Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Panama
République de Panama
Données sur le pays    
Pour en savoir plus sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation à travers le monde, sélectionnez un pays ou un territoire :
  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Panama Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 90683 49,15 74107,00 65,72 57,00 440627 48,17 388843,00 108,98 96,98 23,63 274809 50,99 225209,00 72,00 14,66
2008 94928 49,06 79786,00 68,86 61,02 445107 48,18 397611,00 111,12 98,27 24,24 100,34 100,90 266760 50,95 224792,00 71,00 65,55 15,39 134290 59,71 45,11 3,80
2007 96857 48,59 81488,00 70,43 61,35 446176 48,26 396665,00 112,58 98,29 24,54 97,61 98,48 260694 50,82 219641,00 70,00 15,47 132660 60,59 45,03
2006 91946 49,12 76514,00 67,19 59,53 436945 48,26 390530,00 111,50 98,48 24,51 93,57 93,37 257378 51,04 217356,00 69,93 64,18 15,77 130838 60,92 44,93
2005 83836 49,16 61,77 55,15 430152 48,20 385390,00 111,01 98,47 24,23 95,23 105,47 256224 50,76 217428,00 70,21 63,80 15,63 126242 61,15 43,89
2004 73154 49,49 17,16 54,52 51,69 429837 48,26 10,37 112,19 98,25 24,04 82,44 82,79 253900 50,79 14,84 70,15 63,73 15,76 128558 61,61 45,30 3,90 8,95
2003 73409 49,20 18,13 55,43 51,69 424500 48,16 10,00 112,04 98,29 24,28 81,01 83,32 253012 50,67 14,52 70,48 16,09 130026 60,60 46,50 4,44
2002 72351 49,20 18,13 55,43 51,69 419904 48,17 10,00 112,04 98,29 24,28 79,49 80,93 251228 50,67 14,51 70,57 63,02 16,09 117601 62,14 12,12 42,67 4,44 7,74
2001 64929 49,52 19,27 50,45 48,44 408249 48,19 10,00 110,05 98,17 24,33 88,02 89,28 244097 50,75 14,94 69,23 62,42 16,08 117864 62,40 43,31 4,35 7,29
2000 56993 49,27 22,03 44,83 43,55 400408 48,19 9,89 108,95 97,82 24,74 86,21 86,99 234153 50,55 15,69 67,15 61,07 16,26 118502 62,13 43,96 5,04
1999 49129 49,29 22,99 39,03 36,57 393030 48,16 9,62 107,82 96,18 26,08 90,15 90,51 230034 50,78 16,33 66,84 59,24 16,00 108764 60,73 40,60 4,84
Dernière mise-à-jour: le 21 juin 2007

Introduction

La République du Panama possède un gouvernement élu composé du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. En 2004, des élections au suffrage universel et à bulletin secret, jugées libres et équitables, ont eu pour résultat que le Parti révolutionnaire démocratique a obtenu la présidence et le contrôle de l'assemblée législative.

Les femmes occupent 11 des 78 sièges de l'Assemblée nationale, 2 des 13 sièges du gouvernement et des postes de haut rang dans le système judiciaire. Il y a 5 représentants des minorités à l'Assemblée nationale (2 Kuna Yalas et 3 Ngobe Bugles) et 1 au Gouvernement. 1 siège supplémentaire a été gagné par un législateur Ngobe. Ni les Madugandis ni les Embera-Wounaans n'ont de législateurs élus.

La discrimination fondée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite et la loi est appliquée, toutefois on constate des préjugés.
La police et les gardiens de prison sont accusés d'abus tandis que les pouvoirs exécutifs et législatifs sont accusés de corruption ; en réalité, un sondage a classé la corruption au troisième rang des problèmes nationaux.

La liberté d'expression et de la presse sont assurées. Le recours aux lois sur la diffamation pour menacer les journalistes a diminué. Les médias présentent divers points de vue sans restriction et le conseil de la censure a été aboli. L'accès à Internet n'est pas restreint bien que des enquêtes soient en cours sur la cybercriminalité et la pornographie sur Internet.

