Les résultats PISA mettent en évidence l'importance du travail des élèves et des enseignant(e)s pour le bien-être

Les derniers résultats de l'étude PISA 2015 publiés aujourd'hui mettent l'accent sur le bien-être des élèves et le rôle des familles, des enseignant(e)s et de la communauté scolaire dans la réalisation de l'éducation de qualité pour tous.

L'éducation ne se limite pas aux tests et aux notations. Aujourd'hui, l'OCDE a publié un rapport détaillé soulignant l'importance du bien-être de l'élève pour la réalisation d'une éducation de qualité. Dans ce troisième volume, qui s'inspire des résultats de l'étude de 2015, l'accent est mis sur les réponses fournies par les élèves au questionnaire qui accompagnait l'évaluation principale.

Pour l’OCDE, la définition de la satisfaction de la vie porte principalement sur les capacités psychologiques, cognitives, sociales et physiques des élèves ; le bien-être étant défini comme la qualité de vie des élèves de 15 ans.

Principaux résultats

Le rapport comporte certains résultats clés qui font la lumière sur les liens complexes entre le bien-être des élèves, leurs résultats scolaires et les structures socio-économiques auxquelles ils appartiennent.

  • Il affirme que la fréquence des tests est sans rapport avec le niveau d’anxiété lié au travail scolaire des élèves. Au contraire, c’est le fait qu’un élève perçoive une évaluation comme plus ou moins « menaçante » qui détermine son niveau d’anxiété par rapport aux tests. 
  • Le rapport met en lumière le rôle des enseignant(e)s dans l'atténuation de cette anxiété, précisant que les élèves sont moins susceptibles de signaler une anxiété si l'enseignant(e) offre une aide individuelle en cas de difficulté.
  • Les interactions des élèves avec leurs parents influencent directement leurs réalisations.
  • Le sentiment d'appartenance à l'environnement scolaire est signalé comme étant crucial pour le bien-être des élèves. Bien que la majorité des élèves éprouvent un sentiment d'appartenance à leur communauté scolaire, « dans plusieurs pays, le sentiment d'appartenance des élèves a faibli depuis 2003 », fait remarquer le texte. Il souligne l'intimidation comme l'un des facteurs contribuant ou détruisant ce sentiment d'appartenance à la communauté scolaire ; les garçons y étant confrontés dans une plus large mesure que les filles. Le rapport fait également état de l'utilisation d’Internet et des heures qui y sont consacrées en dehors de l'école comme un facteur qui détermine ou révèle le degré d'intégration des élèves dans leur communauté d'apprentissage.

Le contexte socio-économique demeure le principal obstacle

La majeure partie des données de l'étude font référence au contexte socio-économique comme principal facteur déterminant de la réussite scolaire des élèves. Bien qu'il n'existe pas de relation évidente entre la satisfaction dans la vie des adolescent(e)s et le PIB de leur pays (contrairement aux adultes) - les élèves dans les pays moins performants déclarent même des niveaux de satisfaction plus élevés que ceux des pays très performants - les élèves issus de milieux défavorisés sont encore beaucoup moins susceptibles d'obtenir un diplôme universitaire.

Les étudiant(e)s défavorisé(e)s sont environ 6 points de pourcentage plus susceptibles de travailler pour un salaire que les étudiant(e)s favorisé(e)s. Les élèves qui travaillent pour un salaire ont tendance à obtenir de moins bons résultats en sciences et à se sentir étrangers à l'école, à attendre moins de l'enseignement complémentaire, à arriver en retard à l'école, et à manquer l’école.

Grandes lignes de politiques de l'OCDE

Les principaux points d'amélioration suggérés par l'étude sont les suivants :

  • identifier et partager les bonnes pratiques afin d’augmenter la motivation intrinsèque à réussir ;
  • donner aux élèves les moyens de prendre des décisions éclairées pour leurs futures études ;
  • fournir une formation efficace aux enseignant(e)s sur la gestion de la classe et des relations ;
  • prévenir l'intimidation et apporter un soutien aux victimes, intimidateurs/trices et témoins ;
  • encourager la participation des parents et éliminer les obstacles à la participation aux activités de l'école ;
  • traiter l'impact des inégalités socio-économiques sur les perceptions des élèves à leur propre sujet et au sujet de leurs aspirations pour l'avenir ;
  • enseigner les avantages d'un mode de vie sain et actif à travers l'éducation physique et sanitaire ;
  • encourager une utilisation saine et productive d’Internet.

Réactions au rapport

Selon Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l'Internationale de l'éducation, le rapport PISA 2015 sur le bien-être des élèves souligne le rôle essentiel des écoles dans leurs communautés. « Un sentiment d'appartenance à l'école pour les élèves revêt une importance fondamentale pour leur réalisation et leur bonheur. En fait, le concept de « l'école heureuse » met en lumière l'importance de l'école et des enseignant(e)s dans la vie des jeunes. Le rapport rejette implicitement mais fondamentalement l'idée que les écoles et les enseignant(e)s puissent être remplacé(e)s par les MOOC et l'apprentissage en dehors de l’école », déclare-t-il.

Van Leeuwen regrette toutefois que le rapport ne tienne pas compte du point de vue des enseignant(e)s relevé dans le questionnaire PISA qui leur est destiné. Il note également que les imprécations selon lesquelles les enseignant(e)s doivent faire davantage d’efforts « ne constituent pas une stratégie ou une analyse. Le rapport ne contient aucune donnée sur l'impact préjudiciable des régimes d'évaluation agressifs sur les enseignant(e)s, ni sur les implications pour le programme d'études et le personnel de ses appels importants pour améliorer le bien-être des élèves et leur appartenance à l'école » dit-il.

Enfin, il relève la nécessité d'une étude urgente sur le bien-être des enseignant(e)s car les résultats de PISA 2015 insistent sur le lien entre le bien-être des enseignant(enseignant(e)s et celui des élèves.

Dans un même ordre d’idées, Randi Weingarten, Président de la Fédération américaine des enseignant(e)s et Président du Comité consultatif IE/OCDE, déclare que « même si aujourd’hui les résultats PISA ne font pas la une comme les classements des pays, ils sont plus importants ; ils indiquent clairement l’importance du bien-être des élèves. Les pays et les écoles qui se portent bien luttent contre la fixation sur les tests et s'attachent plutôt à la joie des enfants en classe et à l’extérieur. Aider chaque élève à réussir implique de mesurer plus que de notes d'examen - et notamment d’entendre la voix des parents et des éducateurs/trices, de réduire le stress et de donner accès à un programme scolaire riche et sensé. »

 

Téléchargements Associés

Partagez cette page