Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Yémen
République du Yémen
Données sur le pays    
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Yémen Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009
2008 0,00 3282457 43,64 3174288,00 85,39 72,68 5,15 16,00
2007 236972 28,66 10,23
2006 27,19 9,01
2005 17993 44,96 0,91 3219564 41,60 3144582,00 87,18 75,05 1455206 32,07 1423466,00 45,66 201043 26,08 9,39
2004 15304 45,53 44,87 0,77 3107801 40,45 1,80 87,49 75,26 26,13 1446369 31,22 1,68 47,75 25,29 192071 26,22 8,69 9,42
2003 14771 47,11 45,33 0,76 0,48 2950403 39,81 1,67 84,99 73,12 25,23 67,26 60,29 1373362 30,13 1,65 46,66 24,58
2002 12775 46,70 40,31 0,67 0,43 2783371 38,79 1,34 82,09 23,52 70,10 64,37
2001 10778 46,14 33,42 0,58 2643579 37,59 1,34 79,86 67,68 23,52 68,80 63,97 28,29 1,32 45,31 9,64
2000 11630 45,70 35,26 0,64 2463540 37,59 1,34 76,26 59,72 22,37 80,35 1150869 28,26 43,35 33,69 21,54 10,40 9,86 32,78
1999 12482 45,31 36,85 0,70 0,70 2302787 34,95 1,30 73,11 57,25 22,37 79,69 1041816 26,04 1,20 40,89 31,79 21,68
Dernière mise-à-jour: le 18 septembre 2012

Introduction

En 1990, la fusion de la Rpublique arabe du Ymen et de la Rpublique dmocratique populaire du Ymen a entran la cration de la Rpublique du Ymen. La rpublique est dirige par un Prsident lu partir d'une liste de candidats approuvs par l'assemble lgislative. Lors des lections de 2006 au Ymen, le Prsident s'est vu concurrenc par un opposant soutenu par le peuple, toutefois, le Prsident sortant a t rlu avec 77,2% des voix contre 21,8% pour son adversaire. Le mandat prsidentiel a tlargi de 5 7 ans. Les observateurs lectoraux de l'Union Europenne ont jug que les lections reprsentaient la volont de l'lectorat malgr des cas d'intimidation et de votes illicites.

Le Premier ministre, qui est dign par le Prsident au titre de chef du gouvernement, slectionne en consultation avec ce dernier les 35 membres du Conseil des Ministres, le gouvernement. L'instance lgislative bicamrale est compose d'une Chambre des reprsentants lue qui totalise 301 siges et d'un Conseil consultatif nomm qui compte 111 membres. 35 femmes ont t lues au titre de reprsentantes.

Les partis politiques ne peuvent tre fonds sur l'appartenance rgionale, tribale, confessionnelle, de classe, professionnelle, sexuelle ou raciale. Les partis ne peuvent tre reconnus sils sont jugs contraires l'Islam ou aux objectifs de la rvolution nationale, ou si l'on considre qu'ils bafouent les engagements internationaux. Pourtant, le pays compte 23 partis politiques. Le parti au pouvoir, le Congrs gnral du peuple, occupent 238 siges et le parti Islah en possde 46.

La loi prvoit l'galit des droits et l'galit des chances, toutefois une discrimination fonde sur la race, le sexe ou le handicap a cours.

Le systme judiciaire est indpendant en droit mais sujet des influences et la corruption. L'Islam est la religion d'Etat et le Coran est la source de toutes les lois. Les non-musulmans ne peuvent occuper de postes lus. Les mosques sont surveilles afin que les sermons qui y sont prononcs n'incitent pas la violence ou ne contiennent pas de dclarations d'ordre politique. Un programme a t labor pour former 300 prcheuses l'Islam modr et la tolrance religieuse. La publication de documents dfendant l'Islam zaydi chiite a t interdite.

La loi autorise l'amputation et les punitions corporelles pour certains crimes mais ces chtiments n'ont pas t appliqus rcemment. Les forces de scurit sont accuses de torturer et de dtenir des proches des fugitifs et un nombre croissant de personnes ayant un point de vue critique sur le gouvernement ont arres. Les rapports affirment que des prisons interdites contres par des groupes tribaux existent.

Les forces de scurit surveillent les communications. Des sites Web sont parfois bloqus ; certains incluent un contenu d'ordre politique, d'autres un contenu d'ordre pornographique. On accuse des informateurs de surveiller des runions. Les enlvements se sont accrus pour attirer l'attention vers des causes politiques et pour exiger la libration de prisonniers politiques. De violentes manifestations pour protester contre la hausse du prix de l'essence et l'interruption des subventions ont caus des morts et des blesss.