Les rapports mentionnent un trafic de, vers et dans le pays. Panama est également un point de transit pour les immigrants économiques. Le gouvernement collabore avec l'OIT sur les problèmes de trafic.

La législation interdisant l'homosexualité n'est pas appliquée. La discrimination à l'égard des personnes séropositives dans le cadre de l'emploi et de l'enseignement est illégale mais signalée comme fréquente. Un groupe d'action pour les droits des homosexuels accuse les employeurs de faire preuve de discrimination à l'égard des homosexuels.

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?Droit à l’éducation

L'éducation est obligatoire de 6 à 11 ans. Elle est gratuite dans les écoles primaires et secondaires. Les autres coûts, tels que les uniformes, les repas et le transport, sont à la charge des familles, ce qui impose de lourds fardeaux aux ménages défavorisés et contraint souvent les enfants à abandonner l'école. Environ 40,5% des Panaméens vivent sous le seuil officiel de la pauvreté et 25,6% vivent dans des conditions d'extrême pauvreté.

Nombre des opportunités pour les enfants sont limitées par les traditions, les contraintes financières et économiques, le manque de transport, le nombre trop restreint d'écoles secondaires et les ressources gouvernementales insuffisantes. La province la plus orientale, Darien, et des régions comptant des populations élevées de groupes autochtones souffrent le plus du manque d'infrastructures.

On estime que les enfants autochtones et les enfants défavorisés ont entre 7 et 9 années d'éducation de moins que les enfants de ménages percevant des niveaux de revenus plus élevés. Sur le plan national, 64% des enfants âgés de 15 à 19 ans suivent un enseignement au-delà de la 6ème année, bien que dans les régions Embera et Ngobé-Buglé, cette proportion baisse pour n'atteindre que 18% des enfants. Sur le plan national, 1 homme sur 5 et 1 femme sur 4 issus de ménages à faibles niveaux de revenus n'ont pas fréquenté l'école.

Aucun mécanisme ne permet de garantir l'accès à l'éducation pour les populations défavorisées et autochtones. En moyenne, les populations autochtones ont suivi 3 années d'enseignement. Les taux d'analphabétisme parmi les groupes autochtones avoisinent les 40%. Dans la population Ngobé-Buglé, on signale un taux d'analphabétisme de 46%, 50% de femmes étant analphabètes. Davantage de filles que de garçons fréquentent l'école après l'achèvement de l'enseignement obligatoire. Les parents ont le droit d'exempter leurs enfants de l'enseignement religieux dans les écoles publiques.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Un programme d'une durée de 2 années débute à l'âge de 4 ans. A ce niveau, 23% de l'enseignement est privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 52%. 4 168 enseignants (96% de femmes) travaillent à ce niveau. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/18. Environ 75% des enfants issus des ménages plus défavorisés n'ont pas accès à l'EPE.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire de 6 à 11 ans. L'école primaire débute à l'âge de 6 ans et se poursuit pendant 6 années. A ce niveau, 10% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 98% (48% de femmes). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 81% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. 5% des élèves doublent une année ou plus. A ce niveau, 17 882 enseignants (76% de femmes) sont actifs et parmi eux, 74% sont qualifiés. Près de 66% des enseignants panaméens n'ont pas de formation de niveau universitaire.

L'enseignement est surtout donné en espagnol et seule la moitié des enfants autochtones parlent cette langue. L'enseignement bilingue doit encore être développé. 75% des écoles à ce niveau proposent plusieurs programmes. L'accès aux manuels et aux supports est très limité pour les enfants plus défavorisés : 30% des enfants défavorisés dans les écoles primaires n'ont pas de manuels scolaires. Dans les régions autochtones, 60% des élèves n'ont accès à aucun manuel dans aucune langue. Le REE est de 1/24.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. A ce niveau, 15% de l'enseignement est privé. 32% des élèves dans le secondaire inférieur et 53% dans le secondaire supérieur suivent des programmes techniques professionnels. Le TNS est de 64%. 5% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire compte 16 109 enseignants, dont 9 418 (60% de femmes) dans le secondaire inférieur et 6 619 (53% de femmes) dans le secondaire supérieur. 83% des enseignants du secondaire sont qualifiés. Le REE est de 1/16 dans le secondaire inférieur et de 1/15 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

