Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
English|Français|Español
Kosovo
République de Kosovo
Données sur le pays    
Pour en savoir plus sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation à travers le monde, sélectionnez un pays ou un territoire :
  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Kosovo Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009
2008
2007 0
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
Dernière mise-à-jour: le 20 juin 2007

Introduction

Le Kosovo est administré par la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK). La MINUK est responsable des règlements et ratifie les lois adoptées par l'Assemblée du Kosovo. Les institutions provisoires du gouvernement autonome sont établies dans le Cadre constitutionnel pour l'administration autonome provisoire du Kosovo. Des élections au suffrage universel ont été organisées pour l'Assemblée du Kosovo en 2004. Les observateurs ont estimé les élections multipartites comme étant généralement libres et équitables. Les élections se tiennent tous les 3 ans. L'Assemblée élit le président et le Premier ministre. L'Assemblée de 120 sièges compte 100 membres élus à la représentation proportionnelle et 20 membres élus pour représenter les minorités nationales. Il existe de nombreux partis politiques et par conséquent aucun parti n'a emporté le pouvoir sans former de coalition. La LDK (Ligue démocratique du Kosovo) et l'AAK (Alliance pour l'avenir du Kosovo) forment actuellement la coalition au pouvoir.

Le Premier ministre a démissionné lorsque le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie l'a poursuivi pour crimes de guerre. Après le décès du président, le Premier ministre titulaire a été remplacé. Le Premier ministre actuel a été reconnu pour sa proximité avec les minorités bien que la Serbie prétende qu'il n'agit pas suffisamment en faveur des Serbes du Kosovo. Le Ministre pour les Communautés et les Retours est le seul ministre serbe du gouvernement. L'Assemblée compte 36 femmes, dont 34 ont créé un caucus informel des femmes avec un conseil multiethnique. Les femmes représentent un tiers des candidatures sur les listes des partis politiques. Dans la pratique, 21 sièges de l'Assemblée sont assignés aux minorités ethniques, 10 à l'ethnie serbe et 11 (y compris 1 siège élu de façon proportionnelle) représentent les ethnies turque, bosniaque, gorani, rom, ashkali et égyptienne. Toutefois, l'ethnie serbe boycotte l'Assemblée et ses membres n'ont pas pris leurs postes au Conseil des Ministres.

Une force de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU et de l'OTAN (KFOR) assure la sécurité. Des disparitions politiquement motivées sont signalées. Un groupe de travail poursuit ses recherches en ce qui concerne 2 464 personnes disparues depuis le conflit de 1999, appartenant pour la plupart mais non exclusivement à l'ethnie albanaise. Les rapports faisant état de violences politiquement motivées à l'égard de l'ethnie serbe ont diminué mais les conditions restent difficiles dans les enclaves. Un dirigeant du syndicat de d'enseignants SBASHK a reçu des menaces de mort pour avoir été en contact avec le syndicat d'enseignants de l'ethnie serbe, le SOK. Une lettre collée à son domicile l'a enjoint de cesser tout contact avec ses collègues serbes ; après avoir passé quelque temps en exil, il est maintenant de retour au Kosovo. L'Internationale de l'Education et ses organisations membres ont soutenu le travail du SBASHK et du SOK dans cette région. Le Groupe de crise internationale a qualifié la corruption de problème au sein des forces de sécurité, en particulier dans la police des frontières.

La discrimination fondée sur la race, le sexe, l'origine ethnique, le handicap ou la langue est interdite mais des actes de violence et de discrimination sont signalés. Sur le plan légal, le pouvoir judiciaire est indépendant mais on l'accuse d'être partial et soumis aux influences. Le gouvernement serbe met en uvre un système judiciaire parallèle mais non autorisé dans les enclaves des ethnies serbes. Les tribunaux ont un arriéré de réclamations en matière de biens résidentiels, déposées essentiellement par des Serbes. Le public perçoit les institutions officielles comme corrompues.

La liberté d'expression et de la presse sont garanties et respectées, bien que les discours haineux et les articles incitant à la violence ethnique soient interdits. Un code de la presse a été adopté afin d'assurer une autoréglementation des médias. L'accès à Internet n'est pas limité. Le trafic des personnes constitue un délit pénal mais des femmes et des enfants sont pourtant victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle et de travail servile ou forcé. Des implications officielles, au niveau international et local, sont citées. Le Kosovo est une plaque tournante du trafic d'être humains. L'Organisation internationale pour les migrations a signalé que 73% des Kosovars qui ont été victimes de trafic n'avaient terminé que leurs études primaires.

La liberté de circulation est prévue par la loi mais les tensions interethniques restreignent cette liberté et l'ethnie serbe continue de vivre dans des enclaves et de se déplacer avec difficulté. Des attaques de l'ethnie albanaise sur les églises et cimetières orthodoxes serbes ont entraîné d'importants dommages sur des sites religieux datant du XIVe siècle.

