| Dernière mise-à-jour: le 21 juin 2007 |
Introduction |
La République de Trinidad et Tobago est une démocratie parlementaire dont le président est le chef d'Etat. Le corps législatif est dirigé par le Premier ministre. Les troisièmes élections en l'espace de trois ans ont eu lieu en 2002. La politique est largement divisée selon les lignes raciales, avec le Mouvement national populaire (PNM), surtout soutenu par les Trinidadiens d'origine africaine, et le Congrès national unifié (UNC) qui a surtout les faveurs des citoyens d'origine indienne. Lors des élections de 2002, organisées au suffrage universel et jugées libres et équitables, le PNM a remporté 20 sièges et l'UNC en a remporté 16. Il y a 18 femmes pour un corps législatif de 67 sièges et 9 femmes membres du Gouvernement ; le président du Sénat est une femme. 6 représentants des minorités sont présents dans le corps législatif et 2 font partie du Gouvernement.
La loi prévoit un pouvoir judiciaire indépendant et le gouvernement respecte ce droit dans la pratique. Trinidad et Tobago accueille la Cour de justice des Caraïbes, une instance de recours finale destinée à remplacer le Privy Council (Conseil privé) britannique, lequel avait été considéré comme un obstacle à la mise en uvre des peines de mort. Le gouvernement a réintroduit la peine capitale en 1999, en dépit de la forte pression internationale contre cette décision.
Tout comme d'autres nations caraïbes, Trinidad et Tobago est un point de transbordement pour la drogue, ce qui a suscité une violence liée aux gangs et un taux de criminalité élevé. La corruption serait endémique au sein des forces de police.
La discrimination fondée sur la race, l'origine, la couleur de peau, la religion et le sexe est interdite.
La police est accusée d'abuser des détenus. Les meurtres et les kidnappings contre rançon ont fortement augmenté et on soupçonne de plus en plus l'implication de policiers corrompus. Les fonctionnaires publics sont tenus de dévoiler leurs avoirs mais ceux qui occupent une fonction publique sont peu enclins à respecter cette obligation, qui pourrait les exposer au kidnapping contre rançon.
La liberté d'expression et de la presse sont respectées dans la pratique et l'accès à Internet n'est pas restreint. La Loi sur la liberté de l'information prévoit un accès public aux documents du gouvernement.
Les rapports signalent un trafic de femmes et d'enfants ainsi que de drogue et d'armes illégales. Le trafic des femmes et des enfants à des fins d'exploitation sexuelle suscite une préoccupation croissante dans le pays et dans toute la région des Caraïbes. Selon les rapports, le tourisme sexuel serait en augmentation à Trinidad et Tobago, les principaux touristes sexuels étant des hommes en provenance d'Europe et d'Amérique du Nord.
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Droit à l’éducation
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L'enseignement est gratuit, obligatoire et universel jusqu'à l'âge de 12 ans et est gratuit jusqu'à l'âge de 20 ans. 72% des élèves poursuivent leurs études jusqu'au niveau de l'enseignement secondaire. Face à la surpopulation et à des infrastructures physiques ne répondant pas aux normes, des ressources ont été affectées à la construction de nouvelles écoles et à l'élargissement de l'accès à l'enseignement secondaire gratuit.
Le châtiment corporel est illégal. En vertu de la Loi sur le mariage et le divorce des musulmans, l'âge minimum légal du mariage est de 16 ans pour les garçons et de 12 ans pour les filles ; en vertu de la Loi sur le mariage des hindous et la Loi sur le mariage Orisa, l'âge minimum légal du mariage est de 18 ans pour les garçons et de 16 ans pour les filles. Le mariage des enfants n'est pas signalé comme fréquent.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Le programme, d'une durée de 2 années, débute à l'âge de 3 ans. A ce niveau, tout l'enseignement est privé. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 70%. Les 2 223 enseignants travaillant à ce niveau sont tous des femmes et 25% d'entre elles sont qualifiées. Le ratio enseignant/élèves (REE) est de 1/13.
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Enseignement primaire
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L'enseignement est obligatoire pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. L'école primaire débute à l'âge de 5 ans et se poursuit pendant 7 années. A ce niveau, 72% de l'enseignement est privé. Le TNS est de 92% (49% de filles). Parmi les élèves qui s'inscrivent en première année, 96% achèvent la dernière année de l'enseignement primaire. 5% des élèves doublent une année ou plus. Il y a 7 839 enseignants pour le niveau primaire (73% de femmes) dont 81% sont qualifiés (72% des hommes, 84% des femmes). Le ratio enseignant/élèves est de 1/18.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à 12 ans et s'achève 6 ans plus tard. A ce niveau, 27% de l'enseignement est privé. Dans l'enseignement secondaire supérieur, 2% des étudiants suivent des programmes professionnels techniques. Le TNS est de 72%. 1% des élèves doublent une année ou plus. Il y a 5 422 enseignants du secondaire, dont 3 132 (62% de femmes) dans le secondaire inférieur et 2 290 (62% de femmes) dans le secondaire supérieur. 56% des enseignants du secondaire sont qualifiés. Le ratio enseignant/élèves dans le secondaire inférieur est de 1/19 et de 1/19 dans le secondaire supérieur.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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16 751 étudiants (55% de femmes) étudient dans des institutions de l'enseignement supérieur, ce qui donne un Taux brut de scolarisation de 12%. A ce niveau, 10% de l'enseignement est privé. 4 903 étudiants trinidadiens étudient à l'étranger, essentiellement aux Etats-Unis (3 638), au Royaume-Uni (683), au Canada (241), en Jamaïque (153) et à Cuba (57).