130 026 étudiants (61% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 46%. 1 818 étudiants panaméens étudient à l'étranger, essentiellement aux Etats-Unis (958), à Cuba (429), au Salvador (89), au Costa Rica (72) et au Royaume-Uni (39). Seulement 3% des personnes provenant de ménages ayant des niveaux de revenus plus faibles suivent des programmes d'enseignement supérieur. La population autochtone n'a pas accès à l'enseignement supérieur.

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?Enfants à besoins spéciaux

La discrimination fondée sur le handicap est illégale mais persiste dans la société. Les écoles publiques ne disposent pas des infrastructures adéquates pour les enfants à besoins spéciaux. Certaines mesures ont été prises afin d'intégrer les enfants handicapés dans le système scolaire ordinaire. Environ 65 écoles publiques ont construit des rampes et admettent des enfants sourds, aveugles et éprouvant des difficultés mentales en leur sein. Les enfants qui présentent des handicaps physiques sévères ne sont pas intégrés. Très peu d'écoles privées admettent les enfants à besoins spéciaux.

Depuis le mois d'août 2005, les personnes handicapées bénéficient d'un traitement médical gratuit. L'emploi obligatoire d'au moins 2% de personnes handicapées n'a pas été mis en uvre en raison de la réticence des employeurs à engager des travailleurs handicapés, même si ces derniers ne doivent pas être payés autant que les travailleurs non handicapés. Un plan national visant à traiter le handicap est en cours d'élaboration. Une ONG propose des cours artistiques et d'artisanat à certains mineurs en détention.

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?Enfants réfugiés

La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Les personnes déplacées provenant de la Colombie voisine bénéficient temporairement d'un statut protégé mais ne peuvent travailler en dehors des villages assignés. Certaines vivent au Panama depuis des années sans avoir de statut de réfugié officiel. Le gouvernement coopère avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires afin d'assister les réfugiés et les demandeurs d'asile.

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?Minorités et peuples autochtones

Une discrimination est signalée à l'égard des Noirs, des populations autochtones et d'autres minorités. Les immigrants plus récents sont également confrontés à un racisme ouvert ; les Asiatiques en sont des cibles particulières. Les résidents chinois sont, selon les rapports, traités comme des citoyens de seconde classe. Les résidents en provenance du Moyen-Orient et indiens déclarent également être l'objet d'une discrimination. Les Noirs se voient souvent refuser l'admission dans des restaurants ou d'autres établissements et sont sous-représentés dans les postes de pouvoir. On signale que les pratiques d'embauche préférentielle dans les secteurs publics et privés entretiennent les pratiques de discrimination. Le Président a constitué une Commission ethnique noire afin d'élaborer un plan pour l'insertion des Noirs dans tous les aspects de la société.

Les peuples autochtones bénéficient d'une protection de leur identité ethnique et de leurs langues maternelles. Des programmes d'alphabétisation bilingue sont proposés aux communautés autochtones ; elles ont également le droit de prendre part aux décisions qui touchent à leurs terres et à l'allocation des ressources naturelles. Les droits de propriété intellectuelle sur l'artisanat autochtone sont protégés mais les connaissances médicales autochtones ne le sont pas. Les autochtones connaissent des niveaux plus élevés de pauvreté, de maladie, de malnutrition et d'analphabétisme. Un rapport du Fonds de développement des Nations unies observe que plus de 45% de la population dans la réserve Ngobé-Buglé est analphabète.

Les conditions de travail des travailleurs autochtones dans les plantations sont pires que celles de leurs homologues non autochtones ; le logement et la nourriture sont de qualité inférieure, selon les rapports, et les heures de travail agricole pénibles sont plus longues.

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?Liberté académique

Les rapports ne mentionnent aucune restriction à la liberté académique.

