Baromètre de l’IE sur les droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation
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Zimbabwe
République du Zimbabwe
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  Pré-primaire Primaire Secondaire Post-secondaire % de
Zimbabwe Total %F %P TBS TNS Total %F %P TBS TNS REE Réussite
% Total
Réussite
% F
Total %F %P TBS TNS REE Total %F %P TBS PIB Dépenses
publiques
2009
2008 0,00
2007
2006
2005
2004
2003 448124 45,03 43,20 2361588 49,48 86,91 96,02 81,86 38,56 47,52 36,36 33,87 22,32 55689 38,84 10,32 3,67
2002 403970 50,90 38,55 2399250 49,38 87,59 96,64 82,22 39,42 62,07 62,52 46,93 71,27 40,15 37,72 25,92 60221 40,80 4,11
2001 420712 50,50 39,73 2534796 49,21 87,28 101,40 84,74 38,10 48,30 48,73 47,01 71,29 42,59 39,98 24,46 59582 36,69 4,22
2000 437454 50,50 40,89 2460669 49,12 98,08 82,22 37,04 46,81 42,27 39,69 24,71 48894 37,42 3,58 4,70
1999 438926 50,51 40,64 2460323 49,13 88,11 98,08 81,45 41,02 46,93 71,68 42,76 39,92 27,31 42775 3,24
Dernière mise-à-jour: le 08 septembre 2012

Introduction

Le Zimbabwe a tenu des elections presidentielles et parlementaires le 29 mars 2008. Les trois principaux candidats etaient le president Robert Mugabe de la Zimbabwe African National Union - Front patriotique (ZANU-PF) qui est au gouvernement depuis 1980, Morgan Tsvangirai du Mouvement pour le changement democratique (MDC) et Simba Makoni, un independant. Comme aucun candidat n'a obtenu la majorite absolue au premier tour, un deuxieme tour a ete organise le 27 juin 2008, entre Tsvangirai (qui avait obtenu 48% au premier tour) et Mugabe (43%). Les observateurs electoraux nationaux et internationaux et l'opposition ont ete fortement critiques sur le deroulement du processus electoral, le Gouvernement a ete accuse de truquer les elections. Human Rights Watch a declare que l'election a ete "profondement irreguliere" et que les partisans du MDC ont ete poursuivis, emprisonnes de maniere arbitraire, tortures et qu'on a egalement note des executions sommaires par les forces de securite. Tsvangirai s'est retire du deuxieme tour une semaine avant qu'il ait lieu, par suite de la violence contre ses partisans. En depit de cela et d'une condamnation generalisee, le deuxieme tour a suivi son cours et Mugabe s'adjugea la victoire.

Mugabe et son adversaire ont ete contraints d'etablir un gouvernement de coalition, apres une periode d'affrontements violents et de violence qui a suivi les elections de 2008. Morgan Tsvangirai a ete nomme premier ministre. La coalition qui comprend egalement une petite faction du MDC liberee par le vice-premier ministre Arthur Mutambara, a reussi a reduire relativement la tension politique. Mais elle s'est vue ecrasee par de constantes querelles sur le rythme des reformes politiques, les politiques et les positions de l'Etat. Les prochaines elections devraient avoir lieu dans le courant de 2011, mais les critiques disent que des elections sans reformes politiques, y compris une nouvelle Constitution garantissant les droits fondamentaux, ne ferait que favoriser Mugabe et son parti qui occupent le pouvoir depuis l'independance de la Grande-Bretagne en 1980. En aout 2010, Robert Mugabe a ecarte une mise en accusation des responsables de la violence posterieure aux elections et des plus de 200 assassinats enregistres en 2008.

Le pouvoir judiciaire s'est conforme aux politiques du gouvernement et ce dernier se refuse a respecter les decisions judiciaires lorsqu'elles ne lui sont pas favorables.

