| Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007 |
Introduction |
Le Mozambique est une démocratie constitutionnelle dont le Président est le chef de l'Etat élu directement pour un mandat de 5 ans et dont le corps législatif compte 250 membres élus sur la base de la représentation proportionnelle pour des mandats de 5 ans. Le corps législatif a été élu en 2004 au suffrage universel lors d'élections jugées libres et justes malgré quelques imperfections. Deux partis politiques dominent la scène. Le Front de libération du Mozambique (FRELIMO) est au pouvoir depuis l'indépendance en 1975 et possède actuellement une majorité de 160 sièges. La RENAMO possède les 90 sièges restants. Le FRELIMO est accusé d'utiliser des fonds publics pour organiser ses campagnes, bafouant ainsi les lois électorales.
Les femmes possèdent 87 des 250 sièges de l'Assemblée et une femme est Premier ministre. Des membres de nombreux groupes ethniques possèdent des postes clés dans les branches législatives comme exécutives. Les postes de direction sont dominés par le groupe ethnique des Shangaan, tandis que la RENAMO est dominée par le groupe ethnique des N'dau.
La discrimination basée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite mais existerait à l'encontre des femmes, des personnes handicapées et des personnes séropositives.
Les tribunaux coutumiers, dirigés par les chefs traditionnels, sont chargés des affaires au niveau local. La corruption serait présente dans le système judiciaire et la police. Des violences populaires se produisent dans les zones urbaines comme dans les zones rurales. L'impunité de la police constitue un problème. On accuse les services du renseignement de contrôler les appels téléphoniques, de surveiller des personnes, d'utiliser des informateurs et d'interrompre les activités des partis dans certaines régions.
L'accès du public à l'information n'est pas garanti par la loi.La corruption est perçue comme endémique. Des hauts fonctionnaires font l'objet d'enquêtes pour le vol présumé de fonds publics au sein de divers ministères, y compris celui de l'éducation, et suite à cela, certains ont été rétrogradés. La liberté d'expression et de la presse sont garanties avec des restrictions. Des journalistes sont harcelés et détenus et pratiquent l'autocensure sur les questions politiquement sensibles. La liberté de la presse s'améliorerait. Radio Mozambique est le média le plus influent et est jugé objectif. Les médias internationaux travaillent librement. On ne dénonce aucune restriction relative à l'accès à Internet ou à son contenu.
Le pays est un point de départ du trafic des femmes et des enfants à des fins d'exploitation sexuelle et de travail forcé. Le gouvernement a signé un accord avec l'Afrique du Sud visant à partager les informations sur ce trafic. De nombreuses femmes sont vendues dans des maisons closes à Johannesburg ou comme concubines aux travailleurs des mines en Afrique du Sud. Les garçons sont commercialisés pour travailler dans les fermes d'Afrique du Sud.
On dénonce des discriminations sur le lieu du travail ou le rejet des personnes séropositives par leurs propres familles.
|
| |
|
|
Droit à l’éducation
|
L'éducation est gratuite et obligatoire jusqu'à l'âge de 12 ans, mais un manque d'établissements scolaires rend le principe difficile à appliquer. Les frais d'inscription, de manuels et d'autres fournitures scolaires rendent l'éducation inabordable pour de nombreuses familles. Les enfants issus de familles à revenus très faibles sont exonérés des frais de scolarité. On constate une petite augmentation du nombre d'établissements primaires mais les écoles sont surpeuplées. Le taux de fréquentation scolaire a augmenté à tous les niveaux de l'éducation. Entre 1992 et 2004 le taux net de scolarisation dans l'enseignement primaire aurait augmenté de 52% à 71%. Cependant, au vu d'un ratio enseignant/élèves colossal, il n'est guère étonnant que les taux de réussite soient bas et les taux de redoublement élevés.
