Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Macedoine
Ancienne République yougosalve de Macédoine
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Macedoine Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 17021,00 24,84 23,00 112477 48,30 112477,00 88,88 86,55 16,40 199064 47,79 197900,00 83,00 12,96 65200 52,98 40,64
2008 16029,00 22,97 21,65 115082 48,42 115082,00 88,43 85,77 17,28 203853 47,58 202840,00 83,00 13,09 65504 53,23 40,38
2007 48,59 37106,00 38,47 100911 48,24 100911,00 92,77 86,50 18,28 208364 47,84 207056,00 84,00 13,72 58199 54,52 35,54
2006 34388,00 34,66 33,95 48,17 105045,00 93,93 88,02 19,13 48368 56,67 29,33
2005 33231 32,41 30,67 110149 48,30 110149,00 95,91 89,90 19,38 214005 48,02 212718,00 84,25 81,57 14,71 49364 56,70 29,80
2004 33091 48,25 32,14 30,08 113362 48,38 97,69 92,03 19,95 215760 48,02 0,50 84,07 15,13 46637 57,02 27,99
2003 33092 48,51 30,99 29,13 116635 48,44 97,57 90,90 20,23 98,19 98,44 218649 48,08 0,51 84,46 15,61 45624 56,16 0,43 27,37 3,37 16,42
2002 33245 48,42 30,07 28,08 121109 48,77 98,74 92,34 21,18 95,88 96,39 218834 47,99 0,45 83,92 81,12 16,06 44710 55,22 26,90 3,50 15,62
2001 34547 48,41 30,28 28,70 123661 48,50 98,75 92,24 21,59 97,53 98,55 222081 47,90 84,62 81,42 16,36 40246 55,81 24,35
2000 34879 48,55 29,76 27,63 126606 48,36 99,60 92,06 21,52 96,62 97,18 221961 47,84 84,06 80,90 16,05 36922 55,05 22,54
1999
Dernière mise-à-jour: le 20 juin 2007

Introduction

Dans cette république démocratique parlementaire, le pouvoir législatif est aux mains du parlement monocaméral (Sobranie). Le Président, le Premier ministre et les membres du parlement sont élus pour un mandat de 5 ans lors d'élections périodiques organisées au suffrage universel. Des irrégularités ont été constatées lors des élections de 2004 mais ces dernières ont néanmoins été considérées comme représentant la volonté des électeurs. Dans 20 municipalités, les élections ont été organisées à nouveau en raison des irrégularités. Une coalition multiethnique est au pouvoir. Un parti de l'opposition, d'ethnie albanaise, s'est retiré des élections, accusant le gouvernement de violations des règles électorales.

Le vote par procuration effectué par les membres masculins de la famille a privé certaines femmes musulmanes de leur droit de vote. 30% des candidats sur les listes de partis politiques doivent être des femmes. Il y a 24 femmes au parlement qui compte 120 sièges et 3 femmes au Conseil des ministres qui en compte 19. 6 représentants des minorités siègent au Conseil tandis que le parlement compte 26 représentants de la communauté albanaise, 3 Turcs, 2 Serbes, 2 Bosniaques, 1 Rom et 1 Valaque.

La loi garantit l'égalité des droits indépendamment du sexe, de la race, du handicap ou du statut social mais la discrimination à l'égard des Roms, en particulier, demeure un problème grave.

Le pouvoir judiciaire fait l'objet de pressions politiques et d'intimidations. La corruption au sein de la police et du système judiciaire est signalée comme préoccupante mais les incidents concernant les abus et la corruption diminuent et des mesures sont prises pour traiter le problème. Par exemple, une commission de lutte contre la corruption a recommandé d'entamer des actions pénales à l'encontre des juges lorsqu'elles sont étayées par des preuves. Le Conseil judiciaire a demandé au parlement de démettre 10 juges aux motifs d'un comportement non professionnel ou non éthique. Un ancien ministre de l'Intérieur a fui en Croatie afin d'échapper aux accusations portées contre lui mais a ensuite été extradé par la Croatie pour être présenté au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

Des hommes politiques de l'opposition accusent le ministère de l'Intérieur d'avoir recours aux écoutes clandestines à des fins politiques. L'équipe consultative de l'UE chargée des questions de police collabore avec les forces de police macédoniennes.

