Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Pakistan
République islamique du Pakistan
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Pakistan Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 18468096 44,10 12759139,00 85,09 66,37 39,69 44,64 39,04 9432977 42,77 6447067,00 33,00 32,71 2,69 11,15
2008 0,00 18175801 43,85 84,79 66,13 40,67 45,64 39,48 9339991 41,78 6411653,00 32,00 32,52 973792 44,51 5,18 2,93
2007 17979190 43,64 12377185,00 84,82 66,16 39,95 46,25 39,55 7244911 41,80 6272536,00 32,00 32,09 954698 44,51 5,19 2,84 11,24
2006 16687658 42,45 11062455,00 79,52 62,03 39,01 46,36 39,92 8421015 42,35 5691715,00 30,05 29,70 820347 44,51 4,57 2,63 12,18
2005 4075258 45,96 46,87 38,23 17257947 41,83 11079910,00 82,97 64,72 38,34 43,20 36,66 7994299 42,30 5436123,00 28,75 28,42 782621 45,14 4,50 2,25 10,94
2004 3573929 44,02 44,54 37,93 16207286 40,76 35,96 82,07 65,66 37,50 69,68 72,36 7271999 40,83 22,86 27,20 21,79 36,90 520666 42,71 12,02 3,20 1,97
2003 3126298 44,36 39,13 15093960 40,63 76,44 59,63 34,82 6485293 41,06 24,55 401056 43,16 6,54 2,55 1,97
2002 14489107 39,13 73,41 35,00 6396378 40,35 24,61 385506 43,16 2,55
2001 4689134 40,92 58,98 14204954 39,13 72,10 58,57 34,74 6548857 39,45 25,74
2000 5160468 39,98 64,96 13987198 39,13 71,21 33,00 1,84
1999 2,61
Dernière mise-à-jour: le 12 juin 2007

Introduction

La République islamique du Pakistan est une république fédérale. Selon les rapports, les élections parlementaires de 2002 ont été entachées de graves irrégularités. Le Président est le chef de l'Etat et le chef d'état-major des armées. Le Premier ministre est le chef du gouvernement qui est contrôlé par le Président depuis que ce dernier s'est emparé du pouvoir par un coup d'état militaire en 1999. La Cour suprême a accepté ce coup d'état à condition que le gouvernement élu soit restauré dans les 3 ans. En 2002, le Président a tenu un référendum visant à prolonger sa présidence de 5 années. Des fraudes et des votes forcés ont eu lieu mais la Cour suprême a accepté le vote qui se prononçait à 97,5% en faveur de la prolongation du pouvoir du Président jusqu'en 2007.

Le pays est un Etat islamique et le Président et le Premier ministre doivent être musulmans. Au sein de l'Assemblée nationale, 60 sièges sur 342 sont réservés aux femmes ; 73 femmes sont membres de l'Assemblée et 5 femmes sont membres du gouvernement. Des sièges sont réservés aux membres de 10 minorités religieuses.

Le système judiciaire est indépendant en droit mais soumis à des pressions et à des influences de la part de l'Assemblée législative. Les tribunaux de première instance seraient corrompus, inefficaces et sujets à des influences. Les normes de preuve établissent des discriminations entre les hommes et les femmes et entre les musulmans et les non-musulmans. Le Tribunal fédéral de la Charia peut infirmer une loi contradictoire avec l'Islam. Dans les zones tribales sous administration fédérale (FATA), les tribunaux prononcent leurs jugements en vertu des réglementations sur les crimes frontaliers et les dirigeants tribaux sont responsables de la justice. Les membres des tribus ou des villages peuvent être punis jusqu'à ce que le suspect se rende ou que la tribu ou le village le punisse. Des assemblées locales (jirgas) sont organisées dans certaines zones rurales afin de résoudre les conflits et de prononcer des peines tribales.

Les forces de sécurité sont accusées de pratiquer la torture. Des commissariats de police spéciaux dotés d'un personnel entièrement féminin ont été instaurés pour répondre aux accusations de viols et de mauvais traitements des femmes par les policiers. La corruption serait omniprésente parmi les forces de police et le gouvernement.

