Depuis 1995, l'Internationale de l'Éducation, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), s'est engagée au niveau mondial dans la prévention du VIH/SIDA à l'école.

Dès janvier 2006, le programme EPT/SIDA sera opérationnel dans 25 pays du monde et permettra d'unir les efforts que les syndicats d'enseignants déploient au niveau national pour la promotion de l'Éducation pour tous (EPT) à leur engagement en faveur de la prévention du VIH/SIDA au niveau local. Par le biais de ce bulletin, l'Internationale de l'Éducation entend fournir à ses organisations membres actuellement engagées dans le programme de l'IE/OMS/EDC ainsi qu'à ses partenaires, des informations sur l'évolution au niveau international de l'EPT et de la prévention du VIH/SIDA.

Toutes les contributions et photos de la part des organisations impliquées dans le programme sont les bienvenues. Elles peuvent être envoyées à l'adresse: hivaids@ei-ie.org

Lancement du Programme EPT/SIDA

C'est dans le courant de ce mois de janvier 2006 que le programme EPT/SIDA démarrera sous l'égide de l'Internationale de l'Éducation et de ses partenaires, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Education Development Center (EDC).

Cette nouvelle initiative regroupe les forces des deux anciens programmes précédemment distincts: d'une part, le travail politique effectué au niveau national par le biais du programme EPT, lancé en 2002 et qui a mené à la mise en place de 11 programmes visant à accroître l'influence des syndicats sur la politique gouvernementale en matière d'Éducation pour tous; et d'autre part, la mobilisation syndicale nationale des enseignants au travers du programme de prévention du VIH/SIDA qui remonte pour sa part à 2001. Ce programme utilisera les relations qu'il est parvenu à tisser ainsi que la crédibilité et les forces qu'il a acquises au cours des cinq ans en vue de renforcer les syndicats d’enseignants et de répondre avec succès aux défis posés par l'EPT et le VIH/SIDA.

D'un point de vue opérationnel, le programme englobera un groupe de 25 pays actuellement impliqués à la fois dans le programme sur le VIH/SIDA et dans celui pour l'EPT. Il devrait s'étendre à d'autres pays d'ici un an. L'IE est convaincue qu'une approche combinée EPT-VIH/SIDA fournira aux affiliés les outils nécessaires pour combattre le VIH/SIDA et parvenir à l'EPT. Ensemble, les enseignants font la différence!

Nouveau site web et nouveaux profils de pays

Cette année nouvelle débute par un nouveau programme. En conséquence, un site internet EPT/SIDA a été créé et remplacera efficacement l'ancien site consacré au VIH/SIDA.

Les organisations affiliées, les partenaires et d'autres organisations intéressées sont chaleureusement invités à consulter le site internet pour y obtenir des informations sur le programme EPT-SIDA ainsi que sur les évènements prévus en 2006. Ils y trouveront également la page consacrée aux nouveaux profils des pays qui reprennent des données empiriques sur l'éducation et le VIH/SIDA, puisées dans le Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA de l'ONUSIDA, dans le Rapport mondial de suivi de l'UNESCO ainsi que dans le Baromètre de L'IE.

Veuillez noter le changement d’adresse du site: www.ei-ie.org/efaids.

Nouvelles des Affiliés
Inde : L'AIPTF plaide en faveur de la loi sur le Droit à l'éducation

Parvenir à l'Éducation pour tous (EPT) constitue un défi d'envergure pour l'Inde. À l'heure actuelle, des millions d'enfants manquent encore à l'appel, délaissant l'école primaire pour travailler.

La Loi de 2005 sur l'enseignement attend maintenant la réaction du public. Fondamentalement, la Loi rendra obligatoire la scolarisation à temps plein de 253 millions d'enfants en Inde. Elle prévoit que les 166 millions d'enfants déjà scolarisés le restent jusqu'à leurs 14 ans et que les 87 millions d'enfants non scolarisés soient intégrés au système. Elle oblige dès lors l'État "à prendre toutes les mesures nécessaires … pour faire en sorte que tous les enfants âgés de 6 à 14 ans… soient scolarisés et achèvent le cycle élémentaire".

L'organisation affiliée à l'IE en Inde, AIPTF, a adopté une position volontariste à l'égard de cette loi : les syndicats débattent du contenu de la loi afin d'influencer le monde politique et notamment le parlement indien qui analyse de façon scrupuleuse la législation. L'AIPTF fait également savoir qu'elle travaille en étroite collaboration avec la Coalition nationale pour l'éducation afin de faire pression sur le gouvernement indien pour que les amendements nécessaires soient apportés à la loi sur le Droit à l'éducation.

