| Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007 |
Introduction |
En 2001, le Président a été élu par un vote populaire direct pour un mandat de 5 ans, sur fond d'accusations de fraude. Il existe un corps législatif démocratique et bicaméral dont le Premier ministre est nommé par le Président. Les élections législatives en 2002 ont abouti à l'élection de 106 députés du parti Tiako-I-Madagasikara (J'aime Madagascar) et de ses partenaires de l'Alliance nationale sur un total de 160 ; parmi les nombreux partis politiques nationaux, 6 sont représentés à l'Assemblée nationale. L'élection a été jugée crédible, malgré quelques problèmes. Le Sénat compte 60 sénateurs élus et 30 sénateurs nommés.
Huit femmes sont membres de l'Assemblée nationale, ainsi que 6 députés musulmans, 1 hindou et 2 sino-malgaches. Les résidents indopakistanais ne sont pas représentés au sein du gouvernement car peu d'entre eux ont la citoyenneté malgache. Les dirigeants politiques et commerciaux possèdent une influence considérable, y compris sur le système judiciaire.
La discrimination est interdite sous toutes ces formes mais aucune disposition n'est prise pour que cette interdiction soit respectée.
Les forces de sécurité sont accusées de conduire des fouilles illégales aux domiciles et dans les bureaux des dirigeants de l'opposition.
L'opposition au gouvernement est rendue difficile par les principes directeurs nationaux connus comme Pensée unique, qui assimilent la dissidence à une attaque à l'encontre de l'harmonie sociale. Il y aurait 32 prisonniers politiques. Le dirigeant de l'opposition, un député de l'Assemblée nationale, est incarcéré dans le cadre de ce qu'on pense avoir été une condamnation à motif politique.
Des rapports dénoncent des mauvais traitements envers les prisonniers. Des membres des forces de sécurité ont été poursuivis pour corruption et des rapports font état d'efforts visant à freiner la corruption officielle, y compris à travers l'annonce d'une stratégie nationale anti-corruption.
Aucune loi ne garantit l'accès du public aux informations du gouvernement. La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. Afin de faire taire les critiques envers les représentants gouvernementaux, on menace ceux qui les profèrent d'emprisonnement, de poursuites pour diffamation ou de faire du mal à leurs familles, ce qui entraîne l'autocensure des journalistes. Les journalistes sont mal payés, gagnant seulement le salaire minimum. Etant donné le taux d'alphabétisation de seulement 30%, la radio est la principale source d'information de masse. L'accès à Internet n'est pas limité.
Le trafic des femmes et des filles à des fins de prostitution existe et les enfants des zones rurales sont victimes de trafic vers les centres urbains à des fins de prostitution. Le combat contre le travail et la traite des enfants est présenté comme un objectif clé du gouvernement. Certains membres de la minorité Karana se sont vus refuser la citoyenneté et sont apatrides.
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Droit à l’éducation
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Une éducation publique gratuite est disponible pour les citoyens jusqu'à l'âge de 14 ans. L'enseignement primaire est obligatoire et les statistiques gouvernementales montrent que le taux net de scolarisation pour 2004 est de 89%, cependant un rapport de la Banque mondiale de la même année établit que seulement 68% des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont scolarisés. Un important pourcentage des élèves ne terminent pas la période de scolarisation obligatoire. Dans le cadre du programme Education Pour Tous, le gouvernement a distribué des fournitures scolaires aux enfants des écoles primaires dans tout le pays.
Le pays n'a pas de système homogène d'enregistrement des naissances et les enfants qui n'ont pas été déclarés ne peuvent être scolarisés ni bénéficier de services de santé. L'UNICEF établit qu'environ 2,5 millions d'enfants de moins de 17 ans ne sont pas enregistrés. L'UNICEF a débuté un programme d'enregistrement. Les filles des zones urbaines restent scolarisées plus longtemps que celles des zones rurales, qui tendent à se marier jeunes.
La police a dispersé par la force des manifestations d'étudiants qui protestaient contre des propositions de réforme du système éducatif ; 18 étudiants ont été blessés et 16 ont été arrêtés. 8 étudiants de l'Université de Majunga ont été arrêtés lorsqu'ils se sont présentés au bâtiment administratif pour tenter d'obtenir le versement de leurs bourses. La police a lancé des grenades lacrymogènes dans une foule d'étudiants qui protestaient contre ces arrestations. Un groupe de 100 étudiants qui protestaient contre le non versement des bourses par l'Université de Tamatave ont également reçu des grenades lacrymogènes.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 93% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 10%. Parmi les 3 520 enseignants qui travaillent à ce niveau, 91% sont des femmes. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/48.
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Enseignement primaire
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L'éducation est obligatoire de 6 à 14 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 5 ans. 19% de l'enseignement primaire est privé. Le TNS est de 89% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 57% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 30% des élèves doublent une année ou plus. 64 270 enseignants (dont 60% de femmes) travaillent à ce niveau. Le REE est de 1/52.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 11 ans et s'achève 7 ans plus tard. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 25% dans le secondaire inférieur. 14% des élèves doublent une année ou plus.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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42 143 étudiants (47% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, soit un TBS de 3%. 3 995 étudiants étudient à l'étranger, principalement en France (3 487), aux Etats-Unis (109), en Allemagne (100), en Suisse (80) et au Canada (41).
