| Dernière mise-à-jour: le 15 juin 2007 |
Introduction |
En 2005, des élections présidentielles et parlementaires ont été organisées et les observateurs les ont jugées généralement libres et justes. Lors de la première élection présidentielle au Libéria à l'issue de 14 ans de guerre civile, Ellen Johnson-Sirleaf a battu 21 autres candidats pour être élue Présidente, devenant la première chef d'Etat africaine élue. Les 64 membres de la Chambre des représentants et les 30 membres du Sénat ont également été élus, avec la participation de 30 partis politiques. Huit femmes sont membres de la Chambre des représentants et 5 du Sénat.
Les gouvernements locaux n'ont pas d'assiette fiscale et dépendent financièrement du gouvernement central. Les structures gouvernementales sont limitées en dehors de Monrovia. Les fonctionnaires attendent leur salaire des mois durant et les ONG fournissent des services de base. La corruption est endémique à travers l'administration ; la mauvaise gestion financière et le manque de responsabilité sont de sérieux problèmes. Pour soutenir la stabilisation des finances du gouvernement, les contrôleurs financiers internationaux exigent un droit de regard sur l'intégralité des transactions financières publiques effectuées dans les principaux ministères.
De hauts fonctionnaires ont été démis de leurs fonctions pour corruption. Après les élections, les législateurs sortants ont vidé les bâtiments de leur équipement et de leur mobilier. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi mais est soumis à des pressions de provenance diverse et serait corrompu.
La discrimination basée sur l'appartenance ethnique, la race, le sexe, la foi, le lieu de naissance ou l'opinion politique est interdite mais la législation n'est pas appliquée.
La justice traditionnelle est appliquée par les chefs de clan. Environ 15 000 casques bleus se trouvent au Libéria (UNMIL) et sont chargés d'assurer la sécurité avec 1 100 membres de la police internationale. La police nationale et les forces armées du Libéria suivent actuellement une formation complémentaire. Les rapports constatent des cas de violence populaire et d'auto-justice. Une Commission vérité et réconciliation a été instaurée pour enquêter sur les infractions et les crimes de guerre commis durant la guerre civile.
L'Etat est fortement centralisé et la pauvreté, le chômage et l'analphabétisme sont répandus.
La liberté d'expression et la liberté de la presse sont garanties et le nouveau gouvernement respecte ces droits. Le prix des journaux et un taux d'analphabétisme de 75% limitent la diffusion de la presse à la capitale et font de la radio le premier moyen de communication de masse. Des attaques contre les journalistes lors de rassemblements politiques ont eu lieu avant les élections. Les journalistes sont accusés d'accepter des pots-de-vin et de pratiquer le chantage.
Une loi contre le trafic a été adoptée mais son application est faible. Des êtres humains sont victimes de trafic à des fins de prostitution et d'exploitation. De jeunes enfants sont victimes de trafic, particulièrement des orphelins ou des enfants issus de familles extrêmement pauvres. Des rapports continuent de paraître sur l'enrôlement d'enfants soldats.
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Droit à l’éducation
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Le système éducatif fonctionne mal. Les conditions dans les écoles sont très mauvaises et de nombreux enfants scolarisés à Monrovia fréquentent des écoles privées. Les écoles privées ont également été endommagées et nécessitent des rénovations. L'enseignement est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans. Des frais de scolarité élevés rendent l'éducation inabordable pour des milliers d'enfants en âge d'être scolarisés. Les familles doivent fournir les uniformes, les manuels, les crayons, le papier et même les bureaux. L'UNICEF affirme que plus de la moitié des enfants en âge de scolarité ne fréquentent pas l'école.
Plus de 15 000 enfants soldats ont été désarmés et démobilisés et les efforts se poursuivent pour que ces enfants réintègrent leurs familles. D'anciens enfants soldats démobilisés ont bénéficié d'une assistance psychologique, de leçons de lecture et d'une aide pour rechercher des membres de leur famille. Le retour des enfants dans leurs communautés d'origine est ralenti par le manque d'écoles et d'autres services au sein de ces communautés.
Des milliers d'enfants vivent dans les rues. 40 orphelinats conventionnés et de nombreux orphelinats informels servent de points de transit ou de maisons à certains groupes. Peu de renseignements statistiques sont disponibles sur l'éducation.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 39% de l'EPE relève du secteur privé.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire de 6 à 15 ans. L'enseignement primaire commence à 6 ans et dure 6 ans.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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589 étudiants libériens étudient à l'étranger, principalement aux Etats-Unis (411), en Bulgarie (30), au Royaume-Uni (25), au Maroc (21) et en Arabie Saoudite (15).