Ile Maurice : Atelier sur le VIH/SIDA au GTU

Le 28 novembre 2005, le GTU, en collaboration avec l'Association de planification familiale de l’Ile Maurice (MFPA), a organisé un atelier sur le thème du VIH/SIDA.

Cinquante enseignants ont participé à l'événement qui comprenait des discussions sur l'éducation parentale, sur l'émancipation des femmes et sur la promotion d'un meilleur environnement pour aborder l'éducation sexuelle, ainsi qu'un volet sur la prévention du VIH/SIDA.

Parmi les orateurs, figuraient entre autres le Président du GTU, la Présidente de sa Section des femmes, le Directeur exécutif du MFPA, de même qu'un représentant du ministère des Droits des femmes.

Un des messages les plus importants était le besoin de créer une vaste campagne en vue de sensibiliser la population et les écoliers au VIH/SIDA.

Le Président de GTU a noté que les enseignants ont une grande influence sur la manière de penser et d’agir des enfants. Il a indiqué que cette situation devrait être utilisée pour augmenter la sensibilisation des enfants au VIH/SIDA et aux méthodes de prévention du VIH.


Troisième réunion du Réseau latino-américain des travailleurs de l'éducation

La troisième réunion du Réseau latino-américain des travailleurs de l'éducation s'est tenue à San José, au Costa Rica, du 14 au 16 décembre 2005. Les participants à la réunion étaient des représentants oeuvrant dans le domaine de la parité hommes-femmes et de l'égalité et provenant de toutes les organisations affiliées à l'IE en Amérique latine. La Vice-Présidente de l'IE, Juçara Dutra, a clôturé la réunion.

Les participants à la réunion ont surtout analysé la situation du VIH/SIDA en Amérique latine et l'accent a été placé sur l'importance de la tenue d'activités d'information et de formation spécifiques pour les travailleurs de l'éducation. Les participants ont insisté sur les difficultés d'obtenir des formations ainsi que sur le rôle fondamental des syndicats d'enseignants pour surmonter les préjugés et les idées fausses qui circulent au sujet de l'épidémie. Le programme de travail pour 2006-2008, adopté au cours de la réunion, prévoit la tenue de séminaires sur de la parité hommes-femmes et le VIH/SIDA au niveau sous-régional (l'Amérique centrale, la sous-région andine et le MERCOSUR).

Divers
Réaction de l'IE au Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2006

Le 9 novembre 2005, l'UNESCO a publié son "Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2006 : L’alphabétisation, un enjeu vital".

Le rapport passe en revue les progrès accomplis en faveur d'un enseignement primaire universel et de la parité des sexes. Il conclut que, en dépit des avancées considérables enregistrées dans certains des pays les plus pauvres du monde, la progression se fait toujours à un rythme insuffisant.

L'IE examine actuellement le Rapport du point de vue des syndicats d'enseignants. On retrouve dans cet examen des commentaires sur l'évolution de la situation en ce qui concerne la réalisation, d'ici 2015, de l'Éducation pour tous (EPT), sur l'aide internationale apportée à l'enseignement fondamental, sur les activités dans les pays en développement et sur le thème particulièrement important de la qualité de l'éducation. Le résumé officiel du Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2006, ainsi que le dossier de l'IE seront envoyés aux affiliés plus tard dans le mois.


Étude commune de l'IE et de l'ISP sur l'attitude des autorités publiques en tant qu'employeurs vis-à-vis du VIH/SIDA

Partout dans le monde, les gouvernements affirment donner la plus haute priorité à la lutte contre la pandémie de VIH. Mais qu'en est-il vraiment pour les employés du service public ? Les employeurs répondent-ils réellement aux besoins de leurs employés ? Ce qui est écrit dans les documents de politique des gouvernements est-il bien mis en œuvre dans la pratique ?

L'Internationale de l'Éducation et l'Internationale des Services Publics (ISP) rédigent actuellement une étude commune sur le rôle des autorités publiques en tant qu'employeur des travailleurs du service public dans le contexte de la pandémie de VIH et de SIDA. L'étude sera menée dans un certain nombre de pays africains afin de déterminer la façon dont les autorités publiques agissent vis-à-vis de leurs employés dans le cadre de la prévention, des soins et des traitements et de la sécurité sociale. Elle abordera des questions que, dans une large mesure, les études actuelles laissent sans réponse. Des informations à ce propos sont importantes du fait que dans beaucoup de pays d’Afrique sub-saharienne , le gouvernement est le plus gros employeur et a donc un rôle exemplaire à jouer. Les résultats de cette étude devraient être d’utilité pour les syndicats dans les pays qui ne sont pas (encore) gravement touchés par la pandémie.


