Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Swaziland
Royaume du Swaziland
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Swaziland Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009
2008 0,00 7,78 21,65
2007 232572 47,91 232572,00 107,90 82,79 32,44 83049 47,08 83049,00 53,00 28,56 19,06
2006 229686 47,93 229686,00 105,77 80,33 33,26 77169 50,06 77169,00 49,72 27,32 19,39 5692 49,77 4,39 8,25 24,44
2005 14554 49,46 15,77 10,13 221596 48,05 221596,00 101,14 74,66 32,87 71124 49,94 71124,00 46,10 31,13 16,77 5897 51,96 4,69 7,87
2004 14828 49,47 18,17 11,67 218352 48,13 107,19 79,97 32,31 49,06 44,99 32,81 18,07 6594 52,44 5,01 6,24
2003 208444 48,48 100,57 76,68 31,20 62401 50,19 41,89 28,96 16,94 5369 54,44 4,43 6,99
2002 209037 48,06 99,48 76,24 31,07 60,96 70,77 62676 50,45 42,73 30,60 16,30 5193 54,59 4,48 5,40
2001 212063 48,63 99,96 76,35 32,87 57,26 54,21 50,80 42,65 30,39 16,80 4762 46,89 4,29 8,75
2000 213986 48,39 100,41 76,06 31,28 58,22 63,71 50,20 42,99 30,55 17,28 4738 48,52 4,45 6,20
1999 213041 48,65 100,05 74,56 33,00 64,34 66,08 50,08 45,23 33,00 4880 47,89 4,77 5,97
Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007

Introduction

Le Swaziland est en théorie une monarchie absolue dans laquelle tous les pouvoirs appartiennent au Roi, qui dirige selon des lois non écrites et selon la coutume. En pratique, le pouvoir est délégué au gouvernement et à des structures gouvernementales traditionnelles. L'Assemblée législative de 65 sièges comprend 55 membres élus et 10 membres nommés par le Roi. Le Sénat de 30 sièges comprend 10 sénateurs nommés par l'Assemblée et 20 nommés par le Roi. Le Premier ministre en tant que chef du gouvernement nomme les ministres, qui doivent être approuvés par le Roi.

Les élections en 2003 n'ont été jugées ni libres ni justes. Les partis politiques sont interdits. En 2005, le Roi a signé le projet de Constitution, qui a pris effet en 2006, offrant au pays sa première Constitution en 32 ans. Le Roi conserve l'autorité exécutive et législative suprême. Les chefs héréditaires sont chargés du fonctionnement quotidien des chefferies et sont directement subordonnés au Roi.

Les femmes sont légalement autorisées à participer au processus politique ; l'Assemblée législative compte 5 femmes, le Sénat en compte 10 et 3 femmes font partie du gouvernement. Le Sénat comprend 5 membres de minorités mais aucun n'est présent à l'Assemblée ou au sein du gouvernement. Le système judiciaire est indépendant aux yeux de la loi mais le Roi conserve certains pouvoirs judiciaires.

La discrimination basée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite mais continue d'être signalée.

Les forces de sécurité sont accusées d'avoir recours à la torture au cours des interrogatoires.

La perception publique de la corruption gouvernementale serait répandue. Un projet de loi anti-corruption a été rédigé mais n'a pas été promulgué.

La liberté d'expression et de la presse ne sont pas garanties et sont limitées dans la pratique. La police surveillerait les réunions. Les critiques à l'encontre de la famille royale ne sont pas tolérées et les journalistes pratiquent l'autocensure. Le Roi a menacé certains journalistes de fermer leurs journaux s'ils ne cessaient pas de parler défavorablement de ses proches. L'Institut des médias d'Afrique du Sud observe que les frais des affaires de diffamation au civil paralysent les médias, car des peines financières élevées ont été prononcées. L'accès à Internet n'est pas limité. L'accès aux documents gouvernementaux n'est pas prévu par la loi, un obstacle qui s'appliquait même au projet de constitution au moment de son examen.

Les rapports dénoncent le trafic de mineures à des fins de prostitution au Swaziland ou en Afrique du Sud.

Les discriminations sociales à l'encontre des homosexuels poussent ceux-ci à dissimuler leur orientation sexuelle. La stigmatisation sociale entourant la séropositivité entraîne des réticences à se faire dépister. Cependant, des programmes éducatifs sont mis en uvre pour atténuer les préjugés culturels. L'Internationale de l'Education et la Swaziland National Association of Teachers (SNAT) ont organisé des programmes de formation pour les enseignants sur la prévention du VIH/SIDA. Des supports ont été élaborés localement pour être utilisés dans les écoles. Le taux de prévalence du VIH/SIDA s'élèverait à 42,6%.

