Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Montenegro
République de Monténégro
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Montenegro Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 9657 47,74 9657,00 29,75 29,00 37269 47,82 37269,00 111,65 87,54 68135 48,66 98,00
2008 9124 47,99 9124,00 39580 48,19 39580,00 67015 51,84
2007 8603 47,31 8603,00 25,37 25,34 39123 48,24 39123,00 116,28 93,74 67683 48,74 93,00
2006 9902 48,11 9902,00 38740 48,10 38740,00 68218 48,98
2005 10191 48,15 37812 48,33 37812,00 68471 49,06
2004
2003
2002
2001
2000
1999
Dernière mise-à-jour: le 20 juin 2007

Introduction

En 2006, à la suite d'un référendum national, le Monténégro a notifié au gouvernement serbe qu'il allait quitter l'Union d'Etats de Serbie-Monténégro. Depuis lors, des élections nationales se sont tenues afin d'établir le gouvernement de la République du Monténégro, laquelle dispose d'un système de gouvernement présidentiel et parlementaire.

Les premières élections en République du Monténégro, nouvellement indépendante, ont eu lieu en septembre 2006. Organisées au suffrage universel, les élections ont été jugées libres et équitables, et le président sortant a été réélu. Le Parti pro-Union européenne a formé la Coalition pour le Monténégro européen et a remporté 41 sièges au parlement, qui en compte 81. Les blocs pro-serbes ont obtenu conjointement 23 sièges. Le nouveau Mouvement pour les changements, faisant campagne sur les thèmes de la lutte contre la corruption et du progrès économique, a obtenu 11 sièges. Les autres sièges ont été remportés par des partis représentant des minorités ethniques, essentiellement la minorité albanaise.

9 femmes ont été élues au parlement. Les ethnies albanaise et bosniaque ont pris part aux élections ; les Roms étaient sous-représentés dans le processus politique et dans le gouvernement.

La discrimination basée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite mais a encore cours. Le pouvoir judiciaire est indépendant en droit mais des rapports dénoncent l'inefficacité et la corruption en tant que problèmes.

Le gouvernement coopère avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Certains rapports relèvent que la police a recours à une surveillance à l'encontre des partis de l'opposition et d'autres groupes. Les organisations opéreraient en partant du principe qu'elles pourraient être sous surveillance. Les Bosniaques (Musulmans) qui travaillent comme agents de police travaillent essentiellement dans le Sandzak, une région musulmane située au Nord. Amnesty International a demandé aux autorités monténégrines d'enquêter sur des allégations portées à l'encontre d'agents de police soupçonnés de torture et de mauvais traitement à l'égard de l'ethnie albanaise. Le gouvernement enquête sur les abus mais les poursuites et les jugements contre des policiers sont rares. La corruption et l'impunité constituent des problèmes. La perception du gouvernement comme étant corrompu serait très répandue.

Le Monténégro est en transition vers l'économie de marché. Le chômage a fortement augmenté, contribuant à une forte croissance de la pauvreté, ce qui exerce un impact sur le bien-être des enfants. Environ 12% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. La pauvreté est la plus élevée chez les Roms, les réfugiés et les personnes déplacées. Les jeunes de moins de 30 ans constituent 70% des chômeurs.

Une législation sur l'accès aux informations a été adoptée et mise en uvre et des dossiers, remontant à 1945 et conservés par les agences de sécurité sous les précédents régimes, sont à présent ouverts aux personnes concernées. La liberté d'expression et de la presse sont garanties mais certaines restrictions existent. Malgré les pressions, les médias restent actifs et opèrent sans restriction de la part du gouvernement. Selon les rapports, les journalistes ne pratiqueraient pas l'autocensure bien qu'il existe la possibilité de poursuites pénales pour diffamation ou d'amendes importantes à l'encontre des journalistes. L'accès à Internet n'est pas limité.

Le trafic des personnes est un problème grave ; des personnes sont victimes de trafic à destination, à partir et au sein du Monténégro. Des rapports accusent la police et d'autres officiels d'implication dans le trafic. Des efforts visant à lutter contre le trafic ont été entrepris conjointement avec d'autres pays.

Une discrimination sociale à l'égard des homosexuels est signalée bien que la violence à leur encontre soit rare et ait été condamnée par le gouvernement.

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?Droit à l’éducation

Une réforme de l'éducation est en cours depuis de nombreuses années au Monténégro. L'enseignement primaire est gratuit et obligatoire pour tous les enfants âgés de 7 à 15 ans. Les enfants suivent un programme obligatoire de 8 années. Le programme inclut l'histoire et la culture de tous les groupes ethniques dans le pays. La langue de l'enseignement est le serbe pour les élèves monténégrins, bosniaques et croates et l'albanais dans certaines écoles primaires et secondaires qui comptent un nombre important d'enfants albanais. Certains Albanais critiquent le gouvernement pour ne pas avoir élaboré un programme spécial pour les Albanais, en particulier pour le cours d'histoire.

L'enseignement préscolaire n'est ni obligatoire ni gratuit. A l'âge de 6 ans, un enseignement préscolaire est accessible l'après-midi pendant 1 an avant que l'enfant commence ses études primaires. Les écoles secondaires sont divisées en 3 types, et l'entrée dépend des points obtenus à l'école primaire. Le Gymnase (Gimnazija) dure 4 ans et propose un enseignement considéré comme préparatoire pour l'enseignement du troisième cycle. Les écoles professionnelles (Stručna kola) proposent des études d'une durée de 3 ou 4 ans et les élèves se spécialisent dans un domaine professionnel spécifique tout en poursuivant un enseignement assez général. D'autres études professionnelles (Zanatska kola) durent 3 ans et proposent une spécialisation dans des professions spécifiques.