Le Groupe de travail de l'Équipe spéciale inter-agences sur l'éducation et le VIH/SIDA (IATT)

À la demande de divers ministères de l'Éducation africains, les membres de l'Équipe spéciale inter-agences pour l'éducation de l'ONUSIDA (IATT) ont mis sur pied un Groupe de travail pour aider les pays à "Accélérer la réponse de leur secteur éducatif au VIH/SIDA". Il s'agit d'un effort de plusieurs partenaires, dont des gouvernements, des partenaires au développement, des membres de la société civile et du secteur privé, visant à promouvoir une meilleure compréhension, une prise en main plus ferme et une réponse nationale plus efficace à tous les niveaux du secteur de l'éducation. Depuis la création du Groupe de travail, en novembre 2002, 33 pays d'Afrique subsaharienne et un nombre comparable de partenaires au développement ont participé à 13 ateliers organisés aux niveaux sous-régional et national. Ces ateliers ont débouché sur la mise au point de plans spécifiques qui, dans de nombreux cas, ont permis la mise en place d'activités à tous les niveaux. Voici le calendrier provisoire des ateliers prévus en Afrique subsaharienne :

  • Atelier national en Tanzanie : du 27 au 31 mars 2006
  • Ateliers provinciaux en Éthiopie : premier trimestre 2006
  • Atelier national en Gambie: premier trimestre 2006
  • Atelier national en Guinée : deuxième trimestre 2006
  • Atelier sous-régional en Afrique centrale (Cameroun, RDC et Congo) : deuxième trimestre 2006.
De plus amples informations sont disponibles sur le site: www.schoolsandhealth.org
Trois questions à Alfred Kamphonje –
Secrétaire exécutif du TUM
Q1. En 1994, l'enseignement primaire universel (UPE) a été introduit au Malawi. Quelles conséquences cette introduction a-t-elle eue pour le niveau de l'enseignement dans le pays ?

Lorsque l'enseignement primaire universel (UPE) a été introduit, le niveau de l'enseignement a chuté de façon dramatique pour deux raisons principales: d'abord en raison de la formation inadaptée des ressources humaines. Vingt-deux mille enseignants ont été recrutés et déployés dans le secteur primaire sans aucune formation ni orientation. Ensuite, à cause de l'infrastructure et du matériel. Les écoles n'étaient pas adaptées, forçant les élèves à suivre la classe en plein air. Au moment des pluies, ils devaient rentrer chez eux sans que les leçons n'aient pu être données. Cela signifie qu'à la fin de l'année, le programme n'avait pas pu être correctement achevé. De la même façon, le nombre de manuels scolaires ne correspondaient pas du tout au nombre d'élèves. Ils devaient se les partager et si des devoirs étaient à faire, seul l'élève qui était capable de lire pouvait les faire. À partir de là, on ne peut que conclure que le gouvernement n'a pas pu atteindre complètement ses objectifs en matière d'éducation en raison du très mauvais niveau.


Q2. Dans quelle mesure l'introduction de l'UPE a-t-il réduit les frais à charge des parents ?

Le fardeau financier à charge des parents a été réduit d’environ 50 %. Cela est dû au fait que les frais de scolarité ne sont pas entièrement pris en charge par le gouvernement. Donc, les parents ont des obligations sociales vis-à-vis de leurs enfants qui ont un coût dans l'enseignement.


Q3. Récemment, un rapport, intitulé "Financer l'éducation primaire pour tous : Malawi" (IDS, janvier 2004) recommandait qu'il était nécessaire, avant de réformer les politiques en matière d'éducation, d'entreprendre une étude minutieuse et d'établir un budget précis ; étapes auxquelles les enseignants et les écoles devraient intervenir. Quels sont vos sentiments à cet égard ?

Nous sommes entièrement d'accord avec cette conclusion dans la mesure où certains des obstacles auquel le gouvernement se trouve confronté au moment de mettre sur pied de nouvelles politiques pourraient soit être évités, soit être amoindris grâce à de véritables consultations avec les acteurs impliqués. Au Malawi, des stratégies adéquates pourraient alors être établies pour permettre la mise en place en douceur de telles stratégies.

Internationale de l'Education

L’Internationale de l’Education est la fédération syndicale internationale pour les enseignant-e-s et le personnel du secteur éducatif. Nos 29 millions de membres représentent tous les secteurs de l’éducation, du préscolaire à l’universitaire, par l’intermédiaire de 348 organisations membres dans 166 pays et territoires.

Internationale de l’Education 5 bd du Roi Albert II, B-1210 Bruxelles, Belgique. Tél: +32-2-224-0611 Télécopie: +32-2-224-0606 Courriel: headoffice@ei-ie.org Site Web: www.ei-ie.org

Ne répondez pas directement à ce courriel, s.v.p. Pour plus d'informations, veuillez nous contacter: info@ei-ie.org

Pour vous désinscrire de cette liste, veuillez suivre sur ce lien: %UnSubscribe%