Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Mauritanie
République islamique de la Mauritanie
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Mauritanie Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 512998 50,43 466717,00 104,37 76,29 39,07 11,54 10,45 12519 28,16 3,81
2008 0,00 473688 50,31 427804,00 98,22 76,53 37,23 11,12 9,65 12004 28,22 3,73
2007 483776 50,00 439068,00 102,27 79,68 42,52 14,30 12,97 102130 45,58 24,00 16,30 26,58 11794 3,84
2006 465970 49,83 431423,00 100,44 78,50 41,41 98946 44,96 82347,00 24,18 15,07 26,20 10157 25,65 3,38 2,84 10,13
2005 4856 1,92 443615 49,99 408180,00 97,51 75,51 40,33 92796 45,90 81068,00 23,17 14,80 30,98 8758 24,55 2,99 2,34 8,31
2004 4709 77,81 1,73 434181 49,43 7,01 94,15 74,30 40,76 39,37 40,83 88926 45,31 10,12 20,20 14,11 28,45 9292 23,68 3,46 3,40
2003 5040 16,67 1,91 394401 49,17 4,45 88,15 67,54 41,06 69,43 70,22 84407 44,43 9,41 22,65 15,72 26,08 8941 21,43 3,32 4,10
2002 375695 48,77 3,30 86,48 66,72 39,12 48,75 48,03 78730 43,12 8,83 21,66 14,52 26,24 3,11 4,08
2001 360677 48,18 3,05 85,43 65,91 41,76 40,40 41,54 76658 42,85 21,60 14,48 26,33 3,53 3,82
2000 355822 48,39 2,80 86,62 62,70 44,99 46,29 42,26 65606 41,66 18,93 26,33
1999
Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007

Introduction

La Mauritanie est une république islamique hautement centralisée dirigée par une présidence forte. Le gouvernement est composé de la branche exécutive, du Sénat et d'une Assemblée nationale. Le Président, réélu en 2003, a ensuite été renversé, alors qu'il se trouvait à l'étranger, par un coup d'état sans effusion de sang opéré par une junte baptisée le Conseil militaire pour la justice et la démocratie qui a dissous le parlement et nommé un gouvernement de transition. La junte et le gouvernement de transition ont établi un calendrier électoral qui prévoyait des élections présidentielles en mars 2007. L'UE a appuyé les engagements pris par le gouvernement de transition et l'ONU a promis une assistance électorale.

Parmi les 26 ministres du gouvernement de transition, 3 sont des femmes, tandis que la Commission électorale qui totalise 15 membres comprend 2 femmes. Les minorités sont sous-représentées dans le gouvernement de transition. Parmi les 26 postes ministériels, 2 sont occupés par des Haratines, 3 par des Pulars (connus également sous le nom de Fulani) et 1 par un Soninké. Le Conseil militaire de 17 membres compte 1 Haratine, 1 Pular et 1 Soninké. Les partis politiques ne sont pas reconnus.

Le système judiciaire est soumis à des pressions de la part des dirigeants et également exposé à des pressions sociales et tribales. Les enfants de moins de 18 ans sont jugés par un tribunal spécial pour adolescents.
Le système légal repose sur la loi de la Charia.

L'égalité est garantie par la loi, sans considération pour la race, l'origine nationale, le sexe ou le statut social. Cependant, dans la pratique, l'affiliation raciale ou tribale, le statut social et les relations politiques confèrent des privilèges.

La loi relative à la presse interdit la publication de tout document jugé en contradiction avec l'Islam ou le menaçant. Des rapports indiquent que la police bat ou torture des suspects, particulièrement ceux qui manquent d'argent ou d'influences familiales. La police agit en toute impunité. La mauvaise gestion fiscale de l'ancien gouvernement fait l'objet d'une enquête. Les demandes d'accès à l'information sont en général refusées.

Des sécheresses persistantes, une désertification étendue, des inondations et une invasion de criquets ont entraîné de très grandes difficultés pour ce pays pauvre. D'autres problèmes surgissent en raison de l'urbanisation, du taux de chômage élevé, de la pauvreté et d'une importante dette étrangère. La combinaison de tous ces facteurs avec la concentration des richesses entre les mains d'une élite réduite et un manque de transparence et de responsabilité entraîne de grandes souffrances pour le peuple. Une économie basée sur le troc existe dans certaines régions isolées.

La liberté d'expression et de la presse sont limitées. La censure et le contrôle des médias permettent au gouvernement de contrôler l'information. La presse privée critiquait l'ancien gouvernement et ses dirigeants mais émet dorénavant peu de critiques sur le gouvernement de transition actuel. Des programmes télévisés du monde entier sont disponibles par satellite pour ceux qui peuvent se le permettre. Les documents jugés défavorables à l'Islam ou menaçant la sécurité nationale sont interdits mais l'accès à Internet n'est pas limité.

