Le Zimbabwe a tenu des elections presidentielles et parlementaires le 29 mars 2008. Les trois principaux candidats etaient le president Robert Mugabe de la Zimbabwe African National Union - Front patriotique (ZANU-PF) qui est au gouvernement depuis 1980, Morgan Tsvangirai du Mouvement pour le changement democratique (MDC) et Simba Makoni, un independant. Comme aucun candidat n'a obtenu la majorite absolue au premier tour, un deuxieme tour a ete organise le 27 juin 2008, entre Tsvangirai (qui avait obtenu 48% au premier tour) et Mugabe (43%). Les observateurs electoraux nationaux et internationaux et l'opposition ont ete fortement critiques sur le deroulement du processus electoral, le Gouvernement a ete accuse de truquer les elections. Human Rights Watch a declare que l'election a ete "profondement irreguliere" et que les partisans du MDC ont ete poursuivis, emprisonnes de maniere arbitraire, tortures et qu'on a egalement note des executions sommaires par les forces de securite. Tsvangirai s'est retire du deuxieme tour une semaine avant qu'il ait lieu, par suite de la violence contre ses partisans. En depit de cela et d'une condamnation generalisee, le deuxieme tour a suivi son cours et Mugabe s'adjugea la victoire.
Mugabe et son adversaire ont ete contraints d'etablir un gouvernement de coalition, apres une periode d'affrontements violents et de violence qui a suivi les elections de 2008. Morgan Tsvangirai a ete nomme premier ministre. La coalition qui comprend egalement une petite faction du MDC liberee par le vice-premier ministre Arthur Mutambara, a reussi a reduire relativement la tension politique. Mais elle s'est vue ecrasee par de constantes querelles sur le rythme des reformes politiques, les politiques et les positions de l'Etat. Les prochaines elections devraient avoir lieu dans le courant de 2011, mais les critiques disent que des elections sans reformes politiques, y compris une nouvelle Constitution garantissant les droits fondamentaux, ne ferait que favoriser Mugabe et son parti qui occupent le pouvoir depuis l'independance de la Grande-Bretagne en 1980. En aout 2010, Robert Mugabe a ecarte une mise en accusation des responsables de la violence posterieure aux elections et des plus de 200 assassinats enregistres en 2008.
Le pouvoir judiciaire s'est conforme aux politiques du gouvernement et ce dernier se refuse a respecter les decisions judiciaires lorsqu'elles ne lui sont pas favorables.
Le gouvernement de Mugabe essaie d'exporter des diamants des mines controversees de Chiadzwa (Zimbabwe oriental). Il y a eu de nombreuses plaintes pour corruption du gouvernement, liees au controle de l'exploitation des diamants et egalement des plaintes pour violations des droits de l'homme par l'armee qui a dirige une mine de diamants alluviaux decouverte en 2006.
L'epouse du president, Grace Mugabe, a egalement ete accusee de pratiques illegales liees au commerce des diamants. Comme son mari, elle est interdite d'acces a l'Union Europeenne et aux Etats-Unis, a moins qu'il ne s'agisse d'une assemblee ou d'une reunion des Nations Unies. Cependant tous deux ont assiste a Rome a la beatification de Jean Paul II, en avril 2011.
Robert Mugabe a poursuivi la campagne tendant a "nationaliser l'economie" et en avril 2011, il a repete que le pays continuera a acquerir les compagnies etrangeres, une decision qui inquiete les investisseurs. Mugabe a prevenu que les pays occidentaux doivent cesser d'interferer dans les affaires de son pays. La loi de nationalisation oblige les entreprises etrangeres a ceder au moins 51 pour cent a des citoyens du Zimbabwe. Le gouvernement s'est approprie toutes les terres du programme de redistribution des terres qui a entraine le deplacement des fermiers blancs et de leurs employes.
Il existe une corruption generalisee au sein du gouvernement. D'apres Transparency International , le Zimbabwe occupe la 134eme place sur 178 pays avec 2,4 points sur une echelle de 0 a 10.
Jusqu'au debut 2009, la Banque de la reserve du Zimbabwe imprimait de l'argent de maniere routiniere pour financer le deficit budgetaire. La coalition a pousse quelques ameliorations economiques afin de controler l'hyper-inflation.
Les forces de securite perquisitionnent les maisons sans decisions judiciaires et sont accusees de tortures, d'abus contre les partisans de l'opposition et d'assassinats politiques. Correspondance et communications sont surveillees. Les disparitions qui se produisent dans les regions rurales ne sont pas denoncees par crainte des represailles. La vie est tres difficile pour ceux qui menent des activites de defense des droits de l'homme et pour un developpement democratique du pays.
