Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Tajikistan
République de Tajikistan
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Tajikistan Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009 157452 29,04 19,75
2008 60851 45,16 60851,00 8,98 6,84 692247 48,10 692247,00 102,18 97,33 22,67 96,09 92,50 1019250 45,85 1019250,00 84,00 82,52 16,55 155420 28,22 20,15 3,48 18,72
2007 61236 46,36 61236,00 9,02 6,79 680308 48,15 680308,00 99,78 97,18 21,61 105,99 104,11 1012275 45,03 1012275,00 83,00 81,48 16,54 147294 27,45 19,81 3,42 18,19
2006 61910 46,00 61910,00 9,09 6,89 687900 47,95 687900,00 100,22 97,26 22,18 998928 44,73 998928,00 82,84 80,58 16,46 133385 26,82 18,65 3,43 18,97
2005 61893 46,77 9,07 6,74 693078 48,17 693078,00 100,29 97,47 21,33 984410 44,84 984410,00 82,23 80,04 16,43 119317 25,94 17,36 3,52 18,04
2004 62950 47,25 9,42 6,82 690270 47,98 99,88 96,70 21,52 97,98 99,33 973673 45,06 81,75 79,36 15,76 108456 24,82 16,37 2,78 16,94
2003 59763 47,66 8,87 7,90 694930 48,03 99,73 22,36 99,35 98,65 948341 44,80 80,88 78,49 17,27 97466 24,98 15,35 2,42 16,33
2002 57812 46,18 8,49 7,20 684542 48,08 97,63 21,78 98,90 97,73 899236 44,55 78,32 75,91 17,88 85171 24,48 13,96 2,78 17,80
2001 53409 44,92 7,75 6,75 680100 47,40 96,64 21,79 96,49 100,00 847445 44,81 75,80 72,99 16,76 78540 23,86 13,33 2,41
2000 51614 45,09 7,39 6,33 691891 47,44 98,21 21,85 95,52 92,90 795380 45,62 73,51 70,78 16,41 79978 25,16 13,97 2,30
1999 56025 42,45 10,57 7,02 690306 47,95 97,12 89,07 21,98 96,73 93,58 768903 45,63 70,65 66,19 16,39 76293 25,43 13,15 2,08 11,82
Dernière mise-à-jour: le 20 juin 2007

Introduction

La République du Tadjikistan a subi une guerre civile de 1992 à 1997 qui a provoqué la fuite de 400 000 Russes ethniques vers la Russie. Un gouvernemental central a été formé en 1997 et des élections ont suivi en 1999. Une certaine stabilité politique est revenue et des élections présidentielles et parlementaires ont eu lieu respectivement en 2005 et en 2006. Ces élections n'étaient pas conformes aux normes internationales mais ont été décrites comme une amélioration par rapport aux élections précédentes. Certains partis de l'opposition ont boycotté les élections, d'autres n'étaient pas autorisés à y participer. Le Parlement de 96 sièges compte 11 femmes dans la Chambre basse et 5 dans la Chambre haute, ainsi que 2 Ouzbeks et 1 Kirghiz qui représentent ces minorités. Le pouvoir judiciaire est indépendant en droit mais certaines sources affirment qu'il est soumis à des pressions de la part de la branche exécutive ainsi que des réseaux criminels. Le Président nomme et révoque les juges avec le consentement du Parlement.

La discrimination basée sur la race, le sexe, le handicap, la langue ou le statut social est interdite mais existerait à l'égard de certains groupes. Le pays est un Etat laïque dont l'Islam est la religion majoritaire. Le respect de l'Islam traditionnel est encouragé tandis que l'Islam radical est considéré comme une menace pour la sécurité nationale.

Les responsables de la sécurité sont accusés de pratiquer la torture pour extorquer des aveux et l'impunité constitue un problème. La corruption et le népotisme sont omniprésents et le gouvernement a indiqué qu'il prendrait des mesures pour enrayer la corruption.

La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais limitées dans la pratique. Des journalistes sont intimidés et harcelés et le gouvernement a renforcé son contrôle sur les médias. Une peine de prison de 5 ans peut être prononcée pour insulte au Président. Un article qui accusait un professeur de corruption a entraîné une peine de 1 an de travail forcé ainsi qu'une amende. Les journalistes soutiennent que les représentants du gouvernement limitent l'accès à l'information. Certains sites Internet sont bloqués.

Le Tadjikistan est une source et un point de transit pour le trafic des personnes, qui est illégal mais répandu. Les fonctionnaires sont accusés de faciliter le trafic des femmes et des enfants et, apparemment, des nouveau-nés. Des femmes sont victimes de trafic à des fins d'exploitation sexuelle ; des hommes et des garçons sont commercialisés pour leur force de travail. La servitude pour dettes est également dénoncée. Une coopération internationale a été organisée pour rapatrier les victimes de trafic.

