| Dernière mise-à-jour: le 18 juin 2007 |
Introduction |
La République unie de Tanzanie inclut la partie continentale et l'archipel de Zanzibar. Les troisièmes élections présidentielles et parlementaires depuis que le pays est redevenu multipartite ont été organisées en 2005. Le Président sortant avait effectué deux mandats consécutifs et ne pouvait se présenter. Le parti dirigeant Chama Cha Mapinduzi (CCM) a obtenu un nombre considérablement plus élevé de votes et son candidat a été élu Président de la république ; le parti a également obtenu 206 sièges sur 233 à l'Assemblée nationale (qui en 2006 a été élargie à 320 sièges).
Zanzibar possède son propre Président, son système judiciaire et sa Chambre des représentants élue par les Zanzibarites seuls. A Zanzibar, le candidat du CCM a obtenu la présidence lors d'élections entachées de violences. Les partis politiques doivent soutenir l'union avec Zanzibar et ne peuvent être basés sur l'affiliation ethnique ou religieuse. Les femmes doivent occuper au moins 30% des sièges parlementaires. La Chambre des représentants de Zanzibar compte 18 femmes pour un total de 81 sièges et 4 femmes font partie du gouvernement zanzibarite. Dans l'ensemble de la République, l'Assemblée nationale de 320 sièges compte 91 femmes.
Le système judiciaire est légalement indépendant, mais serait sous-financé, inefficace et soumis à des interventions de la branche exécutive. Deux systèmes judiciaires existent, un sur le continent et un à Zanzibar. Zanzibar possède un système judiciaire kadhi ainsi qu'un droit civil. Les musulmans représentent plus de 95% de la population de Zanzibar et dans les affaires concernant le mariage, le divorce, la garde des enfants et l'héritage, les lois sont basées sur la Charia. Sur le continent, la loi relative au mariage reconnaît les mariages islamiques et les mariages coutumiers.
La discrimination basée sur la nationalité, l'ethnicité, l'affiliation politique, la race ou la religion est interdite mais la législation n'est pas toujours appliquée et on dénonce des discriminations à l'égard de certains groupes. La Tanzanie héberge le Tribunal pénal international pour les crimes de guerre du Rwanda (TPIR) à Arusha.
Les forces de sécurité sont accusées d'avoir recours à une force abusive et de surveiller la correspondance électronique. Des rapports signalent la pratique de la sorcellerie. Des élèves ont été tués, selon certaines affirmations pour prélever des parties de leur corps. Malgré des efforts contre la corruption, elle serait omniprésente au sein du gouvernement.
La liberté d'expression est garantie mais la liberté de la presse ne l'est pas. Les lois sur la diffamation imposent des peines criminelles aux journalistes, ce qui entraîne des pratiques d'autocensure. Des politiques distinctes en matière de médias sont appliquées sur le continent et à Zanzibar, où les lois sont plus restrictives. Des rapports dénoncent la corruption des journalistes. L'accès à Internet n'est pas restreint mais peu de citoyens peuvent se permettre cette technologie. L'accès à l'information est dorénavant garanti par la loi, cependant les demandes d'information ne seraient satisfaites que sporadiquement dans le meilleur des cas. 90% de l'ensemble des documents seraient classifiés.
Le pays est une plaque tournante pour le trafic de femmes et d'enfants à des fins de travail forcé et d'exploitation sexuelle. Les rapports observent que certains représentants gouvernementaux impliqués dans ce trafic agissent en toute impunité.
Le nombre de foyers dirigés par des enfants a augmenté en raison des décès dus au VIH/SIDA. Les enfants laissés dans de telles situations sont vulnérables face aux trafiquants et les ONG aident les orphelins du VIH/SIDA. La Tanzanie a adopté une politique nationale sur le VIH/SIDA et des efforts sont faits pour combattre sa propagation. L'Internationale de l'Education et son organisation membre, la Tanzania Teachers' Union, ont développé un programme de formation complet pour les enseignants sur la prévention du VIH/SIDA à travers l'éducation, y compris l'éducation sexuelle. On dénonce des discriminations sociales envers les personnes séropositives et sidéennes. L'homosexualité est illégale à Zanzibar, et pour les personnes engagées dans des relations homosexuelles, la peine peut s'élever à 25 ans de prison pour les hommes et à 7 ans de prison pour les femmes.
