Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Senegal
République du Sénégal
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Senegal Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 126403 52,67 63081,00 11,50 7,00 1652585 50,61 1429152,00 83,73 73,07 34,66 94371 36,96 8,05 5,95
2008 114618 52,56 57222,00 10,65 7,25 1618303 50,18 1403491,00 83,50 72,93 36,44 43,36 582101 43,88 467100,00 30,00 91359 35,30 8,00 5,10 19,01
2007 99038 52,39 48482,00 9,38 6,31 1572178 49,62 1377530,00 82,63 71,14 34,21 32,33 29,72 519064 43,34 27,00 71211 34,64 6,40
2006 94807 52,11 23209,00 9,16 6,35 1473464 49,21 1291382,00 78,96 69,94 38,53 447425 42,82 24,31 20,84 62539 31,65 5,78 4,77
2005 78812 52,11 7,76 4,25 1444163 48,64 1275945,00 79,01 69,04 41,67 29,04 33,13 405899 42,46 310597,00 22,64 17,66 26,37 59127 5,62 5,15 18,93
2004 54837 52,01 74,10 5,56 3,16 1382749 48,26 11,17 76,01 66,15 43,20 360016 41,62 26,25 19,37 15,28 26,37 52282 21,04 4,95 4,04
2003 29789 52,00 61,66 3,07 1,74 1287093 47,52 10,90 71,62 61,43 46,05 72,17 71,41 309959 40,62 24,37 17,11 25,56 50375 4,94
2002 28663 52,67 69,94 3,00 1197081 47,08 11,03 67,49 51,89 48,89 71,41 68,32 289263 39,92 24,08 16,43 27,04 3,59
2001 31650 52,45 73,38 3,35 2,34 1159721 46,55 11,16 66,35 55,97 50,84 59,13 55,59 260738 39,52 25,07 15,26 25,09 3,49
2000 25392 50,94 69,20 2,72 2,68 1107712 46,00 10,59 64,45 54,36 50,92 62,85 58,74 249547 39,25 26,27 15,08 27,35 3,38
1999 24299 49,51 68,47 2,63 1034065 45,90 12,07 61,31 51,71 48,60 237454 38,89 27,86 14,85 25,26 29303 20,83 3,34 3,41
Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007

Introduction

La République du Sénégal est dominée par une présidence forte. Les élections présidentielles en 2000 et les élections à l'Assemblée nationale en 2001, au suffrage universel, ont été jugées libres et justes et le Président sortant a été réélu. La prochaine élection est prévue pour février 2007. Le Parti socialiste a dominé l'Assemblée nationale pendant 40 ans jusqu'en 2001, lorsqu'une coalition dirigée par le Parti démocratique sénégalais a remporté 89 sièges sur 120. Le Sénégal possède 10 régions administratives, chacune dirigée par un gouverneur nommé par le Président. Les futurs présidents seront élus pour des mandats de 5 ans et seront limités à 2 mandats. Le Président actuel est le dernier élu pour un mandat de 7 ans. Le pays compte 91 partis politiques.

Vingt-cinq femmes sont membres de l'Assemblée nationale et 7 ministres sur 40 sont des femmes. 39 membres de minorités ont été élus à l'Assemblée nationale et 15 sont ministres gouvernementaux. Les juges sont nommés par le Président et le système judiciaire, bien que théoriquement indépendant, serait soumis à des influences gouvernementales.

La discrimination basée sur le sexe, la race, la classe ou la langue est interdite mais la loi n'est pas appliquée et les discriminations existent.

Les musulmans peuvent choisir un système légal religieux pour les affaires relatives au mariage et à la succession. Dans la pratique, les juges religieux sont chargés de nombreux litiges. On constate une augmentation des blessures causées par des violences collectives.