La plupart des enfants roms ne reçoivent pas ou guère d'éducation au-delà de l'école primaire ; le gouvernement a fourni 13 000 manuels en langue rom pour tenter d'encourager l'éducation des Roms.

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?Enfants à besoins spéciaux

Les discriminations à l'encontre des personnes handicapées sont illégales dans l'éducation et l'accès aux autres services gouvernementaux, mais la discrimination sociale existe. On estime qu'entre 6 000 et 7 000 enfants handicapés vivent dans la république. Selon les rapports, seuls 10% des enfants handicapés reçoivent un traitement professionnel ou fréquentent l'école. Seuls ceux qui ont le moins de difficultés d'apprentissage et seul un nombre limité de handicapés physiques fréquentent les écoles ordinaires. Le ministère du Travail et de la Protection sociale couvre les frais de l'enseignement préscolaire pour les familles ayant des enfants handicapés qui bénéficient de prestations de l'Etat. Quelques enfants handicapés fréquentent des groupes préscolaires dans des écoles spécialisées.

3 écoles spécialisées accueillent des enfants handicapés mentaux et physiques légers et des enfants sourds, et il existe 22 classes spécialisées au sein des écoles primaires ordinaires, où les élèves sont séparés des classes générales. Un institut spécialisé propose un enseignement à 130 enfants et adultes handicapés lourds bien que l'infrastructure ait besoin de réparations et que le moral soit mauvais parmi ceux qui y vivent et y travaillent. Une réforme de l'éducation envisage l'intégration des élèves handicapés mais cela nécessite de former des enseignants et de moderniser les installations.

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?Enfants réfugiés

La loi ne prévoit pas l'octroi de l'asile ou du statut de réfugié conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. Une législation a été adoptée mais n'a pas été mise en uvre. La nouvelle République s'attaquera à cette question. Les conditions d'existence des réfugiés sont variables ; certains vivent chez des parents, d'autres ont trouvé un logement et quelques-uns ont un emploi. Environ 17 000 personnes déplacées originaires du Kosovo vivent encore au Monténégro. La majorité sont des Monténégrins ou des Serbes, mais environ 1 300 Roms vivent également dans des centres collectifs offrant un accès limité à l'enseignement.

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?Minorités et peuples autochtones

Au Monténégro, la religion et l'ethnicité sont étroitement imbriquées et il n'est pas facile de les distinguer en tant que sources de discrimination. Les Roms sont victimes de préjugés, d'intimidations et de mauvais traitements, souvent excusés par les autorités locales. Une ONG locale signale que 70% des Roms du Monténégro sont illettrés et ne parlent pas la langue locale, 95% sont au chômage, 40% n'ont pas accès aux services publics (généralement faute de documents d'identité) et 90% vivent sous le seuil de la pauvreté.

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?Liberté académique

Les rapports ne mentionnent aucune restriction ou violation de la liberté académique dans le chef du gouvernement. Un groupe pro-serbe de professeurs et autres professionnels de l'enseignement ont protesté contre leur renvoi par le gouvernement lorsqu'ils ont refusé d'enseigner dans ce que le gouvernement qualifie de « langue maternelle », appelée le monténégrin, qui est essentiellement un dialecte serbe local. Les professeurs congédiés ont déclaré qu'ils sont seulement autorisés à enseigner dans la langue serbe et que l'action du gouvernement était politiquement motivée. Le gouvernement a répliqué que la grève des enseignants équivalait à une rupture de contrat. Un groupe pro-serbe existe au sein de l'université, a longtemps soutenu le régime de Belgrade et, il y a plusieurs années, a insisté pour être payé en monnaie serbe lorsque le gouvernement a adopté le Deutschmark comme monnaie nationale.

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?Egalités des sexes

Les femmes ne disposent pas du même statut que les hommes dans la société. Peu de femmes occupent un poste de direction de premier plan au gouvernement ou dans les entreprises bien que les femmes soient de plus en plus actives dans les professions libérales. Dans les régions rurales, parmi les communautés minoritaires, les femmes ne peuvent pas toujours faire valoir leurs droits. Bien qu'ayant légalement droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale, dans la pratique, elles gagnent moins que les hommes.

Le harcèlement sexuel constitue un problème. Il est illégal mais toléré. La violence à l'égard des femmes est illégale mais persiste, en particulier dans les zones rurales. Selon les rapports, la réaction de la police à la violence domestique se serait améliorée. Le trafic des femmes et des filles à des fins d'exploitation sexuelle constitue un problème.

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?Travail des enfants

L'âge minimum pour exercer un emploi est de 15 ans, ce qui coïncide avec la fin de la scolarité obligatoire. Des enfants plus jeunes travaillent avec leurs familles dans l'agriculture. Des enfants roms exercent, de très bonne heure, divers emplois dans le secteur informel. Selon les rapports, certains enfants travaillent dans la « zone grise », entre travail volontaire et travail forcé. Les enfants sont victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle et de prostitution infantile. Le travail des enfants dans le secteur formel est rare depuis qu'une surveillance est exercée.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception du personnel militaire et de la police. Environ 95% de la main-d'uvre dans l'économie formelle est syndiquée. La négociation collective est autorisée et a lieu, et la main-d'uvre enregistrée est couverte par des conventions collectives. Les membres des syndicats ont le droit de grève et des grèves légales ont eu lieu. Le salaire minimum mensuel de US$62 (52 euros) ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les employeurs paient le salaire minimum. Une semaine de travail de 40 heures constitue la norme.

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Footnotes

Aucune statistique distincte n'est disponible pour l'enseignement au Monténégro, qui à l'heure de la publication faisait encore officiellement partie de l'Union des Etats de Serbie-Monténégro.

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Nom du pays/territoire République de Monténégro
Population 630548 (2005)
Conventions ratifiées
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

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