| Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007 |
Introduction |
La Sierra Leone est une république constitutionnelle dirigée par un Président directement élu et un corps législatif monocaméral. Une guerre civile brutale de onze ans a pris fin en 2002 lorsqu'une importante force de maintien de la paix de l'ONU a aidé le gouvernement élu à prendre le contrôle du pays. Le Président, chef de l'Etat, est élu pour un mandat de 5 ans. La Chambre des représentants compte 124 sièges, dont 112 sont pourvus à la représentation proportionnelle pour un mandat de 4 ans dans des circonscriptions multi-sièges et 12 sont réservés à des chefs supérieurs.
Le Parti du Peuple de Sierra Leone (PPSL) a obtenu une majorité de 83 sièges ; seuls deux autres partis ont remporté des sièges lors des élections, qui ont été jugées libres et justes malgré des imperfections. Seul le PPSL est représenté au sein du gouvernement. Le Parti du front révolutionnaire uni (RUFP), la branche politique des forces rebelles, a obtenu seulement 1,7% des votes. La Chambre des représentants comprend 16 femmes et sur 28 ministres, 3 sont des femmes. La Commission vérité et réconciliation a publié son rapport final et le Tribunal spécial pour la Sierra Leone continue de juger les personnes accusées de crimes de guerre.
Une pauvreté lamentable règne sur le pays et ses infrastructures ont été détruites. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi mais sujet à des influences et à la corruption.
La discrimination basée sur la race, l'appartenance tribale, le sexe, le lieu d'origine, les opinions politiques, la couleur de peau ou la foi est interdite mais la législation n'est pas mise en application.
Les forces de sécurité sont accusées de violence, d'extorsions et de corruption. Les personnes suspectées de crimes seraient la cible de violences collectives. La corruption officielle est perçue comme endémique, encouragée par les bas salaires et un manque de responsabilité.
L'accès du public aux informations du gouvernement n'est pas prévu par la loi et l'accès à l'information est sporadique. La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. Des articles critiques à l'égard du gouvernement apparaissent dans les médias mais l'autocensure serait pratiquée. La corruption parmi les journalistes serait également répandue. La radio représente le principal moyen d'information publique en raison des faibles taux d'alphabétisation. L'accès à Internet n'est pas limité.
Une législation interdisant la traite des êtres humains a été promulguée mais des rapports montrent que le pays est une source, un point de transit et de destination pour les femmes et les enfants victimes de trafic. Des enfants travaillent dans les mines de diamants et dans l'industrie du sexe.
Les personnes séropositives sont stigmatisées par la société. L'homosexualité est interdite par la loi et entraîne des discriminations.
|
| |
|
|
Droit à l’éducation
|
L'éducation publique est accessible au niveau universitaire. L'enseignement est obligatoire, mais n'est pas gratuit, de 6 à 12 ans. Seulement 41% des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont scolarisés. Les familles ne peuvent assumer les frais imposés aux enfants scolarisés, par conséquent un grand nombre d'enfants ne reçoivent aucune éducation formelle, ce qui entretient le cycle de la pauvreté. De nombreuses écoles été pillées et détruites pendant la guerre ont été reconstruites.
Moins de filles que de garçons fréquentent l'école, ce qui entretient le faible taux d'alphabétisation chez les femmes (20%). Les étudiants masculins prédominent dans les établissements supérieurs. Le Corporal Punishment Act (loi relative aux châtiments corporels) autorise que les garçons de moins de 17 ans reçoivent jusqu'à 12 coups de fouets en guise de punition, mais cette loi devrait être abrogée dans le cadre du projet de loi sur la protection de l'enfant qui est actuellement en cours d'élaboration.
|
| |
|
|
Education de la petite enfance (EPE)
|
Le programme d'EPE, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de trois ans.
|
| |
|
|
Enseignement primaire
|
L'éducation est obligatoire de 6 à 12 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 6 ans et s'étale sur 6 ans. 42% des élèves sont des filles. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 145% car les écoles primaires sont peuplées d'élèves plus âgés qui essayent de rattraper l'éducation qu'ils n'ont pas reçue pendant la guerre civile. 17 327 enseignants (dont 30% de femmes) travaillent à ce niveau. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/67.
|
| |
|
|
Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
|
L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. 46% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TBS est de 14%.
|
| |
|
|
Enseignement post-secondaire et supérieur
|
9 041 étudiants (29% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur, soit un TBS de 2%. 853 étudiants sierra léonais étudient à l'étranger, principalement aux Etats-Unis (306), au Royaume-Uni (229), en Allemagne (63), en Gambie (43) et en Arabie Saoudite (32).
|
| |
|
|
Enfants à besoins spéciaux
|
La discrimination à l'encontre des personnes handicapées physiquement et mentalement n'est pas interdite par la loi et aucun programme gouvernemental n'a été institué pour aider les enfants à besoins spéciaux. Des agences privées et des ONG offrent des programmes éducatifs et une formation professionnelle aux personnes handicapées. Les taux de chômage sont très élevés et les personnes handicapées n'ont quasiment aucune opportunité d'emploi. Les organisations humanitaires aident les amputés mutilés pendant la guerre civile, en leur fournissant prothèses, chirurgie reconstructive et formation professionnelle afin que ces victimes acquièrent de nouvelles compétences. Plusieurs agences aident à réhabiliter les enfants soldats de la guerre civile. Les adolescents incarcérés sont mal nourris et ne reçoivent pas d'éducation ou de formation professionnelle appropriées.