Le gouvernement de Mugabe essaie d'exporter des diamants des mines controversees de Chiadzwa (Zimbabwe oriental). Il y a eu de nombreuses plaintes pour corruption du gouvernement, liees au controle de l'exploitation des diamants et egalement des plaintes pour violations des droits de l'homme par l'armee qui a dirige une mine de diamants alluviaux decouverte en 2006.

L'epouse du president, Grace Mugabe, a egalement ete accusee de pratiques illegales liees au commerce des diamants. Comme son mari, elle est interdite d'acces a l'Union Europeenne et aux Etats-Unis, a moins qu'il ne s'agisse d'une assemblee ou d'une reunion des Nations Unies. Cependant tous deux ont assiste a Rome a la beatification de Jean Paul II, en avril 2011.

Robert Mugabe a poursuivi la campagne tendant a "nationaliser l'economie" et en avril 2011, il a repete que le pays continuera a acquerir les compagnies etrangeres, une decision qui inquiete les investisseurs. Mugabe a prevenu que les pays occidentaux doivent cesser d'interferer dans les affaires de son pays. La loi de nationalisation oblige les entreprises etrangeres a ceder au moins 51 pour cent a des citoyens du Zimbabwe. Le gouvernement s'est approprie toutes les terres du programme de redistribution des terres qui a entraine le deplacement des fermiers blancs et de leurs employes.

Il existe une corruption generalisee au sein du gouvernement. D'apres Transparency International , le Zimbabwe occupe la 134eme place sur 178 pays avec 2,4 points sur une echelle de 0 a 10.

Jusqu'au debut 2009, la Banque de la reserve du Zimbabwe imprimait de l'argent de maniere routiniere pour financer le deficit budgetaire. La coalition a pousse quelques ameliorations economiques afin de controler l'hyper-inflation.

Les forces de securite perquisitionnent les maisons sans decisions judiciaires et sont accusees de tortures, d'abus contre les partisans de l'opposition et d'assassinats politiques. Correspondance et communications sont surveillees. Les disparitions qui se produisent dans les regions rurales ne sont pas denoncees par crainte des represailles. La vie est tres difficile pour ceux qui menent des activites de defense des droits de l'homme et pour un developpement democratique du pays.

La liberte de presse est garantie en theorie, mais de constantes restrictions peuvent etre imposees et le sont "dans l'interet de la defense, de la securite publique, de l'ordre public, des interets economiques de l'Etat, de la moralite et de la sante publique." Quelques medias independants ont ete fermes et leurs journalistes harceles, ce qui provoque l'autocensure. La liberte d'expression est limitee, et les commentaires sur le President sont interdits. La radio est le moyen de communication le plus important dans les zones rurales. On peut recevoir un signal international par satellite, mais son cout eleve fait qu'il est hors de portee de la majorite des citoyens. Les abonnes aux chaines par satellite doivent justifier l'origine de la devise utilisee pour s'abonner. Le visa a ete refuse a des correspondants etrangers. Le courrier electronique entrant et sortant du pays est surveille. D'apres l'autorite reglementant les telecommunications au Zimbabwe (POTRAZ), le pays a un total de 9,1 millions d'usagers du telephone mobile, mais le chiffre projete est tombe a 34% apres l'obligation pour tous les abonnes d'enregistrer leurs lignes. L'utilisation et la demande croissantes de technologies d'information avancees augmentent la valeur et l'importance du droit fondamental a la liberte d'expression et d'acces aux citoyens a l'information transparente et objective.