Les rapports indiquent que le pays est une plaque tournante de la traite des femmes et des enfants à des fins de travail forcé. Le gouvernement n'aide pas les victimes de ce trafic. Des pratiques similaires à l'esclavage subsistent dans des zones isolées. Les jeunes filles travaillent comme domestiques dans certaines maisons des villes sans être rémunérées. De jeunes garçons (talibes), issus principalement des tribus pular, mendient dans le cadre d'arrangements avec certains enseignants religieux (marabouts).

L'homosexualité est interdite par la loi de la Charia mais pas par le droit laïc. Les tabous liés au VIH/SIDA provoquent des exclusions sociales.

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?Droit à l’éducation

Avec 19% du budget national, l'éducation bénéficie de la part la plus importante du budget ; d'ici 2007, la mise en uvre de l'enseignement primaire universel devrait être achevée. Cependant les ressources en matière d'éducation sont insuffisantes, surtout dans les zones rurales. L'éducation est gratuite jusqu'à l'université.

Les classes pratiquent l'intégration sociale tout comme la mixité. Les enfants d'esclaves peuvent aller à l'école. Des efforts ont été faits pour augmenter la fréquentation scolaire des filles. Les taux d'inscription restent plus faibles dans les parties au sud et à l'est du pays. L'inscription des filles dans l'enseignement technique a augmenté. 32% des femmes et 52% des hommes savent lire et écrire. Presque tous les enfants de 5 à 7 ans fréquentent des écoles coraniques.
Les ONG déclarent que l'urbanisation des familles nomades a jeté 400 enfants dans les rues.

Le Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant a exprimé nombre d'inquiétudes : seulement 60% des enfants sont scolarisés ; les disparités entre les sexes et les régions sont considérables ; le taux d'abandon scolaire et de répétition d'années est élevé ; le programme scolaire est inadapté ; le ratio enseignant/élèves est élevé ; le taux d'inscription dans l'enseignement secondaire est faible ; les infrastructures éducatives sont inappropriées ; trop peu d'enfants reçoivent une éducation préscolaire.
La pratique des châtiments corporels sur les enfants au sein de la famille est citée comme un sérieux problème. Nombre de ces conditions sont présentes également dans d'autres pays.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, 78% de l'EPE relève du secteur privé. Le taux brut de scolarisation est de 2%. Parmi les 243 enseignants qui travaillent à ce niveau, toutes sont des femmes et toutes sont formées. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/19.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire de 6 à 14 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. 7% de l'enseignement à ce niveau relève du secteur privé. Le TNS est de 74% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 69% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 14% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement primaire compte 9 753 enseignants (dont 28% de femmes), tous formés. Le REE est de 1/45.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 7 ans plus tard. A ce niveau, 10% de l'enseignement est privé. 2% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur et 7% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 14%. 13% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 3 126 enseignants dont 1 896 (14% de femmes) dans le secondaire inférieur et 1 341 (10% de femmes) dans le secondaire supérieur. Tous les enseignants du secondaire sont formés. Le REE est de 1/26 dans le secondaire inférieur comme dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

9 292 étudiants (24% de femmes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. 5 032 étudiants étudient à l'étranger, principalement aux Etats-Unis (1 822), en Allemagne (1 192), en France (849), au Royaume-Uni (799) et en Arabie Saoudite (370).

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?Enfants à besoins spéciaux

Les discriminations à l'encontre des personnes handicapées sont illégales dans l'éducation et l'accès aux autres services gouvernementaux. Certains programmes de réhabilitation et certaines formes d'assistance sont disponibles pour les enfants handicapés. La condition des enfants handicapés a été abordée dans un rapport du Conseil national pour les enfants en 2001. Les représentants du gouvernement indiquaient au Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant que des programmes adaptés avaient été lancés avec une attention particulière portée sur les enfants handicapés mentalement. Dans la capitale, Nouakchott, une école pour sourds et aveugles fait fonctionner 10 classes pour 127 étudiants, mais le personnel formé manque.

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?Enfants réfugiés

La loi ne prévoit pas l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. L'ancien gouvernement avait instauré un système d'assistance en coopération avec le bureau du HCNUR. Le HCNUR évalue que le pays héberge entre 15 000 et 20 000 réfugiés sénégalais, ainsi que des réfugiés du Libéria et de la Sierra Leone. Le Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant s'est inquiété du fait que le gouvernement ne délivre pas de papiers d'identité aux réfugiés et à leurs enfants et ne protège pas les droits des enfants réfugiés.

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?Minorités et peuples autochtones

Le Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant a également exprimé son inquiétude quant à la persistance de la discrimination dans le pays, en particulier à l'encontre des enfants des minorités. Un fossé culturel existe entre les Africains noirs et les Maures, ces derniers étant en outre divisés entre Maures blancs et Maures noirs ainsi qu'en tribus et en clans. Les Maures blancs sont dominants dans l'administration et les entreprises tandis que les Maures noirs sont politiquement et économiquement faibles.

