| Dernière mise-à-jour: le 13 juin 2007 |
Introduction |
Le Turkménistan se qualifie lui-même de démocratie laïque et de république présidentielle. Il s'agit en réalité d'un Etat à parti unique dirigé par un Président qui a détenu tous les pouvoirs depuis l'indépendance en 1991 jusqu'à sa mort en décembre 2006. En février 2007, les Turkmènes ont voté lors des premières élections présidentielles tenues depuis 15 ans. Le Président temporaire devrait être élu. Les citoyens prêtent un serment d'allégeance au Président et pas seulement au pays. L'ensemble des candidats pour les élections parlementaires de 2004 appartenait au Parti démocratique, puisqu'il s'agit du seul parti politique reconnu dans l'Etat centralisé. L'Etat compte deux organes parlementaires : le Conseil de 2 500 membres, qui est en partie élu et en partie désigné et exerce une autorité législative suprême et l'Assemblée de 50 sièges qui est pleinement élue. Le Président dirige le Conseil et l'Assemblée et représente ainsi l'unique autorité législative et exécutive.
Des femmes et des représentants des minorités ethniques servent dans les deux chambres. Des membres de minorités ethniques occupent plusieurs positions gouvernementales de haut rang. Le système judiciaire n'est pas indépendant mais contrôlé par le Président. Les données financières, économiques et démographiques ne sont pas transmises au public et l'accès aux informations gouvernementales n'est prévu ni par la loi ni dans la pratique. Les demandes d'informations sont rejetées.
La loi prévoit l'égalité des droits et des libertés pour tous, sans considération pour la nationalité, l'origine, la langue et le sexe, toutefois on constate des discriminations à l'encontre de plusieurs groupes.
Toute opposition au gouvernement est qualifiée de trahison. Amnesty International rapporte que de nombreux détenus politiques sont emprisonnés et les responsables de la sécurité sont accusés d'avoir recours à la torture et à une force excessive contre les détenus. Les rapports affirment que des prisonniers sont détenus dans des hôpitaux psychiatriques en guise de punition et les détenus doivent travailler dans des conditions dangereuses et insalubres. Les rapports signalent des pratiques de corruption au sein du gouvernement.
La liberté d'expression et de la presse sont garanties par la loi mais ne sont pas respectées dans la pratique. La plupart des agences de presse sont financées par le gouvernement et les journaux étrangers sont interdits bien que l'utilisation des antennes paraboliques soit répandue. Les rapports affirment que les journalistes sont harcelés ou intimidés, ce qui entraîne la pratique de l'autocensure, et qu'ils ne peuvent avoir de contacts avec des étrangers. La censure des journaux est fréquente et le secrétariat présidentiel chargé de la presse doit les examiner et donner son approbation avant leur publication. L'Union of Writers exclut les membres qui critiquent les politiques gouvernementales et retire leurs livres des librairies. L'accès à Internet est disponible mais son prix est prohibitif.
La loi n'interdit pas le trafic et le Turkménistan est une plaque tournante pour le trafic des femmes à des fins d'exploitation sexuelle et par le travail.
Le gouvernement contrôle la construction des mosquées et limite l'accès à une éducation islamique. En mars 2004, le Président a annoncé qu'aucune nouvelle mosquée ne serait construite dans le pays. L'homosexualité est illégale et passible d'un maximum de 2 années de prison.
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Droit à l’éducation
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Les rapports déclarent que l'enseignement et les soins de santé sont en ruines. La durée de l'éducation obligatoire a été réduite et concerne à présent les élèves âgés de 7 à 15 ans. Un rapport du PNUD de 2003 a conclu que le taux de fréquentation scolaire était de 81% et que la plupart des enfants terminaient l'enseignement secondaire. La pratique qui veut que les enfants récoltent le coton n'est plus autorisée dans plusieurs zones agricoles, toutefois les classes sont perturbées car les enseignants eux-mêmes doivent cueillir le coton.
En 2000, un décret présidentiel a réduit le nombre d'enseignants et élargi la taille des classes. Les structures se sont détériorées et les financements alloués aux manuels et aux fournitures scolaires ont diminué. L'élargissement des classes implique que plus d'heures doivent être consacrées à l'apprentissage des manuels élaborés par l'ancien Président, ce qui réduit le temps scolaire disponible pour l'enseignement d'autres matières.
En réduisant les leçons données dans des langues non turkmènes, le gouvernement a réduit les possibilités en matière d'éducation. A presque tous les niveaux de l'enseignement, la majorité des matières ne disposent d'aucun programme ou manuel dans des langues non turkmènes. Le Comité de l'ONU sur les droits de l'enfant a exprimé son inquiétude quant à la détérioration du système éducatif.
L'instruction religieuse parascolaire n'est autorisée qu'avec la permission du Président. La Faculté de théologie de l'Université d'Etat turkmène a été fermée et intégrée à la faculté d'histoire. Seul un établissement d'instruction islamique reste ouvert et son programme est contrôlé par le gouvernement. Peu de statistiques officielles sont disponibles.
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Education de la petite enfance (EPE)
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Un programme d'une durée de 4 ans débute à l'âge de 3 ans.
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Enseignement primaire
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L'enseignement primaire commence à l'âge de 7 ans et dure 3 années.
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Enseignement secondaire et enseignement et formation professionnelles
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L'enseignement secondaire commence à l'âge de 10 ans et dure 7 années.