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Enfants à besoins spéciaux
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La discrimination envers les personnes handicapées est illégale mais serait en réalité grave. La guerre civile a laissé de nombreuses personnes, y compris des enfants, avec des handicaps. Les rapports parlent d'infanticides ou d'abandons d'enfants handicapés. Peu de services éducatifs sont disponibles pour les enfants au Libéria et les installations sont en très mauvais état. La situation des enfants handicapés est très difficile et l'éducation est le privilège des enfants assez chanceux pour être inclus dans un programme d'une ONG ou de donateurs.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le HCNUR a aidé au rapatriement d'environ 35 000 réfugiés, tandis qu'environ 30 000 autres réfugiés sont rentrés au pays sans assistance. Les personnes déplacées dans leur propre pays (PDP) représentent un problème important ; 272 000 PDP sont retournées chez elles à l'issue de la guerre et 54 000 attendent encore de retourner chez elles. Très peu de programmes d'aide sont disponibles pour les personnes qui rentrent chez elles.
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Minorités et peuples autochtones
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Bien que la loi interdise la discrimination ethnique, elle prévoit également que « seuls les Noirs ou les descendants de Noirs » pourront être admis à la citoyenneté ou posséder des terres. Les résidents libanais et asiatiques qui ont vécu dans le pays toute leur vie se voient par conséquent refuser des droits sur base de leur race. Seize groupes ethniques autochtones vivent au Libéria, chaque groupe habitant une région et parlant sa propre langue primaire. Aucun groupe ethnique n'est majoritaire.
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Liberté académique
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Les rapports ne font pas état de violations de la liberté académique mais peu de possibilités d'enseignement de niveau supérieur sont disponibles.
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Egalités des sexes
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Les femmes ont beaucoup souffert pendant la guerre civile et des milliers demeurent déplacées sans moyens de faire vivre leur famille. Au cours de la guerre civile, lorsque les rebelles comme les forces gouvernementales gouvernaient par la force des armes, les femmes ont été brutalisées et victimes d'abus, de même que les enfants. L'incidence des mutilations génitales féminines, que l'on pensait abandonnées, a recommencé à augmenter avec le rétablissement des sociétés traditionnelles à travers le pays.
Aux yeux de la loi, une femme a le droit d'hériter de terres et de biens, de recevoir un salaire égal pour un travail de valeur égale et de posséder et de gérer une entreprise.
Les violences domestiques sont interdites par la loi mais elles sont répandues ; les tribunaux ne les considèrent pas comme un problème sérieux. Dans le cadre de la formation de la nouvelle force de police, 50 enquêteurs ont été nommés à la Section sur la protection des femmes et des enfants, qui s'occupe des crimes sexuels. La prostitution est illégale mais répandue.
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Travail des enfants
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La loi interdit aux enfants de moins de 16 ans de travailler pendant les heures d'école mais, en raison d'une application laxiste de cette législation, le travail des enfants est un sérieux problème. Dans les zones rurales, où il n'y a pas d'écoles, les enfants s'occupent de leurs petits frères et petites surs pour permettre à leurs parents de travailler dans l'agriculture de subsistance. Les enfants des villes aident leurs parents sur les marchés ou sont vendeurs de rue. Le travail des enfants serait présent dans les mines alluviales. Cependant, certaines des pires pratiques imposées pendant la guerre civile ont pris fin et des efforts de désarmement et de réhabilitation sont en cours.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception des fonctionnaires de police et des militaires. Les syndicats n'ont pas le droit de se livrer à des activités politiques partisanes. La main-d'uvre est largement analphabète et les activités de subsistance sont le principal moyen de survie pour la majorité de la population. L'affiliation syndicale est faible. Les travailleurs, à l'exception des fonctionnaires, ont droit à la négociation collective et à la grève, mais ces droits ne sont pas utilisés en raison d'un taux de chômage de 80%. Le travail forcé ou obligatoire est interdit par la loi mais existe néanmoins. Les fonctionnaires sont accusés de forcer les prisonniers à travailler pour eux.
Le salaire minimum est de US$ 0,20 (10 ld) par heure pour un travailleur non qualifié, tandis qu'un travailleur agricole est payé US$ 1,20 (60 ld) par journée de 8 heures. Aucun salaire minimum n'est fixé pour les travailleurs qualifiés. Le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les salaires des fonctionnaires sont versés à présent mais l'Etat leur doit encore des arriérés de salaires. Une semaine de travail de 48 heures en 6 jours de travail constitue la norme. La plupart des citoyens acceptent n'importe quel travail sans considération pour les salaires ou les conditions de travail.
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