Le Kosovo est administré par la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK). La MINUK est responsable des règlements et ratifie les lois adoptées par l'Assemblée du Kosovo. Les institutions provisoires du gouvernement autonome sont établies dans le Cadre constitutionnel pour l'administration autonome provisoire du Kosovo. Des élections au suffrage universel ont été organisées pour l'Assemblée du Kosovo en 2004. Les observateurs ont estimé les élections multipartites comme étant généralement libres et équitables. Les élections se tiennent tous les 3 ans. L'Assemblée élit le président et le Premier ministre. L'Assemblée de 120 sièges compte 100 membres élus à la représentation proportionnelle et 20 membres élus pour représenter les minorités nationales. Il existe de nombreux partis politiques et par conséquent aucun parti n'a emporté le pouvoir sans former de coalition. La LDK (Ligue démocratique du Kosovo) et l'AAK (Alliance pour l'avenir du Kosovo) forment actuellement la coalition au pouvoir.
Le Premier ministre a démissionné lorsque le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie l'a poursuivi pour crimes de guerre. Après le décès du président, le Premier ministre titulaire a été remplacé. Le Premier ministre actuel a été reconnu pour sa proximité avec les minorités bien que la Serbie prétende qu'il n'agit pas suffisamment en faveur des Serbes du Kosovo. Le Ministre pour les Communautés et les Retours est le seul ministre serbe du gouvernement. L'Assemblée compte 36 femmes, dont 34 ont créé un caucus informel des femmes avec un conseil multiethnique. Les femmes représentent un tiers des candidatures sur les listes des partis politiques. Dans la pratique, 21 sièges de l'Assemblée sont assignés aux minorités ethniques, 10 à l'ethnie serbe et 11 (y compris 1 siège élu de façon proportionnelle) représentent les ethnies turque, bosniaque, gorani, rom, ashkali et égyptienne. Toutefois, l'ethnie serbe boycotte l'Assemblée et ses membres n'ont pas pris leurs postes au Conseil des Ministres.
Une force de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU et de l'OTAN (KFOR) assure la sécurité. Des disparitions politiquement motivées sont signalées. Un groupe de travail poursuit ses recherches en ce qui concerne 2 464 personnes disparues depuis le conflit de 1999, appartenant pour la plupart mais non exclusivement à l'ethnie albanaise. Les rapports faisant état de violences politiquement motivées à l'égard de l'ethnie serbe ont diminué mais les conditions restent difficiles dans les enclaves. Un dirigeant du syndicat de d'enseignants SBASHK a reçu des menaces de mort pour avoir été en contact avec le syndicat d'enseignants de l'ethnie serbe, le SOK. Une lettre collée à son domicile l'a enjoint de cesser tout contact avec ses collègues serbes ; après avoir passé quelque temps en exil, il est maintenant de retour au Kosovo. L'Internationale de l'Education et ses organisations membres ont soutenu le travail du SBASHK et du SOK dans cette région. Le Groupe de crise internationale a qualifié la corruption de problème au sein des forces de sécurité, en particulier dans la police des frontières.
La discrimination fondée sur la race, le sexe, l'origine ethnique, le handicap ou la langue est interdite mais des actes de violence et de discrimination sont signalés. Sur le plan légal, le pouvoir judiciaire est indépendant mais on l'accuse d'être partial et soumis aux influences. Le gouvernement serbe met en uvre un système judiciaire parallèle mais non autorisé dans les enclaves des ethnies serbes. Les tribunaux ont un arriéré de réclamations en matière de biens résidentiels, déposées essentiellement par des Serbes. Le public perçoit les institutions officielles comme corrompues.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties et respectées, bien que les discours haineux et les articles incitant à la violence ethnique soient interdits. Un code de la presse a été adopté afin d'assurer une autoréglementation des médias. L'accès à Internet n'est pas limité. Le trafic des personnes constitue un délit pénal mais des femmes et des enfants sont pourtant victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle et de travail servile ou forcé. Des implications officielles, au niveau international et local, sont citées. Le Kosovo est une plaque tournante du trafic d'être humains. L'Organisation internationale pour les migrations a signalé que 73% des Kosovars qui ont été victimes de trafic n'avaient terminé que leurs études primaires.
La liberté de circulation est prévue par la loi mais les tensions interethniques restreignent cette liberté et l'ethnie serbe continue de vivre dans des enclaves et de se déplacer avec difficulté. Des attaques de l'ethnie albanaise sur les églises et cimetières orthodoxes serbes ont entraîné d'importants dommages sur des sites religieux datant du XIVe siècle.
La discrimination fondée sur l'orientation sexuelle est illégale mais la législation n'est pas mise en application. Les attitudes traditionnelles engendrent des actes d'intimidation à l'encontre des homosexuels, qui ont été décrits dans la presse comme des pédophiles. On signale également une discrimination en matière d'emploi à l'encontre des homosexuels et le Parti de la justice inclut une condamnation de l'homosexualité dans sa plate-forme politique.
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