Les services de renseignements surveillent les personnalités politiques, les militants et les personnes soupçonnées de terrorisme. Les conversations téléphoniques sont mises sur écoutes et les correspondances sont filtrées sans autorisation judicaire. La loi anti-terroriste interdit l'affiliation et la participation aux groupes extrémistes religieux.

La discrimination fondée sur la race, la religion, la caste, le lieu de résidence ou le lieu de naissance est interdite en droit, toutefois la discrimination est manifeste.

La liberté d'expression et la liberté de la presse sont garanties, cependant les intimidations contre les journalistes les poussent à pratiquer l'autocensure. On signale des vengeances contre les médias qui ont émis des critiques sur les politiques gouvernementales. La loi anti-terroriste interdit tous les matériels qui alimentent les haines sectaires. Les ouvrages étrangers sont expurgés du contenu que la censure juge choquant avant d'être réimprimés. Cependant, les stations de télévisions ont diffusé des films abordant des sujets auparavant tabous et l'accès à Internet n'est pas limité.

Toutes les formes de trafic sont interdites, toutefois le trafic demeure un problème important. Le Pakistan est une source, un pays de transit et une destination pour le trafic d'être humains. Des hommes et des femmes sont commercialisés comme travailleurs forcés ou comme domestiques. De jeunes garçons âgés de 3 à 10 ans sont vendus comme jockeys de chameaux dans les pays du Moyen-Orient. Certains responsables de la police et de l'immigration sont accusés de complicité avec ce trafic ; certains ont été poursuivis. Une unité anti-trafic a été instaurée.

Les homosexuels s'abstiennent de révéler leur orientation sexuelle afin d'éviter la discrimination. Les personnes séropositives sont défavorisées. Les campagnes en matière d'éducation ne semblent pas entraîner l'impact désiré.

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?Droit à l’éducation

L'enseignement n'est pas obligatoire mais l'école primaire est gratuite. Les frais supplémentaires de manuels, de fournitures et d'uniformes scolaires rendent l'éducation inabordable pour de nombreux enfants tant dans l'enseignement primaire que dans l'enseignement secondaire. Les zones rurales souffrent d'une pénurie d'écoles. Les statistiques montrent qu'environ 2/3 des enfants âgés de 5 à 9 ans sont scolarisés et que des taux d'abandon alarmants frappent l'enseignement primaire comme l'enseignement secondaire. Le taux d'alphabétisation général est de 38%, 50% des hommes et 24% des femmes sachant lire et écrire. La discrimination à l'encontre des filles dans l'enseignement demeure manifeste.

Un tremblement de terre en 2005 a détruit environ 7 000 écoles dans la zone, cependant, 18 mois plus tard, les enfants continuaient d'étudier dans des classes à l'extérieur ou dans des tentes. Afin d'offrir un minimum d'éducation à leurs enfants, les parents les envoient dans des madrasas, surtout dans les zones rurales, bien que ces dernières tendent à se concentrer sur l'étude de l'Islam et aident rarement les enfants à trouver un emploi à la fin de leur scolarité. Des efforts sont fournis pour moderniser l'enseignement des madrasas et le gouvernement a accordé des fonds pour que les enseignants reçoivent une formation qui les aide à proposer un enseignement plus large aux élèves des madrasas. Les élèves de certaines madrasas seraient maltraités.

Dans les écoles publiques, l'étude de l'Islam est une matière obligatoire pour tous les élèves musulmans. Les étudiants d'autres confessions sont exemptés de telles leçons, bien que dans la pratique ils doivent parfois y assister.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de 2 années, commence à l'âge de 3 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 38%. L'EPE totalise 86 444 enseignants (45% de femmes). Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/41.

