Turquie

L’IE continue à soutenir son affilié, le syndicat d’enseignants Egitim Sen, harcelé en permanence par les autorités en raison de sa politique en faveur de l’enseignement dans la langue maternelle et de son franc-parler. Le cadre légal en matière de liberté syndicale, de droit de grève et de négociation collective dans le secteur public doit encore entrer en conformité avec les Conventions de l’OIT. Les efforts déployés par les syndicats pour s’organiser ne cessent d’être compromis par des procès douteux et par l’arrestation de leurs dirigeant(e)s. Bien qu’aucun lien n’ait jamais pu être établi entre les syndicats turcs et une quelconque organisation terroriste avérée ou perçue comme telle, les autorités saisissent toutes les occasions qui se présentent pour établir ce prétendu lien et justifier ainsi leur répression violente et arbitraire.

Après la condamnation, le 28 novembre 2011, de 25 responsables de la Confédération des syndicats des services publics (KESK), dont 20 enseignant(e)s syndicalistes membres d’Egitim Sen, l’IE déplore les nouvelles arrestations et détentions de membres et dirigeant(e)s d’Egitim Sen et de KESK.

En février 2012, 15 femmes membres et responsables de KESK ont été arrêtées pour avoir participé à des activités organisées dans le cadre de la Journée internationale de la femme. Neuf femmes membres de syndicats sont toujours en détention, dont 3 sont membres d’Egitim Sen. Leur procès a débuté le 4 octobre à Ankara. Des représentant(e)s de l’IE ont assisté à l'audience, aux côtés de la délégation syndicale internationale.

Le 25 juin 2012, à l’aube, la police turque a perquisitionné les bureaux et le domicile de plusieurs syndicalistes dans près de 20 villes du pays. Septante-et-un membres et dirigeant(e)s syndicaux/ales ont été arrêté(e)s. Toutes et tous font partie de la Confédération KESK - affiliée à la CSI - et de ses organisations membres, à savoir Egitim-Sen, BTS, Tarim Orkam-Sen, SES, Tum Bel-Sen, BES, ESM et Haber-Sen. Cette attaque a été orchestrée sous prétexte de mener une opération contre une organisation terroriste illégale. Si certain(e)s détenu(e)s ont été libéré(e)s le vendredi 29 juin, 28 syndicalistes (dont 15 membres d’Egitim Sen) sont toujours en détention, dans l’attente de leur procès qui débutera le 10 avril 2013. Mehmet Bozgeyik et Sakine Esen Yilmaz, respectivement Secrétaire général et Secrétaire aux affaires féminines d’Egitim-Sen, figurent parmi les syndicalistes toujours en détention. En collaboration avec d’autres membres du groupement « Global Unions », tels que la CSI, l’ITF et l’ISP, l’IE a lancé une campagne en ligne, en partenariat avec LabourStart, pour condamner cette véritable stratégie de harcèlement dont sont victimes les syndicats. Dans une lettre de protestation, l’IE a demandé instamment au Premier ministre turc de garantir la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des syndicalistes en détention.

Derniers développements

Des descentes de police ont ciblé des membres et des dirigeants du syndicat du secteur public KESK au petit matin du mardi 19 février 2013. Dans cette nouvelle attaque contre le mouvement syndical turc, lancée par les autorités dans 28 villes à travers le pays, une centaine de syndicalistes ont été arrêtés dont plusieurs membres du syndicat des enseignants, Egitim Sen. Au total, 167 mandats d’arrêt ont été délivrés sur des accusations de liens avec des organisations terroristes. 58 des syndicalistes arrêtés sont actuellement en détention, les autres ayant été relâchés.

L'IE a lancé une nouvelle campagne en ligne sur le site Internet LabourStart en soutien aux syndicalistes arrêtés.

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