L'homosexualite est punie de peines qui peuvent aller jusqu'a 10 ans de prison. Le President a menace les homosexuels a diverses reprises. En avril 2011 il a critique les pays occidentaux pour le blocage de ses actifs et pour l'interdiction de voyager en Europe pour lui et sa famille, condamnant a la fois les pratiques "anti-naturelles" qui sont habituelles dans ces pays et a affirme que celles-ci ne seraient jamais acceptees au Zimbabwe. La GALZ (organisation membre de l'ILGA) a exprime une profonde preoccupation quant aux detentions arbitraires, au harcelement et a l'intimidation dont sont victimes les lesbiennes, les homosexuels, les bisexuels et les transsexuels membres de l'association, de la part des agents de l'ordre, representants des familles et secteurs de la communaute. Le 23 mars 2011, des agents de l'ordre ont fait irruption dans la maison d'un membre de la GALZ, sans mandat de perquisition. Les agents ont pris les noms de toutes les personnes presentes qui ont ensuite ete conduites au commissariat et accusees de conduite desordonnee. Le 25 mars 2011, des agents de l'ordre ont arrete deux femmes membres de la GALZ accusees par leurs familles d'etre homosexuelles, elles ont ete interrogees separement, la police a confisque leurs telephones portables et a appele les contacts qui y apparaissaient afin de determiner la nature de leurs relations. Au commissariat de police, elles ont ete agressees verbalement et on les a prises en photo que les agents de l'ordre ont menace d'envoyer a un journal local.

Il n'existe pas de lois combattant le trafic d'etres humains et le pays est le point de depart et une voie de transit pour ce trafic. Les orphelins du VIH/SIDA et les personnes deplacees sont les victimes les plus faciles de ce commerce.

En 2007 le gouvernement a cherche a augmenter la prestation de traitements aux patients du VIH/SIDA, par le biais d'installations de la sante publique, dans l'objectif d'atteindre au moins 140.000 personnes a la fin de cette annee. Neanmoins ce ne fut pas avant 2008 que l'objectif fut atteint. Conformement aux dernieres donnees de l'OMS (2010) , seul un tiers des patients seropositifs ayant besoin d'un traitement ont recu des soins.

Les organisations membres de l'Internationale de l'Education ont developpe des programmes pour combattre le VIH/SIDA par le biais de l'education. Des cours de formation sont donnes aux enseignants et du materiel est elabore pour etre utilise avec les eleves du programme. En 2006 le Ministere de l'Education, des Sports et de la Culture et l'UNICEF ont lance un plan de formation des professeurs du primaire et du secondaire sur le VIH/SIDA, les aptitudes pour la vie et l'assistance. Fin 2007 pres de 2.753 ecoles etaient impliquees. En dehors de l'ecole, les efforts pour eduquer et informer les gens sur le VIH/SIDA sont organises par les ONG qui utilisent la radio, le theatre et la communaute. La politique nationale contre le SIDA empeche de discriminer les personnes infectees par le VIH/SIDA, bien que les lois ne soient pas appliquees avec rigueur et que la discrimination sociale reste un probleme.

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?Droit à l’éducation

L'enseignement n'est ni obligatoire ni gratuit. Les droits d'inscription a l'universite ont augmente, ce qui entraine une chute des inscriptions. Par suite de la crise economique, les frais de scolarite continuent a augmenter. Les familles doivent maintenant choisir quels enfants elles enverront a l'ecole. L'enseignement primaire est le niveau le plus eleve auquel accede la majorite des enfants. Le budget actuel de l'Etat pour l'enseignement finance principalement les salaires. Il y a peu d'investissements dans des secteurs contribuant aux aspects qualitatifs de l'enseignement.

Entre 2003 et 2009, les resultats des examens de septieme annee indiquent une diminution marquee du pourcentage d'eleves qui reussissent a passer ce niveau. En 2009, seuls 20% des enfants ont reussi a passer les quatre matieres principales (anglais, mathematiques, sciences naturelles et sociales) par comparaison avec 46% en 2003. Cette grave situation reflete les problemes auxquels doivent faire face les ecoles primaires, en particulier en 2008 lorsqu'on a ferme beaucoup d'ecoles. Le manque de materiel d'apprentissage, le defaut de nomination de directeurs d'ecole et la faible motivation des professeurs ont egalement joue un role. La relation eleve/manuel s'est deterioree entre 2003 et 2009. En 2003 la relation dans les ecoles primaires etait de 8 pour 1 au niveau national, de 6 pour 1 dans les zones urbaines et de 10 pour 1 dans les zones rurales. En 2009, les etudes ont montre que 20% des ecoles urbaines avaient une relation eleve/manuel de 9 pour 1, alors que 11% n'avaient pas de manuel. Bien que la majorite des enfants continue a aller a l'ecole, ils recoivent souvent un enseignement irregulier. Le decouragement des professeurs suite aux mauvais salaires et aux conditions de travail precaires joue un role important. Il existe des rapports sur les abus sexuels sur des enfants a l'ecole. Des charges ont ete presentees contre certains membres du personnel enseignant. Les enseignants qui sont soupconnes d'etre partisans de l'opposition subissent harcelement et tortures ou sont remercies. On dit que des membres du personnel de securite se font passer pour des etudiants et des professeurs a l'Universite du Zimbabwe pour recueillir des informations sur ceux qui protestent contre les actions du gouvernement.