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?Enseignement primaire

L'éducation n'est pas obligatoire. L'enseignement primaire commence à l'âge de 5 ans et dure 5 années. 41% des élèves sont des filles. Le TNS est de 66% (76% des garçons et 56% des filles). L'enseignement primaire totalise 432 222 enseignants (45% de femmes). Le REE est de 1/37.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à l'âge de 10 ans et dure 7 années. Dans l'enseignement secondaire supérieur, 11% des étudiants suivent des programmes professionnels techniques. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 27%. L'enseignement secondaire totalise 197 082 enseignants dont 161 500 (54% de femmes) dans le secondaire inférieur et 35 582 (32% de femmes) dans le secondaire supérieur. Le REE est de 1/38 dans le secondaire inférieur et de 1/32 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

520 666 étudiants (43% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, soit un TBS de 3%. 18 639 étudiants pakistanais étudient à l'étranger, essentiellement aux Etats-Unis (7 325), au Royaume-Uni (4 378), en Allemagne (1 186), en Australie (1 100) et en Malaisie (613).

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?Enfants à besoins spéciaux

La plupart des personnes présentant des handicaps physiques et mentaux dépendent de leurs familles. De nombreux adultes et enfants handicapés doivent mendier pour gagner un peu d'argent. La loi exige que les entreprises publiques et privées réservent 2% de leurs postes à des personnes handicapées mais cette disposition n'est pas appliquée. De nombreux enfants souffrent de graves traumatismes de la colonne vertébrale suite au tremblement de terre de 2005. En dehors de l'éducation offerte par les ONG et les organisations intergouvernementales, les enfants handicapés disposent de peu de services éducatifs.

Les mineurs délinquants peuvent être envoyés dans des écoles de réforme résidentielles à Karachi ou à Bahâwalpur où ils sont confrontés aux mauvais traitements, à la torture et aux drogues. La nourriture et les services éducatifs sont insuffisants dans ces centres.

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?Enfants réfugiés

La loi ne prévoit pas l'octroi de l'asile ou du statut de réfugié conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967, cependant le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Une protection temporaire est accordée depuis plusieurs années aux millions de réfugiés de l'Afghanistan. Le pays compte toujours environ 3 millions d'Afghans, selon le HCNUR qui aide à soutenir cette population.

Les réfugiés sont victimes de discrimination et de mauvais traitements et sont souvent accusés d'être responsables de hauts taux de criminalité et de chômage. 1,5 millions de Cachemiriens sont déplacés au Pakistan. Ils disposent des mêmes droits que les citoyens pakistanais.
L'enseignement dans les camps de réfugiés est généralement offert par le HCNUR. Les ONG et les agences intergouvernementales offrent certains services éducatifs aux enfants réfugiés en dehors des camps.

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?Minorités et peuples autochtones

Les législateurs élus, y compris les non-musulmans, doivent prêter serment de « s'efforcer de préserver l'idéologie islamique, qui est le pilier sur lequel est fondé le Pakistan. » Les minorités religieuses sont victimes de discrimination. La communauté Ahmadi se qualifie elle-même de secte musulmane cependant les autorités la considère comme une minorité non-musulmane. Les Ahmadis ne sont pas autorisés à participer au jeûne du Ramadan, à pratiquer les rites de l'accueil musulman, à considérer comme mosquées les lieux de cultes ahmadis, à réciter des prières islamiques ni à participer au Hajj. Tous les citoyens sont soumis aux lois de la Charia concernant le blasphème.

La communauté hindoue accuse les forces de sécurité d'exiger des pots-de-vin, ce qui accroît les tensions indopakistanaises. Les communautés ahmadi, chrétienne, hindou et musulmane chiite sont toutes victimes de discrimination en matière d'emploi et d'accès à l'enseignement public.

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?Liberté académique

La liberté académique est limitée par la violence et l'intolérance des étudiants membres de groupes affiliés à des partis politiques. Certains campus universitaires signalent que des groupes d'étudiants bien armés se sont associés avec l'All Pakistan Mohajir Students Organisation (APMSO), qui est affiliée au Muttahidi Quami Movement (MQM), un parti politique influent qui était à l'origine une organisation estudiantine ethnique. Le MQM est accusé d'être impliqué dans des activités terroristes dans la province du Sindh. Le Jamiat Talaba islamique est affilié au Jamaat-e-Islami, un mouvement politique fondé à Lahore. Il s'agit de l'un des plus importants composants de la coalition des partis religieux.