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Enseignement post-secondaire et supérieur
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4 530 étudiants turkmènes étudient à l'étranger, principalement en Fédération de Russie (1 385), en Turquie (1 293), au Kazakhstan (719), au Kirghizstan (418) et au Tadjikistan (303).
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Enfants à besoins spéciaux
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La discrimination envers les personnes handicapées est interdite par la loi, toutefois les règlements vont à l'encontre de cette dernière. On signale des discriminations dans le domaine de l'éducation et des autres services publics. De nombreux personnes handicapées physiques sont classifiées comme des handicapés mentaux et placées dans les mêmes structures que les déficients mentaux. Des subventions et des pensions sont offertes aux personnes handicapées mais sont insuffisantes pour garantir un niveau de vie décent.
Les élèves handicapés ne peuvent recevoir d'éducation et les enseignants doivent suivre une formation spécialisée. Les étudiants handicapés ne correspondent pas au profil informel de l'étudiant universitaire et ne sont pas admis dans les universités. Les enfants handicapés sont parfois placés dans des internats pour pouvoir recevoir une éducation et une formation professionnelle si leur situation leur permet de travailler ; mais ni éducation ni formation professionnelle ne sont offertes.
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Enfants réfugiés
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La loi prévoit l'octroi de l'asile ou du statut de réfugié conformément à la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour offrir une protection aux réfugiés. Le gouvernement coopère avec le HCNUR et d'autres organisations humanitaires pour aider les réfugiés et les demandeurs d'asile. En 2005, le Président a décrété que 10 000 réfugiés tadjiks d'origine turkmène recevraient la citoyenneté.
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Minorités et peuples autochtones
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L'égalité des droits et des libertés pour tous les citoyens est garantie par la loi, toutefois le Président a fait des déclarations défendant la pureté ethnique. Environ 77% de la population est turkmène, 9% est ouzbèk et 7% est russe. De petits groupes de Kazakhs, d'Arméniens et d'Azéris représentent le reste de la population. Les Turkmènes eux-mêmes sont divisés entre 5 groupes principaux. Le turkmène est la langue officielle mais le russe prévaut dans les commerces et au quotidien.
Le gouvernement a intensifié sa campagne qui vise à ce que les affaires ne soient menées que dans la langue turkmène. Les employés ministériels doivent passer des examens en turkmène et ceux qui échouent sont renvoyés. Le turkmène est à présent une matière scolaire obligatoire mais n'est pas systématiquement la langue d'instruction. Les enseignants et le personnel scolaire sont progressivement remplacés par des enseignants et des directeurs turkmènes. Les postulants à des emplois gouvernementaux doivent fournir des renseignements sur leur appartenance ethnique des 3 dernières générations.
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Liberté académique
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La liberté académique subit des restrictions importantes. Les critiques envers la politique du gouvernement ou du Président ne sont pas tolérées et les recherches concernant des domaines jugés politiquement sensibles ne sont pas approuvées. Depuis 1998, aucun diplôme de master ni de doctorat n'a été délivré. Une permission gouvernementale est nécessaire pour étudier à l'étranger et pour que les diplômes étrangers soient reconnus au niveau national. L'UNICEF affirme que le nombre d'étudiants universitaires est passé de 40 000 en 1990 à 3 000 en 2004. Plusieurs travaux poétiques et rhétoriques élaborés par l'ancien Président, Saparmurat Niyazov, sont à présent des supports obligatoires dans les écoles et les universités.
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Egalités des sexes
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Les femmes bénéficient de l'égalité des droits dans le système judiciaire et en vertu de lois relatives à la famille et à la propriété. Elles sont sous représentées dans les niveaux supérieurs du gouvernement et dans les entreprises économiques. Les femmes sont cantonnées dans les secteurs de la santé et de l'éducation. La discrimination existe à l'encontre des femmes et n'est pas reconnue. Les discriminations sociales et économiques sont fréquentes.
Le harcèlement sexuel n'est pas illégal et les rapports citent des cas de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. La violence conjugale est illégale mais la législation n'est pas appliquée de manière efficace.
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Travail des enfants
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L'âge minimum d'embauche est fixé à 16 ans, et à 18 ans pour les tâches industrielles lourdes. Les jeunes âgés de 16 et 17 ans ne peuvent travailler plus de 6 heures par jour. Un enfant de 15 ans peut travailler entre 4 et 6 heures par jour avec un accord parental et une autorisation syndicale. Le travail forcé ou obligatoire des enfants est interdit. En 2005, la loi sur les jeunes au travail a interdit que les enfants en âge de scolarité travaillent dans les champs de coton. Le Président a décrété qu'aucun enfant ne participerait à la récolte du coton. Des responsables locaux continuent d'employer des enfants mais dans des quantités considérablement inférieures. La législation assurant la protection des enfants n'est pas appliquée.
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Droits syndicaux
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Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhérer mais les rapports indiquent que les syndicats ne sont pas indépendants du gouvernement. Le Centre for Professional Unions of Turkménistan est dirigé par une personne désignée par le Président. La négociation collective n'est pas pratiquée. Les grèves sont extrêmement rares. Le travail forcé ou obligatoire est interdit mais de telles pratiques sont dénoncées. Le salaire minimum mensuel compris entre 1 million et 1,5 million de TMM (US$40 à US$60 au taux officieux) ne garantit pas un niveau de vie décent au travailleur et à sa famille. La semaine légale de travail est de 40 heures.
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