En mars 2011, l'UNICEF a publie un rapport de situation (SITAN) sur la condition de la femme et les droits de l'enfant au Zimbabwe. Le document reprenant les donnees les plus recentes sur le sujet, montre les niveaux preoccupants de pauvrete et de vulnerabilite qui limitent l'acces des femmes et des enfants aux services sociaux de base et a la protection sociale. Les groupes les plus pauvres de la population ont souffert le plus en termes d'acces aux services qui sont en outre en baisse. L'UNICEF recommande la suppression du paiement de commissions ou d'honoraires par les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Le SITAN observe egalement que la violence du sexe, la pauvrete endemique, le VIH/SIDA et les mauvais traitements sont de grands obstacles pour le developpement des femmes et des enfants dans de bonnes conditions.

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?Education de la
petite enfance (EPE)

Le programme prescolaire d'une duree de 3 ans commence a 3 ans. Le taux brut d'inscription (TBI) est de 43%. Les 19.558 enseignants qui travaillent a ce niveau sont des femmes. Le nombre d'eleves par enseignant (NEE) est de 23:1.

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?Enseignement primaire

L'enseignement n'est pas obligatoire. L'enseignement fondamental est dispense entre 6 et 12 ans. L'enseignement primaire commence a 6 ans et dure 7 ans. A ce niveau, 87% de l'enseignement sont prives. Le TNI est de 82% (49% de filles). Sur les eleves qui s'inscrivent en premiere annee, 62% arriveront a la derniere annee de l'enseignement primaire. 61.251 enseignants (51% de femmes) travaillent a ce niveau. Le NEE est de 39:1.

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?Enseignement secondaire et
enseignement et formation professionnelles

L'enseignement secondaire commence a 13 ans et dure 6 ans. Le TNI est de 34%. Il y a 33.964 enseignants du secondaire (40% de femmes). Le NEE est de 22:1 dans le secondaire.

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?Enseignement post-secondaire et supérieur

55.689 eleves (39% de filles) etudient dans des centres du tertiaire, avec un taux brut d'inscription de 4%. A ce niveau 10% de l'enseignement sont prives. 16.669 eleves zimbabweens etudient a l'etranger, surtout en Afrique du Sud (10.586), au Royaume Uni (2.741), aux Etats-Unis (1.999), en Australie (892) et en Namibie (71).

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?Enfants à besoins spéciaux

La Constitution en vigueur inclut les personnes handicapees dans la liste des personnes protegees face a la discrimination dans l'enseignement, l'acces aux espaces publics et autres services. Neanmoins dans l'enseignement, le manque de moyens pour la formation et l'enseignement rend difficile l'acces a l'education et aux autres services des personnes handicapees. Les personnes handicapees sont profondement discriminees pour ce qui concerne l'acces a l'enseignement, a l'emploi et aux aides publiques. Moins de 1% percoit une aide financiere et les bourses pour handicapes et l'aide sociale ne sont que de USD 3,75 (15.000 ZWD) par mois. 28% des enfants handicapes ne vont pas a l'ecole, contre 10% des enfants non handicapes. Les filles sont les plus discriminees. 34% des filles handicapees n'iront jamais a l'ecole. Les croyances et les pratiques traditionnelles considerent les personnes handicapees comme ensorcelees.