La loi relative la presse et aux publications permet aux journalistes d'avoir accs aux informations gouvernementales mais la transparence constituer toujours un problme. La libert d'expression et de la presse sont garanties « dans les limites de la loi » ; la loi criminalise les critiques l'encontre de la personne la tte de l'Etat et la publication d'informations fausses qui pourraient semer le trouble et la confusion dans le pays ou porter atteinte aux relations avec les pays arabes ou amis. Les journalistes dclarent que le harclement et l'intimidation influencent la couverture mdiatique et entranent l'autocensure. Les auteurs doivent obtenir une autorisation avant d'tre publis et doivent soumettre des copies de leurs documents au gouvernement.

Le Ymen est au 111e rang des pays de l'Indice de perception de la corruption 2006 propos par Transparency International, qui observe une corruption rpandue et croissante.

La Banque Mondiale a rcemment interrompu ses financements au Ymen, expliquant que les indicateurs de performance du pays avaient chut de manire significative.

Le trafic de personnes est interdit par la loi et reprsente un phnomne relativement rcent dans le pays. Les rapports indiquent que des femmes trangres sont commercialises vers le Ymen des fins de prostitution. Le crime organis est souponn d'tre impliqu dans ce trafic et le gouvernement a pris des mesures pour enrayer le problme. Les ONG pensent que les niveaux infrieurs du gouvernement et les responsables de la scurit sont complices dans le trafic des fins sexuels.

Des incidents antismites sont dnoncs. Les enfants juifs se rendent l'cole dans des vhicules couverts pour tre protgs. Le parti au pouvoir a propos un candidat juif pour les lections mais le Comit lectoral gnral a adopt une politique interdisant tous les non musulmans de se prsenter pour les lections.

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?Droit à l’éducation

Une ducation gratuite, obligatoire et universelle est offerte aux enfants de 6 15 ans, mais la dimension obligatoire de la scolarisation n'est pas applique. L'enseignement public est disponible jusqu'au niveau secondaire. La frquentation scolaire est obligatoire jusqu'en 9e anne.

De nombreuses filles ne frquentent pas l'cole primaire. L'ducation des filles est limite par le nombre rduit d'coles et de classes spares, le manque d'enseignantes, des installations sanitaires insuffisantes et les longues distances qui sparent les domiciles de l'ole. Les mariages prcoces reprsentent galement un obstacle l'ucation des filles. Les filles sont censes avoir 15 ans pour se marier, mais les mariages concernent parfois des filles d' peine 12 ans. L'UNICEF estime que 41% des enfants de moins de 15 ans sont maris.

Les coles publiques offrent un enseignement de l'Islam mais pas des autres religions. De nombreux non-musulmans envoient leurs enfants dans des coles prives. Afin d'enrayer l'extrmisme religieux, le gouvernement a accru ses efforts pour empcher la politisation des coles. Plus de 2 000 coles religieuses informelles ont t fermes car elles s'cartaient du programme officiel approuv qui doit tre enseign dans les coles.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Un programme d'une dure de 3 annes dbute 'ge de 3 ans. 45% de l'EPE relve du secteur priv. Le taux net de scolarisation (TNS) est de 1%. L'EPE totalise 1 043 enseignants (97% de femmes). Le ratio enseignant/ves (REE) est de 1/15.

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?Enseignement primaire

L'enseignement primaire commence l'ge de 6 ans et dure 6 annes. 40% des ves sont des filles. A ce niveau, 2% de l'enseignement est priv. Le TNS est de 75% (87% des garons et 63% des filles). Parmi les ves qui s'inscrivent en premire anne, 67% (72% de s garons pour 60% des filles) atteignent la dernire ann de l'enseignement primaire. 4% des ves doublent une ann ou plus.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence l'ge de 12 ans et dure 6 annes. A ce niveau, 2% de l'enseignement est priv. 2% des tudiants de l'enseignement secondaire suprieur suivent des programmes professionnels techniques. Le taux brut de scolarisation (TBS) est de 54% dans le secondaire infrieur et de 41% dans le secondaire suprieur.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

192 071 tudiants (26% d'tudiantes) tudient dans des tablissements d'enseignement suprieur, soit un TBS de 9%. A ce niveau, 9% de l'enseignement est priv. En outre, 6 446 tudiants tudient l'tranger, essentiellement en Arabie Saoudite (2 797), en Jordanie (1 390), en Malaisie (480), au Royaume-Uni (464) et aux Etats-Unis (284).