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?Droit à l’éducation

L'instruction n'est ni gratuite ni obligatoire. Le gouvernement paie les salaires des enseignants ; les frais de scolarité financent les livres et les documents et contribuent au fonds du bâtiment, qui est utilisé pour l'entretien de l'école. Le Swaziland mène une politique pour prendre en charge une population d'orphelins et d'enfants vulnérables en croissance rapide. Les frais d'inscription et de scolarité pour ce groupe devaient être payés par le gouvernement, mais les écoles se plaignent de retards dans les versements. Des fonds doivent également être levés pour l'entretien des écoles et des domiciles des enseignants.

La majorité des élèves terminent la dernière année de l'enseignement primaire et nombre d'entre eux continuent jusqu'en dixième année. Les familles qui ne peuvent financièrement envoyer tous leurs enfants à l'école privilégient leurs fils.

Les châtiments corporels des enfants sont autorisés dans les écoles et les enfants accusés de crimes sont souvent fouettés en guise de punition. Les enseignants peuvent donner jusqu'à 4 coups de baguette en guise de mesure disciplinaire. Certains enseignants utiliseraient un fouet ou un long bâton.
On constate un nombre croissant d'enfants des rues et un nombre croissant d'orphelins du VIH/SIDA sont pris en charge par leurs grands-parents ou par leurs voisins. Plus de 10% des foyers sont dirigés par des enfants.

La police a intercepté une protestation estudiantine de 1 000 étudiants de première année qui réclamaient des bourses au gouvernement et a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme d'EPE, d'une durée de trois ans, débute à l'âge de trois ans.

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?Enseignement primaire

L'instruction n'est pas obligatoire. L'enseignement primaire commence à 6 ans et dure 7 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 77% (48% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 61% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 16% des élèves doublent une année ou plus. 6 680 enseignants (75% de femmes) travaillent à ce niveau et 91% d'entre eux sont formés. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/31.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence à 13 ans et s'achève 5 ans plus tard. 2% des étudiants de l'enseignement secondaire inférieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 29%. 12% des élèves doublent une année ou plus. L'enseignement secondaire totalise 3 684 enseignants dont 2 359 (47% de femmes) dans le secondaire inférieur et 1 325 (45% de femmes) dans le secondaire supérieur. A ce niveau, 92% des enseignants sont formés. Le REE est de 1/19 dans le secondaire inférieur et de 1/13 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

6 595 étudiants (dont 52% de femmes) étudient dans l'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 5%. 2 106 étudiants swazis étudient à l'étranger, principalement en Afrique du Sud (1 882), aux Etats-Unis (86), au Royaume Uni (67), au Lesotho (17) et en Australie (13).

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?Enfants à besoins spéciaux

La discrimination à l'encontre des personnes handicapées dans l'éducation ou l'accès aux autres services gouvernementaux n'est pas interdite. La Fondation des personnes handicapées au Swaziland affirme qu'aucune école n'existe pour environ 900 enfants malvoyants et malentendants en âge de scolarité : « Il existe seulement une école pour les sourds, et uniquement une école pour les malvoyants, par conséquent la plupart des enfants handicapés doivent être intégrés dans le système scolaire public.

Mais ce n'est pas le cas dans les faits, et vous les trouvez chez eux, désuvrés. Ces enfants doivent apprendre à gagner leur vie et à fonder leurs propres entreprises. » La Fondation se plaint que rien n'ait été fait pour répondre aux besoins des orphelins handicapés. Plus de 30 000 Swazis sont physiquement handicapés. Depuis l'établissement du Centre national pour les aveugles il y a 35 ans, seulement 100 enfants aveugles swazi ont suivi un enseignement secondaire. Le Groupe d'action du Swaziland contre les abus observe que les enfants handicapés sont plus vulnérables face aux abus.

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?Enfants réfugiés

La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Le gouvernement coopère avec le HCNUR pour aider les réfugiés et les demandeurs d'asile. On estime que le pays compte 1 000 réfugiés provenant d'Afrique centrale et d'Angola. Le gouvernement n'accepte pas que les réfugiés soient réimplantés.

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?Minorités et peuples autochtones

Des accusations sont faites au sujet de discriminations sociales et gouvernementales à l'encontre des Swazi non ethniques, qui constituent 2% de la population. Un cas a été déféré à la Cour criminelle internationale au sujet de l'usage de la force par les forces de sécurité contre des personnes qui protestaient contre la nouvelle Constitution, l'intervention des Etats-Unis et les assassinats de représentants d'ONG belges. La nouvelle Constitution a été durement critiquée par les organisations des droits humains, l'accusant de codifier la discrimination à l'encontre de la minorité Zoulou et des autres minorités ethniques et religieuses du pays. On dénonce des violations des droits humains des minorités.