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?Enfants réfugiés

La loi prevoit l'octroi de l'asile ou du statut de refugie conformement a la Convention de l'ONU sur le statut des refugies de 1951 et son Protocole de 1967, et le gouvernement a etabli un systeme de protection des refugies. Le gouvernement collabore avec le HCNUR. Les rapports indiquent que de nombreux refugies ont emigre vers les pays voisins. La majorite des refugies viennent de la Republique democratique du Congo, du Rwanda et du Burundi. La reforme agraire par voie rapide a entraine beaucoup de deplacements internes. Par le passe les ecoles d'agriculture offraient l'enseignement aux enfants des travailleurs agricoles, mais maintenant elles n'ont plus de moyens pour offrir meme la scolarisation precaire de jadis. Pendant ce temps, le travail des enfants a augmente.

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?Minorités et peuples autochtones

Les Shona representent 82% de la population, les Ndebele 14%, les Blancs moins de 1% et les autres groupes ethniques, 3%. La tension raciale est relativement faible, en depit des accusations du gouvernement qui attribuent les problemes du pays a la minorite blanche. Le nombre disproportionne d'enseignants et de directeurs de parler shona dans les ecoles du Batabeland, ou les enfants ne parlent pas shona, reste un probleme important.

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?Liberté académique

La liberte academique est sensiblement limitee. La loi de reforme de l'Universite du Zimbabwe et la loi du conseil national de l'enseignement superieur soumettent les universites a l'influence du gouvernement. Le Ministere de l'Enseignement superieur et de la Technologie nomme les recteurs, vice-recteurs, doyens et la majorite des membres du Conseil de l'Universite. Les autorites universitaires sont accusees de declencher des projets de securite dans les campus. Les diplomes des centres de formation de la jeunesse, connus sous le nom de Pompiers verts ou de Milices jeunes, sont employes comme gardes de securite a l'Universite pour intimider ceux qui pourraient soutenir l'opposition. Ces jeunes milices recourent a la violence pour atteindre leurs objectifs. Les gardes de securite surveillent les etudiants ou les professeurs qui s'opposent a la ZANU-PF.

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?Egalités des sexes

La discrimination envers les femmes reste un grave probleme. Bien que certaines lois aient pour objet de contrecarrer certaines pratiques traditionnelles, les femmes restent discriminees d'un point de vue social et economique, surtout dans les zones rurales. La loi de reforme de l'administration du patrimoine a fait que la loi relative aux heritages soit plus favorable aux veuves. Les femmes representent 30% des fonctionnaires, mais une ONG locale indique qu'elles se concentrent dans les echelons inferieurs de la fonction publique. Les coutumes de promettre des fillettes en mariage et d'obliger la veuve a epouser le frere de son dernier mari persistent. Les veuves connaissent des situations tres difficiles lorsqu'elles sont obligees de demenager dans des zones rurales ou de vivre avec la famille de leurs epoux, ou elles sont considerees comme une charge indesirable et sont souvent accueillies dans des foyers ou les ressources sont deja rares. Le harcelement sexuel dans le travail est interdit, mais les rapports indiquent que les femmes continuent a connaitre ce probleme sur leur lieu de travail. La violence domestique est un probleme grave, mais la police ne repond generalement pas aux demandes d'assistance dans ces cas. Quelques rapports font etat de viols et d'assassinats de femme dans des rituels de sorcellerie. Femmes et enfants sont victimes de l'exploitation sexuelle, surtout le long de la frontiere avec l'Afrique du Sud.

De tres jeunes fillettes subissent des pressions pour se soumettre a des tests pour obtenir un certificat de virginite, mais cela augmente le danger d'encourir un viol par suite de la croyance que les relations sexuelles avec une fille vierge peuvent guerir le VIH/SIDA. De cette maniere le VIH et le SIDA se propagent parmi les enfants. L'age legal minimum pour contracter un mariage civil est 16 ans pour les filles et 18 ans pour les garcons, et il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec des moins de 16 ans. Neanmoins, pour le mariage traditionnel, il n'existe pas d'age minimum et le mariage de mineurs est de plus en plus habituel dans les communautes isolees ou chez les orphelins du VIH/SIDA.

