Introduction |
L'Afrique du Sud est une republique democratique dotee d'un Parlement bicameral. Le President est le chef de l'Etat et est elu par le Parlement. Les elections se tiennent tous les cinq ans ; les partis les plus importants sont le Congres national africain (ANC), de tendance socialiste, et qui detient le pouvoir depuis 1994, et l'Alliance democratique (DA). Les plus recentes elections nationales et provinciales se sont tenues le 22 avril 2009 : il s'agissait des quatriemes elections generales depuis la fin de l'apartheid. L'Assemblee nationale compte 400 membres elus a la representation proportionnelle sur la base d'un systeme de liste fermee. Lors de ces elections, le Congres national africain (ANC) a obtenu 65,9 % des voix, ce qui lui a donne 264 sieges (5,4 % de moins qu'aux elections precedentes) et Jacob ZUMA a ete elu President de la republique.
Le parti d'opposition, l'Alliance democratique, a obtenu 16,7 % des voix et 67 sieges, soit une augmentation considerable (qui devrait tourner autour de 34 %). Pour la premiere fois, une faction dissidente de l'ANC, qui avait quitte le parti apres l'election de Jacob Zuma comme leader du parti, se presentait aux elections. Le Congres du peuple est arrive a la troisieme place avec 30 sieges et 7,4 % des voix. Les femmes occupent 41,5 % des sieges a la chambre basse (178 sieges) et 20,6 % des sieges du Senat (16 sieges) , ce qui fait de l'Afrique du Sud le troisieme pays le plus performant en termes d'egalite des genres au Parlement.
Selon la Commission electorale independante , 77,3% des 23.180.000 electeurs ont participe aux elections. Le resultat signifie que l'ANC ne beneficie plus de la majorite des deux tiers necessaires pour proceder a des modifications constitutionnelles. Le parti a egalement remporte huit des neuf provinces sud-africaines a l'exception de la province occidentale du Cap, remportee par l'Alliance democratique avec 51,4 % des voix.
La commission electorale independante a mis en lumiere des incidents enregistres dans les bureaux de vote (penurie de bulletins de vote, discussions et acces de violence) mais elle a souligne que, generalement parlant, les observateurs ont considere les elections comme honnetes et libres. Lors des elections de 2009, les citoyens vivants a l'etranger ont ete pour la premiere fois en mesure de voter, pour autant qu'ils soient inscrits sur le registre electoral. Cette decision a ete adoptee par la cour supreme de Pretoria en fevrier 2009, apres l'avis favorable de la cour constitutionnelle et suite a une revendication emanant du Freedom Front Plus Party en faveur d'un enseignant sud-africain vivant a Londres et qui n'avait pas eu le droit de voter lors des elections precedentes.
Le President est le chef de l'executif ; il nomme le vice-president et les ministres. Il est responsable de cette cession de pouvoirs et de fonctions et il peut aussi les revoquer. Le president ne peut etre reelu s'il a accompli deux mandats de cinq ans. Tous les ministres sauf deux doivent etre choisis parmi les membres de l'Assemblee nationale. Sur les 34 membres du cabinet, 14 sont des femmes. Les ministres sont individuellement et collectivement responsables devant le Parlement.
L'appareil judiciaire est legalement independant mais des rapports recents d'organisations de la societe civile indiquent qu'il est sous-finance et ne dispose pas des ressources humaines necessaires. En 2009, sur les 205 juges en activite, 79,5 % etaient des hommes et 20,4 % etaient des femmes.
La Commission pour la verite et la reconciliation, creee apres la fin de l'apartheid, a identifie 21.760 personnes comme des victimes de violations manifestes des droits de l'homme. Sur ce total, 16.837 ont demande des dedommagements et en mai 2009, 15.881 avaient obtenu une compensation.
