| Dernière mise-à-jour: le 19 juin 2007 |
Introduction |
La République démocratique populaire du Laos est un Etat monopartite, dirigé par le Parti révolutionnaire populaire du Laos. Le président est élu par l'Assemblée nationale pour un mandat de 5 ans en tant que chef d'Etat. Avec l'approbation de l'Assemblée nationale, le président nomme le Premier ministre et les 28 membres du Conseil des ministres pour des mandats de 5 ans. Le Premier ministre est à la tête de l'Assemblée nationale monocamérale, dont les 115 députés sont élus au vote uninominal à un tour. Des élections ont eu lieu en 2006, et le seul parti politique autorisé, le Parti révolutionnaire populaire du Laos, a obtenu 113 des 115 sièges tandis que les Indépendants ont remporté les 2 autres sièges. Les femmes ont obtenu 25 sièges. Des ministres du gouvernement et des députés sont issus de groupes ethniques minoritaires. Les élections sont organisées au suffrage universel adulte et au scrutin secret. Le président de la Cour suprême du peuple est élu par l'Assemblée nationale.
Tous les citoyens ont droit à un traitement égal en vertu de la loi, indépendamment du sexe, du statut social, de l'éducation, de la foi ou de l'ethnicité.
L'indépendance du système judiciaire est inscrite dans la loi mais le gouvernement et les officiels du parti influencent les tribunaux, bien que ce soit à un degré moindre que par le passé. La corruption de la police constitue un problème, et les fonctionnaires de police extorquent des pots de vin aux citoyens en toute impunité. Un système de surveillance permet au gouvernement de surveiller les communications privées, y compris les communications électroniques. Une milice informelle placée sous contrôle militaire opère dans les zones urbaines et rurales afin de maintenir l'ordre public et rend compte à la police.
On signale une perception publique de la corruption dans les systèmes exécutif et judiciaire du gouvernement. Les salaires de tous les employés du secteur public sont extrêmement faibles. L'Assemblée nationale a adopté une loi contre la corruption.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties, hormis les restrictions sur les commentaires politiques. Les critiques considérées préjudiciables pour la réputation du gouvernement sont interdites. Les émissions de la télévision et de la radio nationales sont étroitement contrôlées mais les émissions étrangères ne sont pas censurées. Tous les serveurs Internet nationaux sont contrôlés et l'accès à Internet est bloqué pour les sites pornographiques et les sites jugés critiques envers le gouvernement. L'accès à l'information et la liberté d'expression via Internet sont réglementés pour les citoyens. Tous les prestataires de services Internet soumettent des rapports et facilitent la surveillance exercée pour le gouvernement. Les cybercafés plutôt que les ordinateurs privés sont de plus en plus utilisés pour la correspondance privée.
Le trafic de personnes, en particulier de femmes et d'enfants, est un problème. Le Laos est un pays d'origine et de transit pour le trafic. L'émigration économique des personnes âgées de 15 à 30 ans a augmenté et les émigrants ne sont pas les plus défavorisés. Des femmes sont victimes de trafic vers la Chine afin d'y épouser des Chinois. Une unité de police de lutte contre le trafic a été créée.
Une tolérance croissante à l'égard de l'homosexualité est signalée, bien que la discrimination sociale se poursuive et soit également évidente dans les cas de VIH/SIDA. Le gouvernement a organisé des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir la compréhension à l'égard des personnes séropositives.
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Droit à l’éducation
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L'enseignement est gratuit et obligatoire pour les enfants jusqu'à l'âge de 10 ans. Les frais élevés pour les livres et les fournitures mettent l'éducation hors de portée de bon nombre. Une pénurie d'enseignants dans les zones rurales empêche également de nombreux enfants de fréquenter l'école. Les statistiques officielles montrent une baisse importante des inscriptions entre l'école primaire et l'école secondaire. Le taux de redoublement à l'école primaire est élevé. Selon les rapports, le taux d'alphabétisation des femmes est de 51%, alors que celui des hommes est de 70%.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Un programme d'une durée de 3 années débute à l'âge de 3 ans. 18% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 8%. L'EPE totalise 2 507 enseignants (99% de femmes). Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/17.
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Enseignement primaire
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L'école est obligatoire de 6 à 10 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 5 années. A ce niveau, 2% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 87% (46% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 63% terminent la dernière année de l'enseignement primaire. 20% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement primaire compte 28 150 enseignants (45% de femmes), dont 97% sont formés. Le REE est de 1/31.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à l'âge de 11 ans et s'étale sur 6 ans. A ce niveau, 1% de l'enseignement est privé. Dans l'enseignement secondaire supérieur, 4% des étudiants suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 37%. 2% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 14 257 enseignants dont 8 950 (42% de femmes) dans le secondaire inférieur et 5 307 (42% de femmes) dans le secondaire supérieur ; 97% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/27 dans le secondaire inférieur et de 1/26 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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33 780 étudiants (dont 38% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 6%. A ce niveau, 22% de l'enseignement est privé. 1 463 étudiants laotiens étudient à l'étranger, essentiellement au Vietnam (700), au Japon (231), en France (168), en Australie (117) et aux Etats-Unis (65).