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Droit à l’éducation
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L'éducation est obligatoire de 7 à 13 ans. L'enseignement primaire est obligatoire et universel sur le continent et à Zanzibar et il est gratuit jusqu'à l'âge de 15 ans. Une pénurie d'enseignants, d'écoles et d'autres ressources en matière d'éducation en limite l'accès pour les enfants, cependant des données statistiques officielles révèlent un taux de scolarisation brut (TBS) de 91% en 2004, soit une augmentation par rapport au 48% de 1999. Les frais demandés pour l'enseignement secondaire supérieur rendent ce niveau de scolarisation inabordable pour de nombreux enfants. En 2005, le gouvernement a réduit ces frais de moitié et offert des subventions en ce qui concerne les autres frais à travers un programme spécial.
Un fonds consacré à l'éducation, visant à améliorer l'accès des enfants à l'éducation et à combattre le déséquilibre entre les sexes, a été instauré par le gouvernement, mais les parents doivent toujours acheter les manuels et les uniformes. Certains enseignants mal payés demandent de l'argent pour inscrire les enfants à l'école et les enseignants s'absentent parfois de leur travail pour réaliser d'autres travaux qui leur permettent de gagner assez pour vivre.
Le gouvernement, l'UNICEF et certaines ONG offrent certaines aides aux deux millions d'orphelins que compte le pays. Les filles s'occupent souvent de leurs plus jeunes frères et surs et sont mariées à un âge précoce, ce qui limite leurs chances de terminer leur scolarité. Les filles enceintes sont obligées de quitter l'école. Afin de mettre un terme aux mariages et aux grossesses chez les jeunes, la loi relative à l'éducation prévoit des « peines pour les personnes qui épousent ou fécondent des écolières ». L'UNICEF signale que seulement 2% des garçons et 3% des filles fréquentent l'enseignement secondaire mais aucun TNS n'est disponible.
Les châtiments corporels à l'école constituent un problème. On s'efforce de réduire l'usage du fouet dans les écoles. Des condamnations ont été prononcées concernant des abus sexuels sur des enfants.
Des dirigeants musulmans observent que le nombre d'étudiants musulmans inscrits dans les écoles publiques n'est pas égal au nombre d'étudiants chrétiens, ce à quoi les représentants répondent que les musulmans préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles religieuses plutôt que dans des écoles publiques.
Il y a de nombreux enfants des rues, qui n'ont pas accès à l'éducation ou à d'autres services faute d'adresse fixe ou d'argent pour financer les uniformes ou les manuels scolaires. Le Ministère de l'Education et de la Culture a interdit à une ONG de publier des études sur les écoles, soutenant que l'ONG dépréciait le système éducatif ; il a été demandé au gouvernement de lever l'interdiction.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de deux ans, débute à l'âge de 5 ans. A ce niveau, 2% de l'EPE relève du secteur privé. Le TNS est de 29%. Parmi les 11 148 enseignants (58% de femmes) travaillant à ce niveau, 22% sont formés (16% des hommes, 27% des femmes). Le ratio enseignant/élèves (REE) est très élevé à 1/57.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire de 7 à 13 ans. L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et s'étale sur 7 ans. A ce niveau, 1% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 91% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 73% continuent jusqu'en dernière année de l'enseignement primaire. 4% des élèves doublent une année ou plus. 135 013 enseignants (48% de femmes) travaillent à ce niveau et tous sont formés. Le REE est de 1/56.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 14 ans et s'achève 6 ans plus tard. 3% des élèves doublent une année ou plus. Aucun TNS n'est disponible.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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42 948 étudiants (29% d'étudiantes) étudient dans des établissements d'enseignement supérieur. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 1%. 3 907 étudiants étudient à l'étranger, principalement aux Etats-Unis (1 471), au Royaume-Uni (1 053), en Afrique du Sud (283) en Australie (119) et en Allemagne (115).
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Enfants à besoins spéciaux
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Les croyances culturelles dans certaines zones entraînent des discriminations à l'égard des personnes handicapées et limitent leur accès à l'éducation et aux autres services publics. Les budgets sont très limités. Le Ministère de l'Education a instauré un fonds spécial visant à accroître l'accès à l'éducation pour les enfants handicapés car ceux-ci abandonnent souvent l'école en raison d'un manque d'infrastructures. Les familles trouvent que les besoins spéciaux des étudiants sont trop coûteux et aucun moyen de transport spécial n'est disponible.
