| Dernière mise-à-jour: le 21 juin 2007 |
Introduction |
La République du Suriname est une république démocratique dont le président est élu pour un mandat de 5 ans, le parlement faisant office de collège électoral. Les 51 membres de l'Assemblée nationale sont élus pour 5 ans à la représentation proportionnelle. Le grand nombre des partis politiques produit des gouvernements de coalition. En 2005, le gouvernement New Front Plus, une coalition de 9 partis, a été élu et le président sortant a été reconduit. Les élections, organisées au suffrage universel, ont été jugées libres et équitables.
Treize femmes sont membres de l'Assemblée nationale de 51 sièges, et le gouvernement en compte deux. 3 partis politiques représentant les Marrons (descendants d'esclaves africains évadés) ont formé une coalition et ont pris part aux élections, aux côtés d'un parti représentant les Amérindiens. 8 représentants des Marrons et 1 Amérindien ont été élus à l'Assemblée nationale. La coalition des Marrons fait partie de la coalition au pouvoir et 3 représentants des Marrons font partie du Gouvernement. Le pouvoir judiciaire est indépendant en droit mais, selon les rapports, des litiges sur la désignation des juges ont sapé sa crédibilité.
Une discrimination fondée sur la race, le sexe et l'ethnicité est signalée. La police est accusée de maltraiter les détenus.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties mais, d'après les rapports, certains journalistes pratiqueraient l'autocensure par suite d'une intimidation de la part de responsables gouvernementaux et de chefs communautaires désireux de mettre un terme à une publicité négative. Des journalistes se sont élevés contre une décision de justice qui exigeait du journal le plus largement diffusé qu'il publie des excuses pour un article paru dans une autre publication. Le journal a fait appel de cette décision. L'accès à Internet n'est pas restreint.
Le Suriname est un pays d'origine, de transit et de destination pour le trafic. Aucune législation spécifique n'interdit le trafic mais il existe des lois qui interdisent la traite des blanches et il existe également une Unité de police pour lutter contre le trafic. Le trafic à des fins d'exploitation sexuelle constitue un problème. Le trafic dans un but de prostitution implique, selon les rapports, des filles mineures originaires de l'Hindoustan et des filles marronnes de même que des garçons de Java et de l'Hindoustan.
La discrimination fondée sur l'orientation sexuelle est interdite mais les homosexuels dénoncent une discrimination à leur égard en matière d'emploi. Une discrimination sociale à l'égard des personnes séropositives est mentionnée et, selon les rapports, les professionnels des soins de santé sont peu enclins à traiter les personnes infectées. Un Plan de stratégie nationale pour le VIH/SIDA et un groupe de travail interagences s'efforcent d'atténuer la stigmatisation des victimes. L'OIT et les syndicats ont organisé une formation sur le VIH/SIDA.
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Droit à l’éducation
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L'enseignement est obligatoire jusqu'à l'âge de 11 ans et est gratuit jusqu'à l'université. La plupart des écoles font payer des frais d'inscription afin de couvrir leurs coûts et les parents doivent assumer des frais supplémentaires pour les fournitures scolaires. Les enfants en âge scolaire situés à l'intérieur des terres n'ont pas toujours accès à l'enseignement par suite d'un manque d'infrastructures, de transport et d'enseignants. L'école est fréquentée par environ 85% des enfants urbains mais seulement par 50% des enfants vivant à l'intérieur des terres.
Les enfants subissent des pressions pour mettre un terme à leur éducation et chercher un emploi, notamment à l'intérieur des terres où le travail des enfants est répandu. À la suite de l'arrestation du principal d'une école élémentaire, accusé d'avoir molesté des enfants de l'école primaire âgés de 6 à 12 ans, des journaux ont allégué des abus sexuels commis sur les enfants dans des écoles et des orphelinats ainsi que dans un centre d'accueil, financé par des fonds privés, pour enfants abusés sexuellement.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de 2 années, débute à l'âge de 4 ans. A ce niveau, 46% de l'enseignement est privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 90%. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/24.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 11 ans. L'école primaire débute à l'âge de 6 ans et se poursuit pendant 6 années. A ce niveau, 49% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 92% (48% de filles). 3 324 enseignants (85% de femmes) travaillent à ce niveau. Le ratio enseignant/élèves est de 1/19.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. A ce niveau, 21% de l'enseignement est privé. 39% des élèves dans le secondaire inférieur et 56% dans le secondaire supérieur suivent des programmes techniques professionnels. Le TNS est de 63% (53% des garçons et 74% des filles). Il y a 2 714 enseignants du secondaire, dont 1 936 (61% de femmes) dans le secondaire inférieur et 778 (61% de femmes) dans le secondaire supérieur. Le ratio enseignant/élèves dans le secondaire inférieur est de 1/15 et de 1/14 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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5 186 étudiants (62% de femmes) étudient dans des institutions de l'enseignement supérieur, pour un Taux brut de scolarisation de 12%. 1 180 étudiants étudient à l'étranger, essentiellement aux Pays-Bas (952), aux Etats-Unis (126), à Cuba (25) et en Belgique (15).