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?Enfants à besoins spéciaux

Une loi a promulgue pour mandater les droits des personnes handicapes frquenter les universits et tre exones de frais d'inscription. Les coles doivent tre accessibles aux enfants handicaps. L'tendue de l'application de la loi n'est pas connue. 15% des postes gouvernementaux sont rservs des personnes handicapes. La conscience publique concernant les droits des personnes handicapes semble en hausse, cependant des rapports signalent que les autorits arrtent des personnes handicapes mentales et les envoient en prison, sans chef d'inculpation, sans procs et sans soins mdicaux appropris.

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?Enfants réfugiés

Le Ymen est signataire de la Convention de Genve de 1951 relative au statut des rfugis et son Protocole de 1967, mais la lgislation concernant l'asile reste faible. Le gouvernement coopre avec le HCNUR. Un nombre croissant de Somaliens et d'Ethiopiens arrivent au Ymen depuis la Corne de l'Afrique. Plus de 80 000 rfugis enregistrs vivent au Ymen. Les reprsentants gouvernementaux ont d au HCNUR que tous les nouveaux arrivants non somaliens devraient tre dtenus et expulss vers leurs pays d'origine.

Les rugis enregistrs reoivent des soins de sant et une ucation de base travers des structures spciales. Les rfugis non enregistrs et les rfugis qui vivent l'extrieur des centres urbains ne disposent pas des mmes services. Leurs perspectives en matire d'emploi se limitent des emplois occasionnels dans le secteur informel car ils ne sont pas autoriss travailler dans le secteur formel.

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?Minorités et peuples autochtones

Les Al-Akdham, une minorit ethnique compose d'environ 200 000 personnes, disposent d'un faible statut social du leur profession ainsi qu' leur origine ethnique. Ils travaillent comme fouilleurs de poubelles, boueurs ou porteurs. La plupart des Al-Akhdam vivent dans des quartiers pauvres et des bidonvilles et n'ont pas accs aux services de base. La discrimination l'encontre des Al-Akdham et les attitudes publiques ngatives leurgard ont entra leur exclusion et leur pauvret. Les rapports dclarent que plus de la moiti d'entre eux n'ont pas d'emploi. Un nombre croissant d'enfants Al-Akdham sont scolaris, cependant nombre d'entre eux abandonnent l'cole en raison de son co»t et pour participer aux revenus familiaux. Les Al-Akdham sont politiquement faibles.

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?Liberté académique

Le gouvernement limite la libert acadmique en dnonant la politisation des campus universitaires. Les partis politiques tentent d'influencer les nominations universitaires et les rapports affirment qu'ils essayent d'influencer les lections universitaires et estudiantines. Les informateurs du gouvernement surveillent les runions. Le Prsident de l'Universit de Sanaa n'autoriserait pas la cration d'une nouvelle association estudiantine.

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?Egalités des sexes

Les femmes disposent des mmes conditions de travail que les hommes, cependant la discrimination est frquente dans les secteurs public et priv. Les mcanismes visant mettre en uvre l'galit de la protection sont faibles. En termes de qualit de vie, la situation des femmes et des filles des zones rurales est bien pire que celle des hommes. Les traditions culturelles attribuent aux femmes un statut infrieur et les empchent d'avoir accs des ressources et des capitaux, et d'en avoir le contrle. Par ailleurs, leur accs aux crdits est faible. Les femmes manquent de soins de sant de la mre appropris. Les niveaux d'analphabtisme sont trs levs chez les femmes ; en 2003 les statistiques gouvernementales ont valule taux d'analphabtisme 83% chez les femmes contre 43% chez les hommes. Bien que l'exclusion des transports publics rduise leurs perspectives de carrire, les femmes reprsentent 23% de la main-d'uvre salarie.

La violence l'encontre des femmes est illgale mais la lgislation n'est pas applique et des abus ont cours. Cependant, on considre la violence conjugale comme une affaire de famille et on la dnonce rarement. Les normes sociales exigent qu'une femme maltraite rapporte ses plaintes un parent masculin qui intercdera en son nom. La loi est indulgente vis vis des coupables de crimes d' « honneur ». Les mutilations gnitales fminines, bien qu'illgales, sont pratiques dans certaines zones. La lgislation n'interdit pas le harclement sexuel, toutefois les rapports ne le qualifient pas de problme sur le lieu de travail. Des femmes et des jeunes filles sont victimes de trafic des fins d'exploitation sexuelle.

Les femmes peuvent transmettre la citoyennet leurs enfants ns de pres trangers si celui-ci dcde ou abandonne son enfant. Une femme dtenue ne peut tre libe qu' travers des arrangements avec des parents masculins, dont la rticence entrane parfois la dtention des femmes mme aprs qu'elles aient purg leur peine.