La discrimination fondée sur l'orientation sexuelle est illégale mais la législation n'est pas mise en application. Les attitudes traditionnelles engendrent des actes d'intimidation à l'encontre des homosexuels, qui ont été décrits dans la presse comme des pédophiles. On signale également une discrimination en matière d'emploi à l'encontre des homosexuels et le Parti de la justice inclut une condamnation de l'homosexualité dans sa plate-forme politique.

  haut de page

?Droit à l’éducation

L'enseignement est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 15 ans. L'enseignement primaire est gratuit. Les enfants de certains groupes minoritaires ne fréquentent pas les écoles publiques pour des raisons de sécurité. Selon l'UNICEF, 97,5% des enfants de l'ethnie albanaise et 99% des enfants de l'ethnie serbe sont inscrits dans les écoles primaires ; selon les rapports, 77% des enfants appartenant aux autres minorités ethniques fréquentent l'école. Moins de 52% des enfants qui terminent leurs études primaires s'inscrivent dans des établissements secondaires. Le taux des filles appartenant à l'ethnie albanaise qui terminent leurs études secondaires est inférieur à celui des garçons appartenant à l'ethnie albanaise ou des filles appartenant à l'ethnie serbe. Les règlements exigent des conditions égales pour les élèves indépendamment de leur origine ethnique mais ce n'est pas toujours le cas dans la pratique. Un enseignement dans la langue maternelle aux niveaux primaire et secondaire est accessible pour certains élèves serbes, bosniaques et turcs. Généralement, les écoles disposent d'installations inadéquates et sont dépourvues de l'équipement de base.

Quelques écoles accueillent des élèves serbes et albanais qui suivent des programmes scolaires différents et des horaires en alternance. Les enfants roms, ashkalis et égyptiens sont scolarisés avec des enfants appartenant à l'ethnie albanaise et certains rapports font état d'intimidations. Les enfants roms sont désavantagés par leur pauvreté et travaillent à un âge précoce. Les enfants bosniaques ne sont souvent pas en mesure de recevoir un enseignement primaire dans leur langue. Des documents éducatifs visant à lutter contre le trafic ont été élaborés pour être utilisés dans les écoles primaires et secondaires car des enfants sont victimes de trafic.

Une enseignante a été suspendue pour avoir porté un voile en classe et le principal a avancé une loi qui veut que les institutions éducatives publiques soient "neutres en matière de religion." Le département de l'éducation de Pristina a ensuite renvoyé l'enseignante. Les autorités scolaires ont également renvoyé une élève pour avoir porté un voile. Le médiateur de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a recommandé de n'appliquer l'interdiction du port du voile qu'aux enseignants et responsables des écoles, non aux élèves.

  haut de page

?Enfants à besoins spéciaux

La discrimination à l'encontre des personnes handicapées est interdite dans l'enseignement et dans les autres services publics, mais constatée dans la pratique. On signale un manque d'expertise sur la question des droits des personnes handicapées ainsi qu'un taux élevé d'abandon des enfants. Les enfants handicapés sont souvent cachés, sans recevoir de soins adéquats dans les zones rurales. Les enfants handicapés abandonnés, âgés de 3 à 18 ans, vivent dans des résidences financées par le gouvernement. Certains fréquentent des écoles spécialisées. Les personnes qui présentent des handicaps mentaux sont maintenues dans l'isolement. Des rapports de violence physique, d'agression sexuelle, de négligence et de détention arbitraire par le personnel et les patients émanent des infrastructures de soins de santé mentale.

  haut de page

?Enfants réfugiés

La loi ne prévoit pas l'octroi de l'asile ou du statut de réfugié conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. Le HCNUR rapporte que quelque 225 487 personnes sont déplacées en Serbie-Monténégro depuis le conflit de 1999 et que 1 364 personnes sur les 4 100 qui ont été chassées de chez elles lors des émeutes de 2004 à Mitrovica et Pristina sont toujours déplacées. L'incertitude sur l'avenir du Kosovo, le manque de travail, les préoccupations en matière de sécurité et les litiges en matière de propriété découragent bon nombre d'entre elles. 2 048 membres de minorités sont retournés au Kosovo, 35% d'entre eux appartenant à l'ethnie serbe.

