L’IE a continué à fournir conseils et assistance à son organisation membre, le Cooperative Council of Iranian Teachers Trade Associations (CCITTA) et, en collaboration avec elle, à signaler à la communauté internationale le refus des autorités de respecter les droits syndicaux des enseignant(e)s du secteur public. Des allégations ont été soumises au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) dans le cadre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi qu’au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran.
En décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a exprimé de vives inquiétudes concernant, d’une part, les rapports de violations des droits humains, notamment le recours à la torture et à des peines ou traitements cruels, et, d’autre part, « l’omniprésence des inégalités et de la violence à l’égard des femmes », et a appelé Téhéran à renforcer ses institutions nationales de défense des droits humains. Dans la résolution 66/175, adoptée par 89 Etats membres (30 votes contre et 64 abstentions), les Nations Unies se sont déclarées profondément préoccupées par « les restrictions persistantes, systématiques et graves de la liberté de réunion et d’association pacifiques et de la liberté d’opinion et d’expression [...] » appliquées par l’Iran.
L’IE et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont demandé une intervention directe du Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT) afin que l’Iran annule les peines de mort prononcées contre des syndicalistes.
L’IE a demandé aux autorités iraniennes de mettre fin à la pression exercée sur les syndicats, de libérer les militant(e)s syndicaux/ales incarcéré(e)s et de reconnaître la légitimité du CCITTA. L’IE s’est montrée particulièrement préoccupée par la détention des enseignants syndicalistes Abdolreza Ghanbari et Rasoul Bodaghi. Plusieurs enseignant(e)s syndicalistes en détention ont été libéré(e)s sous caution en décembre 2011.
L’IE a continué de s’impliquer dans la campagne « Justice pour les travailleurs/euses iranien(ne)s », un réseau de militant(e)s syndicaux/ales du groupement « Global Unions » et d’Amnesty International. L’IE a également diffusé des informations au sein du Réseau pour l’éducation et les droits académiques (NEAR).
Le 5 mars 2012, l’IE a salué la décision de la Cour suprême d’Iran d’abroger la condamnation à mort d’Amir Mirza Hekmatil, ancien membre du Corps des Marines des Etats-Unis. L’IE a adressé une lettre au Président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, afin de protester contre l’exécution prononcée dans le cadre d’un procès tenu à huis clos en janvier pour suspicion d’espionnage. Âgé de 28 ans, Amir Hekmati est le premier citoyen américain à avoir été condamné à la peine capitale en Iran depuis la Révolution islamique de 1979. Il a été arrêté en Iran, au mois d’août 2011, alors qu’il rendait visite à sa grand-mère souffrante.
Le 7 mars 2012, l’IE a lancé une campagne via le site Web de LabourStart pour empêcher l’exécution d’Abdolreza Ghanbari, un professeur d’université iranien affilié à un syndicat, arrêté à son domicile en janvier 2010 et accusé de « Moharebeh » (ennemi de Dieu) pour avoir reçu, indépendamment de sa volonté, des e-mails envoyés par un groupe d’opposition armé, auquel il n’a jamais appartenu. Au cours de sa détention à la tristement célèbre prison d’Evin, le Pr Ghanbari a été interrogé durant 25 jours consécutifs et a été forcé d’avouer, sous la contrainte, des faits non fondés. Le Pr Ghanbari se trouve dans les couloirs de la mort depuis la confirmation de sa condamnation à mort par la Cour d’appel de Téhéran en avril 2010. Une demande de pardon a été rejetée le 28 février 2012 par la Commission de Justice de Téhéran.
La campagne de LabourStart en faveur de Ghanbari a récolté un succès sans précédent (15 500 messages en ligne dans 14 langues).