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?Travail des enfants

La loi sur les droits de l'enfant fixe l'ge minimum d'embauche 15 ans dans le secteur priv et 18 ans dans le secteur public. Les enfants s de 12 15 ans peuvent travailler avec un permis spcial. Ces dispositions ne sont pas appliques de manire rigoureuse, particulirement dans les zones rurales et isoles. Le travail des enfants constitue ds lors un problme. Des enfants d' peine 4 ans sont employs dans l'agriculture, dans des ateliers ou comme vendeurs ambulants. Dans les zones urbaines, des enfants travaillent dans les magasins, vendent des biens ou mendient dans les rues.

Les estimations situent le nombre d'enfants travailleurs s de 6 14 ans prs de un demi-million. Un programme de l'OIT offre des cours de rattrapage, une formation professionnelle, une aide psychologique et une assistance pour la rintgration des enfants travailleurs dans les coles. Le gouvernement a conclu un accord avec un gouvernement tranger pour combattre les pires formes du travail des enfants.

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?Droits syndicaux

Les travailleurs ont le droit de former des syndicats et d'y adhrer. L'ensemble des syndicats actuels est rassembl au sein de la General Federation of Trade Unions of Yemen, qui revendique 350 000 membres appartenant 14 syndicats. L'unique systme syndical reste en vigueur mais des amendements au droit du travail proposent de le modifier. Le droit de grve et la ngociation collective sont soumis des restrictions. La fdration a travaill ce que les litiges du travail soient rsolus travers un processus de ngociation mais le gouvernement a refus de ngocier de nouvelles conditions de travail.

La Yemen Teachers' Union a rcemment men plusieurs manifestations et grves pour que le gouvernement adhre la loi relative la stratgie des salaires de 2005, qui garantit aux enseignants des salaires suprieurs et des indemnits. Pendant et aprs les grves, les directeurs auraient harcel et maltrait les enseignants pour les dissuader de participer aux grves. Les directeurs ont essay d'empcher des enseignants de signer le registre des prsences lors de la grve, bloquant de fait leurs salaires pendant ces journes. Certains directeurs ont enferm les enseignants et les tudiants l'intrieur des coles pour empcher les enseignants de participer aux grves.

Un enseignant impliqu dans un litige relatif aux droits du travailleur avec une directrice d'cole est dcd au cours de l'incendie de sa maison. Son fils, sa femme et sa sur (ces deux dernires galement enseignantes) ont t svrement blesss. Le mari et le fils de la directrice ont t accuss et dtenus pour avoir provoqu l'incendie. Lorsque le syndicat d'enseignants a demand de l'aide pour rsoudre le conflit, le Ministre du Travail a refus d'intervenir sous prtexte que le syndicat n'tait pas enregistr.

Les partis politiques tentent de contrler les associations professionnelles et essayent d'influencer les lections. En 2004, lorsque les membres de la Sana'a Medical Association ont lu un prsident affili au parti de l'opposition Islah, le gouvernement a dissous l'association, en a saisi les biens et a form une seconde association mdicale. Les travailleurs bnficient du droit de ngociation collective, l'exception des fonctionnaires, des travailleurs trangers et des domestiques.

L'OIT a critiqu la pratique du gouvernement qui oppose son veto aux accords collectifs en invoquant qu'ils sont« susceptibles de troubler la scurit ou d'affecter les intrts conomiques du pays ». Les syndicats bnficient du droit de grve, sauf les syndicats reprentant des employs de la fonction publique, qui doivent porter leurs litiges devant un tribunal. Les professeurs universitaires ont men une srie de grves pacifiques pour obtenir une augmentation des salaires. Les grves ont continu de manire intermittente et ont t suspendues lorsque le gouvernement a accept d'examiner la situation. Le travail forc ou obligatoire est interdit. Aucun salaire minimum n'a fix. Une semaine de travail de 48 heures est le rgime tabli.

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Nom du pays/territoire République du Yémen
Population 21456188 (2005)
Conventions ratifiées OIT 29 (1969)
OIT 87 (1976)
OIT 98 (1969)
OIT 100 (1976)
OIT 105 (1969)
OIT 111 (1969)
OIT 138 (2000)
OIT 182 (2000)
Comparaison de pays
Comparez les données statistiques de deux pays ou territoires différents. Sélectionnez un premier et un second pays/territoire à comparer, puis une année. :
   
Pays 1
   
Pays 2
   
Année
   

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