| Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007 |
Introduction |
Le Malawi possède un gouvernement multipartite et démocratique élu au suffrage universel. Lors des élections de 2004, le Parti démocratique uni a obtenu une majorité de sièges et son dirigeant a été élu Président. Le pouvoir est partagé entre le Président et l'Assemblée nationale qui compte 193 membres. Six candidats n'ont pas pu siéger à l'Assemblée en raison d'irrégularités électorales, jusqu'à la tenue d'élections de mi-mandat jugées libres et justes. Le Président, le Vice-président et un gouvernement de 30 membres exercent l'autorité exécutive. Il y a 27 femmes à l'Assemblée nationale et le gouvernement en compte 5. Trois membres de minorités possèdent des sièges à l'Assemblée nationale. Les églises ont une influence politique considérable.
La discrimination basée sur la langue ou la culture est interdite mais l'application de la législation en la matière est faible.
Le système judiciaire est indépendant mais handicapé par un manque de ressources. La corruption est répandue et l'impunité représente un problème. Une campagne anti-corruption a entraîné l'arrestation d'un ancien Ministre de l'Education. Les fonctionnaires de police sont accusés de mauvais traitements contre les détenus et les foules ont recourt à la justice du peuple ; des personnes suspectées de crimes sont souvent battues ou tuées.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. Bien que des rapports dénoncent des intimidations à l'encontre de journalistes, ce qui entraîne la pratique de l'autocensure, les médias présentent un large ensemble d'opinions politiques et idéologiques. Cependant, des journalistes sont arrêtés pour avoir publié des informations susceptibles d'offenser le Président. L'accès public aux informations du gouvernement est généralement garanti.
Le pays est une source et un point de transit pour le trafic des femmes et des enfants à des fins d'exploitation sexuelle.
Plus de 1 Malawien sur 7 est séropositif, ce qui représente un des taux d'infection les plus élevés au monde. D'ici 2010, on estime que 2 millions de personnes seront contaminées et qu'un nombre similaire sera décédé des maladies causées par le SIDA. On prévoit de perdre jusqu'à la moitié des enseignants, infirmiers, militaires et policiers malawiens. Les autorités réalisent à présent l'ampleur de la crise. La discrimination contre les personnes atteintes du VIH/SIDA est répandue, limitant l'accès aux soins ; nombre d'entre elles préfèrent garder le silence que d'être rejetées. L'Internationale de l'Education et le Teachers' Union of Malawi (TUM) coopèrent dans le cadre d'un programme de formation à la prévention du VIH/SIDA à travers l'éducation. Une formation est proposée aux enseignants et des matériels sont fournis aux écoles.
L'homosexualité est illégale.
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Droit à l’éducation
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Un enseignement primaire gratuit est disponible mais n'est pas obligatoire. Les familles assument les frais d'uniforme, de manuels et de fournitures. Un fonds public pour les manuels aide les étudiants des familles très pauvres. Plus de la moitié des enfants du pays vivent dans la pauvreté, et les enfants issus de foyers ruraux dirigés par les femmes font partie des plus pauvres. L'impossibilité de mener l'éducation à son terme aggrave les problèmes rencontrés par les filles des zones rurales pour trouver un emploi.
Un rapport de l'Université de Malawi au sujet du développement de l'éducation primaire gratuite depuis son introduction en 1994 jusqu'en 2004 observe que, bien que le budget alloué à l'éducation ait augmenté chaque année, ces augmentations ne permettent pas de faire face à la croissance des inscriptions. Le taux d'abandon scolaire a diminué chaque année depuis qu'une éducation gratuite a été instaurée.
Le système éducatif se bat pour faire face à une perte d'enseignants, morts des suites du SIDA, et le ratio enseignant/élèves est très élevé dans les établissements primaires et secondaires. Le clivage hommes/femmes en ce qui concerne la fréquentation de l'école primaire est réduit mais les garçons sont plus susceptibles que les filles de fréquenter l'enseignement secondaire. Dans un effort pour supprimer cet écart, on a supprimé les frais de scolarité de l'éducation secondaire pour les filles.
Une étude de l'UNICEF a montré que certaines filles avaient des relations sexuelles avec les enseignants contre de l'argent ; elles tombaient enceintes et quittaient ensuite l'école. L'étude a également montré que les filles abandonnaient l'école en raison du comportement violent de certains enseignants. Suite à ces rapports, le gouvernement a accru la protection légale des élèves et des actions en justice ont entraîné l'emprisonnement des coupables de tels actes.
Le gouvernement a lancé un plan d'action national pour les orphelins et les enfants fragiles afin de pallier l'impact de la pauvreté et du VIH/SIDA sur le million d'enfants orphelins que compterait le pays. Des ONG essayent également de réduire le nombre d'enfants qui mendient dans les rues. Mais le nombre d'enfants des rues a augmenté, de même que le nombre d'orphelins du VIH/SIDA.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme d'EPE, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de trois ans.
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Enseignement primaire
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L'éducation est gratuite mais non obligatoire de 6 à 13 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 95% (50% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 33% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 18% des élèves doublent une année ou plus. 40 587 enseignants (dont 46% de femmes) travaillent à ce niveau. Le ratio enseignant/élèves (REE) est très élevé à 1/70.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. Le TNS est de 25%. L'enseignement secondaire totalise 11 360 enseignants dont 7 694 (25% de femmes) dans le secondaire inférieur et 3 666 (21% de femmes) dans le secondaire supérieur. Le REE, très élevé, est de 1/51 dans le secondaire inférieur et de 1/34 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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5 089 étudiants (35% de femmes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. 1 438 étudiants étudient à l'étranger, principalement en Afrique du Sud (417), au Royaume-Uni (404), aux Etats-Unis (399), en Australie (77) et au Canada (22).