Selon la Constitution, la discrimination sur la base de la race, du handicap, de l'origine ethnique ou sociale, de la couleur, de l'age, de la culture, de la langue, du genre, de la grossesse, de l'orientation sexuelle ou du statut marital est interdite. Cependant certains groupes pretendent que la discrimination est toujours presente. Des fonctionnaires sont charges de promouvoir l'egalite, notamment dans l'education et sur le lieu de travail.
La police a ete accusee d'un usage excessif de la force : des accusations de passage a tabac, de viol et de torture sont egalement signalees, tout comme des attaques contre des personnes accusees de sorcellerie.
En depit de la loi interdisant la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle, les etudiants homosexuels et bisexuels sont confrontes a la dure realite de prejuges caracterises par des insultes et des commentaires homophobes dans les ecoles et les etablissements d'enseignement superieur malgre les reglements qui cherchent a proteger eleves et etudiants. La loi sur l'education stipule que les ecoles doivent etre au service de ceux qu'elles eduquent sans aucune discrimination ; cependant, des enquetes recentes menees par des organisations de gays, lesbiennes, bisexuels et transsexuels (LGBT) , en association avec l'ILGA , ont revele que les lesbiennes et les gays souffrent de discriminations dans les ecoles, le probleme se presentant de maniere particulierement aigue dans certaines regions comme le KwaZulu-Natal. On a estime que 42 % des femmes lesbiennes et 68 % des hommes gay ont vecu des insultes, des actes de violence et des commentaires denigrants a l'ecole en raison de leur orientation sexuelle. L'enquete montre egalement qu'au Gauteng, 14% des homosexuels des deux sexes indiquent avoir connu la violence sexuelle a l'ecole ; au KwaZulu-Natal, environ 19 % des lesbiennes et gays ont indique avoir fait l'objet d'une forme ou d'une autre d'agression dans l'environnement scolaire. Les ONG qui defendent les droits des gays et des lesbiennes en signales des circonstances ou la discrimination s'est effectuee sur la base de facteurs culturels ou religieux.
Des efforts ont ete deployes pour lutter contre la corruption mais la perception de la corruption officielle reste largement repandue dans le public. Dans son rapport annuel 2009 sur la corruption, Transparency International a place l'Afrique du Sud a la 55e place sur 180 pays avec un score de 4,7 sur 10 (10 etant le niveau le moins corrompu).
La loi garantit la liberte d'expression et la liberte de la presse et des medias independants existent et expriment un large eventail d'opinions. La majorite de la population se base sur les emissions de radio pour s'informer. Le gouvernement est accuse d'etre susceptible face a la critique, ce qui, dit-on, entraine une autocensure de la part de certains journalistes. Le Conseil des publications etrangeres examine le materiel importe dans le pays et peut modifier ou supprimer ce qu'il estime etre de la pornographie. L'acces a Internet n'est pas limite. En 2010, l'Afrique du Sud a baisse de cinq points dans l'indice de la liberte de la presse dans le monde publie par Reporters sans frontieres en raison d'une serie d'agressions perpetrees pendant la Coupe du monde de football, mais surtout a cause du comportement du parti au pouvoir, le Congres national africain (ANC) a l'egard de la presse. En avril 2010, Julius Malema, president de la ligue des jeunes de l'ANC a insulte le correspondant de la BBC Johah Fisher et l'a expulse de sa conference de presse. En outre, les autorites etudient des propositions qui pourraient menacer la liberte de la presse, parce qu'elles prevoient la creation d'un tribunal des medias et de la communication et des reformes regressives du droit a l'information. Il n'existe pas de restrictions majeures a l'acces a Internet mais le cout demeure trop eleve pour la majorite de la population.
Le pays est une destination, un passage et un point de depart pour la traite d'etres humains a des fins de prostitution et de travail force. Des groupes criminels organises se livrent a la traite des femmes pour l'industrie de la sexualite, alors que les jeunes hommes sont victimes de la traite pour le travail agricole. Les lignes internationales directes de transport aerien entre l'Afrique du Sud et ses frontieres font que le pays est vulnerable a l'immigration illegale, a la traite et a la criminalite organisee internationale. En reconnaissant certaines de ces vulnerabilites, le gouvernement sud-africain a renforce de maniere significative la cooperation internationale pour prevenir les attaques terroristes, en particulier avant et pendant la Coupe du monde de football de 2010.
