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Mission des Global Unions (15-22 janvier)

La mission d'enquête de Global Unions menée par l'IE en Indonésie et au Sri Lanka, les deux pays les plus touchés par lé désastre du tsunami, s'est déroulée du 15 au 22 janvier. L'équipe était composée de...
Internationale de l'Éducation (IE):
Fred van Leeuwen, Président de la Fédération des syndicats internationaux (FSI) et Secrétaire général de l'IE
Aloysius Mathews, Coordinateur principal pour la région Asie-Pacifique (EIAP)
Tom Hobart, Vice-président de la Fédération américaine des enseignants, AFL-CIO (Organisation membre de l'IE aux États-Unis)
HM Rusli Yunus, Secrétaire général de l'ITUC et Vice-président du PGRI à Aceh (Organisation membre de l'IE en Indonésie)
Confédération internationale des syndicats libres (CISL):
Mamounata Cisse, Secrétaire générale adjointe de la CISL
Noriyuki Suzuki, Secrétaire de l'Organisation régionale pour l'Asie et le Pacifique de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL­-ORAP)
Internationale des Services publics (ISP):
Katsuhiko Sato, Secrétaire de l'Organisation régionale pour l'Asie et le Pacifique de l'ISP (ISP-ORAP)
Fédération internationale des ouvriers du transport (IFT):
Shigeru Wada, Secrétaire régional pour la région Asie-Pacifique de l'ITF (ITFAP)
Fédération internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (FITBB):
Harjon Usman Pua, Gecrétaire général du KAHUTINDO (Organisation membre de la FITBB en Inde)
Fédération Internationale des Organisations de travailleurs de la Métallurgie (FIOM):
Arunasalam Pitchaimuthu, Représentant régional (Indonésie)
T. Dyvadheenam, Représentant régional (Asie du Sud)

Aceh, Indonésie

En Indonésie, la plupart des destructions ont eu lieu le long des zones côtières situées au nord et à l'ouest de la province d'Aceh et dans certaines régions de la province de Sumatra Nord. Plus de 220 000 personnes ont trouvé la mort. 500 000 des personnes qui ont survécu ont perdu leur travail. Ces emplois se concentraient majoritairement dans l'agriculture et la pêche, mais le secteur de l'éducation ainsi que d'autres secteurs publics ont également enregistré de nombreuses pertes d'emplois étant donné la destruction des écoles et des bâtiments publics. Plus de 400 000 personnes sont sans abris et se trouvent actuellement dans les 52 camps de réfugiés provisoires des deux provinces.

Quelque 4 000 réfugiés vivaient dans le camp de réfugiés "TVRI", l'un des camps visité par la mission de Global Unions.

L'IE compte une organisation membre à Aceh, la section de l'organisation des enseignants indonésiens (PGRI) dans la province d'Aceh. Le PGRI Aceh compte 53 000 membres. Selon les dernières estimations, 1 757 (soit 35%) d'entre eux sont morts ou portés disparus. Plus de 750 écoles ont été détruites.

Le syndicat de la PLN, qui est constitué des travailleurs de la compagnie publique d'électricité, est une organisation membre de l'ISP à Aceh. Il compte 4 000 membres dans la province, parmi lesquels 700 sont morts et 1 000 sont toujours portés disparus: presque la moitié de ses affiliés pourrait ainsi avoir péri dans la catastrophe.

Les bâtiments des organisations membres de l'IE et de l'ISP ont subi des dommages mais pourraient être réparés.

L'équipe de la mission a fourni sur place une aide financière aux enseignants qui nécessitaient une aide urgente. Environ 18 000 enfants ont trouvé refuge dans cinq camps de réfugiés. Faire en sorte qu'ils retournent à l'école est une des principales méthodes pour les aider à surmonter leurs traumatismes. De nombreux enseignants sont trop choqués pour reprendre leur travail et des enseignants stagiaires ont dû être dépêchés de Djakarta afin de donner cours dans les camps de réfugiés.

Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l'IE (à droite) et Tom Hobart, Vice-président de la Fédération américaine des enseignants (à gauche), examinent les ruines d'une école secondaire à Aceh. Aucun des étudiants ou enseignants de cette école n'a survécu au tsunami.

Mamounata Cisse, Secrétaire générale adjointe de la Confédération internationale des syndicats libres, visite un camp de réfugiés à Aceh.

Une enseignante, interviewée par Arunasalam P., Représentant régional de la Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie, a expliqué qu'elle attendait dans le camp de réfugiés le retour de son mari et de ses trois enfants qui sont portés disparus depuis le 26 décembre.

Dans un camp de réfugiés à Aceh, des stagiaires volontaires enseignent dans une école primaire de fortune dans un camp de réfugiés.

Ce qu'il reste d'une école secondaire à Aceh – aucun des étudiants ou enseignants de cette école n'a survécu.

Galle, Sri Lanka

Au Sri Lanka, le tsunami a détruit de nombreuses maisons et d'autres bâtiments dans les villes et villages situés le long des côtes sud-est, sud, sud-ouest et nord-est de l'île.