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?Egalités des sexes

La discrimination fondée sur le sexe est interdite ; la législation garantit des droits égaux aux femmes et aux hommes dans le domaine de la famille et de la propriété. L'égalité des femmes sur le lieu de travail est encouragée ainsi que le paiement d'un salaire égal pour un travail de valeur égale, pourtant les femmes continuent de percevoir en moyenne 30% à 40% de moins que les hommes.

Le harcèlement sexuel dans les relations employeur/travailleur et enseignant/étudiant est illégal et les contrevenants sont passibles de peines de prison. Des réformes légales visant à réduire le harcèlement sexuel sont en cours de discussion. Les femmes représentent la majorité des travailleurs dans les emplois de service mais n'occupent que 40% des postes de direction. Des pratiques discriminatoires d'embauche fondées sur l'âge et l'apparence ont été dénoncées. Les violences domestiques représentent un sérieux problème.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans bien que des enfants de 12 ans à peine puissent travailler pour exécuter des corvées agricoles légères à raison de 6 heures par jour si cela ne les empêche pas de fréquenter l'école. Les enfants de moins de 15 ans ne peuvent pas travailler s'ils n'ont pas terminé l'école primaire. En dessous de l'âge de 18 ans, les mineurs ne peuvent travailler plus de 6 heures par jour et ne peuvent travailler la nuit. La législation sur le travail des enfants est mise en application dans le secteur formel mais ne l'est pas dans l'agriculture ou dans le secteur informel.

Dans les zones rurales, les violations de la législation relative au travail des enfants sont fréquentes durant les récoltes. Les exploitants agricoles rémunèrent en fonction de la quantité récoltée, de sorte que les ouvriers agricoles emmènent leurs enfants dans les champs afin d'être aidés dans leur travail.

Les familles autochtones sont les plus concernées. Le travail domestique des enfants constitue également un problème. Plus de 6.000 enfants âgés de 10 à 17 ans travaillent comme domestiques. Une étude de l'OIT estime que 52 000 enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent dans le secteur informel. Le gouvernement estime que 15 000 enfants sont employés de façon informelle dans les zones urbaines. Environ 45% des enfants qui travaillent ne fréquentent pas l'école. L'enrôlement par les gangs et le trafic des enfants constituent des problèmes croissants.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. En 2005, le Comité des experts de l'OIT a demandé au gouvernement de modifier la législation nationale qui prescrit un seuil de 50 fonctionnaires pour l'établissement d'un syndicat des fonctionnaires. Environ 13% de la main-d'uvre est organisée. Les travailleurs du secteur privé ont formé des syndicats ; les travailleurs du secteur public comptent 19 associations. Les travailleurs du secteur public, à l'exception de ceux qui assurent des services essentiels, ont un droit de grève limité. 50% des travailleurs assurant un service essentiel doivent continuer à assurer ces services durant les grèves.

L'OIT a demandé au gouvernement de modifier la législation afin de permettre aux fédérations et confédérations d'avoir le droit de grève. L'Autorité du Canal de Panama est autonome ; elle interdit le droit de grève à tous les travailleurs et n'autorise qu'une négociation collective limitée. La négociation collective est autorisée dans les zones franches d'exportation. L'OIT a demandé au gouvernement de préciser si les travailleurs de ces zones avaient le droit de grève.

Les taux de salaires minimums sont fixés par région et par catégorie de travailleurs, à l'exception des travailleurs du secteur public. Le salaire minimum varie entre US$ 0,82 (0,82 balboas) et US$ 1,56 (1.56 balboas) de l'heure. Ce salaire ne permet pas de garantir un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Environ 40% de la population travaille dans le secteur informel et gagne moins que le salaire minimum. La semaine normale de travail est de 48 heures.

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Nom du pays/territoire République de Panama
Population 3191319 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1966)
OIT 87 (1958)
OIT 98 (1966)
OIT 100 (1958)
OIT 105 (1966)
OIT 111 (1966)
OIT 138 (2000)
OIT 182 (2000)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

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