Le 12 fevrier 2011, l'organisation "Women of Zimbabwe Arise - WOZA" a effectue sa neuvieme protestation pacifique dans la ville de Bulawayo. Depuis lors des policiers effectuent regulierement des visites dans les foyers des dirigeantes du WOZA, Jenny Williams et Magodonga Mahlangu. Les policiers exigeaient la presence des deux femmes au commissariat central de Bulawayo et ont souligne que toutes deux "devaient se preparer a une longue detention" sans donner aucune indication quant aux motifs pour lesquels elles etaient recherchees. Les deux activistes des droits des femmes ont ete arretees arbitrairement a de nombreuses occasions par le passe pour des periodes allant jusqu'a 37 jours.

Le rapport de situation de l'UNICEF affirme que par rapport aux objectifs du millenaire (ODM) "il est clair que certains des objectifs pour lesquels le Zimbabwe a le moins progresse, sont les objectifs impliquant les femmes et les enfants tres directement, tels que les ODM 4 et 5, respectivement sur la survie des enfants et des meres."

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?Travail des enfants

L'age minimum pour realiser des travaux legers est de 15 ans, pour autant qu'ils ne se fassent pas sous contrat d'apprentissage ou de travaux lies a la formation professionnelle. Les enfants ages de 13 a 15 ans peuvent travailler comme apprentis. Les moins de 18 ans ne peuvent effectuer de travaux qui mettent en danger leur sante, leur securite ou leur moralite. La loi ne dit rien de la situation des enfants ages de 15 a 18 ans. Le taux de chomage est de 80% dans certaines zones, de sorte que le travail des enfants a augmente dans le secteur non officiel. Beaucoup travaillent comme vendeurs ambulants. Actuellement il y a plus d'enfants travaillant dans le criblage illegal d'or et la prostitution. L'Union des employes de maison et allies du Zimbabwe affirme que les employeurs emmenent des enfants des campagnes pour travailler comme employes de maison avec le consentement de leurs parents. Certains enfants employes de maison ne recoivent aucun salaire pour le travail, seulement logement et nourriture. Les orphelins du SIDA sont generalement utilises comme employes de maison, sans recevoir aucun salaire en echange. Il y a egalement de nombreux enfants qui travaillent dans l'industrie sucriere et du the.

Un enfant sur quatre au Zimbabwe a perdu l'un de ses parents ou les deux par suite du VIH/SIDA, entre autres causes. Il y a dans le pays, environ 100.000 foyers dont le chef de famille est un enfant qui travaille pour survivre.

La marche mondiale contre le travail des enfants est soucieuse parce que les rapports les plus recents parlent d'une augmentation du probleme au Zimbabwe. D'apres un rapport publie en mars 2011 par la FACT, une organisation de la societe civile qui est active dans le pays, presque 60% des enfants qui vivent dans des fermes communautaires et commerciales sont exploites comme main-d'ouvre a bon marche. Le rapport indique que cette augmentation significative du travail des enfants decoule de l'effondrement des structures economiques traditionnelles et des services sociaux.

Garantir que tous les enfants puissent beneficier du libre acces a une education publique de qualite reste un grave probleme au Zimbabwe, etant donne que la Constitution actuelle ne protege pas l'education comme un droit. Neanmoins on pense que ceci pourrait changer lorsque la Constitution sera revue dans un proche avenir comme il est prevu.

La situation difficile des fillettes est un motif de preoccupation particuliere, car elles sont impliquees dans diverses formes de travaux dangereux ou pis encore, elles deviennent victimes de l'exploitation sexuelle commerciale. Le Zimbabwe est un pays de depart, de transit et de destination des femmes et des enfants victimes de la traite pour l'exploitation sexuelle et du travail force. Le trafic porte sur des femmes et des enfants des zones rurales qui sont emmenes dans les centres urbains et le long des frontieres avec les quatre pays limitrophes.