L'identité religieuse et l'appartenance ethnique sont étroitement imbriquées. L'Eglise orthodoxe serbe influence les points de vue culturels, historiques, politiques et religieux. La violence et les délits envers les biens constituent un problème. La propriété privée appartenant à l'ethnie serbe est une cible pour des incendies volontaires de la part de l'ethnie albanaise ; certains cas de violence à l'égard des Serbes sont considérés comme des tentatives pour les contraindre à vendre leurs biens.

  haut de page

?Minorités et peuples autochtones

La discrimination se poursuit à l'encontre de l'ethnie serbe dans les services de l'éducation et de la santé. Les opportunités d'emploi pour les minorités sont faibles et concernent généralement des postes subalternes. Les minorités occupent 11% des postes gouvernementaux, en dépit d'un objectif fixé à plus de 16%. Les Albanais du Kosovo ont détruit leurs maisons et ils sont contraints de vivre dans des camps pour personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.

Les Roms vivent dans une pauvreté abjecte sans accès aux services d'hygiène, aux soins médicaux et à l'enseignement et sont soumis à une discrimination sociale et économique. Les responsables bosniaques se plaignent de la discrimination et du manque d'opportunités économiques. Les autorités ont entrepris un processus de décentralisation dans les zones mono-ethniques. Le processus a été retardé car les parties de l'opposition s'opposent au programme de travail ; les Serbes ont abandonné les discussions en raison de l'absence de consensus sur les frontières pour 2 projets pilotes.

  haut de page

?Liberté académique

Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique. La majorité des universitaires serbes ont quitté le Kosovo et sont en exil.

  haut de page

?Egalités des sexes

Le Premier ministre a créé un bureau pour l'égalité des sexes. La question de la discrimination à l'encontre des femmes a été introduite dans le programme sur les droits de l'homme de l'Université de Pristina. Le harcèlement sexuel est un problème fréquent et n'est pas illégal. Les femmes disposent des mêmes droits légaux que les hommes mais pas du même statut social. Les femmes et les hommes ont les mêmes droits d'hériter des biens mais, traditionnellement, la propriété familiale est transmise uniquement aux hommes. Peu de femmes obtiennent des postes de direction de premier plan. On trouve de plus en plus de femmes dans la main-d'uvre salariée mais, selon les rapports, le chômage des femmes avoisine les 70%, soit un taux beaucoup plus élevé que le taux de chômage pour l'ensemble de la population, lequel atteint seulement 40%. Dans les zones rurales, les femmes ont peu de possibilités de prendre des décisions impliquant leurs enfants ou d'exercer un contrôle sur les biens. Les veuves albanaises des zones rurales peuvent perdre la garde de leurs enfants en raison d'une coutume qui transfère les enfants et les biens à la famille du père défunt tandis que la veuve est supposée retourner dans sa famille d'origine.

La violence conjugale représente un sérieux problème. La violence est rarement dénoncée car les préjugés culturels dissuadent les familles de porter plainte. Le trafic des femmes à des fins d'exploitation sexuelle constitue un grave problème.

  haut de page

?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 16 ans. En dessous de 18 ans, le travail ne peut nuire à la santé, la sécurité ou la morale d'un adolescent. Les enfants peuvent travailler à l'âge de 15 ans si le travail n'est pas dangereux ou préjudiciable à leur fréquentation scolaire. La loi prévoit l'interdiction du travail forcé ou obligatoire mais des enfants sont victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle et certains sont forcés de mendier. De jeunes enfants travaillent afin de contribuer aux travaux des exploitations agricoles familiales de petite taille. Dans les centres urbains, des enfants travaillent dans le secteur informel. Le nombre d'enfants qui travaillent comme vendeurs dans les rues est en augmentation.

  haut de page

?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhérer. L'Association of Independent Trade Unions of Kosovo (BSPK) déclare compter plus de 120 000 membres bien que seuls 50 000 possèdent un emploi. Le BSPK avance que les droits des travailleurs sont violés. La négociation collective est autorisée mais se produit rarement. Le syndicat d'enseignants, SBASHK, a négocié les salaires et conditions de travail avec le Ministère de l'Education. La MINUK ne reconnaît pas le droit de grève mais des grèves ont quand même lieu.

Le travail forcé ou obligatoire est interdit, cependant des rapports indiquent que de telles pratiques se produisent. Les règlements autorisent un salaire minimum mais aucun n'a été fixé. Le salaire mensuel moyen d'un travailleur à temps plein de la fonction publique s'élève à US$181 (151 euros) ; le salaire moyen pour le secteur privé est de US$250 (208 euros) ; ni l'un ni l'autre ne permettent d'assurer un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Une semaine de travail de 40 heures constitue la norme.

  haut de page

Footnotes

Aucune information statistique distincte sur l'éducation n'est fournie pour le Kosovo car, en dépit de son gouvernement distinct, il demeure une partie de la République de Serbie.

  haut de page
Nom du pays/territoire République de Kosovo
Population 2200000 (2005)
Conventions ratifiées
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

Dernières nouvelles:

Derniers articles:

Derniers événements:

Projets de l'IE en place dans ce pays/térritoire:

Formation au leadership démocratique

Formation syndicale