Amnesty International dénonce l'impunité des forces de sécurité de la région de Casamance. La perception publique du gouvernement est caractérisée par la corruption. Une commission anti-corruption a été chargée d'enquêter sur les accusations et plusieurs cas de corruption ont attiré l'attention des médias. A titre d'exemple de corruption, Transparency International cite des dossiers déposés contre des directeurs généraux d'organismes parastataux sous le régime précédent. De récentes augmentations salariales et le fait que des députés aient reçu des véhicules tout-terrains et des propriétés terriennes ont contribué à la perception de corruption des représentants gouvernementaux.

L'accès aux informations gouvernementales est prévu par la loi mais rarement rendu possible dans la pratique. La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. Les journalistes pratiquent l'autocensure. De faibles taux d'alphabétisation font de la radio la principale source d'information. Les services de télévision par satellite offrent des programmes internationaux et l'accès à Internet n'est pas limité. Une marche a été organisée en 2005 pour soutenir la liberté de la presse et pour que cessent les intimidations envers les journalistes.

La traite d'êtres humains est interdite par la loi mais des rapports indiquent que le pays est une source, un point de transit et de destination pour ce trafic. Des enfants sont victimes de trafic depuis la Gambie, le Mali, la Guinée et la Guinée-Bissau pour être exploités comme talibés, des élèves coraniques qui doivent mendier pour financer leurs écoles. Des poursuites pour viol, pédophilie, prostitution et abus d'enfants talibés ont eu lieu. On ne possède pas de statistiques sur de tels cas, mais l'UNICEF évalue que le pays compte 100 000 garçons talibés et 10 000 enfants des rues. On accuse les marabouts (des maîtres coraniques chargés des garçons talibés) d'être les principaux trafiquants du pays. De jeunes filles sont victimes de trafic vers les centres urbains pour travailler comme domestiques.

L'homosexualité n'est pas tolérée par la société et les homosexuels n'ont pas essayé de faire valeur leurs droits. Ils sont confrontés à des discriminations mais ne sont pas victimes de violences. L'Internationale de l'Education et ses syndicats membres, le SNEEL, le SUDES, le SYPROS et l'UDEN, ont instauré des programmes de formation à l'intention des enseignants au sujet de la prévention du VIH/SIDA à travers l'enseignement. Des matériels en adéquation avec leur âge et leur culture sont mis à la disposition des élèves. Les personnes séropositives ne subissent pas de discriminations. Un programme anti-rétroviral gratuit visant à soigner les patients séropositifs a été mis en uvre. Cependant la stigmatisation continue et on estime que 4 000 personnes séropositives ont refusé de bénéficier du programme gouvernemental par peur du rejet par la société.

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?Droit à l’éducation

L'éducation est gratuite et obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 16 ans. Les familles financent les manuels, les uniformes et diverses autres fournitures scolaires. De nombreux enfants ne sont pas scolarisés car leurs parents ne peuvent se permettre ces frais ou parce qu'ils ne trouvent pas d'école disponible. Des établissements préscolaires ont été ouverts. Le niveau d'éducation le plus élevé atteint par la plupart des enfants est l'enseignement primaire.

Pour la toute première fois lors de l'année académique 2005-06, plus de filles que de garçons étaient inscrites à l'école élémentaire. Les jeunes filles continuent d'être confrontées à des difficultés pour accéder à l'école et y rester. Si les familles sont forcées de choisir à cause de la pauvreté, elles scolarisent leurs fils. Le gouvernement propose dorénavant des cours d'éducation religieuse dans le secteur éducatif formel comme alternative aux écoles coraniques.

Cependant, tous les parents ne peuvent assumer financièrement les frais de matériel des écoles publiques. Seulement 23% des femmes de plus de 15 ans savent lire et écrire, contre 43% des hommes. Le conflit dans la région de la Casamance a entraîné le déplacement de nombreux enfants, qui souffrent des conséquences du conflit et de malnutrition. Les enseignants doivent obtenir l'accord du gouvernement avant de pouvoir quitter le pays. La loi concerne tous les fonctionnaires mais est seulement appliquée aux enseignants.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de 4 ans. A ce niveau, 74% de l'EPE relève du secteur privé. Parmi les 1 983 enseignants qui travaillent à ce niveau, 80% sont des femmes et tous sont formés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/28.