Des parents verseraient des pots de vin aux enseignants et aux directeurs d'école pour faire inscrire leurs enfants. Les rapports de Save the Children indiquent que des filles ont des relations sexuelles avec leurs enseignants pour recevoir des notes qui leur permettront de passer dans l'année supérieure. Les abus sexuels au sein de l'école seraient fréquents et on constate des incidents de violence des enseignants contre les élèves. Les places dans les établissements de l'enseignement secondaire supérieur sont également très difficiles à obtenir.
Les orphelins du VIH/SIDA subissent de lourdes privations. 1 foyer sur 5 s'occuperait d'au moins 1 orphelin ; les estimations indiquent que le nombre d'enfants qui perdront un parent ou leurs deux parents à cause du SIDA augmentera jusqu'à 600 000 d'ici 2010. Certaines agences ont élaboré des programmes d'enseignement professionnel pour les orphelins du VIH/SIDA. Dans les zones où l'on trouve encore des mines terrestres, des formations sont dispensées aux enfants pour leur apprendre à les éviter.
La corruption dans l'administration du secteur éducatif a entraîné le détournement de fonds destinés à l'amélioration des structures scolaires. L'usage de la force pour disperser des manifestations estudiantines pacifiques a entraîné le passage à tabac de certains étudiants.
|
| |
|
|
Education de la petite enfance (EPE)
|
Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de trois ans.
|
| |
|
|
Enseignement primaire
|
L'éducation est obligatoire de 6 à 12 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 71% (45% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 31% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 21% des élèves doublent une année ou plus. 54 721 enseignants (dont 30% de femmes) travaillent à ce niveau. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/65.
|
| |
|
|
Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
|
L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 5 ans plus tard. 9% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur et 15% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 4%. 22% des élèves doublent une année ou plus.
|
| |
|
|
Enseignement post-secondaire et supérieur
|
22 256 étudiants (dont 32% de femmes) étudient dans l'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 1%. 2 366 étudiants étudient à l'étranger, principalement au Portugal (1 066), en Afrique du Sud (815), aux Etats-Unis (93), au Royaume-Uni (71) et en Australie (67).
|
| |
|
|
Enfants à besoins spéciaux
|
Aux yeux de la loi, les personnes handicapées bénéficient des mêmes droits que les autres citoyens, toutefois peu de ressources sont disponibles pour faire de la loi une réalité. Les opportunités en matière d'éducation et d'emploi sont très limitées. Le Mozambique compterait 700 000 citoyens malvoyants cependant l'école pour aveugles n'accueille que 70 étudiants. Les structures de santé mentale sont en très mauvais état.
L'Associação dos Deficientes Mozambicanso (ADEMO), une organisation nationale des personnes handicapées, répond au manque d'enseignants qualifiés pour les personnes handicapées et à l'exclusion scolaire des enfants handicapés que ce manque entraîne en offrant une formation aux personnes handicapées pour que celles ci deviennent enseignantes. Le programme espère promouvoir les droits des personnes handicapées à recevoir un enseignement par des enseignants qui peuvent les guider par leur propre exemple et leur servir de modèles. En 2003, des diplômes ont été délivrés aux trois premières personnes handicapées issues d'ADEMO qui avaient reçu des bourses d'une organisation de personnes handicapées finnoise afin de pouvoir fréquenter l'établissement de formation des enseignants. Quatre autres étudiants participent actuellement aux cours.
|
| |
|
|
Enfants réfugiés
|
La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. Le gouvernement a instauré un système pour offrir une protection aux réfugiés et coopère avec le bureau du HCNUR et d'autres organisations humanitaires. En 2004, le gouvernement a délivré des cartes d'identité à des réfugiés et à des demandeurs d'asile, leur permettant ainsi de chercher un emploi ou de s'inscrire à l'école. La population réfugiée totalise 7 100 personnes, parmi lesquelles 6 000 vivent dans un seul camp. On observe des conflits entre groupes congolais rivaux et entre les Rwandais et les Congolais.
