• Accueil
  • News
  • Le financement de l'éducation porté à l'attention des ministres des Finances

Le financement de l'éducation porté à l'attention des ministres des Finances

L'IE a pris part activement à une délégation de la Commission syndicale consultative (CSC) ayant rencontré mardi à Rome le Ministre des Finances italien Giulio Tremonti, Président du Conseil de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au niveau des Ministres ces 27 et 28 mai.

Lors de son discours sur le thème « Consolidation fiscale et emploi », l'un des points abordés lors de la réunion 2010 du Conseil de l'OCDE, le consultant de l'IE Bob Harris a souligné l'écart existant entre les promesses de soutien à l'investissement pour l'éducation et la formation et la réalité des coupures des budgets du secteur public dans de nombreux pays de l'OCDE qui tentent de réduire leur dette, de sauver les banques et de stimuler l'économie. Il a déclaré que les ministres des Finances devaient résister aux pressions des intérêts spéciaux souvent à la recherche de bénéfices à court terme et qu'ils devaient plutôt mettre au point des politiques basées sur l'impératif du bien commun et du bien-être à long terme des sociétés.

« Le financement de l'éducation et de la formation constitue un cas d'école », a déclaré Bob Harris, en appelant les ministres des Finances à coopérer étroitement avec les ministères de l'Education, de l'Emploi et du Travail en considérant l'éducation non comme un centre de coûts, mais bien comme un investissement vers une reprise durable. Il a également fait valoir les arguments de la CSC selon lesquels la reprise des affaires courantes par l'OCDE est la pire des options, soulignant également la nécessité pour l'OCDE de s'engager aux côtés des syndicats et des employeurs pour effectuer une étude de la situation économique réelle.

Bob Harris, John Evans, Secrétaire général de la CSC et Luigi Angeletti, Secrétaire général de l'UIL (Italie) se sont exprimés conjointement sur ce sujet.

Des collègues de la CSI et de la CSC ont abordés les autres points : « Propriété, intégrité et transparence » (gouvernance et fonctionnement du secteur privé), et « Sources de croissance : innovation, croissance verte, commerce ».

Les représentants des syndicats et des employeurs s'accordent sur deux éléments : la persistance des niveaux de chômage élevés représente une menace pour la reprise, et l'OCDE doit poursuivre une approche appliquée à l'ensemble du gouvernement lorsqu'elle conseille les Etats membres en matière de politique de reprise.

Le Ministre Tremondi en tant que Président du Conseil, le Secrétaire général de l'OCDE et les Ambassadeurs représentant les Vice-présidents pour la Norvège et l'Australie ont tous répondu positivement. Le Secrétaire général, Angel Gurria, a déclaré qu'il était « impensable » que la crise engendre dans les Etats une « génération perdue » de jeunes. Avec le soutien des Etats membres, le Sectéraire général a pris des mesures afin que la CSC et le Comité consultatif économique et industriel auprès de l'OCDE puissent pour la première fois s'investir pleinement par le biais du Conseil des ministres ; un signe que les gouvernements doivent renforcer leur engagement auprès des partenaires sociaux pour faire face aux défis qui s'annoncent.

Giulio Tremonti a déclaré qu'il existait deux scénarios : selon le premier, la crise financière serait derrière nous ; selon le deuxième, elle referait surface à cause de l'incapacité à redresser les déséquilibres et les faiblesses dans la gouvernance et l'économie globale. Il a fait circuler un discours qu'il avait présenté en novembre dernier au Parti communiste chinois à Pékin et qui comportait des passages tels que : « les causes, les effets et les risques de la crises sont pour la plupart encore présents :

  1. Les marchés financiers « ont retrouvé les niveaux d’avant la crise, ce qui n'est pas le cas de l'économie réelle. Les produits dérivés augmentent à nouveau à une vitesse effroyable, un signe que la spéculation fait un retour en force et sans garde-fous. On appelle cela 'business as usual'. C'est précisément là le problème ! L'appât du gain et la stupidité refont surface; et
  2. Toutes les 8 secondes un million d'euros de dette publique est émis, gâchant ainsi l'avenir de nos enfants.

La CSC, la CSI et l'IE ont donc été entendus. Mais la transcription de cet accueil favorable en politiques concrètes pour une reprise durable et équitable exigera beaucoup d'efforts et de détermination dans les mois à venir et devra voir l'implication de tous les ministres des Finances et de tous les chefs de gouvernement des pays de l'OCDE, du G20 et d'autres Etats.

Partagez cette page