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?Enseignement primaire

L'éducation est obligatoire de 7 à 12 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 6 ans. A ce niveau, 11% de l'enseignement est privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 66% (48% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 72% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 13% des élèves doublent une année ou plus. 32 005 enseignants (24% de femmes) travaillent à ce niveau et 51% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/43.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 7 ans plus tard. A ce niveau, 26% de l'enseignement est privé. 5% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 15%. 12% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 13 654 enseignants dont 10 357 (14% de femmes) dans le secondaire inférieur et 3 297 (14% de femmes) dans le secondaire supérieur. 51% des enseignants du secondaire sont formés. Le REE dans le secondaire inférieur est de 1/26 et de 1/27 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

52 282 étudiants étudient dans l'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 5%. A ce niveau, 21% de l'enseignement est privé. 1 295 étudiants étrangers étudient au Sénégal, on ne connaît pas leurs pays d'origine. 10 677 étudiants sénégalais étudient à l'étranger, principalement en France (8 329), aux Etats-Unis (805), au Maroc (435), en Allemagne (256) et au Canada (246).

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?Enfants à besoins spéciaux

La loi interdit la discrimination à l'égard des personnes handicapées dans l'éducation et l'accès aux autres services gouvernementaux et cette disposition est respectée. Le pays manque d'infrastructures pour aider les personnes handicapées. 15% des nouveaux postes de la fonction publique doivent être réservés à des personnes handicapées. Des écoles pour enfants handicapés existent et des subventions sont disponibles pour la formation professionnelle des personnes handicapées. Les centres régionaux aident les personnes handicapées à recevoir une formation et des fonds pour mettre sur pied une petite entreprise. Cependant, seulement 30% des enfants handicapés sont inscrits dans les écoles, en raison d'un manque de formation des enseignants en matière d'enseignement spécial et d'infrastructures accessibles aux enfants handicapés.

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?Enfants réfugiés

La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le HCNUR aide à soutenir plus de 20 000 réfugiés mauritaniens. Le gouvernement coopère avec le HCNUR pour aider les réfugiés et les demandeurs d'asile. Le conflit de la Casamance, qui dure depuis 20 ans, a fait de milliers de Casamançais des réfugiés ou des personnes déplacées dans leur propre pays (PDP). Un grand nombre sont retournés chez eux à la faveur de l'amélioration de la sécurité à la suite du cessez-le-feu en 2004 mais on évalue que 20 000 personnes resteraient déplacées.

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?Minorités et peuples autochtones

Les nombreux groupes ethniques coexistent plutôt pacifiquement bien que certains observateurs considèrent que les tensions ethniques entre les Wolofs et les groupes ethniques du sud jouent un rôle important dans la rébellion de longue date de la région de la Casamance. L'éducation des enfants de la Casamance a été interrompue et leurs opportunités limitées par le conflit.

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?Liberté académique

Il y a quelques années, la presse sénégalaise a publié des articles sur ce qu'on appelait la panne des intellectuels. On considérait que les universitaires n'avaient pas réussi à offrir des solutions aux crises économiques et sociales du continent. Ce débat a eu lieu à la suite d'une période de lourdes coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur, en accord avec les politiques de la Banque mondiale à cette époque.

Un universitaire sénégalais observe maintenant que le marché n'a presque jamais été capable d'offrir des solutions aux problèmes de l'Afrique et que l'enseignement supérieur et la recherche sont encore moins susceptibles d'être des domaines dans lesquels des solutions de marché pourraient être attendues. Il exprime son inquiétude à propos du poids croissant des objectifs commerciaux dans le financement de la recherche : « Les marchés exigent des profits et ceci peut marginaliser d'importants devoirs et opportunités en matière d'éducation. Les sciences fondamentales et les lettres, par exemple, sont essentielles au développement national. Ces matières risquent d'être sous-financées, à moins d'être activement encouragées par les dirigeants de l'éducation qui ont les moyens de réaliser cette vision ». Les conséquences de l'influence accrue du marché sur la liberté académique et sur le rôle de l'université dans le développement national devront être surveillées.