On a interdit à une ONG, Haki Elimu, de publier des études sur les écoles après qu'elle ait observé que les écoles publiques ne possédaient pas de structures adaptées aux élèves malvoyants et aux élèves sans membres. Le parti dirigeant CCM réserve 2 de ses sièges à l'Assemblée nationale à des femmes handicapées, un siège à Zanzibar et un sur le continent. Le viol et les abus sexuels envers les filles et les femmes handicapées seraient répandus.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi du statut de réfugié ou de l'asile conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés ou à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour assurer la protection des réfugiés. Un système d'évaluation distinct a été mis en place pour les demandeurs d'asile du Burundi et de la République Démocratique du Congo (RDC). La coopération avec le HCNUR est parfois limitée. Un total d'environ 350 590 réfugiés est composé principalement de 195 377 réfugiés burundais et de 150 112 réfugiés venus de la RDC. Ils vivent dans 14 camps et sont aidés par le HCNUR.
Les réfugiés burundais ne bénéficient pas de l'assistance du HCNUR tandis que les Somaliens vivent dans un camp côtier avec l'aide du HCNUR. Les réfugiés ne peuvent résider en dehors des camps mais doivent quitter ces derniers pour ramasser du bois de chauffage. Les femmes et les enfants qui exécutent ces tâches sont victimes de vols et de viols. L'hostilité contre les réfugiés est élevée.
La majorité de la population pense que les réfugiés sont responsables de la criminalité, du trafic et du VIH/SIDA ; le fait que certains services soient offerts aux réfugiés mais non à la population locale a également suscité des rancurs. L'adoption d'une politique nationale relative aux réfugiés en 2003 a contribué à l'amélioration des conditions des enfants réfugiés et a permis à certains de suivre un enseignement.
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Minorités et peuples autochtones
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Certaines tribus prétendent que des discriminations ont lieu dans les écoles puisque les enfants doivent porter des uniformes scolaires plutôt que des tenues ou des ornements traditionnels. Les Barabaig exigent d'être dédommagés pour le bouleversement de leur mode de vie traditionnel provoqué par la transformation de leurs terres pastorales en fermes de blé. Des discriminations sociales existeraient à l'encontre des 1,5 million d'asiatiques dans le pays, alimentées par la tendance vers la privatisation et la croyance selon laquelle la minorité asiatique contrôlerait l'économie. Certains partis politiques ont participé aux élections en promettant de reprendre le contrôle des richesses et des ressources nationales aux investisseurs étrangers et à la population asiatique pour les redistribuer aux personnes d'origine africaine et arabe.
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Liberté académique
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En 2005, l'University of Dar es Salaam Academic Staff Assembly (UDASA) s'est réunie pour discuter de la Charte du Conseil universitaire. La Charte est le document constitutionnel principal, qui expose la vision, la mission, les tâches intellectuelles et la responsabilité sociale de l'université et établit les structures administratives et relatives à la surveillance académique. L'UDASA et le syndicat étudiant ont émis des protestations quant à l'aspect non démocratique de la consultation de la Charte, cette dernière n'impliquant pas l'ensemble des membres de la communauté de l'université. L'UDASA pense que l'administration de l'université a pris ses décisions sans prendre en compte ces apports.
Une entreprise multinationale étrangère a été chargée de promouvoir, sélectionner, interviewer et proposer des candidats pour le nouveau Conseil. L'UDASA pense que cette attention portée sur l'administratif plutôt que sur les objectifs académiques rendra l'université directive dans son processus de prise de décision. L'université de Dar es Salaam est une institution publique, responsable envers le peuple de Tanzanie et l'UDASA pense que l'introduction de toute modification doit prendre en considération l'intérêt public.
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Egalités des sexes
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La loi prévoit l'égalité des hommes et des femmes, cependant la législation concernant l'héritage, le mariage et les terres défavorise les femmes. Leur accès à certains emplois est limité et le travail est compartimenté entre les sexes. Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est illégal mais des rapports observent que les femmes sont victimes de faits de harcèlement dans l'enseignement supérieur et que ceux-ci sont ignorés par les autorités. Les femmes mariées dont le mariage n'a pas été conclu en vertu des lois coutumières, hindoues, musulmanes, chrétiennes ou civiles peuvent perdre des biens lors du divorce, car les propriétés laissées par leurs maris peuvent revenir aux membres masculins de la famille.