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Enfants à besoins spéciaux
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La discrimination à l'encontre des personnes handicapées dans l'enseignement ou dans d'autres services publics n'est pas interdite par la loi. Certains programmes de formation pour les aveugles et pour les mineurs présentant d'autres formes de handicap sont proposés. Les ONG aident à offrir des services destinés aux enfants handicapés, y compris l'éducation. Au sein de la prison pour adultes se trouve une zone de détention pour les jeunes destinée aux enfants âgés de 10 à 18 ans, qui comprend des infrastructures éducatives et récréatives.
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Enfants réfugiés
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La loi ne prévoit pas que l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile aux personnes qui correspondent à la définition de la Convention de l'ONU sur le statut des réfugiés de 1951 et de son Protocole de 1967 et le gouvernement n'a pas instauré de système pour offrir une protection aux réfugiés. Le gouvernement coopère avec le bureau du HCNUR pour aider les réfugiés et les demandeurs d'asile. Le président a annoncé, fin 2006, que le gouvernement surinamien est disposé, avec l'assistance de la communauté internationale, à accueillir les ressortissants guyanais qui fuiraient d'éventuelles violences dans le cadre des élections.
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Minorités et peuples autochtones
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Les Amérindiens constituent environ 3% de la population, tandis que les Marrons en constituent 15%. Leur capacité à prendre part aux décisions qui touchent à leurs terres et traditions est limitée étant donné que la politique et les opportunités en matière d'éducation sont centrées sur et autour de la capitale, où vivent peu de personnes d'origine marronne ou amérindienne. Un abattage des arbres et une exploitation des mines illégaux et incontrôlés ont lieu sur leurs terres. Les rapports signalent une discrimination à l'égard des autochtones amérindiens et des Marrons. Les infrastructures éducatives sont signalées comme étant rares et spartiates à l'intérieur des terres où vivent les populations autochtones. Un manque d'enseignants dans les zones rurales limite encore plus les opportunités en matière d'enseignement.
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Liberté académique
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Les rapports ne mentionnent pas de restrictions ou de violations de la liberté académique.
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Egalités des sexes
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La loi n'interdit pas la discrimination fondée sur le sexe mais prévoit l'égalité d'accès à l'éducation, à l'emploi et aux droits de propriété pour les femmes. Les femmes dans les zones rurales ne jouissent pas pleinement des droits dont elles disposent en ce qui concerne le mariage et l'héritage. Les mariages précoces compromettent les opportunités éducatives pour les filles. Les biens hérités par les femmes ont tendance à être transférés aux hommes conformément à la tradition. Une discrimination économique est constatée en matière d'emploi et dans les taux de rémunération pour un travail de valeur égale. Plus de 60% des femmes travaillent dans des emplois traditionnellement réservés aux femmes.
La violence à l'égard des femmes est dénoncée comme un problème fréquent pour lequel rien n'est fait. La loi interdit l'exploitation sexuelle mais des exemples d'exploitation sont signalés.
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Travail des enfants
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L'âge minimum pour exercer un emploi est de 14 ans et les mineurs ne peuvent travailler la nuit. Toutefois, les enfants de moins de 14 ans peuvent travailler dans un cadre familial ou de formation professionnelle ou encore dans un but éducatif. Il est interdit aux enfants âgés de moins de 18 ans de réaliser un travail dangereux. Les jeunes ne prestent pas moins d'heures de travail que la main-d'uvre ordinaire. La législation sur le travail des enfants est rarement appliquée et le travail des enfants constitue un problème, en particulier dans le secteur informel.
En 2002, l'Institut pour la formation et la recherche a conclu que 50% des enfants âgés de 4 à 14 ans étaient économiquement actifs. Il existe des rapports mentionnant une exploitation sexuelle des enfants et des adolescents. Les inspecteurs du travail ne procèdent à des inspections que dans le secteur formel alors que les enfants sont surtout employés dans le secteur informel. La police procède à des patrouilles dans le secteur informel. Elle a fait des descentes sur les lieux où se déroule le travail des enfants dans la capitale ainsi que dans les night-clubs, les casinos et les bordels. Le travail forcé ou obligatoire est illégal mais la prostitution infantile persiste.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Environ 60% de la main-d'uvre est syndiquée, les membres s'affiliant à l'une des 6 grandes fédérations. La négociation collective est autorisée et plus de 50% des travailleurs sont couverts par des conventions collectives. Le droit de grève est garanti dans les secteurs public et privé. En coopération avec l'OIT, les syndicats organisent des campagnes visant à éradiquer les pires formes du travail des enfants ; le Suriname Labour College propose une formation syndicale. Il n'y a pas de salaire minimum. Les travailleurs employés par le gouvernement représentant 50% de la main-d'uvre.
Le niveau des salaires est tel qu'ils le complètent avec les revenus provenant d'un deuxième ou troisième emploi dans le secteur informel. La semaine de travail dépasse les 45 heures.
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