Selon certains rapports, ces groupes intimident les étudiants, les enseignants et les administrateurs sur les questions relatives à la langue, au programme scolaire, aux politiques relatives aux examens, aux diplômes, aux doctrines et à la tenue vestimentaire. Ils interviennent dans les domaines de l'embauche du personnel et des admissions des étudiants et sont influents dans l'utilisation des fonds universitaires. Les autorités universitaires ont interdit les activités politiques sur de nombreux campus, sans succès.

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?Egalités des sexes

Le Président a dissuadé les organisations nationales de femmes de dénoncer les cas de viols et d'abus sexuels auprès de la communauté internationale, affirmant que leur action nuit à l'image du Pakistan sur la scène internationale. La discrimination fondée sur le sexe est interdite en droit mais endémique dans la pratique. Le harcèlement sexuel est fréquent mais rarement poursuivi malgré la législation.

Les lois relatives à la famille, la propriété et la succession défavorisent les femmes. Une femme hérite seulement d'un huitième des biens de son mari, et les femmes qui se marient sans l'approbation de leur famille sont rejetées ou victimes de crimes d' « honneur ». Afin d'éviter la division des biens, une famille peut recourir au « mariage coranique » d'une de ses filles en vertu duquel elle sera considérée comme mariée au Coran et n'aura plus aucun contact avec les hommes âgés de plus de 14 ans. La discrimination en matière d'emploi est dénoncée ; les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes pour un travail de valeur égale.

La violence conjugale représente un sérieux problème. Les conflits relatifs à la dot et à la famille peuvent aboutir à des morts ou des défigurations. Le système judiciaire agit rarement dans de telles affaires, qui sont considérées comme des problèmes internes aux familles. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées par certains groupes mais leur incidence serait en baisse. Les victimes de trafic intérieur ou international sont détenues comme prostituées.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans, mais l'application de la loi est faible et la corruption permet aux pires pratiques de subsister. Le travail des enfants constitue un sérieux problème. 35 formes de travail dangereux des enfants ont été observées, cependant des enfants continuent d'être employés dans chacune d'entre elles. L'agriculture et les services domestiques emploient également le travail des enfants.

Le travail forcé ou obligatoire continue, tandis que le nombre d'enfants travaillant dans de telles conditions est en hausse en raison du trafic et de l'exploitation sexuelle. Les programmes de l'OIT ont mis en place un ensemble de services de contrôle, d'accès à l'éducation, de réhabilitation et d'emploi par les membres de la famille afin de libérer les enfants de telles situations de travail. La loi de suppression de la servitude proscrit le travail forcé ainsi que la servitude pour dettes, toutefois on estime que le nombre de travailleurs forcés s'élève entre 5 et 20 millions.

Les parents défavorisés des zones rurales vendent leurs enfants comme travailleurs forcés. De nombreux travailleurs forcés appartiennent aux castes hindoues les plus basses, ou sont des descendants musulmans et chrétiens de ces castes. Les faibles taux d'alphabétisation empêchent de nombreuses personnes de savoir que leurs dettes ont été payées. On signale que les propriétaires de la province rurale du Sindh possèdent des prisons privées où ils enferment les travailleurs forcés adultes et enfants. La corruption empêche la suppression du travail forcé.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhérer, à l'exception des travailleurs agricoles et des enseignants, tandis que les forces de sécurité, de nombreux fonctionnaires, travailleurs de la santé et travailleurs des entreprises pétrolières disposent de droits limités. Les membres des syndicats représentent 10% des travailleurs du secteur formel et 3% de la main-d'uvre totale. Une négociation collective limitée est autorisée et le droit de grève est assorti de restrictions. Les zones franches d'exportation ne sont pas concernées par le Code du travail.

Le salaire mensuel minimum pour les travailleurs non qualifiés est de US$42 (2 500 PKR), ce qui ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine maximale de travail est de 48 heures pour certains et de 54h pour les travailleurs des industries saisonnières.

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Nom du pays/territoire République islamique du Pakistan
Population 165803560 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1957)
OIT 87 (1951)
OIT 98 (1952)
OIT 100 (2001)
OIT 105 (1960)
OIT 111 (1961)
OIT 138 (2006)
OIT 182 (2001)
Comparaison de pays
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