Certaines lois tribales régionales interdisent à une veuve d'hériter d'une terre même si cette dernière appartient à sa famille. La loi de Zanzibar relative à la protection des personnes célibataires, veuves et divorcées criminalise les grossesses hors mariage, passibles de 2 ans de prison. Les filles de 15 ans peuvent être mariées avec l'accord de leur tuteur. Une fille orpheline sans tuteur n'a pas besoin d'autorisation. Les enfants âgés de 14 ans peuvent se marier si les circonstances rendent le mariage souhaitable.
Les violences domestiques sont répandues et les pressions culturelles dissuadent les femmes de dénoncer les abus. Les mauvais traitements physiques constituent un motif de divorce. Les mutilations génitales féminines (MGF) sont interdites sur les filles de moins de 18 ans mais l'application de la loi est faible. La prévalence des MGF serait en baisse mais elles continuent d'être pratiquées par 20 tribus sur 130, y compris dans ses formes les plus mutilantes, et les victimes ont en moyenne moins de 10 ans.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 14 ans, cependant les enfants plus jeunes peuvent exécuter des travaux légers qui ne sont pas néfastes pour leur santé et leur développement et ne nuisent pas à leur éducation. Cet âge est contradictoire avec celui auquel prend fin l'enseignement obligatoire. Les enfants de moins de 18 ans ne peuvent effectuer des travaux dangereux, y compris dans l'agriculture et le secteur informel. La loi de 2004 sur l'emploi et les relations de travail protège les enfants de l'exploitation sur le lieu de travail et leur interdit le travail forcé ou obligatoire, cependant ces dispositions sont peu appliquées. Les personnes qui emploient illégalement une main-d'uvre enfantine ou recourent au travail forcé encourent désormais une peine criminelle.
Les enfants qui travaillent comme domestiques loin de leurs domiciles sont victimes de l'exploitation sexuelle commerciale. La majorité des enfants domestiques sont des filles de 13 à 15 ans ; elles travaillent entre 12 et 14 heures par jour, 7 jours par semaine. Des filles de seulement 7 ans sont impliquées dans la prostitution et sont parfois victimes de trafic ; les garçons sont de plus en plus en danger. A Zanzibar, le travail des enfants est répandu et on dénonce l'exploitation sexuelle commerciale à proximité des hôtels touristiques. Un programme de l'OIT est mis en uvre afin d'éliminer les pires formes du travail des enfants dans 11 districts d'ici 2010. Les rapports indiquent que depuis 2002, plus de 20 000 enfants ont été protégés ou retirés des pires formes du travail des enfants.
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Droits syndicaux
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Les lois du travail ne sont pas les mêmes sur le continent et à Zanzibar. Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer, cependant les travailleurs de Zanzibar ne sont pas autorisés à adhérer aux syndicats du continent. 27% de la main-d'uvre du secteur formel est affiliée au Trade Union Congress of Tanzania. Un seul dirigeant syndical peut travailler à plein temps pour le syndicat ; tous les autres doivent travailler à plein temps dans le secteur dans lequel ils ont été élus. La négociation collective est autorisée et pratiquée dans le secteur privé mais pas dans le secteur public, où les salaires et les conditions de travail sont fixés par le gouvernement. Les travailleurs de Zanzibar ne sont pas autorisés à faire grève, tandis que les travailleurs du continent le sont, bien que la nouvelle loi du travail ait augmenté le nombre de travailleurs jugés essentiels n'ayant pas le droit de se mettre en grève. La législation du travail s'applique dans les zones franches d'exportation.
Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais continue d'être signalé. Les prisonniers travaillent sans être rémunérés sur des projets au sein de la prison et sont également mis au travail forcé sur les routes et dans des projets publics de construction. Le salaire minimum est de US$ 53 (48 000 shillings) par mois. Même avec une source complémentaire de revenus, le salaire minimum ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. Le travailleur occupe souvent un deuxième, voire un troisième emploi dans le secteur informel. Il n'existe aucune semaine de travail standard pour un travailleur du secteur formel bien qu'une semaine de 6 jours et de 44 à 48 heures soit courante. Les travailleurs du gouvernement ont une semaine de 5 jours et de 40 heures.
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