|
| |
|
|
Enfants réfugiés
|
La loi ne prévoit pas l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967. Le gouvernement coopère avec le HCNUR pour aider les réfugiés. Environ 47 000 réfugiés libériens vivent dans des camps et 12 000 autres vivent en dehors des camps. Le nombre des personnes déplacées dans leur propre pays (PDP) en Sierra Leone varie considérablement selon les rapports. Les estimations vont de 750 000 à 2 millions de personnes. Etant donné les écarts considérables constatés dans les estimations et le fait qu'aucun enregistrement officiel n'est conduit auprès des PDP, il est évident que peu de mesures sont prises pour les aider. Un camp continue d'héberger 520 blessés de guerre et leurs familles.
|
| |
|
|
Minorités et peuples autochtones
|
En 2006, le Ministre de la Justice a adressé un projet de loi au gouvernement qui visait à amender la loi relative à la citoyenneté en Sierra Leone (Sierra Leone Citizenship Act). La citoyenneté de naissance est réservée aux personnes de descendance patrilinéaire noire africaine. Cette disposition a entraîné le refus de la citoyenneté à des résidents de longue date nés dans le pays dont les ancêtres étaient libanais. Le pays compte 18 groupes ethniques d'origine africaine, parlant différentes langues primaires et concentrés par régions.
Les Temné et les Mendé, les groupes ethniques les plus importants, représentent jusqu'à 30% de la population et se disputent le pouvoir politique. Au cours de la guerre civile, le groupe ethnique des Temné a dirigé le parti rebelle RUFP, tandis que le PPSL aurait été dominant au sein du gouvernement. L'origine ethnique est un facteur de nomination des ministres. La discrimination basée sur l'ethnie est constatée dans les promotions au sein du gouvernement et de l'armée.
|
| |
|
|
Liberté académique
|
Le cercle vicieux de la violence en Sierra Leone a eu un profond impact sur les universités, qui manquent cruellement de financements. Certaines institutions essayent de travailler ensemble pour relever les nouveaux défis de la mondialisation. Les universités doivent maintenant fournir des résultats « productifs » : la recherche appliquée est première dans la liste des priorités budgétaires et les projets de recherche sont jugés en fonction de leur valeur marchande. Les seuls fonds disponibles pour la recherche proviennent de sources privées, qui sont rares en Sierra Leone. Des inquiétudes sont exprimées quant à la capacité des chercheurs à participer au développement des projets de recherche.
|
| |
|
|
Egalités des sexes
|
Les femmes sont égales aux yeux de la loi, mais sont défavorisées dans la réalité. Le droit coutumier varie d'un groupe ethnique à l'autre. En vertu de la loi générale, les femmes peuvent posséder des terres, tandis qu'en vertu du droit coutumier elles n'y sont pas autorisées. Les femmes temné ne peuvent devenir des chefs supérieurs, tandis que les femmes mendé le peuvent. Les femmes n'ont pas un accès égal à l'éducation ou aux opportunités économiques. Elles sont employées dans l'agriculture de subsistance, ce qui les exclut de fait de l'éducation formelle.
Le harcèlement sexuel n'est pas interdit par la loi et est répandu. La police n'intervient généralement pas dans les disputes domestiques. La polygamie est répandue. Les femmes et les filles ont parfois du rester avec les hommes qui les avaient enlevées pendant la guerre car aucun autre choix ne s'offrait à elles. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées sur 80% à 90% des femmes et des filles. La majorité des victimes de trafic sont des femmes et des enfants.
|
| |
|
|
Travail des enfants
|
Des règlements interdisant les pires formes du travail des enfants existent mais leur mise en application n'est pas efficace. La loi permet à des enfants de seulement 12 ans d'effectuer certains types de travaux et ce sont les employeurs qui fixent les horaires. On estime que 57% des enfants âgés de 5 à 14 ans sont employés dans le travail des enfants. Les enfants des rues sont de plus en plus nombreux. Le travail forcé et obligatoire des enfants est illégal mais reste un problème. La fréquentation de l'école primaire s'achève à l'âge de 12 ans et de nombreux enfants commencent à travailler plutôt que de continuer dans l'enseignement secondaire.
Les enfants des zones rurales travaillent dans des fermes de subsistance, tandis que les enfants des zones urbaines travaillent dans des entreprises familiales ou comme vendeurs des rues. Peu d'enfants sont employés dans le secteur formel. Des employeurs étrangers embauchent des enfants locaux comme travailleurs domestiques en dehors du pays, où les salaires et les conditions de travail sont mauvais. Les ONG aident les enfants prostitués de 14 à 20 ans à retourner à l'école, en assumant financièrement leurs frais de scolarité et en leur offrant du matériel pédagogique. Toutefois l'extraction de diamants alluvionnaires continue d'employer des enfants dans des situations d'exploitation aux côtés de leurs parents ou de membres de leurs familles.
|
| |
|
|
Droits syndicaux
|
Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception des membres de la police et des services armés. Dans le secteur formel, 30% à 60% des travailleurs sont syndiqués mais la plupart des travailleurs agricoles et miniers ne sont pas organisés. La négociation collective est autorisée et répandue dans le secteur formel où la plupart des travailleurs sont protégés par des conventions collectives sur les salaires et les conditions de travail. Les syndicats ont le droit de grève.
Le travail forcé ou obligatoire reste un problème. Les chefs peuvent imposer des travaux forcés comme punition et le travail obligatoire serait également présent dans les zones rurales. Le salaire mensuel minimum est de US$ 14 (40 000 leones), ce qui ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine de travail normale est de 40 heures.
|
| |
|