Persécution judiciaire
Le tribunal reporte intentionnellement le verdict de l'affaire BTA, comme lors d'autres affaires relatives aux droits humains, en vue de prolonger la détention provisoire de Mahdi. Le 18 septembre dernier, en protestation contre les conditions de détention déplorables, Mahdi Abu Dheeb et d'autres prisonniers de la prison de Jaw ont entamé une grève de la faim. Selon les informations reçues de Jalila Al-Salman, Mahdi ne reçoit pas le traitement médical dont il a besoin.
Comme nous en avons déjà fait part, l'IE s'inquiète profondément des résultats des récentes audiences d'appel au Bahreïn, à l'issue desquelles 13 militant(e)s des droits humains, et plus récemment, le 1er octobre dernier, neufs médecins accusés d'avoir participé à des manifestations pro-démocratie l'année dernière, se sont vu(e)s infliger de lourdes peines de prison. Les représentants du Bahreïn ont répondu aux appels internationaux visant à mettre un terme aux persécutions endurées par les défenseurs des droits humains, en déclarant qu'ils n'interféreraient pas dans la procédure de leur « système judiciaire indépendant ». Il y a quelques semaines, le Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a exprimé ses profondes inquiétudes au regard de la « campagne de persécution » menée par les autorités bahreïnies à l'encontre des défenseurs des droits humains dans le pays. « Il est temps pour les autorités du Bahreïn de se conformer aux droits d'expression et de réunion pacifique, et de libérer immédiatement les personnes se trouvant en détention arbitraire pour avoir exercé leurs libertés fondamentales », ont déclaré les experts, dans un communiqué de presse.
Violations des droits humains et syndicaux
Maina Kiai, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit de réunion pacifique et d’association, a mis en lumière le fait que « l’exercice du droit à la liberté de réunion pacifique ne devrait pas être subordonné à une autorisation préalable des autorités ».Il a également relevé que la criminalisation des participants à des réunions pacifiques pour la simple raison qu'ils n'ont pas obtenu l'autorisation des autorités d'organiser ces rassemblements, viennent contredire les législations internationales sur les droits humains. « La répression constante de la liberté d'expression au Bahreïn va à l'encontre du droit international et des normes internationales prévoyant qu'un individu ne peut être poursuivi en justice pour l'expression de ses opinions politiques », a rappelé le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue. Et d'ajouter : « Les autorités doivent maintenant prendre toutes les mesures afin de garantir la libre expression de tous les individus au Bahreïn, que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs ».
La révocation des condamnations est aussi mise en exergue dans les recommandations émises par la Commission d’enquête indépendante de Bahreïn (Bahrain Independent Commission of Inquiry – BICI). Le 23 novembre 2011, cette commission d'enquête indépendante a recommandé aux autorités bahreïnies « de révoquer les condamnations et de commuer les peines de toutes les personnes inculpées pour des délits liés à l’expression d’opinions politiques, ne consistant pas en appels à la violence, ou, d’abandonner les charges en cours à leur égard. »Une section entière du rapport de la BICI se rapporte à la situation des enseignant(e)s (§ 1340 à 1549).
La solidarité internationale est essentielle
Nos collègues du BTA sont convaincu(e)s que la présence régulière de diplomates et d'observateurs internationaux lors des audiences du tribunal peuvent faire la différence. Par conséquent, veuillez vous assurer que l'audience d’appel finale, le 21 octobre prochain, soit surveillée.
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