La République démocratique du Timor-Leste (Timor oriental) a élu sa première assemblée constituante de 88 membres lors d'élections libres et équitables, organisées sous la tutelle de l'ONU, en 2002.La mission de soutien de l'ONU a pris fin en mai 2005. Le Président, chef de l'Etat, est élu pour un mandat de 5 ans. Le Président possède un pouvoir de veto sur certaines lois et désigne le dirigeant du parti majoritaire comme Premier ministre. Le Premier ministre dirige le gouvernement.
Suite à une flambée de violence en 2006, le Conseil de sécurité de l'ONU a envoyé une force de maintien de la paix supplémentaire pour réprimer les troubles. Des manifestations dans la capitale, Dili, en soutien à 591 soldats qui avaient été congédiés pour avoir déserté leurs baraquements, se sont transformées en une émeute de masse. Le Premier ministre a été accusé d'avoir armé un commando de civils et de leur avoir ordonné de tuer ses adversaires politiques. Le Président et plusieurs ministres gouvernementaux ont déclaré au Premier ministre qu'il devait démissionner ou qu'ils se chargeraient de le congédier. Le Premier ministre a déclaré qu'il démissionnerait si le parti au pouvoir, Fretilin, l'exigeait. Le 26 juin 2006, le Premier ministre a démissionné et son successeur José Ramos Horta a été nommé le 8 juillet. Comme les affrontements entre les milices rivales et les militaires s'apaisaient, les casques bleus australiens ont commencé à se retirer du pays, cependant plus de 2 000 casques bleus et officiers de police resteront dans la capitale jusqu'à ce que des élections aient lieu à la fin de l'année 2007.
L'assemblée compte 23 femmes et 3 femmes sont ministres au gouvernement. Le Premier ministre et le Ministre de la Défense sont membres de groupes minoritaires ethniques. Le système judiciaire est indépendant en droit et dans la pratique. Cependant, le système légal serait incohérent dans l'application des lois. Les lois indonésiennes et les règlements transnationaux de l'ONU sont en vigueur jusqu'à ce qu'un nouveau système soit élaboré. Les règlements de l'ONU supplantent le droit indonésien mais dans certains cas, ce principe est mis de côté. L'ensemble des décisions légales et de la Cour suprême ainsi que les décisions des comités gouvernementaux doivent être publiées dans le bulletin officiel ou sont déclarées caduques.
En 2004, les gouvernements d'Indonésie et du Timor oriental ont formé ensemble une Commission vérité et amitié (TFC) pour aborder le problème des violations des droits de l'Homme au Timor oriental en 1999. La TFC est vivement critiquée publiquement au Timor oriental car on croit qu'elle n'attaque pas les véritables responsables ; le peuple soutient fortement la création d'un tribunal international qui jugerait les personnes accusées de violations des droits de l'Homme qui sont libres en Indonésie. Un rapport du Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme a affirmé que le processus d'enquête sur les crimes graves au Timor oriental a reconnu « un degré de responsabilité » des personnes coupables des crimes commis en 1999 et que le Tribunal Ad Hoc en Indonésie était « manifestement inadéquat ».
On signale que les forces de police sont peu formées et peu équipées et on les accuse d'abus d'autorité et d'agissements non professionnels. Le Groupe d'enquête sur les crimes graves et les Collèges spéciaux sur les crimes graves sont chargés de mettre en examen les personnes accusées des génocides, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui ont été commis en 1999. Les Collèges spéciaux ont été abolis mais peuvent être réinstaurés si nécessaire à condition qu'ils incluent 2 juges internationaux et 1 juge local.
La corruption au sein des établissements gouvernementaux et un manque de transparence dans le processus d'acquisition sont qualifiés de sources d'inquiétudes particulières. Les responsables des douanes et des frontières sont accusés de faciliter la contrebande venue d'Indonésie. Les citoyens ont accès aux lois régissant le budget et les comptes nationaux et la nouvelle loi sur le Fonds du pétrole garantit transparence et surveillance.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties en droit et dans la pratique, bien que les agents d'Etat essayent, selon les rapports, de parasiter ces droits. Un ordre exécutif de l'ONU a décriminalisé la diffamation, cependant la Cour d'appel a déclaré que l'ordre ne pouvait infirmer les règlements indonésiens qui considèrent la diffamation comme une infraction pénale. Un journal qui avait publié des articles sur les personnes mortes de la famine ignorées par le gouvernement a été expulsé des bureaux qu'il occupait depuis 1993, et le moment où cela s'est produit suggère que cette expulsion était motivée politiquement. La publication d'un article d'un journaliste sur la fouille sans mandat de son domicile a été suivie de son arrestation et de sa détention pendant 24 heures. Les éditoriaux de la presse écrite critiquent le gouvernement mais les plaintes en diffamation contre les médias ont augmenté. Le gouvernement a modifié le Code pénal afin de criminaliser la diffamation et les insultes envers l'honneur d'une personne mais le Président n'a pas signé cet amendement qui n'a ainsi pas été promulgué.
L'accès à Internet n'est pas limité.
Les rapports citent le trafic des femmes et des enfants à des fins de prostitution. On accuse les responsables de la police et des douanes d'être impliqués dans ce trafic. Un groupe de travail a été instauré pour surveiller et contrôler le trafic. Une ONG aide les victimes du trafic.
Les étrangers n'ont pas le droit de prendre part aux activités politiques, et les ONG étrangères et internationales ne sont pas autorisées à entreprendre certains projets visant à promouvoir le développement de la société civile, y compris l'assistance aux syndicats. Le gouvernement peut interdire aux étrangers d'organiser des conférences si ces dernières sont jugées dangereuses pour les intérêts du pays. Une exception est faite pour les programmes d'assistance bilatéraux ou multilatéraux qui visent à former ou à renforcer les institutions démocratiques de nature uniquement universitaire.
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