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?Droit à l’éducation

On signale une détérioration du système scolaire public. Les enseignants complètent leurs maigres salaires en travaillant dans l'agriculture ou en vendant des biens dans les bazars locaux. De nos jours, la jeune génération du Tadjikistan est moins qualifiée que la précédente. En 2005, on rapporte que le total des dépenses publiques en pourcentage du PIB était très bas à 2,8% en 2005. L'éducation est obligatoire, gratuite et universelle jusqu'à l'âge de 14 ans mais la loi n'est pas appliquée.

De nombreux enfants inscrits dans des établissements primaires et secondaires ne les fréquentent que de manière sporadique car ils travaillent. Les filles travaillent chez elles ou dans les champs. Les statistiques gouvernementales affirment que 99% des enfants sont scolarisés, cependant la Banque mondiale estime qu'environ 85% d'entre eux fréquentent l'école. Le Programme des Nations unies pour le développement rapporte que les inscriptions dans les établissements secondaires ont approximativement diminué de moitié entre 1989 et 2001. En raison du déclin des écoles publiques, les garçons sont envoyés en Egypte, en Turquie et au Pakistan pour bénéficier d'une éducation gratuite dans des madrasas.

Les gouvernements étrangers soutiennent des programmes de repas scolaires. 30% des enfants souffriraient de malnutrition. Des écoles privées de langue arabe fonctionnent, toutefois les restrictions concernant l'instruction islamique restent en place. Les imprimeurs publics ne peuvent publier de textes ou de littérature religieuse en arabe sauf s'il s'agit de copies du Coran. Les voiles sont interdits dans les écoles, les collèges et les universités. Des étudiantes et des enseignantes ont été renvoyées ou licenciées pour avoir porté un hijab.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme, d'une durée de 3 années, débute à l'âge de 4 ans. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 7%. Les 4 598 enseignants de l'EPE sont tous des femmes. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/14.

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?Enseignement primaire

L'enseignement est obligatoire de 7 à 14 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 4 années. Le TNS est de 97% (48% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 99% terminent la dernière année de l'enseignement primaire. L'enseignement primaire compte 32 078 enseignants (64% de femmes), dont 84% sont formés. Le REE est de 1/22.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire débute à l'âge de 11 ans et s'achève 7 années plus tard. 14% des étudiants de l'enseignement secondaire supérieur suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 79% (86% des garçons et 73% des filles). L'enseignement secondaire totalise 61 792 enseignants et 92% d'entre eux sont formés. Le REE est de 1/22 dans le secondaire inférieur et de 1/8 dans le secondaire supérieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

108 456 étudiants (dont 25% d'étudiantes) étudient dans l'enseignement supérieur, soit un taux brut de scolarisation de 16%. Les étudiants étrangers qui étudient au Tadjikistan viennent d'Asie (1 618), d'Europe centrale et orientale (304), des Etats arabes (18) et d'Amérique latine et des Caraïbes (1). Dans le même temps, 2 233 étudiants tadjiks étudient à l'étranger, principalement en Fédération de Russie (708), au Kirghizstan (641), en Turquie (265), au Kazakhstan (132) et aux Etats-Unis (117).

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?Enfants à besoins spéciaux

On signale des discriminations dans le domaine de l'éducation et des autres services publics. Des institutions et des structures médicales pour les personnes handicapées existent mais les financements ne sont pas appropriés et les conditions sont mauvaises. Les enfants handicapés en âge préscolaire ne sont pas admis dans les programmes d'EPE mais sont orientés vers des institutions spéciales. On évalue qu'environ 160 000 enfants handicapés en âge préscolaire attendent une assistance. Seulement 4,6% d'entre eux bénéficient d'une assistance médicale et d'une réhabilitation.

Le Ministère de l'Education gère 52 écoles résidentielles pour enfants orphelins, issus de familles monoparentales, dont les familles ne prennent pas soin et provenant de familles défavorisées. Les écoles et collèges spéciaux pour les enfants et les jeunes handicapés seraient en très mauvais état. Certains enfants handicapés sont scolarisés dans des écoles normales mais en raison de l'absence du soutien nécessaire, de nombreux autres enfants restent chez eux, isolés de la société. La loi prévoit que les enfants handicapés peuvent fréquenter des établissements secondaires et supérieurs spécialisés mais cette disposition n'est pas appliquée. Les quotas d'embauche concernant les personnes handicapées ne sont pas respectés.

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?Enfants réfugiés

La loi octroie l'asile ou le statut de réfugié conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Dans la pratique, la protection proposée est faible. Le gouvernement ne coopère pas toujours avec le HCNUR auquel le statut d'observateur a été refusé par la Commission relative à la détermination du statut de réfugié. Les réfugiés afghans se plaignent de harcèlements et d'intimidations et affirment qu'on les force à payer des frais d'enregistrement illégaux et à verser des pots-de-vin à la police qui les accuse d'être des talibans ou des membres de groupes extrémistes interdits. Les enfants réfugiés ont besoin de soutien et de soins.