Le HIV-sida est un sujet extremement sensible dans le pays ou 5,7 millions de personnes environ vivent avec le virus, a peu pres 3,2 millions de femmes et 280.000 enfants de moins de 14 ans. La prevalence du virus HIV chez les femmes qui frequentent les centres de soins prenataux est de 29%. Chez les adultes (de 15 a 49 ans), la prevalence du virus est de 18,3 % meme si on a observe une baisse significative de la prevalence de la maladie chez les jeunes (moins de 20 ans). Il existe toutefois des variations significatives entre les provinces, allant de 39,1 % au KwaZulu-Natal jusqu'a 15,1 dans la Province occidentale du Cap.
La politique de l'Afrique du Sud est en train de changer apres avoir essuye des severes critiques de la part des organisations sociales impliquees dans la lutte contre le sida. Dans son budget annuel pour 2010-2011, le pays a engage US $1.100 million dans la lutte contre le HIV-sida, soit l'investissement le plus important dans un pays en developpement.
L'Internationale de l'education et le Syndicat democratique des enseignants sud-africains (SADTU) continuent de developper des programmes de formation des enseignants a la prevention du HIV-sida. Des programmes et des materiels ont ete developpes pour etre utilises dans les ecoles. Des campagnes ont egalement ete concues pour reduire ou eliminer la discrimination a l'encontre de personnes seropositives mais la stigmatisation sociale persiste.
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Minorités et peuples autochtones
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L'Inde est le seul pays ou l'on parle davantage de langues qu'en Afrique du Sud. Le pays compte 11 langues officielles : l'afrikaans, l'anglais, le ndebele, le sotho du nord, le sotho du sud, le swati, le tsonga, le tswana, le venda, le xhosa et le zoulou. Le pays possede egalement 8 langues non officielles : le fanagalo, le khoe, le lobedu, le nama, le ndebele du nord, le phuthi, le san et la langue des signes africaine. Parmi toutes ces langues, l'anglais tient lieu de langue vehiculaire. Les sud-africains noirs ne constituent pas un groupe homogene : cette appellation recouvre de nombreux groupes ethniques comme les Zoulous, les Xhosa, les Basotho ou Sotho du Sud, les Bapedi ou Sotho du Nord, les Venda, les Tswana, les Tsonga, les Swazi et les Ndebele. Parmi ces groupes, les Zoulous, les Xhosa, les Bapedi et les Venda ne vivent qu'en Afrique du Sud. Les Khoikhoi, des nomades, etaient le premier peuple autochtone du pays et vivent principalement dans le Cap du sud-ouest. Ils ne sont plus que quelques milliers et travaillent maintenant dans des fermes. Les Khoikhoi ont les memes droits que les autres citoyens mais ils n'ont qu'un acces reduit aux services educatifs et vivent dans l'isolement. Les systemes d'education et de sante sont en cours de reorganisation pour que tous les groupes puissent en beneficier d'une maniere plus egalitaire. Les desequilibres persistent sur le lieu du travail..
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Footnotes
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Women in Parliaments, September 2010. www.ipu.org
La Commission electorale independante, creee par la Constitution en 1997 beneficie de subventions publiques mais est independante du gouvernement. www.elections.org.za
Un parti minoritaire qui se proclame le defenseur des droits des Afrikaners, et lutte pour l'autonomie territoriale et l'autodetermination de la << nation >> afrikaner.
2009 Human Rights Report: South Africa, US State Department, www.state.gov.
International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association-ILGA, http://ilga.org
Transparency International Annual Report 2009, www.transparency.org
2010 World Press Freedom Index, Reporters without borders, http://en.rsf.org
UNAIDS, www.unaids.org
Higher Education & Training, Dept. Basic Education, http://www.education.gov.za
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