| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
Le royaume du Lesotho est une monarchie constitutionnelle dont le corps exécutif est dirigé par un Premier ministre et un gouvernement chargés de l'autorité exécutive. Le Roi a un rôle cérémoniel. Le Congrès du Lesotho pour la démocratie (LCD) a obtenu 79 sièges sur les 80 attribués par suffrage direct à l'Assemblée nationale à l'occasion d'élections au suffrage universel qui ont été jugées libres et justes. Neuf partis de l'opposition ont acquis une représentation à travers 40 sièges élus à la proportionnelle. Le Sénat est composé de 22 chefs dont le pouvoir est héréditaire et de 11 membres nommés par le roi sur recommandation du Premier ministre.
Les femmes possèdent 14 sièges à l'Assemblée nationale et 12 sièges au Sénat qui en totalise 33. 4 femmes sont ministres du gouvernement. Aucun membre issu de minorités ne fait partie du gouvernement, de l'Assemblée ou du Sénat. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi et dans la pratique. Les femmes et les hommes sont égaux devant les tribunaux civils mais certains droits et privilèges sont accordés aux hommes devant les tribunaux traditionnels. Un plaignant de sexe masculin peut faire juger sa demande par un chef coutumier plutôt que par un tribunal civil, un choix qui défavorise les plaignantes.
La discrimination basée sur la race, la couleur de peau, le sexe, la langue, l'opinion, l'origine nationale ou sociale, le lieu de naissance ou un autre statut est interdite, et le gouvernement tente de faire appliquer la loi.
Les fonctionnaires de police sont accusés de faire usage d'une force abusive.
Le royaume a un taux de chômage de 45%, 49% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté. L'eau exportée vers l'Afrique du Sud est la principale source de revenus pour le royaume.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties dans la loi et dans la pratique. Les journaux indépendants critiquent le gouvernement. Les programmes télévisés d'Afrique du Sud et du reste du monde sont largement disponibles par satellite ainsi que les programmes de radio. Des ministres et des représentants du gouvernement ont intenté des poursuites pour diffamation envers des journalistes. Les services Internet ne sont pas restreints.
L'incidence du VIH/SIDA chez environ 30% de la population est un des facteurs d'une espérance de vie très courte. La traite des êtres humains n'est pas abordée dans les lois mais aucun rapport ne dénonce des problèmes de trafic.
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Droit à l’éducation
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Des membres du parlement ont critiqué la loi relative à la protection de l'enfant en la qualifiant d'inappropriée et le parlement a commencé à examiner une nouvelle loi. L'enseignement primaire est gratuit mais n'est pas obligatoire. Des plans visant à rendre l'éducation obligatoire d'ici l'année scolaire 2007 ont été annoncés. La fréquentation scolaire est faible dans les zones rurales, où les écoles sont rares. L'agriculture de subsistance joue un rôle important dans l'économie mais, pour cela, de nombreux enfants travaillent plutôt que d'aller à l'école. Pour certaines familles, le travail agricole est la seule solution pour pouvoir assumer financièrement les frais d'uniformes, de manuels et de fournitures scolaires.
Les garçons sont plus susceptibles de ne pas fréquenter l'école que les filles. Dans la société rurale des Basotho, l'élevage du bétail par les jeunes garçons perturbe la fréquentation scolaire. La propagation du VIH/SIDA a entraîné une augmentation du nombre d'enfants des rues abandonnés. De jeunes orphelines se rendent dans les villes pour travailler comme prostituées. La prostitution des jeunes de moins de 18 ans est rapportée comme un problème croissant.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, la totalité de l'EPE relève du secteur privé. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 31%. Parmi les 2 023 enseignants qui travaillent à ce niveau, 99% sont des femmes. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/20.
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Enseignement primaire
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L'éducation n'est pas obligatoire mais est gratuite de 6 à 15 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 86% (50% de filles). Parmi les élèves qui débutent l'école primaire, 57% continuent jusqu'en dernière année. 18% des élèves doublent une année ou plus. 9 971 enseignants (36% de femmes) travaillent au niveau primaire, et 67% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/44.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 5 ans plus tard. 1% des étudiants suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 23% (18% des garçons et 28% des filles). 9% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 3 546 enseignants parmi lesquels 2 329 travaillent dans le secondaire inférieur (56% de femmes) et 1 217 dans le secondaire supérieur (52% de femmes). 85% des enseignants du secondaire sont formés. Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/27 et de 1/18 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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6 108 étudiants (61% de femmes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. Le TBS est de 3%. 4 527 étudiants étudient à l'étranger, principalement en Afrique du Sud (4 366), au Royaume-Uni (42), aux Etats-Unis (39) et en Australie (15).