Lorsque l'équipe de Global Unions est arrivée au Sri Lanka, une réunion s'est tenue avec les organisations membres locales de plusieurs fédérations de syndicats internationaux, y compris l'IE, la Fédération internationale des travailleurs de la métallurgie (FIOM), l'Internationale des Services Publics (ISP), l'Internationale des compétences et des services (UNI) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (IFT). Des représentants syndicaux locaux ont déclaré qu'en plus de l'aide à la reconstruction de leurs communautés, les fédérations de syndicats internationaux devaient soutenir la protection de leurs droits humains et syndicaux, et veiller à une répartition équitable de l'assistance. Elles devraient également faire en sorte que les syndicats soient représentés dans les efforts de reconstruction déployés par le gouvernement, et apporter leur soutien dans la lutte contre l'exploitation des conditions créées par le désastre.

Dans les zones du Sri Lanka touchées par le tsunami, les activités normales reprennent dans les infrastructures éducatives qui n'ont pas été démolies. Auparavant, les bâtiments scolaires qui n'avaient pas été détruits étaient utilisés comme camps de réfugiés. À présent, le gouvernement a réinstallé les camps ailleurs de sorte que les enfants puissent reprendre les cours. Les enseignants et les étudiants dont les écoles ont été détruites ont maintenant été transférés dans les écoles qui avaient échappé à la destruction. De ce fait, de nombreuses infrastructures scolaires sont aujourd'hui exploitées au-delà de leur capacité normale étant donné le brusque afflux d'étudiants et de personnel supplémentaires dont il faut s'occuper.

Le gouvernement du Sri Lanka a déclaré qu'il avait alloué des fonds à la reconstruction des écoles afin que le système éducatif retrouve une situation normale le plus rapidement possible. Néanmoins, aucune solution n'a encore été trouvée pour les milliers d'orphelins dont l'avenir reste incertain.

À Galle, l'une des zones touchées par le désastre, les pêcheurs se sont plaints du manque d'aide fournie par le gouvernement pour qu'ils puissent retrouver des moyens d'existence. Ceux dont le bateau n'a pas été détruit sont dans l'impossibilité de reprendre leur activité, simplement parce que les industries de soutien, telles que la fabrique locale de glace, ont été détruites. L'équipe de Global Unions leur a conseillé de s'organiser eux-mêmes et de présenter leur situation au gouvernement via des représentants syndicaux.

Un survivant dans un camp de réfugiés raconte son expérience traumatisante à Aloysius Mathews, Coordinateur principal de l'IE pour la région Asie-Pacifique.

Un enseignant sri lankais debout dans les ruines de sa maison.

Des pêcheurs locaux n'ont pas pu reprendre leurs activités car la fabrique de glace locale était détruite.

Un orphelin assis dans un coin d'un camp de réfugiés temporairement installé dans un bâtiment scolaire.

Là se trouvait une école.

Conclusion:

Les victimes des régions touchées par le désastre ont besoin d'aide, et pas seulement sous forme d'aide humanitaire immédiate mais aussi d'autres manières.

L'équipe a entendu parler de plusieurs cas d'abus perpétrés au niveau local. Le trafic d'enfants est un des principaux problèmes. Les enfants, qui erraient à la recherche de leurs parents, auraient été kidnappés et vendus à l'extérieur du pays. Des gouvernements enfreignent les droits de propriété des victimes en niant le fait que leur ancienne propriété se trouvait sur une parcelle de terre déterminée ou en les obligeant à s'installer ailleurs. Un autre exemple d'abus consiste en l'augmentation artificielle du prix des biens locaux tels que la nourriture et les vêtements.

Pour aider les enseignants et les enfants à reprendre leurs activités scolaires, ils ont besoin d'une aide psychologique afin de pouvoir surmonter la mort et la destruction dont ils ont été témoins. Dans un camp de réfugiés à Aceh, une enseignante n'a pas pu reprendre ses fonctions parce qu'elle passait ses journées dans les décombres à la recherche de son mari et de ses 4 enfants, tandis que la nuit elle priait. Il est essentiel que l'aide psychologique soit apportée par des professionnels locaux. L'équipe des FSI a constaté que divers groupes étrangers et non professionnels, tels que des sectes religieuses ou des "touristes du désastre", exploitaient l'état psychologique actuellement vulnérable des victimes pour leurs propres causes plutôt que de les aider.

Les Global Unions enquêtent actuellement sur les manières dont on pourrait apporter de l'aide aux victimes par le biais des membres de leurs organisations locales. Pour plus d'informations, n'hésitez pas contacter l'IE.

>> Rapport complet de la mission

>> Article de la CISL sur le thème "Reconstruction Tsunami : la mission d’enquête de Global Unions dresse les priorités d’action."

L'IE invite toutes ses organisations membres à contribuer activement au Fonds de Solidarité pour venir en aide aux enseignant(e)s touché(e)s et à leur famille