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Enfants à besoins spéciaux
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La loi interdit les discriminations à l'égard des personnes handicapées physiquement et mentalement et 24 structures aident les personnes handicapées. Contrairement à ce qui était le cas voici quelques années, les étudiants handicapés peuvent à présent participer aux examens d'entrée des écoles et des universités. Les efforts visant à embaucher des personnes handicapées au sein de l'administration n'ont pas été productifs, le progrès étant entravé par des coupes budgétaires.
Depuis 2000, les ONG concentrent leur travail sur la reconnaissance des droits des enfants handicapés mentalement. Dix-sept centres d'éducation spéciale de jour sont ouverts. Bien que les gens aient été sceptiques quant à l'intégration d'enfants handicapés mentalement dans des salles de classes ordinaires, 8 écoles confessionnelles privées ont mis sur pied des classes de ce type. Le handicap est considéré comme une malédiction par les Malgaches (le groupe ethnique majoritaire), particulièrement dans les zones rurales.
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Enfants réfugiés
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La loi n'inclut pas de dispositions relatives au statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 mais le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés en coopération avec le HCNUR. Les représentants gouvernementaux ont observé qu'au vu du niveau de développement économique du pays, ce dernier ne pouvait accueillir un nombre illimité de réfugiés. Le pays accueille une petite population de réfugiés avec l'assistance financière du PNUD.
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Minorités et peuples autochtones
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Dix-huit tribus de Malgaches (d'origine métisse malayo-polynésienne, africaine et arabe) forment le groupe ethnique le plus important mais aucune de ces tribus n'est majoritaire. Des groupes ethniques indopakistanais, comoriens et chinois vivent dans le pays. L'appartenance ethnique, la caste et la solidarité régionale influencent l'embauche. Toutefois on ne dispose pas de données propres à chaque ethnie, il est donc difficile d'examiner les conditions de vie des différents groupes dans la société.
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Liberté académique
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Les rapports ne dénoncent pas de violations de la liberté académique mais les lois qui limitent la liberté d'expression concernent également les professeurs universitaires.
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Egalités des sexes
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On dénonce peu de discriminations sociales envers les femmes dans les zones urbaines ; de nombreuses femmes possèdent des entreprises et des postes de direction. Le harcèlement sexuel est illégal mais répandu. Avec une autorisation parentale, les filles peuvent se marier à l'âge de 14 ans et les garçons à 17 ans. Des mariages encore plus précoces peuvent être validés par les tribunaux avec le consentement parental ; ceci se produit en cas de grossesse.
Les violences domestiques sont interdites et la police intervient lorsque des abus sont dénoncés. La pratique du trafic de femmes a été signalée. Dans les zones rurales, les jeunes filles subissent des pressions pour se marier dès la fin de la puberté. Des mariages de mineurs ont lieu dans les villes mais ne sont pas fréquents.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 15 ans mais cette limite n'a pas empêché le travail des enfants. Les fermes familiales emploient environ 13% des enfants des zones urbaines et 36% des enfants des zones rurales âgés de 10 à 14 ans. Les enfants des zones rurales abandonnent l'école pour travailler dans les fermes familiales, tandis que les enfants des zones urbaines travaillent comme domestiques.
L'OIT rapporte que des enfants de 8 ans travaillent dans les mines. Les rapports des médias citent des cas où des enfants âgés de 3 ans cassent des pierres dans les carrières. Les lois relatives au travail des enfants sont appliquées dans le secteur formel mais pas dans le secteur informel, qui est bien plus important. Un plan national sur 15 ans a été adopté pour combattre les pires formes du travail des enfants. Des centres ont été ouverts pour héberger les victimes de trafic et de travail forcé.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs peuvent fonder des syndicats et y adhérer, sauf les fonctionnaires de police et le personnel militaire. Moins de 10% de tous les travailleurs sont syndiqués. 70 à 80% des travailleurs sont employés dans l'agriculture. Peu d'employés du secteur public sont membres de syndicats. La négociation collective est autorisée mais les accords sont rares. Les salaires de la fonction publique sont fixés par le gouvernement et des salaires minimums sont proposés par le secteur privé.
Les travailleurs, à l'exception de ceux qui travaillent dans les zones franches d'exportation, bénéficient du droit de grève ; même les travailleurs des services essentiels ont un droit de grève limité. Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais l'interdiction n'est pas respectée en ce qui concerne le travail dans les prisons. Le travail forcé toucherait également les conducteurs de pousse-pousse et les apprentis. Des rapports font état de travail forcé des enfants.
Le salaire minimum mensuel de US$ 25,30 (50 600 ariary) ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les taux salariaux minimums ne sont pas toujours payés. La semaine de travail normale est de 40 heures dans le secteur non agricole et les industries de service et de 42½ heures dans le secteur agricole.
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