En 2007, en collaboration avec la Marche Mondiale, l'OIT et des organisations de defense des droits d'autres enfants, la premiere marche nationale a eu lieu de Harare a Plum Tree, pour sensibiliser au probleme du travail des enfants. Une deuxieme marche est programmee en 2011 pour soutenir les demandes d'eliminer ce grave probleme.

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?Droits syndicaux

Le mouvement syndical a fait l'objet de repression et la legislation actuelle menace les fonctionnaires publics qui font greve de peines de prison.

Les membres du Zimbabwe Congress of Trade Unions (ZCTU) continuent a etre victimes de harcelement de la part de la police, des jeunes du ZANU-PF et du service national des renseignements. Beaucoup de travailleurs sont confrontes a des peines severes pour avoir exerce le droit de greve, ce qui inclut des suspensions et des licenciements massifs. Le President du ZCTU, Lovemore Matombo, a ete arrete avec quatre compagnons en novembre 2009, au motif de la loi sur l'ordre public et la securite. Les activites syndicales sont entravees par des dispositions legales restrictives, et dans le secteur public, les droits syndicaux n'existent pas.

Les travailleurs du secteur prive ont le droit de s'associer, mais certains employeurs empechent l'entree de syndiques dans les entreprises. La Federation des Syndicats du Zimbabwe (ZFTU) est un organisme cree par le gouvernement pour affaiblir la ZCTU. Elle collabore etroitement avec le parti ZANU-PF et a provoque la formation de syndicats paralleles. L'OIT a condamne cette interference dans la liberte d'association et la Confederation internationale des organisations syndicales a critique le harcelement dont sont victimes les syndicats.

Pendant de nombreuses annees, le gouvernement Mugabe a refuse de maniere reiteree de cooperer avec l'Organisation internationale du Travail et pendant deux annees consecutives, il a refuse de se presenter devant la Commission pour l'application des normes de la Conference internationale du travail. En consequence, en novembre 2008, l'OIT a decide d'appliquer l'une de ses mesures les plus dures: une Commission d'enquete pour examiner les plaintes relatives au non-respect par le Zimbabwe de la Convention sur la liberte syndicale et la protection du droit de syndicalisation, 1948 (no. 87) et de la Convention sur le droit de syndicalisation et de negociation collective, 1949 (no. 98). La Commission d'enquete a commence son travail en fevrier 2009.

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Footnotes

Etat de la Population mondiale 2010, "Desde conflictos y crisis hacia la renovacion: generaciones de cambio" UNFPA, novembre 2010, www.unfpa.org (espagnol)

Corruption Perception Index 2010, Transparency International, octobre 2010, www.transparency.org

ILGA, www.ilga-org

Organisation Mondiale de la Sante, www.who.org

Rapport de Progres, Objectifs de developpement du millenaire, Zimbabwe, 2010, Programme des Nations-Unies pour le developpement, www.undp.org.zw

"A situational analysis on the status of women and children's rights in Zimbabwe-SITAN", UNICEF, mars 2011, www.unicef.org

"Leaders of Social Justice Group at risk", Amnesty International, fevrier 2011, www.amnesty.org

"Le travail des enfants augmente au Zimbabwe" Marche globale contre le travail des enfants, mars 2011, www.globalmarch.org

Rapport annuel sur les violations des droits syndicaux 2010, Confederation syndicale internationale, ITUC-CIS, www.ituc-csi.org

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Nom du pays/territoire République du Zimbabwe
Population 12600000 (2010)
Conventions ratifiées OIT 29 (1998)
OIT 87 (2003)
OIT 98 (1998)
OIT 100 (1989)
OIT 105 (1998)
OIT 111 (1999)
OIT 138 (2000)
OIT 182 (2000)
Comparaison de pays
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