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?Liberté académique

La liberté académique est limitée ; les réunions, les écrits et les discussions universitaires concernant des sujets politiques sont restreintes et les universitaires pratiqueraient l'autocensure. La Cour d'appel a décidé que le fait que l'université du Swaziland n'ait pas pris en considération l'obligation religieuse d'un étudiant était une atteinte à sa liberté de culte. L'étudiant a échoué car il a choisi d'assister à une messe au lieu de se soumettre à son examen final, qui avait lieu un samedi.

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?Egalités des sexes

La loi garantit un salaire égal pour un travail de valeur égale mais les taux salariaux moyens des hommes sont supérieurs à ceux des femmes. La nature double du système légal complique les droits des femmes. En ce qui concerne le mariage traditionnel, les lois non écrites et la coutume impliquent que les droits de la femme dépendent de la personne qui interprète les traditions. Des couples se marient en suivant à la fois les cérémonies civiles et traditionnelles, ce qui complique encore plus les règles concernant le mariage, la garde des enfants et l'héritage.

Les épouses sont traitées comme des mineures dans le cadre des mariages traditionnels comme des mariages civils mais les femmes mariées en vertu du droit civil peuvent obtenir un statut adulte légal si un accord prénuptial le prévoit. Les femmes doivent obtenir la permission de leur mari pour les affaires financières, pour quitter le pays ou pour avoir accès aux terres. Dans le cadre des mariages traditionnels, un homme peut prendre plus d'une épouse, tandis que dans les mariages civils, une épouse seulement est autorisée. Les enfants issus de mariages traditionnels appartiennent au père si le couple divorce et l'héritage revient aux enfants masculins. Une veuve peut porter le deuil pour des périodes pouvant aller de 1 mois à 3 ans, au cours desquelles elle ne peut quitter la maison et la famille du mari peut s'emparer de sa propriété.

Les violences domestiques sont fréquentes. Les tribunaux traditionnels ne sont pas compatissants envers les femmes en cas de mauvais traitements. L'âge légal du mariage est fixé à 21 ans pour les hommes comme pour les femmes. Les filles âgées de 16 ans et les garçons âgés de 18 ans peuvent se marier avec une autorisation parentale. La loi prévoit certaines protections contre le harcèlement sexuel mais les dispositions sont floues.

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?Travail des enfants

La loi interdit le travail des enfants mais n'instaure pas d'âge minimum d'embauche. La loi relative à l'emploi fait une distinction entre un enfant (de moins de 15 ans) et un jeune homme (de 15 à 18 ans). Les enfants de moins de 15 ans peuvent être employés par des membres de la famille ou dans des écoles techniques où ils travaillent sous surveillance. Comme l'éducation n'est pas obligatoire, les enfants commencent à travailler très jeunes. Le nombre d'heures durant lesquelles les enfants peuvent travailler de nuit les jours d'écoles est limité, ainsi que le temps de travail hebdomadaire (33 heures par semaine). Les enfants swazi qui n'ont pas l'âge minimum d'embauche sont employés dans le secteur agricole, comme le sont les travailleurs domestiques et les bergers. Les enfants sont également victimes de prostitution et de trafic.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, à l'exception de la police et des travailleurs des services essentiels. Environ 80% du secteur privé formel est syndiqué, mais ce taux ne s'applique pas au secteur informel. Dans les deux secteurs, les travailleurs qui ont des activités syndicales sont renvoyés. On s'inquiète du manque de précision concernant les heures de travail et les salaires, ainsi que d'agressions de travailleurs. On accuse les conseils de travailleurs d'être dirigés par des représentants des employeurs.

La négociation collective est autorisée et des conventions collectives ont été négociées. Les grèves ne sont pas prévues dans la loi relative aux relations industrielles, cependant des travailleurs hors des services essentiels ont mené des actions des grèves. L'OIT a souligne l'excessive lenteur des procédures du gouvernement avant qu'un syndicat ne soit autorisé à faire grève.

Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais la Swaziland Federation of Trade Unions dénonce une pratique traditionnelle équivalente au travail forcé, qui veut que les résidents réalisent des tâches pour leurs chefs sans recevoir de compensation, sous peine de pénalité. Les niveaux salariaux pour chaque industrie sont fixés à partir d'une échelle mobile de salaires minimums qui varient selon le travail effectué. Le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Les arriérés de salaires sont un problème. La semaine maximale de travail est fixée à 48 heures.

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Nom du pays/territoire Royaume du Swaziland
Population 1136334 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1978)
OIT 87 (1978)
OIT 98 (1978)
OIT 100 (1981)
OIT 105 (1979)
OIT 111 (1981)
OIT 138 (2002)
OIT 182 (2002)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
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