La liberte de presse est garantie en theorie, mais de constantes restrictions peuvent etre imposees et le sont "dans l'interet de la defense, de la securite publique, de l'ordre public, des interets economiques de l'Etat, de la moralite et de la sante publique." Quelques medias independants ont ete fermes et leurs journalistes harceles, ce qui provoque l'autocensure. La liberte d'expression est limitee, et les commentaires sur le President sont interdits. La radio est le moyen de communication le plus important dans les zones rurales. On peut recevoir un signal international par satellite, mais son cout eleve fait qu'il est hors de portee de la majorite des citoyens. Les abonnes aux chaines par satellite doivent justifier l'origine de la devise utilisee pour s'abonner. Le visa a ete refuse a des correspondants etrangers. Le courrier electronique entrant et sortant du pays est surveille. D'apres l'autorite reglementant les telecommunications au Zimbabwe (POTRAZ), le pays a un total de 9,1 millions d'usagers du telephone mobile, mais le chiffre projete est tombe a 34% apres l'obligation pour tous les abonnes d'enregistrer leurs lignes. L'utilisation et la demande croissantes de technologies d'information avancees augmentent la valeur et l'importance du droit fondamental a la liberte d'expression et d'acces aux citoyens a l'information transparente et objective.
L'homosexualite est punie de peines qui peuvent aller jusqu'a 10 ans de prison. Le President a menace les homosexuels a diverses reprises. En avril 2011 il a critique les pays occidentaux pour le blocage de ses actifs et pour l'interdiction de voyager en Europe pour lui et sa famille, condamnant a la fois les pratiques "anti-naturelles" qui sont habituelles dans ces pays et a affirme que celles-ci ne seraient jamais acceptees au Zimbabwe. La GALZ (organisation membre de l'ILGA) a exprime une profonde preoccupation quant aux detentions arbitraires, au harcelement et a l'intimidation dont sont victimes les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels et les transsexuels membres de l'association, de la part des agents de l'ordre, representants des familles et secteurs de la communaute. Le 23 mars 2011, des agents de l'ordre ont fait irruption dans la maison d'un membre de la GALZ, sans mandat de perquisition. Les agents ont pris les noms de toutes les personnes presentes qui ont ensuite ete conduites au commissariat et accusees de conduite desordonnee. Le 25 mars 2011, des agents de l'ordre ont arrete deux femmes membres de la GALZ accusees par leurs familles d'etre homosexuelles, elles ont ete interrogees separement, la police a confisque leurs telephones portables et a appele les contacts qui y apparaissaient afin de determiner la nature de leurs relations. Au commissariat de police, elles ont ete agressees verbalement et on les a prises en photo que les agents de l'ordre ont menace d'envoyer a un journal local.
Il n'existe pas de lois combattant le trafic d'etres humains et le pays est le point de depart et une voie de transit pour ce trafic. Les orphelins du VIH/SIDA et les personnes deplacees sont les victimes les plus faciles de ce commerce.
En 2007 le gouvernement a cherche a augmenter la prestation de traitements aux patients du VIH/SIDA, par le biais d'installations de la sante publique, dans l'objectif d'atteindre au moins 140.000 personnes a la fin de cette annee. Neanmoins ce ne fut pas avant 2008 que l'objectif fut atteint. Conformement aux dernieres donnees de l'OMS (2010) , seul un tiers des patients seropositifs ayant besoin d'un traitement ont recu des soins.
Les organisations membres de l'Internationale de l'Education ont developpe des programmes pour combattre le VIH/SIDA par le biais de l'education. Des cours de formation sont donnes aux enseignants et du materiel est elabore pour etre utilise avec les eleves du programme. En 2006 le Ministere de l'Education, des Sports et de la Culture et l'UNICEF ont lance un plan de formation des professeurs du primaire et du secondaire sur le VIH/SIDA, les aptitudes pour la vie et l'assistance. Fin 2007 pres de 2.753 ecoles etaient impliquees. En dehors de l'ecole, les efforts pour eduquer et informer les gens sur le VIH/SIDA sont organises par les ONG qui utilisent la radio, le theatre et la communaute. La politique nationale contre le SIDA empeche de discriminer les personnes infectees par le VIH/SIDA, bien que les lois ne soient pas appliquees avec rigueur et que la discrimination sociale reste un probleme.
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