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?Minorités et peuples autochtones

Environ 25% de la population du Tadjikistan appartient à l'ethnie ouzbèke. Les membres de l'ethnie russe constituent un autre groupe minoritaire important mais nombre d'entre eux ont fui durant la guerre civile. Certains sont revenus après la signature de l'accord de paix en 1997 mais d'une manière générale les minorités perdent leur importance numérique au sein de la population. Les mauvaises conditions de vie rendent l'existence de plus en plus difficile pour tous mais particulièrement pour les minorités ethniques du Tadjikistan, qui souffrent de marginalisation. Les membres de l'ethnie ouzbèke ont peu de pouvoir politique et le gouvernement excuserait un vif sentiment anti-ouzbèks. Des assassinats de membres de l'ethnie ouzbèke restent non élucidés. Une éducation élémentaire en langue ouzbèke est disponible mais peu d'émissions de télévision ou de radio sont en ouzbek.

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?Liberté académique

La censure directe n'est plus pratiquée de manière courante au Tadjikistan mais les autorités interdisent parfois l'impression de certains documents ou de certaines publications. Les rapports indiquent que cette interdiction concerne plus les journalistes que les universitaires.

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?Egalités des sexes

Le principe d'un salaire égal pour un travail de valeur égale est prévu par la loi mais n'est pas appliqué. Les droits des femmes relatifs au mariage et à la famille sont protégés par la loi mais des discriminations sont dénoncées. La législation relative à l'héritage n'est pas discriminatoire mais la propriété est généralement transmise aux fils. Des filles subiraient des pressions visant à les marier contre leur gré. La polygamie est illégale mais pratiquée. Le Conseil islamique des oulémas du Tadjikistan a émis une fatwa contre les femmes qui prient dans des mosquées ne comportant pas de structures séparant les hommes et les femmes. Le gouvernement a soutenu la fatwa, tout en manifestant son inquiétude à l'égard de la séparation de la religion et de l'Etat.

Le harcèlement sexuel est interdit mais existerait néanmoins et la stigmatisation sociale dissuade les victimes de porter plainte. Une baisse des opportunités en matière d'éducation et la hausse de la pauvreté ont affaibli les chances d'indépendance financière des femmes. Les rapports continuent de dénoncer des enlèvements de jeunes femmes qui sont violées et forcées à épouser leurs ravisseurs. La violence contre les femmes est répandue et fait rarement l'objet d'accusations ou de poursuites. Le trafic des femmes est un grave problème. On signale que certains gouvernements locaux refusent de délivrer des documents d'identité internes aux femmes qui refusent d'être photographiées sans leur hijab, or l'absence de papiers d'identité les empêche d'accéder aux prestations.

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?Travail des enfants

L'âge minimum d'embauche est fixé à 16 ans, bien qu'avec une autorisation du syndicat local les enfants puissent travailler dès l'âge de 15 ans. Les enfants de moins de 18 ans ne peuvent travailler que 6 heures par jour ou 36 heures par semaine. Cependant, des enfants âgés de 7 ans exécutent parfois des tâches domestiques ou agricoles avec leurs familles. Bon nombre des enfants de moins de 10 ans travaillent dans le secteur informel. Aucun plan d'action national n'aborde les pires formes du travail des enfants. Les syndicats sont habilités à dénoncer les violations des lois relatives au travail des enfants mais le font rarement.

La plupart des enfants qui travaillent sont employés dans le cadre de l'exception prévue par la loi concernant le soutien à la famille. La pratique qui consiste à fermer les établissements secondaires et les universités pour que les étudiants récoltent le coton subsiste. 40% des récoltes de coton sont cueillies par des étudiants. La Banque mondiale rapporte que 1 enfant sur 8 travaille à temps plein. Le trafic des enfants serait fréquent.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhérer, et environ 90% de la main-d'uvre fait partie des syndicats affiliés à la Fédération des syndicats du Tadjikistan, une organisation indépendante. La négociation collective est autorisée et environ 90% des travailleurs sont employés dans le cadre de contrats collectifs. Le droit de grève est garanti.

Le travail forcé ou obligatoire est illégal, sauf lorsque la loi le prévoit, mais certains rapports le mentionnent. Les travailleurs des anciennes fermes collectives continuent de devoir récolter le coton, bien que les fermes d'Etat soient aujourd'hui privées. Les travailleurs ne bénéficient ni des salaires ni des prestations prévues autrefois pour le travail collectif.

Le salaire mensuel minimum est de US$3,90 (12 somonis), ce qui ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La Banque mondiale évalue que 64% de la population vit sous le seuil de pauvreté fixé à 1$ par jour (2,78 somonis). Certaines subventions sont accordées aux travailleurs qui gagnent le salaire minimum ainsi qu'à leurs familles mais il s'agit souvent d'avantages en nature. La semaine normale de travail est de 40 heures.

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Nom du pays/territoire République de Tajikistan
Population 7320815 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1993)
OIT 87 (1993)
OIT 98 (1993)
OIT 100 (1993)
OIT 105 (1999)
OIT 111 (1993)
OIT 138 (1993)
OIT 182 (2005)
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