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Enfants à besoins spéciaux
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Le Président a déclaré que les étudiants handicapés devraient avoir un accès égal aux services éducatifs et aux autres services gouvernementaux, cependant les fonds, le personnel et les infrastructures nécessaires sont absents. Les écoles publiques et privées et les centres de formation aident les personnes handicapées, toutefois les opportunités en matière d'éducation sont très réduites pour les enfants handicapés.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le gouvernement coopère avec le bureau du HCNUR pour aider les réfugiés et les demandeurs d'asile. Le Malawi héberge 9 100 réfugiés de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. Les réfugiés sont autorisés à rechercher un emploi et une éducation. Le HCNUR, les ONG et le gouvernement aident les enfants des camps de réfugiés à bénéficier d'une éducation.
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Minorités et peuples autochtones
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Les habitants du Malawi sont d'origine Bantoue ; les groupes ethniques Chewa, Nyanja, Yao, Tumbuka, Lomwe, Sena, Tonga, Ngoni et Ngonde coexistent avec des minorités d'asiatiques et d'européens. La discrimination dans le domaine de l'éducation ne semble pas représenter un problème.
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Liberté académique
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La liberté académique est ancrée dans la Constitution du Malawi et les rapports ne font pas état de restrictions de ce droit. L'accès à Internet n'est pas limité.
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Egalités des sexes
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La loi garantit aux femmes une protection égale et ces dernières ne peuvent être défavorisées sur base de leur sexe ou de leur état civil, toutefois les discriminations seraient très répandues et les femmes ne bénéficient pas de l'égalité des chances. Les femmes ont des taux d'alphabétisation, de scolarisation et des chances d'emploi plus faibles. Parmi les 15-45 ans, 46% des femmes et 79% des hommes savent lire et écrire. On constate des discriminations au sein de la famille et dans le domaine des droits de propriété. Traditionnellement, la majorité des biens d'un mari décédé revient à sa famille et non à sa femme.
En outre, dans certaines zones, la veuve fait partie de l'héritage ou doit avoir des relations sexuelles avec un parent masculin. Ces pratiques ne sont pas illégales. On s'efforce de les abolir car le risque de transmission du VIH est élevé en raison du pourcentage élevé de décès dus au VIH et de la probabilité que la veuve soit contaminée. Les femmes chefs de famille ne bénéficient que de 25% de la distribution des revenus ; les femmes représentent 52% des travailleurs agricoles mais peu d'entre elles travaillent sur le marché du travail formel. Les jeunes filles peuvent se marier à partir de 15 ans avec un accord parental.
Les croyances qui soutiennent que les enfants ne peuvent être séropositifs et qu'avoir des relations sexuelles avec une vierge peut guérir les maladies sexuellement transmissibles contribuent à l'exploitation sexuelle des mineurs. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans certaines zones du pays. Le trafic des femmes et des enfants est un problème. Les pratiques abusives comprennent l'initiation secrète des filles à leurs futurs rôles d'adultes. Des rapports parlent de la réémergence de la coutume traditionnelle du kupimbira selon laquelle une famille pauvre reçoit un prêt en échange d'une fille de n'importe quel âge. Les violences domestiques sont courantes mais le sujet n'est pas abordé ouvertement et la police n'intervient normalement pas dans les disputes familiales.
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Travail des enfants
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Un Code de conduite nationale présente les principes de la lutte contre le travail des enfants. L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans ; les enfants de 14 à 16 ans ne peuvent réaliser des travaux dangereux ou qui perturbent leur scolarisation. Le travail des enfants est courant et le trafic d'enfants à des fins d'exploitation sexuelle et de travail existe, bien que des accusations soient déposées contre les trafiquants.
Des enfants en âge de scolarité travaillent comme vendeurs ambulants dans le secteur informel. Une étude de 2004 a montré que, bien que 72% des enfants soient scolarisés, 80% sont employés dans un type de travail. Environ 38% des enfants de 5 à 14 ans travaillent plus de 7 heures par semaine. Des travailleurs sociaux pour la protection de l'enfance ont été formés et travaillent dans tout le pays.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs, à l'exception du personnel des forces armées, ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. La négociation collective est autorisée si 20% des employés sont syndiqués. Le droit de grève est garanti mais les services essentiels doivent être maintenus et le personnel travaillant dans ces services bénéficie d'un droit de grève limité. Un secteur informel important a réduit la main-d'uvre syndiquée ; 12% des travailleurs du secteur formel sont membres de syndicats et 24 syndicats sont reconnus, principalement dans le secteur public. Le travail forcé ou obligatoire est pratiqué. La Confédération syndicale internationale rapporte que ce type de travail, qui concerne des familles, existe dans les plantations de tabac. Quatorze zones franches d'exportation appliquent les clauses du Code du travail mais les dirigeants syndicaux affirment qu'il leur est difficile d'accéder aux travailleurs.
Le Comité consultatif tripartite sur les salaires recommande les salaires minimums pour les zones urbaines et rurales. Le salaire minimum dans les zones urbaines est de US$ 0,80 (97 MK) par jour, tandis que dans les zones rurales il est de US$ 0,60 (74 MK) par jour. Ces taux ne garantissent pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine légale de travail est de 48 heures.
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