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Enfants à besoins spéciaux
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La protection légale contre la discrimination ne s'applique pas aux personnes handicapées pour lesquelles la seule protection offerte consiste en règlement dépourvus de la force de la loi. La pratique de l'infanticide des enfants nés avec des anomalies à la naissance est découragée mais a quand même lieu. Depuis 1993, le ministère laotien de l'Education a introduit une éducation intégrée pour les enfants handicapés dans 18 provinces. Près de 400 écoles participent à présent à la troisième phase de développement du programme.
Des projets pilotes se sont concentrés sur l'augmentation de la scolarisation, le maintien et la fréquentation des jardins d'enfants et des écoles primaires; sur l'offre d'une formation aux enseignants pour travailler avec des enfants présentant des besoins spéciaux et sur l'aide aux enfants présentant des handicaps graves afin qu'ils fréquentent le Centre national de réinsertion puis retournent ensuite dans leurs écoles. Les stratégies ont inclus l'amélioration de la qualité de l'enseignement et de l'environnement physique et social des salles de classe ainsi que le développement de liens avec les communautés. La scolarisation, le maintien et la fréquentation se sont améliorées parmi les enfants présentant des besoins spéciaux, et les redoublements ont diminué.
Un plan pour la construction d'une infrastructure au service des jeunes détenus s'est heurté à une opposition au motif que les jeunes placés en détention pour des délits liés à la drogue ou de petits délits doivent bénéficier d'installations de traitement proches de leur domicile.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit le droit d'asile et la protection des apatrides mais le pays n'est pas un signataire de la Convention de 1951 des Nations unies relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. Le gouvernement a refusé une demande du HCNUR visant à établir un bureau pour surveiller la réintégration des réfugiés qui sont repartis dans le cadre d'un programme de réimplantation.
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Minorités et peuples autochtones
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Les minorités bénéficient d'une protection juridique contre la discrimination, mais une discrimination sociale persiste. Le gouvernement déclare encourager la préservation des cultures et traditions des minorités mais l'inaccessibilité de certains lieux éloignés ne leur donne que peu de poids dans la prise de décisions qui affectent leurs terres et l'allocation des ressources naturelles. Le gouvernement continue de relocaliser des agriculteurs des hautes terres issus de minorité ethniques vers les vallées dans sa tentative de mettre un terme à la production d'opium. Les agriculteurs ainsi déplacés travaillent dans la riziculture et vivent dans de grandes communautés qui ignorent les structures communautaires traditionnelles.
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Liberté académique
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La liberté académique est prévue par la loi mais limitée dans la pratique, bien que les restrictions aient été adoucies dans certains domaines. Le programme d'étude est sévèrement contrôlé afin de veiller à ce que les études ne susciteront pas de questions sur le système politique. Les universités privées bénéficient d'une certaine latitude pour accorder davantage de liberté aux enseignants dans leurs cours. Certains universitaires qui réalisent des recherches sont confrontés à des restrictions en matière de déplacement et d'accès aux informations. Le gouvernement décide des universitaires employés par l'Etat qui obtiendront des bourses d'étude.
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Egalités des sexes
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L'égalité des droits pour les femmes est prévue par la législation. La discrimination est illégale en ce qui concerne les droits dans le mariage et les droits à l'héritage. La culture traditionnelle établit une discrimination à l'encontre des femmes, mais ceci se produit surtout parmi certaines tribus des collines. Les femmes occupent des postes à responsabilités dans la fonction publique et dans les entreprises des grandes villes. Leur capacité de gain est souvent supérieure à celle des hommes.
La violence à l'égard des femmes est à présent illégale. La violence domestique ne semble pas largement répandue. Le harcèlement sexuel est rarement signalé.
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Travail des enfants
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L'âge légal pour exercer un emploi est de 15 ans. Au sein des familles, les enfants peuvent effectuer un travail qui ne soit ni dangereux ni difficile mais, dans les entreprises industrielles, le travail des enfants est rare. Selon certains rapports, un petit nombre de filles mineures travaillent dans des fabriques de vêtement. La mise en application des lois sur le travail des enfants est inefficace en raison du manque d'inspecteurs.
Un grande nombre d'enfants sont signalés comme étant victimes de trafic du Laos vers la Thaïlande pour y travailler comme prostitués, domestiques, travailleurs en usine ou passeurs de drogue. Des ONG fournissent des fonds afin de créer un abri pour héberger les victimes de trafic revenant de Thaïlande. Les fonds serviront également à proposer des conseils et une formation professionnelle aux jeunes femmes de retour au Laos. La majorité des jeunes qui vont travailler en Thaïlande le font parce qu'ils ne peuvent trouver de travail au Laos.
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Droits syndicaux
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La Fédération des syndicats laotiens (FLTU) est liée au parti au pouvoir. La plupart des 99 000 membres de la FLTU travaillent dans le secteur public. A mesure que les entreprises d'Etat sont privatisées, l'équilibre entre les salariés du secteur public et ceux du secteur privé se modifie. Les exploitants dans l'agriculture de subsistance représentent, selon les estimations, 85% de la main-d'uvre. La négociation collective n'est pas autorisée, et le gouvernement fixe salaires et conditions de travail pour les fonctionnaires, tout comme le fait la direction dans le secteur privé. Les grèves ne sont pas interdites par la loi mais une interdiction portant sur les « manifestations déstabilisantes » rend les grèves improbables.
Le travail forcé est interdit, sauf en cas de guerre ou de catastrophe nationale. Le salaire minimum de US$ 0,40 (4 000 kip) ne permet pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les fonctionnaires sont mal payés. La semaine de travail est limitée à 48 heures.
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