Résolution sur l'éducation, la paix et la justice dans les zones de conflit

Le 7e Congrès mondial de l’Internationale de l’Éducation (IE), réuni à Ottawa, au Canada, du 21 au 26 juillet 2015:

 

Reconnaît que:

 

1. L’éducation est un droit humain et un bien public. Les écoles et les universités devraient être des lieux où l’enseignement et l’apprentissage peuvent se dérouler dans un environnement sûr. Ce sont les valeurs fondamentales auxquelles l’Internationale de l’Éducation (IE) souscrit. Cependant, il est très loin d’être acquis que les enfants et les jeunes dans le monde aient accès à l’éducation et que lorsque c’est le cas, les écoles soient des sanctuaires plutôt que des cibles.

 

2. Les élèves et les éducateurs/trices se trouvant dans des situations de conflit armé sont en butte à la violence au quotidien. Les écoles et les universités devraient être des sanctuaires, dans lesquels les communautés peuvent œuvrer à un avenir meilleur. En revanche, en de nombreux endroits, ces établissements sont devenus la cible d’attaques violentes résultant de motivations politiques, militaires, idéologiques, sectaires, ethniques, religieuses ou criminelles.

 

3. Le Nigeria en est un exemple. Boko Haram a ciblé des écoles pour enlever des jeunes filles. Au Pakistan, 9 hommes armés membres du mouvement Tehrik-i-Taliban ont perpétré un attentat terroriste contre l’école publique de l’armée dans la ville de Peshawar, au Nord-Ouest du pays. Au Mexique, 43 élèves enseignant(e)s ont été enlevé(e)s à l’école par la police et ont disparu. En Afghanistan, un chef d’établissement a été persécuté par les talibans parce qu’il dirigeait une école de filles et à Gaza, de nombreuses infrastructures éducatives ont été gravement endommagées par les bombardements. De même, en Cisjordanie, l’accès des enfants et des étudiant(e)s à l’éducation est entravé par le mur de séparation. Ce ne sont pas des exemples isolés.

 

4. Un nouveau rapport des Nations Unies sur les droits de l’Homme a analysé la problématique des attaques menées contre les filles qui cherchent à accéder à l’éducation et a conclu que dans au moins 70 pays différents, des écoles ont été attaquées en cinq ans, entre 2009 et 2014. Un grand nombre d’attaques visait spécifiquement les filles, les parents et les enseignant(e)s qui défendent l’égalité des genres dans l’éducation.

 

5. Dans les zones de conflit et d’après-conflit et dans les régions où la population vit sous occupation, le droit à l’éducation est fortement compromis, pour ne pas dire totalement absent. Lorsque les universités sont ciblées, la capacité du pays à former des enseignant(e)s peut être gravement entravée.

 

6. Le Congrès considère que les enfants qui ne vivent pas dans des zones de conflit doivent comprendre l’expérience que vivent leurs pairs dans les zones de conflit.

 

7. Le Congrès prend note du travail de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques et, tout particulièrement, de son travail visant à encourager les gouvernements à signer et à adopter le projet de lignes directrices internationales pour protéger les écoles et les universités contre une utilisation militaire en cas de conflit armé.

 

8. Le Congrès mandate le Bureau exécutif pour:

a. Encourager les affiliés à partager les pratiques pertinentes et les ressources sur la promotion de la paix, de la justice et du règlement des conflits;

b. Développer ses propres ressources et recenser les ressources pédagogiques développées par les affiliés de l’IE, les ONG et les partenaires sur le règlement des conflits afin de les utiliser en classe pour permettre aux jeunes de faire campagne pour la paix et la justice; et

c. Inviter instamment les affiliés à faire pression sur leurs gouvernements pour qu’ils adoptent et souscrivent aux lignes directrices internationales visant à protéger les écoles et les universités contre une utilisation militaire en cas de conflit armé.

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