uvres comme Citations du Président Mao Tse-Toung et Les Versets sataniques de Salman Rushdie restent interdites. L'accès à Internet n'est pas limité.

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?Egalités des sexes

Les hommes et les femmes sont égaux devant la loi et la discrimination sexuelle est interdite, cependant seuls les hommes peuvent transmettre la citoyenneté à leurs épouses et à leurs enfants. Les enfants des deux sexes sont égaux en matière de droit de succession mais les veuves, contrairement aux veufs, perdent leur héritage si elles se remarient. Le droit coutumier de certains groupes ethniques n'autorise pas les femmes à posséder des terres. Les veuves sont comprises dans l'héritage des membres de la famille, ce qui augmente le risque de propagation des maladies sexuellement transmissibles, y compris du VIH/SIDA, qui ont pu causer la mort du mari.

5% de la main-d'uvre agricole est composée de femmes et les petites entreprises sont souvent gérées par des femmes. Le revenu mensuel moyen des femmes représente deux tiers de celui des hommes. Les femmes connaissent un avancement plus lent et sont plus susceptibles d'être licenciées.

Toutes les formes de violence envers les femmes sont illégales mais les violences domestiques sont répandues. Les mutilations génitales féminines sont interdites sur les filles de moins de 18 ans mais sont fréquentes dans les zones rurales.

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?Travail des enfants

Les enfants de moins de 16 ans sont protégés contre le travail, sauf dans le secteur agricole ou dans le cadre des contrats d'apprentissage. La confédération syndicale, la COTU, et l'OIT ont développé un programme afin d'aider à éliminer les pires formes du travail des enfants. Bien qu'un million d'enfants travailleurs soient retournés à l'école dans le cadre du Programme d'éducation primaire universelle et gratuite, le pays compte encore plus d'un million d'enfants travailleurs.

Des abus envers les enfants domestiques sont dénoncés. Les enfants sont employés dans des plantations de thé, café, sucre et riz qui appartiennent à leur famille. Le déclin des conditions économiques et les effets de la pandémie du VIH/SIDA ont entraîné une augmentation du travail des enfants dans un secteur informel difficile à surveiller et contrôler. Des enfants mineurs sont employés dans l'industrie du sexe. L'OIT affirme qu'environ 30 000 filles de moins de 19 ans travaillent dans la prostitution.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs, sauf les fonctionnaires de police, ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Dans le secteur formel, 42 syndicats représentent 600 000 travailleurs. La Central Organisation of Trade Unions (COTU) est la confédération la plus importante. La Kenya National Union of Teachers, qui totalise 240 000 membres, n'est pas affiliée à cette confédération.

Des discriminations antisyndicales sont dénoncées dans les zones franches d'exportation de Mombasa. La négociation collective est pratiquée pour fixer les salaires et les conditions de travail. Les employeurs industriels qui éprouvent des difficultés financières ont le droit de renvoyer des travailleurs sans se soucier des dispositions prévues dans les clauses des conventions collectives. Les travailleurs jouissent du droit de grève, à l'exception des services de l'armée, de la police, des gardiens de prison et du service national de la jeunesse. Le travail forcé ou obligatoire est interdit par la loi mais existe néanmoins.

Le salaire minimum mensuel est d'environ US$ 50 (3 908 kshillings) dans les zones urbaines et de US$ 42 (3 252 kshillings) dans les zones rurales. Le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les travailleurs protégés par les conventions collectives reçoivent de meilleurs salaires et de meilleurs avantages. La loi limite la semaine de travail normale à 52 heures.

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Nom du pays/territoire République du Kenya
Population 34707817 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1964)
OIT 98 (1964)
OIT 100 (2001)
OIT 105 (1964)
OIT 111 (2001)
OIT 138 (1979)
OIT 182 (2001)
Comparaison de pays
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