Des mesures ont été prises afin de renforcer la représentation des minorités dans les forces de police et 1 500 agents de police issus de minorités ethniques ont été nommés depuis 2000. Des patrouilles mixtes travaillent dans les zones d'ethnie albanaise.

Il n'y a pas d'accès, consacré par la loi, aux informations du gouvernement mais la liberté d'expression et de la presse sont garanties. Les médias sont divisés, selon les lignes ethniques, sur des questions controversées. Les journalistes tentent d'obtenir que la diffamation soit dépénalisée. L'accès à Internet n'est pas limité.

La Macédoine est un pays d'origine, de transit et de destination du trafic de personnes à des fins d'exploitation sexuelle, de travail forcé ou de servitude. Le gouvernement est partie à l'Initiative pour l'Europe du Sud-Est qui vise à lutter contre le trafic. Une loi sur la protection des témoins a été promulguée dans les affaires de trafic. La Commission internationale pour les personnes disparues a terminé son travail, 23 disparitions durant le conflit de 1999 restant non-élucidées.

L'archevêque orthodoxe serbe purge une peine de prison de 18 mois pour incitation à l'intolérance religieuse. Les demandes en souffrance en matière de propriété de la communauté juive contre la nationalisation yougoslave des biens religieux ont été réglées.

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?Droit à l’éducation

L'enseignement est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, mais certains enfants ne fréquentent pas l'école. L'enseignement primaire et secondaire est gratuit mais les coûts des livres et autres fournitures sont supportés par les familles. De nombreuses familles rurales de la communauté albanaise estiment que les filles doivent être retirées de l'école à l'âge de 14 ans. Près de la moitié des étudiants issus de minorités ethniques ne poursuivent pas leurs études au-delà de l'âge réglementaire, en raison d'un manque de cours dans les langues des minorités, selon les rapports.

Les dirigeants de la communauté rom signalent que jusqu'à 10% des enfants roms ne sont pas inscrits à l'école ; sur ceux qui la fréquentent, 50% abandonnent en 5ème année ou avant et seuls 40% terminent leur 8ème année. Le mauvais état physique des écoles et un manque de place dans les classes sont des doléances généralement émises. Le mariage des enfants est pratiqué chez les Roms et dans la communauté ethnique albanaise. Entre 500 et 1 000 enfants des rues, surtout des Roms, traînent en ville.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 4 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 29%. Sur les 2 935 enseignants de l'EPE, la quasi totalité (99%) sont des femmes. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/11.

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?Enseignement primaire

L'enseignement est obligatoire de 7 à 16 ans. L'enseignement primaire commence à 7 ans et dure 4 ans. Le TNS est de 91% (48% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 96% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. Il y a 5 766 enseignants pour le niveau primaire (69% de femmes). Le REE est de 1/20.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 11 ans et s'achève 8 ans plus tard. A ce niveau, 1% de l'enseignement est privé. 61% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 81%. 1% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 14 059 enseignants dont 8 182 (50% de femmes) dans le secondaire inférieur et 5 877 (55% de femmes) dans le secondaire supérieur. Le REE est de 1/15 dans le secondaire inférieur et de 1/16 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

45 624 étudiants (dont 56% de femmes) étudient dans l'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 27%. 5348 étudiants macédoniens étudient à l'étranger, essentiellement en Bulgarie (2690), en Allemagne (819), aux Etats-Unis (349), en Turquie (278) et en Albanie (177).

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?Enfants à besoins spéciaux

La discrimination fondée sur le handicap est interdite mais existe cependant dans l'enseignement et dans d'autres services publics. L'UNICEF et d'autres organisations mettent en uvre des projets pour contribuer à répondre aux besoins des enfants handicapés. La discrimination sociale à l'égard des personnes handicapées est signalée. Les enfants handicapés sont éduqués dans des écoles spécialisées, ce qui renforce leur marginalisation. Certains programmes pilotes ont débuté afin d'intégrer les élèves à besoins spéciaux dans les classes ordinaires mais l'intégration est rendue difficile par un manque de supports, une mauvaise infrastructure et un manque de formation et de soutien.