Les Halpulaar sont des non Maures vivant principalement au sud ; les groupes ethniques des Wolof et des Soninké sont sous-représentés dans les secteurs de l'armée et de la sécurité. L'arabe est la langue officielle et l'arabe, le pulaar, le soninké et le wolof sont les langues nationales ; les gouvernements ont conduit une politique d'arabisation dans les écoles et sur le lieu du travail.

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?Liberté académique

Les rapports ne mentionnent aucune restriction de la liberté académique.

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?Egalités des sexes

Les femmes sont défavorisées par la loi, dont les règles relatives au témoignage, à la distribution des propriétés et au divorce privilégient les hommes. En 2004, l'Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à pourvoir les femmes des mêmes droits que les hommes en matière de divorce. La loi exige que les hommes et les femmes reçoivent un salaire égal pour un travail de valeur égale mais son application varie, bien que la fonction publique et la compagnie minière nationale s'y soumettent. Les femmes bénéficient de 3 mois de congé de maternité. Le gouvernement de transition a déclaré qu'il augmenterait les opportunités d'emploi pour les femmes dans les domaines non traditionnels. Pour son premier mariage, une femme doit obtenir un accord parental cependant le mariage et le divorce peuvent se produire sans son propre consentement.

La polygamie est autorisée sans le consentement de l'épouse ; elle est rare chez les Maures mais fréquente parmi les autres groupes ethniques. Les abus et les violences domestiques sont illégaux mais la loi n'est pas appliquée. La société traditionnelle compte sur les groupes familiaux pour résoudre les disputes de ménage. SOS Esclaves affirme que parfois une jeune fille est donnée à une famille pour recevoir une éducation en échange de son travail, puis l'accord n'est pas respecté et la jeune fille devient une servante non payée. D'autres pratiques traditionnelles sont rapportées telles que le gavage, qui consiste à nourrir de force les adolescentes avant leur mariage, une pratique des Maures blancs qui perd du terrain. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées par tous les groupes ethniques bien qu'elles semblent diminuer dans les zones urbaines.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans dans les secteurs non agricoles tandis que dans le secteur agricole, un enfant de 13 ans peut travailler avec un permis de travail spécial. Le travail des enfants est fréquent dans le secteur informel. Les enfants âgés de 14 à 16 ans qui travaillent doivent toucher 70% du salaire minimum tandis que ceux âgés de 17 à 18 gagnent 90% du salaire minimum. De nombreux jeunes enfants travaillent dans le cadre de contrats d'apprentissage. Des filles de seulement 7 ans travaillent comme domestiques. Le fossé entre l'âge minimum légal d'embauche (16) et l'âge où l'éducation n'est plus obligatoire (14) est une source de préoccupation.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception des fonctionnaires de police et des militaires. La majorité de la main-d'uvre est employée dans l'agriculture de subsistance et dans le secteur informel. Seuls 25% des travailleurs sont employés comme salariés. Presque 90% des travailleurs industriels et commerciaux sont syndiqués. Les salaires, les conditions de travail et les avantages sont négociés par des comités tripartites et officialisés par décret. Les travailleurs bénéficient du droit de grève, bien qu'un syndicat puisse être dissous pour avoir mené une action de grève jugée illégale ou politiquement motivée.

En 2004, un Code du travail modifié a instauré un congé de maternité et des lois ont été introduites afin d'interdire le travail forcé sous toutes ses formes. Des pratiques de travail forcé et obligatoire ainsi que d'esclavage sont dénoncées, bien que le gouvernement nie l'existence de l'esclavage. Un rapport de l'OIT en 2004 concluait que le pays restait confronté à des défis dans la lutte contre le travail forcé, particulièrement sous la forme de servitude domestique forcée. La communauté des Maures blancs qui réside dans les régions éloignées compterait sur la servitude des Maures noirs. L'esclavage officiellement approuvé n'existe pas mais la servitude volontaire subsiste et les descendants des esclaves continuent de travailler pour d'anciens maîtres contre un logement et de la nourriture.

Le salaire minimum mensuel pour les adultes est de US$ 78 (21 000 ouguiya) mais n'est pas respecté. Ce salaire ne permettrait pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Une semaine de travail de 40 heures est appliquée, sauf dans l'agriculture et les services domestiques où la semaine de travail est de 56 heures.

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Nom du pays/territoire République islamique de la Mauritanie
Population 3177388 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1961)
OIT 87 (1961)
OIT 98 (2001)
OIT 100 (2001)
OIT 105 (1997)
OIT 111 (1963)
OIT 138 (2001)
OIT 182 (2001)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

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Renforcement du SNES