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Enfants à besoins spéciaux
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Les lois n'interdisent pas la discrimination fondée sur le handicap. Les personnes handicapées sont confrontées à la discrimination, à des perspectives restreintes, au manque de respect et à un manque de services de soutien dans l'éducation. Une importante manifestation contre une entreprise publique-privée pour son refus d'engager des personnes handicapées n'a pas modifié la décision mais a permis de sensibiliser à l'égard de l'inégalité de traitement. La University of the West Indies a inauguré un programme d'études sur le handicap et ajoute une capacité de recherche afin de compléter ce domaine.
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Enfants réfugiés
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Le gouvernement a adhéré à la Convention de 1951 des Nations unies concernant le statut des réfugiés et à son Protocole de 1967, mais n'a adopté aucune législation de mise en uvre. Le gouvernement coopère avec le HCNUR afin d'apporter une assistance aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.
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Minorités et peuples autochtones
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Les divers groupes raciaux et ethniques du pays vivent dans une harmonie relative mais des tensions raciales se font jour de temps à autre entre Afro-trinidadiens et les Indo-trinidadiens, chaque groupe constituant environ 40% de la population. Les Indo-trinidadiens dominent les secteurs privé et agricole tandis que les Afro-trinidadiens travaillent dans la fonction publique, la police et dans les forces de défense. Un très petit groupe de descendants de la population amérindienne subsiste et leurs droits civils et politiques sont protégés.
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Liberté académique
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La branche de la University of the West Indies située à Trinidad soutient « la liberté d'étudier, d'enseigner, de publier et de débattre selon les normes universitaires communément admises. Le droit à la liberté académique comporte le devoir d'utiliser cette liberté de manière responsable et éthique La liberté académique ne requiert pas la neutralité de la part de l'individu. » Des universitaires de haut rang tels que le vice-président, les pro-vice-présidents, les directeurs de campus, les archivistes, les économes, les doyens et le personnel administratif de haut rang ne sont pas autorisés à accepter une fonction publique politique lorsqu'ils occupent leur poste universitaire.
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Egalités des sexes
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Les femmes jouissent de l'égalité des droits avec les hommes mais la législation ne couvre pas l'égalité du salaire pour un travail de valeur égale. L'égalité de rémunération constitue la norme dans le service public mais des disparités sont relevées dans le secteur privé et dans l'agriculture. Le harcèlement sexuel n'est pas interdit par la loi. Certains syndicats ont des dispositions de lutte contre le harcèlement dans leurs conventions collectives.
La violence domestique est dénoncée en tant que problème important et fait l'objet d'une attention accrue de la part des médias. L'opinion publique considère de plus en plus les abus commis à l'égard de femmes au sein de leur domicile non comme une question privée mais comme un problème qui nécessite une assistance extérieure pour être réglée.
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Travail des enfants
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L'âge minimum pour travailler est de 12 ans. Les enfants âgés de 12 à 14 ans peuvent travailler dans des entreprises familiales; les enfants âgés de moins de 16 ans ne peuvent travailler la nuit ; les enfants âgés de 16 à 18 ans peuvent travailler la nuit dans les sucreries. La loi sur le travail des enfants n'est pas pleinement appliquée. Le Comité directeur national sur la prévention et la suppression du travail des enfants a terminé la rédaction préliminaire d'une politique nationale sur le travail des enfants. L'UNICEF estime que 2% des enfants âgés de 5 à 14 ans exercent un emploi rémunéré. Si le gouvernement a ratifié les Conventions 182 et 138 de l'OIT, il n'a pas adopté la législation nécessaire pour leur mise en application.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de fonder des syndicats et d'y adhérer. Environ 24% de la main-d'uvre est syndiquée et est représentée par 2 centres syndicaux. La négociation collective est autorisée et est mise en pratique. Les enseignants et les policiers sont considérés comme étant des prestataires de services essentiels et n'ont pas le droit de grève. L'OIT a jugé que la définition des services essentiels donnée par le gouvernement est trop large et a demandé au parlement de restreindre cette définition. La législation du travail s'applique aux zones franches d'exportation.
Le travail forcé ou obligatoire n'est pas interdit par la loi mais rien n'indique qu'il soit pratiqué. Le salaire minimum s'élève à US$ 1,50 (TT$ 9,00) de l'heure, ce qui ne permet pas d'assurer un niveau de vie décent à un travailleur et sa famille. Les salaires négociés varient selon les secteurs et la plupart des travailleurs gagnent nettement plus que le salaire minimum. La semaine de travail est fixée à 40 heures.
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