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?Enfants réfugiés

La loi prévoit que le statut de réfugié ou l'asile sera accordé aux personnes qui correspondront à la définition de la Convention des Nations Unies sur le statut des réfugiés de 1951 et de son Protocole de 1967 et le gouvernement a instauré un système pour assurer la protection des réfugiés. Le gouvernement coopère avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires pour aider les réfugiés. Si la majorité des Kosovars sont rentrés chez eux, de nombreux Roms du Kosovo sont restés sur place. Une discrimination est dénoncée à l'égard des réfugiés roms.

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?Minorités et peuples autochtones

Le recensement de 2002 établit la composition ethnique de la population comme étant à 64,2% de Macédoniens, 25,2% d'Albanais, 3,9% de Turcs, 2,7% de Roms, 1,8% de Serbes, 0,8% de Bosniaques et 0,5% de Valaques. La violence et les tensions interethniques se poursuivent et sont signalées dans certaines écoles mais les conflits dus à la discrimination sont en diminution selon les rapports. Les élèves issus de différents groupes ethniques fréquentent les écoles à tour de rôle si des installations distinctes ne sont pas disponibles.

Une enquête de 2005 indique que, pour la première fois depuis 7 ans, une majorité de la communauté albanaise et une majorité de la communauté macédonienne émettent des opinions favorables à l'égard de l'autre groupe ethnique. La lenteur des progrès pour parvenir à une représentation équitable dans les ministères engendre des dissensions. La communauté macédonienne perçoit les changements qui augmentent le nombre des autres groupes minoritaires sur le lieu de travail comme une discrimination à leur encontre.

Les langues des minorités ethniques sont reconnues comme langues officielles dans les régions où les minorités constituent au moins 20% de la population. L'enseignement primaire et secondaire peut être donné dans les langues des minorités ethniques et un enseignement est disponible en macédonien, albanais, turc et serbe. Le nombre d'élèves qui suivent un enseignement secondaire dans leur première langue est en augmentation ; La communauté albanaise accuse les autorités de ne pas répartir de manière proportionnelle les ressources destinées à l'éducation publique. Les minorités ethniques sont sous-représentées au niveau universitaire mais le nombre d'étudiants issus de minorités, à ce niveau, est en augmentation. L'université de Tetovo, où la langue de l'enseignement est l'albanais, a été accréditée.

La communauté turque se plaint d'une discrimination au sein des institutions gouvernementales et d'un manque d'enseignement et de médias dans sa langue. Les Roms se plaignent également d'une discrimination largement répandue. Ils ont le niveau d'enseignement le moins élevé, le taux de chômage le plus élevé et les revenus les plus faibles. Le chômage au sein de la population des Roms est supérieur à 70% ; il reste encore 2 169 réfugiés roms dans le pays depuis le conflit de 1999 au Kosovo. La communauté albanaise est particulièrement hostile à leur égard.

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?Liberté académique

Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique. Un enseignement universitaire est à présent disponible dans les langues macédonienne et albanaise.

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?Egalités des sexes

Plusieurs femmes occupent des postes de haut rang dans le gouvernement. Le principe d'un salaire égal pour un travail de valeur égale est obligatoire mais la discrimination salariale est fréquente. Des rapports mentionnent le renvoi des femmes en congé de maternité et une discrimination à l'égard des femmes enceintes. Les femmes provenant de certaines parties de la communauté albanaise ne bénéficient pas de l'égalité des chances en matière d'emploi et d'éducation du fait des restrictions traditionnelles et religieuses imposées sur leur scolarité.

La violence à l'égard des femmes constitue un problème et les murs culturelles découragent toute assistance extérieure. La police ne réagit pas toujours aux allégations de violence domestique. Le harcèlement sexuel des femmes sur le lieu de travail n'est pas abordé par la loi.