|
| |
|
|
Minorités et peuples autochtones
|
Traditionnellement, le gouvernement comprend un grand nombre de personnes issues du groupe shangaan, ce qui provoque des protestations des autres zones du pays qui accusent le gouvernement de favoriser le développement économique du sud. En réponse à ces accusations, un plan de développement de 5 ans est consacré aux programmes de développement économique et social dans les provinces du centre et du nord.
|
| |
|
|
Liberté académique
|
Bien que la liberté académique ne soit pas limitée, des rapports indiquent que les enseignants à tous les niveaux du système éducatif se sentent poussés à rejoindre le FRELIMO. Deux députés indépendants ont été démis de leurs postes de directeurs de l'université d'Etat (UEM). Tous deux ont été embauchés comme professeurs dans une autre université.
|
| |
|
|
Egalités des sexes
|
Le nouveau Code de la famille élève l'âge du mariage à 18 ans pour les deux sexes ; il élimine le statut de chef de famille qui était automatiquement attribué aux hommes et leur conférait des avantages. Les traditions locales dans les provinces du nord et dans les communautés musulmanes et d'Asie du sud continuent de favoriser les mariages précoces. Les mariages civils, religieux et en vertu du droit coutumier sont tous valides. La polygamie n'est plus respectée mais les épouses des mariages polygames bénéficient dorénavant de l'intégralité des droits relatifs au mariage et à la succession. Le mariage forcé constituerait un problème. Le droit coutumier limite les droits des femmes. Les femmes continuent de recevoir des salaires inférieurs à ceux des hommes pour un travail de valeur égal.
Les violences domestiques restent répandues mais les pressions culturelles découragent les femmes d'entreprendre des actions en justice. La première unité de police totalement féminine a été instaurée pour aider les femmes victimes de violences. Le harcèlement sexuel est illégal mais existe, y compris dans le secteur éducatif.
|
| |
|
|
Travail des enfants
|
L'âge minimum d'embauche est fixé à 18 ans. Les enfants de 15 à 18 ans peuvent travailler mais l'employeur doit leur offrir une formation professionnelle et une éducation. Les conditions de travail ne doivent pas être préjudiciables à leur développement physique et moral. Les enfants âgés de 12 à 15 ans peuvent travailler avec une permission spéciale. La semaine de travail pour les enfants de moins de 18 ans est fixée à 38 heures. Les enfants doivent recevoir le salaire minimum ou au moins 2/3 du salaire des adultes, le plus élevé des deux.
Le travail forcé ou obligatoire des enfants est interdit mais les enfants des zones rurales travaillent dans l'agriculture dans de telles conditions, de même que les domestiques. Des enfants de moins de 15 ans travaillent dans les fermes familiales ou dans les récoltes sur les plantations commerciales et sont rémunérés à la pièce. Les enfants orphelins du VIH/SIDA sont obligés de travailler pour survivre. Dans le secteur formel, le travail des enfants est réglementé.
|
| |
|
|
Droits syndicaux
|
Les travailleurs sont libres de fonder des syndicats et d'y adhérer. Les travailleurs du secteur informel ont été déclarés membres de la Organização dos trabalhadores de Moçambique (Organisation des travailleurs du Mozambique). La négociation collective est autorisée mais moins de 2% de la main-d'uvre est protégée par les conventions collectives. Les syndicats négocient les augmentations de salaires. Le droit de grève est autorisé sauf pour les fonctionnaires, les policiers, le personnel militaire et les personnes qui travaillent dans les services essentiels. Les lois du travail s'appliquent dans les zones franches d'exportation.
Le travail forcé et obligatoire est interdit mais existe dans les zones rurales. Le salaire minimum est d'environ US$ 53 (1,3 millions de meticais) par mois dans les secteurs industriels et des services et d'environ US$ 39 (935 000 meticais) par mois dans le secteur agricole. Aucun de ces salaires ne garantit un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Un emploi supplémentaire, l'agriculture de subsistance ou l'aide des membres de la famille sont nécessaires pour survivre. La semaine de travail normale est de 40 heures mais peut être allongée jusqu'à 48 heures.
|
| |
|