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?Egalités des sexes

Les femmes représentent 52% de la population et sont égales aux hommes devant la loi mais pas dans la pratique. Les femmes effectuent 90% des tâches domestiques et 85% du travail agricole. Environ 22% des enseignants et 14% des avocats sont des femmes. La première femme chef de police a été nommée à Dakar. La loi interdit le mariage aux filles de moins de 17 ans et aux garçons de moins 21 ans sans dérogation spéciale d'un juge. Cependant, les mariages précoces restent un problème dans les zones rurales. Des filles de seulement 9 ans seraient mariées à des hommes plus âgés pour des motifs religieux, économiques et culturels.

Les pratiques traditionnelles compliquent l'achat d'une propriété par une femme. Les hommes sont désignés chef de famille par la loi, ce qui leur permet de payer des taxes inférieures à celles des femmes pour un même salaire. Les employeurs versent des allocations familiales aux hommes mais pas aux femmes. Seulement 20% des femmes ont un emploi rémunéré. Les faibles taux d'éducation, les responsabilités domestiques et de nombreuses grossesses représentent des obstacles au progrès économique des femmes. Le harcèlement sexuel est illégal mais fréquent. Les coutumes traditionnelles, y compris la polygamie et les règles relatives à la succession, défavorisent les femmes.

La traite et l'exploitation commerciale des femmes et des enfants représentent des problèmes. Les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées sur les filles dans les villages à travers le pays. Le Ministre de la Famille déclare que presque toutes les femmes de la région de Fouta sont victimes de MGF, comme le sont 60% à 70% des femmes dans le sud et le sud-est. Les MGF sont des crimes qui ont entraîné des poursuites, mais nombre de personnes continuent de les pratiquer de manière publique et en toute impunité. Les violences domestiques sont illégales mais restent un problème.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 15 ans, bien que des enfants de moins de 15 ans travaillent dans les zones rurales où les lois relatives au travail des enfants ne sont pas appliquées. L'OIT rapporte que 50% des enfants de moins de 16 ans travaillent et qu'environ un tiers d'entre eux travaillent dans des secteurs dangereux. Les règlements relatifs à l'âge minimum, aux heures de travail et aux conditions de travail dangereuses ne sont pas respectés dans le secteur économique informel, qui emploie la plupart des enfants.

Comme évoqué précédemment, de jeunes garçons (talibés) des villages ruraux travaillent pour des instructeurs religieux (marabouts) dans des écoles coraniques, dans des conditions de servitude et sous la menace de châtiments physiques. Le tourisme sexuel serait en hausse et des cas de pédophilie sont rapportés ; un ressortissant étranger a été accusé d'avoir attaqué sexuellement un garçon d'une école pour enfants pauvres.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs peuvent fonder des syndicats et y adhérer, à l'exception des forces de sécurité, des fonctionnaires des douanes et des juges. La majorité de la main-d'uvre est employée dans l'agriculture ou le secteur informel et n'est par conséquent pas syndiquée. Seulement 4% de la totalité des travailleurs sont employés dans le secteur industriel, mais 45% d'entre eux sont syndiqués.

La négociation collective est autorisée et pratiquée. 44% des travailleurs sont couverts par des conventions collectives. Le droit de grève est garanti mais soumis à des restrictions. Les travailleurs de l'éducation, des transports, de l'industrie manufacturière, de la justice et du secteur pétrolier ont organisé des grèves au cours de l'année. Les lois du travail sont appliquées dans les zones franches d'exportation. Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais existe.

Le salaire horaire minimum est de US$ 0,42 (209,10 francs CFA), ce qui ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Une semaine de travail d'une durée de 40 à 48 heures est appliquée.

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Nom du pays/territoire République du Sénégal
Population 11987121 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1960)
OIT 87 (1960)
OIT 98 (1961)
OIT 100 (1962)
OIT 105 (1961)
OIT 111 (1967)
OIT 138 (1999)
OIT 182 (2000)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
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