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?Travail des enfants

L'âge minimum pour exercer un emploi est de 15 ans. Les enfants âgés de moins de 18 ans ne peuvent travailler dans le cadre d'emplois jugés préjudiciables pour leur développement physique, psychologique ou moral, et ne peuvent travailler de nuit ou plus de 40 heures par semaine. La mise en application de la législation sur le travail des enfants est sporadique, en partie parce que le travail des enfants est largement accepté. Les enfants travaillent dans l'économie informelle et errent dans les villes en tant que vendeurs de rue. La plupart des enfants travailleurs sont des Roms.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhérer, mais le gouvernement intervient souvent dans l'activité syndicale. Environ 50% de la main-d'uvre légale est syndiquée, le secteur public enregistrant le taux le plus élevé.

La Confederation of Trade Unions of Macedonia (SSM) a des liens étroits avec le gouvernement. L'affiliation à la SSM n'est pas obligatoire et des syndicats se sont formés en dehors de la structure de la SSM. Un affilié de l'Internationale de l'Education, l'Union of Education, Science, and Culture (SONK), était la branche la plus importante de la SSM avant de couper les liens et de devenir indépendant. Suite à la notification officielle aux autorités et à la demande du SONK pour un enregistrement indépendant, des pressions ont été exercées afin d'annuler cette décision et des dirigeants politiques locaux ont fait pression sur les membres du syndicat afin qu'ils s'opposent à la décision de leur direction.

La SSM a créé une nouvelle organisation, baptisée SSM SONK, qui a été immédiatement reconnue par le gouvernement. Des officiels ont alors prétendu que le SONK devait prouver son affiliation car, ayant quitté la SSM, il s'agissait dès lors d'un nouveau syndicat. Le compte bancaire du SONK a été gelé et le nouveau SSM SONK s'est mis en devoir de prendre le contrôle des fonds.

Le gouvernement a rompu les négociations salariales avec le SONK. Une manifestation organisée par le SONK a eu lieu afin de protester contre l'absence de dialogue social et de négociation collective dans le secteur de l'éducation, et les négociations ont repris. Le SONK, avec le soutien de l'IE et de ses affiliés, a démontré son intention de veiller à ce que les droits du travail garantis en vertu des Conventions de l'OIT soient mis en uvre dans le secteur de l'éducation. Le syndicat s'est opposé à des ingérences de la SSM dans ses négociations. Des efforts visant à saper l'autorité du président élu du SONK ont suivi. SONK et plusieurs autres syndicats, anciennement membres de la SSM, ont à présent formé la Confederation of Free Unions. Finalement, lorsque la direction de l'IE et le président du SONK ont porté l'affaire devant le gouvernement macédonien et l'Union européenne, les négociations avec le SONK ont repris et abouti.

Tous les travailleurs sont couverts soit par une convention collective pour le secteur public, soit par la convention parallèle pour le secteur privé. Les conventions collectives n'ont pas suivi les changements sur le lieu de travail. Une nouvelle loi sur les relations du travail légalise les travailleurs à temps partiel et temporaires qui n'étaient pas reconnus par la précédente loi et protège le droit à la négociation collective et le droit de grève. Les employeurs peuvent « exclure » (écarter temporairement) jusqu'à 2% des travailleurs durant une grève et les réembaucher après la grève. Le travail forcé ou obligatoire est interdit par la loi mais existerait néanmoins.

Il n'y a pas de salaire minimum national. Les statistiques officielles estiment le salaire mensuel moyen à environ US$250 (12 464 dinars), ce qui ne permet pas d'assurer un niveau de vie décent à un travailleur et sa famille. Les statistiques officielles indiquent que 29,6% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une semaine de travail de 40 heures constitue la norme.

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Nom du pays/territoire Ancienne République yougosalve de Macédoine
Population 2050554 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1991)
OIT 87 (1991)
OIT 98 (1991)
OIT 100 (1991)
OIT 105 (2003)
OIT 111 (1991)
OIT 138 (1991)
OIT 182 (2002)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
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Année
   

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