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Enfants à besoins spéciaux
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Save the Children Fund est considérée comme la première agence consacrée au handicap au Lesotho ; elle gère des foyers pour garçons atteint de la polio scolarisés dans des écoles ordinaires et pour garçons malvoyants qui fréquentent un centre de ressources pour personnes aveugles. Suite à des négociations politiques sur l'éducation inclusive, Save the Children a été choisie pour coordonner un programme national avec le Ministère de l'Education. Les discriminations sociales envers les personnes handicapées restent fréquentes.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la définition de la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés et a désigné un Commissaire pour les réfugiés. Au temps de l'apartheid, le Lesotho a accueilli de nombreux réfugiés. Aujourd'hui, le pays héberge 100 réfugiés du Congo. Le HCNUR observe que les réfugiés sont bien intégrés dans la société locale, vivent et travaillent aux côtés de leurs hôtes Basotho. Les enfants réfugiés sont scolarisés.
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Minorités et peuples autochtones
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Le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) a observé que bien que le Lesotho ait affirmé n'avoir aucun problème de discrimination raciale, le pays a été contraint de mettre en application une législation, des politiques et des programmes efficaces afin de combattre et réparer les discriminations raciales. Des tensions économiques et raciales entre le milieu d'affaires chinois et les Basotho seraient un problème. On cite également certains cas de tensions raciales entre la minorité indienne et les Basotho.
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Liberté académique
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Le gouvernement possède et administre l'université et les rapports indiquent que le personnel académique est libre d'exprimer ses opinions.
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Egalités des sexes
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Le droit coutumier appliqué par les chefs limite les droits de propriété et de succession des femmes. En vertu du droit coutumier, une femme mariée est considérée comme une mineure tout au long de la vie de son mari et ne peut conclure un contrat d'embauche ou d'éducation sans le consentement de celui-ci. Le tribunal civil ne prend pas sa voix en compte. La tradition du prix de la fiancée est commune.
Les violences domestiques seraient fréquentes. Une femme peut retourner dans sa famille si elle est maltraitée par son mari. Peu de cas de violences domestiques sont poursuivis devant les tribunaux. Le harcèlement sexuel est interdit, cependant malgré des rapports le dénonçant comme fréquents, peu d'accusations sont déposées.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche dans les entreprises commerciales ou industrielles est fixé à 15 ans et à 18 ans pour les travaux dangereux. Des enfants de moins de 14 ans travaillent dans des entreprises familiales. Les lois relatives au travail des enfants s'appliquent à tous les secteurs sauf au secteur agricole.
Le travail des enfants représente un problème dans le secteur informel et, dans les zones urbaines, le nombre d'enfants des rues augmente. Des enfants de seulement 4 ans gardent les troupeaux et portent les paquets des personnes qui font leurs courses. Les filles travaillent comme domestiques et les filles comme les garçons travaillent comme vendeurs ambulants. Les conditions de travail des jeunes gardiens de troupeaux peuvent être dangereuses. De plus, garder les troupeaux est considéré comme un rite de passage et empêche de nombreux garçons de suivre un enseignement formel.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception des fonctionnaires et de la police. Les fonctionnaires peuvent fonder des associations. On considère que tous les fonctionnaires sont employés dans les services essentiels ; ils ne bénéficient pas du droit de grève.
Quatre fédérations syndicales sont reconnues : la Lesotho Federation of Democratic Unions, le Lesotho Congress of Democratic Unions et deux organisations toutes deux nommées le Lesotho Trade Union Congress. Les travailleurs syndiqués représentent 2% de la main-d'uvre. Environ 8% de la main-d'uvre masculine travaille dans les mines en Afrique du Sud, où les travailleurs sont affiliés à la South African National Union of Mineworkers (NUM). La négociation collective et le droit de grève sont permis pour les membres des syndicats. Le travail forcé ou obligatoire est interdit et les rapports indiquent que la loi est respectée.
Un salaire minimum national est fixé par un comité tripartite. Le salaire minimum mensuel pour les travailleurs non qualifiés est de $105 (684 maloti). Les salaires minimums des travailleurs dans les emplois peu qualifiés ne garantissent pas un niveau de vie décent pour le travailleur et sa famille.
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